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Si on était certain que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, avait encore à 92 ans des envies d’en découdre en 2019, pour garder son fauteuil (pour quel projet, quelle ambition pour le pays ? Ça c’est un autre débat), alors on dirait sans l’ombre d’une hésitation que Bochra Belhaj Hmida lui a offert sa première arme pour la joute électorale de l’an prochain. Non pas que cette affaire, notamment la question de l’héritage, si elle va à son terme, lui garantirait automatiquement le retour des femmes qui avait été décisives en 2014, mais indéniablement la sortie du chef de l’Etat sème la panique dans le camp d’en face, Ennahdha et est porteuse des germes de la division. Cette incursion qui force les islamistes à se prononcer clairement sur la question, pour ou contre – pour le moment ils louvoient, mais ça ne pourra pas durer -, est sans doute la plus grande menace pour l’unité du mouvement que ce dernier ait connu ces dernières années, quoi qu’en disent des dirigeants qui tentent de faire bonne figure et émettent des signes d’absence totale de nervosité. D’ailleurs Rached Ghannouchi l’a bien compris et se refuse à répondre à l’invitation de BCE : Dévoiler publiquement les griefs de ses compagnons contre le travail de la Colibe (Commission des libertés individuelles et de l’égalité).

Le mariage de raison a du plomb dans l’aile

Jusqu’ici, à la faveur de la perche que lui avait tendue BCE en 2014 – pour monter la coalition -, Ennahdha a pu, avec un certain panache il faut le reconnaitre, passer entre les gouttes et éviter les pièges des grandes questions sociétales. Les islamistes n’ont jamais été pris en défaut sur les grands sujets de société où les gages de leur accord total avec les idéaux du progressisme et de la modernité étaient demandés. Ghannouchi et compagnie sont parvenus, à chaque fois que c’était nécessaire, d’opérer les replis tactiques qu’il fallait pour balayer les arguments de ceux qui se méfiant d’eux. C’est ce qui explique d’ailleurs que leur compagnonnage avec le président de la République se passe sans nuage jusqu’ici, à part peut-être l’épisode du projet de réconciliation économique et financière, où les islamistes avaient fini par faire des reculades, dans le sens du vent des levées de boucliers de l’opinion publique. Et bien il semble que ce mariage de raison commence à traverser des zones de turbulence…

Des fissures, des grosses

On a entendu dernièrement – on n’a pas rêvé ! – des leaders de premier plan tels que le député Mohamed et Ben Salem et Lotfi Zitoun s’étriper à cause du rapport explosif de la Colibe. Pas plus tard que ce week-end, l’ancien secrétaire général du mouvement et ancien chef de gouvernement Hamadi Jebali s’est fendu d’un post, sur sa page Facebook, pour défendre le sulfureux maire islamiste du Kram, Fathi Laayouni, qui refuse de marier les Tunisiennes avec des non musulmans. Jebali a fait ça alors qu’Ennahdha venait de se désolidariser de  Laayouni, avec des termes sans équivoque. L’ancien secrétaire général du mouvement, qui rappelle d’ailleurs souvent qu’il ne parle plus en son nom, a retrouvé sa liberté de parole et peut donc publiquement défendre ses idées, mais pas ses ex-amis, qui eux sont corsetés par la ligne du parti et s’astreignent à un silence qui est parfois une vraie torture, au nom de la sacro-sainte nécessité de ne pas briser l’entente cordiale avec Nidaa Tounes et de ne pas effrayer leurs électeurs les plus modérés et ceux qu’ils convoitent en 2019. Combien de temps encore avaleront-ils des couleuvres avant d’exploser, avant de se répandre, avant de soulager leur conscience ?

Jebali a certes, officiellement, largué ses potes mais depuis le temps qu’il fricote avec eux, il a fait des petits, enfanté de rejetons qui même s’ils ne se réclament pas de lui n’en épousent pas moins ses dogmes rigoristes qui l’avaient poussé à rêver tout haut d’un califat en Tunisie, un jour. Ces gens existent bel et bien au sein du mouvement, même minoritaires, aux côtés des disciples de Habib Ellouze et de Sadok Chourou, qu’on a priés d’aller voir ailleurs parce que trop “durs“, trop carrés, incapables d’arrondir les angles pour laisser glisser le projet politique de Ghannouchi. Ellouze et Chourou sont partis sans broncher, et on ne les entend plus depuis, mais leurs idées elles sont restées, tapies dans l’ombre, comme un Cheval de Troie qui un jour se cognera à la cuirasse que les théoriciens de l’islam politique ont fabriquée.

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Le parti Harak Tounes Al Irada a tenu les différentes composantes du système de gouvernance et en particulier le président de la République pour responsables d’une “crise supplémentaire” sur la question de l’égalité dans l’héritage.
Le président de la République est devenu un “acteur (de la crise) en divisant le peuple et en soulevant une question sociale sensible sur laquelle il n’existe pas de consensus“, a estimé vendredi le parti dans une déclaration.
Pour Al Irada, le président de la République a aussi “instrumentalisé des problèmes fictifs pour détourner l’attention des Tunisiens et de la classe politique des vrais problèmes dont il a échoué à résoudre malgré ses nombreuses promesses“.
Toutes les initiatives en rapport avec les droits et les libertés doivent faire l’objet d’un débat de société pondéré et approfondi loin de toutes surenchères politiques ou électorales, soutient le parti qui est présidé par l’ancien président de la République Moncef Marzouki.
Selon le parti, l’actuel système de gouvernance a relancé le débat sur l’identité et les libertés, des principes qui sont pourtant garantis par la Constitution. Cela ne doit pas distraire les Tunisiens des vrais problèmes d’atteinte à leurs droits au développement, à l’emploi, à la santé, à l’éducation et à un environnement sain, prévient le parti.

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Le Mouvement Ennahdha réagira à l’initiative présidentielle sur l’égalité successorale une fois officiellement soumise au parlement“, a indiqué le président du Mouvement, Rached Ghannouchi.
Dans le discours qu’il avait prononcé lundi dernier à l’occasion de la fête de la femme, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a proposé la consécration de l’égalité successorale, à travers l’institution d’une loi garantissant l’égalité dans l’héritage et de réviser le Code du statut personnel (CSP) pour qu’il soit adapté à l’évolution de la société et à la législation en vigueur conformément aux dispositions de la Constitution de la deuxième République.

Selon Caïd Essebsi, le principe serait d’appliquer l’égalité dans l’héritage sans pour autant écarter l’option de l’application de la chariâa. Le projet de loi sur l’égalité dans l’héritage sera soumis au parlement au démarrage de la prochaine session parlementaire.

Dans un post publié jeudi 16 août 2018 sur la page officielle ” Facebook ” du Mouvement Ennahdha, à l’occasion du 5e anniversaire de la rencontre qu’il l’avait réuni dans la capitale française, Paris, avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui était alors leader du Front du salut, Ghannouchi a jugé indispensable d’engager un dialogue pour aboutir à une solution consensuelle, à l’abri de toute forme de polémique et de division.
La voie du consensus était un choix stratégique pour le Mouvement Ennahdha, particulièrement en ce qui concerne la Constitution“, a-t-il lancé.
Ennahdha avait voulu que la Constitution soit un instrument d’union et non de division ou de dissension“, a-t-il ajouté dans son post intitulé “Rencontre de Paris : Leçons, défis et perspectives“.
A ce propos, Rached Ghannouchi a estimé judicieux d’adopter cette même stratégie de dialogue et de réflexion dans le traitement des questions d’actualité et de placer la communauté nationale à l’abri de tout ce qui risque de semer la division, de provoquer les frictions ou d’inciter à la haine.

Tout en réaffirmant l’attachement absolu à la voie du consensus appuyée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le président du Mouvement Ennahdha a tenu à souligner que le consensus demeure le meilleur cadre de dialogue autour de toutes les questions pour aboutir à des solutions, à des alternatives et à des compromis, loin de la logique de la domination et de tyrannie d’opinion.
La bonne gouvernance du consensus instaurée au cours de ces dernières années demeure la clé du salut et un réservoir d’espoir et d’optimisme“, a-t-il ajouté.

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Le 13 août 2018, la Tunisie a célébré sa journée nationale de la femme, instituée en commémoration du Code du statut personnel (CSP) de 1956, texte reconnu comme une avancée majeure pour le pays et dans la région.

Le Système des Nations Unies en Tunisie saisit cette occasion pour saluer le rôle crucial de la femme tunisienne dans le développement du pays ; un rôle qui a été facilité par les diverses dispositions législatives adoptées par le pays depuis son indépendance.

Le Système des Nations Unies salue l’annonce faite par Son Excellence Monsieur Béji Caïd Essebsi, Président de la République, d’une initiative législative à venir en matière d’héritage, basée sur les principes fondamentaux des droits humains que sont la non-discrimination et l’égalité.

Cette initiative s’inscrirait dans l’engagement constant de la Tunisie en faveur des droits humains et des droits de la femme en particulier, comme requis par la Constitution. Le Système des Nations Unies ne peut donc qu’encourager l’Etat tunisien à poursuivre dans cette voie.

Le rapport de la Colibe (Commission des libertés individuelles et de l’égalité), commandité par le chef de l’Etat et élaboré sous la houlette de Bochra Belhaj Hmida, agite l’opinion publique en ce moment, et deux camps – les progressistes et les islamo-conservateurs – croisent le fer, à coups de manifestations et de tribunes dans les médias…

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Ce qu’a dit la députée et présidente de la Commission des libertés individuelles à l’ARP, Bochra Belhaj Hmida, sur Express FM ce jeudi 8 mars 2018, va certainement lui attirer les foudres de la gente féminine, du moins une partie. L’élue a déclaré au sujet des manifestations calées le 10 mars 2018 pour réclamer l’égalité dans l’héritage entre les deux sexes qu’elle ne battra pas le pavé, même si personnellement elle soutient les revendications des femmes.

Belhaj Hmida a, tout de même, souligné que le simple fait de pouvoir débattre librement de la question de l’égalité dans l’héritage est une victoire en soi pour le pays. Elle s’est également réjouie du fait que la Tunisie soit précurseure dans la prise en compte et le respect des droits des femmes dans le monde arabe.

Enfin la députée est d’avis que le grand combat à mener par les citoyens en ce moment est la matérialisation des droits édictés par la Constitution du 26 janvier 2014.

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 «Malgré des progrès notables dans la démocratisation et les efforts de réforme en cours, la transformation de la Tunisie vers une économie plus libre et axée sur le marché a été progressive». C’est ainsi que débute l’appréciation de «Heritage Foundation» du degré de liberté de l’économie en Tunisie, dans «2018 Index of Economic Freedom». Le score de liberté économique de la Tunisie est de 58,9, faisant de son économie le 99ème plus libre de l’indice 2018. Son score global a augmenté de 3,2 points, avec des améliorations significatives de la liberté commerciale, de la liberté d’investissement et de la solidité budgétaire dépassant un score inférieur pour l’indicateur de liberté de travail. La Tunisie se classe au 10ème rang parmi les 14 pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et son score global est inférieur aux moyennes régionale et mondiale. Pour la comparaison avec le Maroc, principal concurrent de la Tunisie en Afrique du Nord, le Royaume chérifien reste mieux classé, avec un score de 61,9 sur 100.

Pour Heritage, «la protection des droits de propriété continue d’être un sujet de préoccupation, étroitement liée à des niveaux élevés de corruption, ainsi qu’à un important arriéré de litiges en matière de propriété. Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la faiblesse du gouvernement a encouragé la corruption aux niveaux inférieurs de la bureaucratie et de l’application de la loi. En 2017, la Tunisie a déclaré une guerre contre la corruption». Concernant le taux d’imposition, l’Index 2018 d’Heritage, un autre livre de chevet des investisseurs étrangers voulant opérer en Tunisie, indique que «le taux d’imposition le plus élevé sur le revenu des particuliers est de 35% et le taux d’imposition des sociétés le plus élevé est de 30%. Les autres taxes comprennent les taxes sur la valeur ajoutée et les transferts de propriété. La charge fiscale globale est égale à 24,0% du revenu national total. Au cours des trois dernières années, les dépenses publiques ont représenté 28,6% de la production totale (PIB) et les déficits budgétaires ont représenté en moyenne 4,4% du PIB. La dette publique équivaut à 60,6% du PIB». On remarque à ce sujet qu’Heritage estime que la Tunisie dispose d’un «système d’entreprise relativement efficace» mais qui «souffre d’un manque de transparence et d’une mise en œuvre incohérente. La Tunisie a développé son secteur industriel et créé des emplois peu qualifiés, mais le taux de chômage des diplômés universitaires est estimé à plus de 30%. Le gouvernement continue d’éliminer les subventions aux carburants et a éliminé les subventions au sucre». Toujours selon la même source, concernant le commerce extérieur tunisien, «les obstacles non tarifaires entravent certains échanges. L’ouverture du gouvernement à l’investissement étranger est inférieure à la moyenne. Malgré les efforts de réforme en cours, le secteur financier faible est fragmenté et dominé par l’État. L’accès au crédit reste limité et les marchés de capitaux sont sous-développés».

Pour un Benchmarking avec le Maroc, en ce qui concerne la charge fiscale, la Tunisie est dite principalement libre avec un score de 73 % contre 70,5 % pour le Maroc qualifié de modérément libre, mais perdant 0,7 points entre 2017 et 2018. La Tunisie est aussi classée meilleure que le Maroc en «Business Freedom», avec un score de 81,4 % contre 69,6 pour le Maroc, avec une légère amélioration du score de la Tunisie entre 2017 et 2018. Ce dernier prend totalement le dessus pour le «Financial Freedom» avec un score de 70 % contre seulement 30 % pour la Tunisie où elle n’a pas bougé d’un iota depuis 2011. Même chose pour la liberté d’investissement, «Investment Freedom», où la Tunisie, avec un score de 45 %, est juste au-dessous du statut de «Repressed» ou répressif pour l’investissement. La Tunisie vient pourtant de se doter d’un nouveau code. C’est, peut-être, ce nouveau texte qui a permis à la Tunisie d’améliorer son score de 10 points en une seule année. La Tunisie reste cependant toujours loin de son principal concurrent maghrébin, le Maroc, qui s’adjuge un score de 65 %, même s’il a baissé de 5 points pour revenir au niveau de 2012. Derrière le très mauvais score tunisien en liberté d’investissement il y a certainement la lourdeur administrative et la multitude d’autorisations et de paperasse administrative. L’actuel gouvernement tente de faire jouer la guillotine administrative, pour en abaisser le poids sur l’investissement. Il a dévoilé un certain nombre de mesures, lors du dernier congrès du patronat. On attend le passage à l’acte et les résultats.

En liberté commerciale, les scores des deux pays se toucheraient presque, même si la Tunisie prend un petit peu le dessus en 2018, avec un score de 82,1 % contre 79,4 % pour le Maroc. Il n’y a d’ailleurs qu’à voir la taille du marché parallèle en Tunisie pour le comprendre. Mais il est bon, pour éviter l’autoflagellation, de noter les efforts faits par la Tunisie, pour remonter de plus de 18 points en 2018, passant d’un score de 63,8 en 2017 à un score de 82,1 % une année plus tard. La Tunisie est aussi, selon l’Index 2018 d’Heritage Foundation, mieux classée que le Maroc sur le critère du «Labor Freedom» ou liberté de l’emploi. Avec un score de 52,9 % elle est certes plutôt non libre, mais reste mieux que le Maroc qui n’a qu’un score de 36 %. Force est cependant de noter, dans ce critère du «Labor Freedom», que la courbe de la Tunisie est descendante, alors que celle du Maroc est montante et a gagné 9 points depuis 2011 ; la Tunisie en a perdu plus de 21 depuis 2012, selon la fondation Heritage. Un effort est donc à faire en coopération entre le gouvernement et ses partenaires sociaux, pour que le Maroc ne prenne pas le pas sur la Tunisie dans ce critère, fortement recherché par les investisseurs étrangers ! En attendant, les observateurs étrangers du développement du climat des affaires et de l’économie en général semblent changer d’opinion sur la Tunisie. Le dernier rapport de «Renaissance Capital» en témoigne et la donne même plus performante à l’horizon 2020. La balance commerciale tunisienne commence aussi à donner des signes d’amélioration, avec un taux de couverture qui s’améliore de plus de 7 points au premier mois de 2018.

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L’égalité homme-femme était le thème central de l’entretien accordé par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, à FranceInfo. Le film a été diffusé hier mercredi 22 novembre dans la soirée.

BCE a déclaré à la journaliste, Samah Soula, grand reporter à France 2, que “la femme tunisienne a beaucoup évolué, pas uniquement dans la capitale, mais aussi dans les régions intérieures“.
Pour lui, ce grand virage, qui a fait grand bruit, n’a rien de religieux mais est plutôt dicté par la constitution de 2014, dont l’article 2 édicte “clairement un État civil et non islamique“.
J’ai l’obligation de respecter la constitution dont les dispositions s’orientent vers l’égalité hommes-femmes” a indiqué le chef de l’Etat.
Mais il a confié à la chaine que ce tournant sociétal forcé lui a valu bien des ennuis, plus précisément des menaces de mort balancées par des extrémistes d’autres pays musulmans qu’il n’a pas souhaité citer, des menaces qui n’auraient pas, semble-t-il, ébranlé ses certitudes pour autant. “Nous n’avons pas la prétention d’exporter ce que nous faisons. Nous agissons pour la Tunisie, et je suis convaincu que cela va dans l’intérêt de l’avenir de la Tunisie. Un pays où la société est majoritairement constituée de jeunes“, a conclu Essebsi.

Au sujet de l’autre barrière qu’il a abattue, avec fracas, la possibilité pour la Tunisienne d’épouser un non musulman, il a déclaré ceci : “La femme tunisienne est libre de se marier avec qui elle veut, et puis, l’obliger à se marier à un musulman, est chose dépassée“.

 

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Sous le titre «Tunisie : L’héritier», Jeune Afrique commence son dernier article panégyrique en affirmant de manière péremptoire que «trente ans après la destitution de Bourguiba, la manière dont Béji Caïed Essebssi exerce le pouvoir rappelle de plus en plus celle de son mentor».

Parler de Bourguiba, dans la Tunisie actuelle, n’est pas facile, tant la personnalité du «Combattant Suprême» suscite à la fois admiration et inimitié. Cela, sans parler de l’appropriation à des fins politiques. Dans les deux cas, le risque est grand de se faire taper, au moins, sur les doigts, tant par ses admirateurs, que par ses détracteurs.

Affirmer pourtant que Béji Caïed Essebssi (BCE) est l’héritier du Combattant Suprême, le président Habib Bourguiba, serait nous semble-t-il, aller un peu trop vite en besogne. Explication :

⦁ Deux personnalités, similaires et dépareillées

 A 84 ans, Bourguiba a été renversé par Zine El Abidine Ben Ali, l’un de ceux qui s’étaient, pendant de longues années avant 1987, disputés l’héritage jusqu’à épuiser tout un pays. A 91 ans, Béji Caïed Essebssi (BCE) est toujours au pouvoir et ne dédaignerait pas reprendre de plus belle.

Le premier avait apporté l’indépendance et érigé l’éducation nationale en priorité absolue, jusqu’à lui consacrer une très grande part du budget (c’est aussi le cas présentement, mais avec un budget de 4,9 Milliards DT dont 4,58 Milliards DT qui vont aux salaires et 0,09 Milliards DT qui vont aux dépenses des moyens de services dont l’entretien des bâtiments, des écoles et uniquement 0,210 Milliards DT à l’investissement).

Avec le second, la Tunisie vit la dépendance, des 209 partis politiques et des députés de l’ARP, du bon-vouloir des créanciers et des bailleurs de fonds, ainsi que l’humeur du jour des dirigeants de la Libye. Sans parler de l’état actuel de l’école publique, qu’il laisse partir à la dérive, désertant le terrain que vient occuper, il faut le reconnaitre, l’UGTT, dans l’éducation nationale aussi.

Bourguiba n’a jamais accepté un partage des pouvoirs. Il est l’Etat et l’Etat c’est lui, disait-il en paraphrasant Louis XIV. BCE n’a presque pas de pouvoirs, sauf ceux et ils sont très peu que lui a donné la Constitution de 2014. Il est même un parmi trois président dans la Tunisie de la Révolution.

Comme Bourguiba, BCE a le verbe facile, la réplique et le sens de la rhétorique sur le bout de la langue, mais avec moins de superbe que son mentor, surtout lorsqu’il sort de ses gonds, chose rare chez Bourguiba, et s’adresse aux journalistes.

Avec Bourguiba, l’Etat avait toute sa superbe et était craint. Avec BCE, l’Etat a tout perdu et aucun de ses symboles et représentants n’est plus craint. Cela fait sept ans que l’Etat court derrière son autorité pour la restaurer, il n’en reste presque plus rien.Bourguiba menait, certes dans le respect, ses ministres à la baguette. BCE ne peut qu’essayer chaque fois de placer quelques-uns de ses hommes, dans des gouvernements qui ne lui doivent aucune allégeance et où la solidarité gouvernementale est loin d’être le point fort.

Avec Bourguiba, la Tunisie avait même vécu pendant quelques mois avec un remaniement chaque lundi. Avec BCE, ce sont deux gouvernements, entiers et changeants, presque tous les ans. Le premier avait fait de la stabilité politique un argument. Avec le second, c’est l’instabilité au second plus haut sommet de l’Etat.

Bourguiba a libéré la femme tunisienne. Le second en a fait le fer de lance de sa campagne pour les présidentielles et lui a donné le droit de prendre mari de n’importe quelle religion. BCE voudrait aller plus loin que Bourguiba, en mettant sur la table l’égalité en héritage. Il oublie le loup qu’il a lui-même introduit dans la bergerie, son premier partenaire au pouvoir, qui refuse de pousser dans le même sens.

⦁ L’épreuve par le lien père & fils

Bourguiba ne craignait rien ni personne, ni grèves, ni UGTT dont il avait un jour mis en prison le vrai leader Habib Achour. BCE compose, avec des grèves incessantes et ne peut plus mettre personne en prison. Il est même plus risqué, pour un journal comme nous, de critiquer l’UGTT que de le faire pour BCE. Devant Ronald Reagan, Bourguiba s’était offusqué en public que le président américain oublie de parler des aides promises à la Tunisie. Devant le président français, BCE avait oublié qu’il était en présence de François Hollande et non de François Mitterrand.

Comme Bourguiba, Essebssi a un fils. Le premier l’a certes plusieurs fois nommé ministre et ambassadeur, mais n’a jamais pensé à lui léguer quelque chose. Le second lui a, de sa vie, donné le parti qui a emmené son père au pouvoir en héritage. Le premier ne connaissait presque pas la valeur de l’argent. Le second a reconduit le salaire de 30 mille DT de l’ancien président.

Comme Bourguiba avec les Beys, BCE a été à l’origine de la confiscation. Le second s’en est presque voulu et fait voter la loi sur la réconciliation, qui sera tellement déplumée qu’elle ne concernera plus que l’Administration. Contrairement à lui, Bourguiba n’a pourtant pas touché aux entrepreneurs de l’époque (qui sont par ailleurs, comme à toutes les époques, toujours proches du sérail) et qui a su mobiliser les hommes d’affaire du pays pour mettre sur pied une économie, forte pour l’époque. BCE n’arrive toujours pas à remobiliser les hommes d’affaires pour faire redémarrer une économie qui a perdu toute sa dynamique et n’est plus forte.

⦁ HB & BCE, unis dans le «dark-side»

Ce ne sont là que quelques réflexions, qui peuvent paraitre superficielles, sur les parcours et les performances des deux personnes. Des parcours différents et qui ont fortement impacté les actions de chacun des deux avocats. Mais des parcours qui ont fait de Bourguiba et de BCE des personnalités, tout aussi similaires que dépareillées, pour nous amener à dire que le second n’a pas su être le digne héritier du premier.

Loin de nous l’idée d’un quelconque déni de l’apport de la trentaine d’années d’un Bourguibisme qui a presque fait de nous ce que nous sommes devenus, pour écrire de telles remarques sur le «Zaïm». Loin de nous aussi le déni de ce que ces 3 années de «Bajboujisme» ont apporté à la Tunisie de l’après révolution où le vote utile n’aura pas été si inutile que cela, malgré les revirements de BCE sur la question des Islamistes. Mais s’il fallait en définitive leur trouver un point commun, ce serait plutôt leur enfermement sur eux-mêmes qui les empêche d’imaginer la Tunisie sans eux.En 1970, Bourguiba décidait d’amender la constitution et finissait par installer la présidence à vie. A défaut d’arracher un amendement de la Constitution en vue d’une re-présidentialisation du pouvoir, BCE est entrain de grignoter quelques bribes de pouvoir, aux dépends de ses deux derniers chefs de gouvernement. Il a fini par avoir la peau du premier. L’arrière-scène politique bruisse actuellement d’informations, prêtant à BCE l’intention de déboulonner le second.

Comme Bourguiba, et c’est là son plus grand tort et la meilleure illustration aussi de ce qui rapproche réellement BCE de Bourguiba dont on dit qu’il est son mentor, Essebssi n’arrive toujours pas à préparer la Tunisie pour la relève d’un homme plus âgé que Bourguiba lorsqu’il avait été démis. Chef de tout l’Etat et «père de la Nation», Bourguiba avait fini par faire table rase de tout ce qui pouvait un jour avoir la stature d’un héritier politique, opposition et alliés compris. Bien malgré lui, il s’est trouvé dans l’obligation de désigner lui-même celui qui lui succèdera. Successeur qui continuera dans la même voie bourguibienne et mène le pays droit vers un vide politique qui s’est à maintes élections vérifié depuis 2011. Ne pensant jamais à préparer sa succession et à bien y préparer le pays, Ben Ali met le pays entre les mains des Islamistes. Peut-on alors dire, après tout cela, que BCE est l’héritier de Bourguiba ?

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L’ambassadeur turc en Tunisie, Farouk Dogan, donne des gages suite aux remous provoqués par l’attaque virulente du sulfureux prédicateur égyptien Wajdi Ghonim. Il a fait le déplacement hier vendredi 25 août 2017 au ministère tunisien des Affaires étrangères pour livrer la position officielle d’Ankara.

Dogan a fait savoir que les autorités turques sont contrariées par la sortie musclée du prédicateur contre les propositions du chef de l’Etat tunisien sur l’héritage et le mariage, et que son gouvernement condamne énergiquement les agissements de Ghonim. Il a ajouté que la Turquie refuse de laisser prospérer sur son territoire des actions contre le gouvernement et les citoyens tunisiens. Il a affirmé que la justice turque a déjà entamé des poursuites contre le prédicateur…

Pour rappel, le ministre des Affaires étrangères avait convoqué, le 23 août 2017, l’ambassadeur turc en Tunisie pour lui signifier qu’il ne comprenait que la Turquie laisse ce personnage s’en prendre impunément à l’Etat tunisien et à ses symboles…

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Le conseil de l’université Ez-zitouna a souligné vendredi l’impératif de consulter les savants islamiques et les experts dans les affaires religieuses en réactivant le rôle des établissements religieux et scientifiques dont l’université Ez-zitouna, le conseil islamique supérieur, le ministère des Affaires religieuses et la maison d’El Iftaa concernant le discours du président de la République, Béji Caid Essebsi, prononcé à l’occasion de la fête de la femme portant sur la question de l’égalité homme-femme en matière d’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman.
Le conseil a appelé dans un communiqué le mufti de la République à préciser les règles de la chariaa concernant ces deux affaires.
L’initiative du président de la République est contraire aux dispositions de la Constitution, a précisé l’université dans le communiqué, rappelant que les lois régissant la question de l’héritage font objet d’une unanimité irréfutable et ne peuvent en aucun cas faire objet d’ijtihed ou d’interprétation.
Le mariage d’une musulmane avec un non musulman est aussi interdit à l’unanimité, selon le communiqué.

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Après son tonitruant discours du 10 mai 2017, le vieux baroudeur du palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a encore frappé, là où on s’y attendait le moins dans cette période où le marasme économique occupe tout l’espace : Les droits des femmes. L’opinion publique bruisse encore des propositions sans précédent du président de la République : La légalisation du mariage entre une Tunisienne et un non-musulman mais surtout l’égalité homme-femme dans l’héritage. Tout le monde en parle. Même la célèbre institution égyptien Al-Azhar a été ébranlée, au point qu’elle a fait savoir qu’elle fera feu de tout bois pour barrer la route à BCE. Par quel moyen ? Nul ne le sait pour le moment. En tout cas une chose est sûre : le chef de l’Etat est parvenu à cristalliser toute l’attention des médias, des observateurs, des analystes et de tout le personnel politique. Il a même réussi, même si c’était pas son but, à éclipser l’heureuse nouvelle des bons chiffres de la croissance pour le premier semestre 2017. Et ça politiquement c’est une excellente affaire, car l’enjeu est aussi politique. Il y a beaucoup à gagner… et aussi à perdre.

D’abord il y a le feu que le chef de l’Etat a mis dans les rangs de son allié, Ennahdha. Bon, pour l’instant la grande majorité des leaders du mouvement observent un silence lourd, embarrassé. Le fait le plus aillant est l’étrange absence de Rached Ghannouchi. Il y aussi la réaction du député et ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki, manifestement outré par la sortie du président de la République. Ou celle de l’ancien chef du gouvernement de la Troïka Hamadi Jebali, dans les mêmes dispositions que Mekki. A part ça presque personne n’a moufté chez les nahdhaouis. Sauf peut-être le député Ali Laarayedh, dont le commentaire sur sa page Facebook, qui oscille entre un appui franc à l’initiative de Essebsi et l’impérieuse nécessité de ne pas s’écarter du dogme religieux, est in fine illisible et manque singulièrement de tranchant. Mais silence ne veut pas dire consentement. Et en faisant cavalier seul de la sorte, sans l’assentiment des islamistes, qui manifestement n’ont pas été consultés dans cette affaire, BCE prend un gros risque politique. Il pourrait ramasser toute la mise dans quelques années, s’il va au bout de son projet, mais aussi tout perdre quand la configuration de la prochaine échéance électorale l’obligera à nouer des alliances pour gouverner.

Le dogme religieux a bon dos!

De ce que nous avons lu, vu et entendu, c’est surtout la question de l’égalité homme-femme dans le partage de l’héritage qui déchaine les passions. L’opinion publique s’enflamme littéralement autour de cette proposition. Les détracteurs de BCE arguent la fidélité au sacro-saint texte coranique, dont les préceptes sont sans équivoque sur ce dossier. Pourtant à y regarder de plus près, en toute objectivité, cette affaire d’égalité dans l’héritage n’est qu’une question matérielle, et même bassement matérielle. Et le fait de donner à l’homme et à la femme des parts égales ne bouleverserait en rien l’ordre social. Mis à part le fait de rogner un peu le pré-carré des hommes, il n’y a rien de mortifère pour la société, quoi qu’en disent les adversaires du président de la République. Donc il faut savoir raison garder.

Ce dossier a pris d’énormes proportions car l’enjeu ce sont les intérêts des hommes, et dans certains cas ce sont des millions de dinars. Alors la gente masculine s’excite plus que de raison et brandit le Coran et les dogmes religieux, les mêmes qui ne sont pas troublés outre mesure par le fait de zapper les autres enseignements du saint texte, infiniment plus importants. Par exemple la deuxième proposition de BCE, le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, est à ce titre beaucoup plus problématique pour les plus sourcilleux d’entre nous. En effet cela induit – je précise que c’est du point de vue des plus rigoristes d’entre nous – que les enfants qui naitront de cette union ne peuvent pas être considérés de fait comme des musulmans, d’après le Coran. A moins qu’ils se convertissent formellement après. Voilà une prescription majeure, que BCE propose pourtant de mettre de côté au nom de la modernisation de la société, presque dans l’indifférence générale. Ce qui chauffe surtout les esprits, c’est le partage des sous, des villas, des terres, etc. Cela ne porte pas le nom hypocrisie sociale ?

La plupart des sociétés du monde sont des sociétés d’hommes, bâties par et pour les hommes. Ce n’est que récemment que les femmes se sont glissées, et tous les droits qu’elles ont arrachés aux hommes l’ont été au prix de longs et âpres batailles. Par exemple en France, les femmes n’ont acquis le droit de voter et l’éligibilité le 23 mars 1944, plus de deux siècles et demi après la Révolution (1789) et un siècle après que ces droits ont été accordés aux hommes. Les Françaises ont voté après les Turques, les Espagnoles, les Birmanes, etc. Tout cela pour dire que les droits des femmes ne vont pas de soi et qu’en Tunisie comme ailleurs, c’est une lutte de tous les instants dans laquelle les hommes s’échinent à bloquer toute avancée, par tous les moyens. Cette affaire d’héritage en est la parfaite illustration…

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Le mufti de la République, Othman Batikh, s’est rangé hier lundi derrière l’initiative du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, alors que ce dernier n’avait nullement l’intention d’obtenir son aval sur la question de l’égalité homme-femme dans l’héritage. Cela a valu à Batikh le courroux du syndicat des imams, qui a accusé le mufti de rouler pour BCE. La haute institution religieuse égyptienne Al Azhar a également mis son grain de sel dans le débat…

«Ce qui se passe en Tunisie actuellement est contraire aux textes du Coran où la question de l’héritage est sans équivoque. Transgresser ces textes est un outrage à l’Islam», dit Al Azhar dans son communiqué, avant d’ajouter qu’il «ne laissera pas passer” un tel affront…

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Le personnel politique commence à se manifester suite au grand virage sur les droits des femmes annoncé par le président de la République, Béji Caid Essebsi, hier dimanche 13 août 2017. Abdellatif Mekki, député et dirigeant d’Ennahdha, a été l’un des premiers à sortir du bois.

Dangereux“, a rétorqué Mekki sur Akher Khabar online. Il est d’avis que le fait de remettre en cause le principe de l’inégalité dans l’héritage entre l’homme et la femme et de casser la circulaire de 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier avec des non-musulmans embarque le pays sur des sentiers périlleux, alors que toutes les énergies devraient se focaliser sur le développement et la relance de l’économie.
D’après Mekki, la jurisprudence islamique a définitivement clos le débat. Et même la Constitution tunisienne, sur laquelle s’est adossé BCE, contient des dispositions sans équivoque qui stipulent que la loi ne doit pas contredire les fondements religieux, toujours selon l’élu.

Le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, Abdelfattah Mourou, du mouvement Ennahdha également, est quant à lui beaucoup moins radical. Questionné par le même site, il a affirmé que cette proposition du chef de l’Etat mérite un vrai débat de société. Pour Mourou, l’affaire de l’héritage doit être étudiée sous deux angles : celui de la loi et celui de la religion, et aucun changement ne doit être amorcé sans avoir scruté ces deux éléments.

Par contre pour Rym Mahjoub, députée d’Afek Tounes, c’est tout vu : Le président de la République a fait un discours “moderniste, émancipateur, révolutionnaire“, dit-elle sur Shems FM ce lundi 14 août…

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Le président de la République, Béji Caid Essebsi a appelé ce dimanche 13 août 2017 lors de son discours pononcé à l’occasion de la fête de la femme à la nécessité de l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes.

Il a par ailleurs expliqué a que lorsque on parle d’égalité dans l’héritage on parle de question d’être humain et non pas de religion.

 

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Des Oulémas, Cheikhs et professeurs de la Zitouna ont appelé au retrait de l’initiative législative relative à l’égalité dans l’héritage.
Ils ont proposé, au cours d’une rencontre mercredi à Tunis, l’élaboration d’un code de conduite juridique fixant les limites des attributions des députés en ce qui concerne les initiatives législatives.
Les participants à la rencontre, consacrée à la question de l’héritage dans la Chariaa, ont souligné que la Constitution tunisienne interdit la révision des dispositions des règles de l’Islam à ce sujet.
L’ancien ministre des Affaires religieuses Noureddine Khademi estime, à ce propos, que la position de la Chariaa à travers le Coran et la Sunna est claire et catégorique, et ce, à l’unanimité de la Oumma depuis 14 siècle. L’appel à changer les dispositions sur l’héritage constitue, selon lui, une atteinte à la Chariaa islamique qui risque d’attiser davantage les tensions. Il a exhorté le parlement à retirer cette initiative et à s’intéresser, plutôt, aux questions réelles et aux priorités nationales à l’instar du développement, l’emploi, la santé et l’enseignement.
Pour le professeur de l’université de la Zitouna Slimane Chaouchi, « pareilles initiatives traduisent un déclin
intellectuel, juridique et éducatif ». Il considère qu’il s’agit d’un débat provoqué pour distraire les Tunisiens des vraies questions.
De son coté, l’avocat Fethi Laayouni a fait observer que la Constitution a renforcé le référentiel islamique des
législations tunisiennes, citant l’article 6 qui stipule que « l’Etat est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et de libre exercice des cultes (…) ».
Début mai, le député Mehdi Ben Gahrbia a proposé un projet de loi sur l’égalité homme-femme dans l’héritage.

TAP

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Le mouvement Ennahdha a pris la décision de rejeter la proposition de loi de Mehdi Ben Gharbia relative à l’égalité devant l’héritage, a annonce le président de son groupe parlementaire, Noureddine Bhiri

Dans une déclaration à l’hebdomadaire Al-Joumhouria, il a affirmé que son groupe parlementaire votera contre le texte, expliquant que le citoyen tunisien n’a pas de quoi hériter pour discuter de pareilles questions qui « sont en contradiction avec ses caractéristiques religieuses et sociales ».

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Le taux d’appropriation chez les femmes en Tunisie est très faible, moins de 5%, a affirmé le directeur de Sigma Conseil, Hassen Zargouni dans une déclaration à Africanmanager.

Il a précisé que ce chiffre ne reflète pas la réalité du rôle économique de la femme, ajoutant que, eu égard au fait que le taux des diplômées de l’enseignement supérieur dépasse les 60% et qu’elles contribuent à hauteur de 28% à l’activité économique, il est illogique que le taux d’appropriation chez les femmes tunisiennes soit si extrêmement faible et que la plupart d’entre elles ne détiennent pas de patrimoine personnel.

Zargouni a souligné que la proposition de loi annoncée par le député Mehdi Ben Gharbia concernant l’égalité en héritage est de nature à renforcer les acquis de la femme, notant que selon les études statistiques,  84% des Tunisiens sont favorable à la promulgation d’une loi facultative si le propriétaire désire partager son patrimoine à parts égales entre ses héritiers.

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Y avait-il lieu de déclencher une polémique sur légalité de la femme et de l’homme devant l’héritage ? La question taraude bien des esprits en Tunisie où les controverses s’enchaînent comme pour détourner l’attention des dossiers brûlants, et ils sont nombreux, tels que ceux du chômage, de la corruption, de l’endettement, et on en passe.

D’aucuns se demandent quelle mouche a piqué le député indépendant, Mehdi Ben Gharbia, pour penser à initier une proposition de loi instaurant l’égalité des genres dans l’héritage, une initiative égratignée par les uns et appréciée par les autres, pour la plupart des femmes qui, faut-il le noter, s’offusquent d’être traitées en citoyennes de seconde zone, c’est à dire victimes d’une discrimination systémique par la loi et dans une juridiction donnée, en l’occurrence, celle compétente en matière civile.

Pour ce qui concerne la Tunisie, il existe deux textes fondateurs qui régissent la question : Le Coran et le Code du statut personnel. Mais si les dispositions de la loi sont explicites et ne souffrent aucune équivoque, il en est autrement du verset coranique révélé en la matière. C’est le verset 11 de la Sourate « Les femmes » qui dispose : «   Dieu vous recommande [yousikom] quant à vos enfants : pour le garçon l’équivalent de la part des deux filles. S’il n’y a que des femmes, au moins deux, alors à elles les deux tiers de ce qu’il a laissé. S’il n’y a qu’une femme, alors à elle la moitié ».

Recommandation ou prescription ? C’est là que loge tout le problème. La plupart des exégètes du Livre saint croient dur comme fer que c’est une obligation à laquelle le musulman est tenu sans autre forme de procès de déférer. Pour les autres, acquis à une interprétation pas uniquement sémantique, il s’agit d’une préconisation, à la limite, une exhortation, autrement dit un aphorisme non contraignant, ce qui laisse une marge pour l’interprétation. C’est dans cette « brèche » que semble s’être engouffré l’auteur de la proposition de loi. On en saura davantage lors de la conférence de presse qu’il se propose de tenir dans les jours à venir.

En tout cas, les « lois de l’héritage » coraniques ont été canonisées par les pouvoirs publics et par le législateur en les reprenant dans le Code du statut personnel, un recueil de droit positif, comme une prescription opposable à tous les citoyens, sans que personne ne puisse trouver y à redire du temps de l’initiateur du code, Habib  Bourguiba comme de celui de son successeur Ben Ali.

C’est dans les articles 91…97 qu’il en est question avec force détails au titre des héritiers dits réservataires, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas mentionnés dans le testament du défunt, au cas où ce dernier en laisserait un. Les quotes-parts successorales y sont fixées au nombre de six : la moitié, le quart, le huitième, les deux tiers, le tiers et le sixième, tout en appliquant la règle de la quotité de deux parts pour le garçon et d’une part pour la fille.

Depuis, rien n’est venu « perturber » cette ordonnance, sauf quelques contestations dues notamment à l’Association des femmes démocrates sans pour autant susciter une mobilisation ni d’ailleurs la moindre prise de conscience qui vaille de cette discrimination.

Pourtant, bien des choses ont changé dans l’entretemps, dictant sans doute une refonte de la loi. D’autant que la femme tunisienne en ce début du 21ème siècle n’est plus celle d’il y a 50 ans. De nos jours, en effet, elle joue un rôle central dans les affaires publiques, politiques et sociales. Elle a acquis une autonomie qui la fonde à revendiquer des droits qui ne lui étaient pas reconnus des lustres auparavant, et son égalité avec l’homme est solennellement inscrite dans la Constitution du pays  autant que dans les conventions et traités internationaux signés par l’Etat tunisien.

Comme on peut le constater, l’enjeu est de taille, mais celui de briser les tabous l’est  encore plus, comme en témoignent les réactions fermes et parfois virulentes des nombreux adversaires de la proposition de loi qui, faut-il s’en convaincre, est lancée à un moment où l’opportunité de le faire ne semble pas propice comme si elle venait de nulle part alors que les Tunisiens ont en quelque sorte d’autres chats à fouetter.

Sans doute faudra-t-il attendre que le tempérament général soit à même d’assimiler un tournant législatif de cette eau et de cette envergure. Et puis et surtout, il n’y a  pas le feu, alors que s’entassent sur le bureau du Parlement des projets de loi bien plus cruciaux que la proposition de loi sur l’héritage, qui, au demeurant, ne concerne pas le grand nombre.

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Le Mufti de la République

Le mufti de la république, Othmane Battikh a déclaré qu’il n’était pas question de changer le Coran en réponse à l’initiative du député à l’ARP Mehdi Ben Gharbia portant sur l’égalité dans l’héritage.

Dans une déclaration rapportée par Mosaïque Fm, Othmane Battikh a déclaré que le verset coranique à ce propos est claire et nette qu’on ne peut ni interpréter ni y apporter des changements.

Battikh a également appelé les députés à trouver des solutions aux vrais problèmes du pays et de ne pas soulever des problématiques dont on n’a pas besoin.

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Interrogé sur la place de son fils

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a catégoriquement démenti les « délirantes conjectures » selon lesquelles il a l’intention et œuvre en vue de léguer à son fils Hafedh la présidence de Nidaä Tounès, le parti dont il est le fondateur, et partant la présidence de la Tunisie ultérieurement.
Dans une interview à « Arabiya.net », il a réaffirmé que la « succession par héritage » est impensable en Tunisie, pays régi par une « Constitution démocratique que je ne violerai jamais en tant que son dépositaire moral et légal », précisant que « ceux qui ont inventé la sornette de la succession par héritage visent directement le Président »

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