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Sous le titre «Tunisie : L’héritier», Jeune Afrique commence son dernier article panégyrique en affirmant de manière péremptoire que «trente ans après la destitution de Bourguiba, la manière dont Béji Caïed Essebssi exerce le pouvoir rappelle de plus en plus celle de son mentor».

Parler de Bourguiba, dans la Tunisie actuelle, n’est pas facile, tant la personnalité du «Combattant Suprême» suscite à la fois admiration et inimitié. Cela, sans parler de l’appropriation à des fins politiques. Dans les deux cas, le risque est grand de se faire taper, au moins, sur les doigts, tant par ses admirateurs, que par ses détracteurs.

Affirmer pourtant que Béji Caïed Essebssi (BCE) est l’héritier du Combattant Suprême, le président Habib Bourguiba, serait nous semble-t-il, aller un peu trop vite en besogne. Explication :

⦁ Deux personnalités, similaires et dépareillées

 A 84 ans, Bourguiba a été renversé par Zine El Abidine Ben Ali, l’un de ceux qui s’étaient, pendant de longues années avant 1987, disputés l’héritage jusqu’à épuiser tout un pays. A 91 ans, Béji Caïed Essebssi (BCE) est toujours au pouvoir et ne dédaignerait pas reprendre de plus belle.

Le premier avait apporté l’indépendance et érigé l’éducation nationale en priorité absolue, jusqu’à lui consacrer une très grande part du budget (c’est aussi le cas présentement, mais avec un budget de 4,9 Milliards DT dont 4,58 Milliards DT qui vont aux salaires et 0,09 Milliards DT qui vont aux dépenses des moyens de services dont l’entretien des bâtiments, des écoles et uniquement 0,210 Milliards DT à l’investissement).

Avec le second, la Tunisie vit la dépendance, des 209 partis politiques et des députés de l’ARP, du bon-vouloir des créanciers et des bailleurs de fonds, ainsi que l’humeur du jour des dirigeants de la Libye. Sans parler de l’état actuel de l’école publique, qu’il laisse partir à la dérive, désertant le terrain que vient occuper, il faut le reconnaitre, l’UGTT, dans l’éducation nationale aussi.

Bourguiba n’a jamais accepté un partage des pouvoirs. Il est l’Etat et l’Etat c’est lui, disait-il en paraphrasant Louis XIV. BCE n’a presque pas de pouvoirs, sauf ceux et ils sont très peu que lui a donné la Constitution de 2014. Il est même un parmi trois président dans la Tunisie de la Révolution.

Comme Bourguiba, BCE a le verbe facile, la réplique et le sens de la rhétorique sur le bout de la langue, mais avec moins de superbe que son mentor, surtout lorsqu’il sort de ses gonds, chose rare chez Bourguiba, et s’adresse aux journalistes.

Avec Bourguiba, l’Etat avait toute sa superbe et était craint. Avec BCE, l’Etat a tout perdu et aucun de ses symboles et représentants n’est plus craint. Cela fait sept ans que l’Etat court derrière son autorité pour la restaurer, il n’en reste presque plus rien.Bourguiba menait, certes dans le respect, ses ministres à la baguette. BCE ne peut qu’essayer chaque fois de placer quelques-uns de ses hommes, dans des gouvernements qui ne lui doivent aucune allégeance et où la solidarité gouvernementale est loin d’être le point fort.

Avec Bourguiba, la Tunisie avait même vécu pendant quelques mois avec un remaniement chaque lundi. Avec BCE, ce sont deux gouvernements, entiers et changeants, presque tous les ans. Le premier avait fait de la stabilité politique un argument. Avec le second, c’est l’instabilité au second plus haut sommet de l’Etat.

Bourguiba a libéré la femme tunisienne. Le second en a fait le fer de lance de sa campagne pour les présidentielles et lui a donné le droit de prendre mari de n’importe quelle religion. BCE voudrait aller plus loin que Bourguiba, en mettant sur la table l’égalité en héritage. Il oublie le loup qu’il a lui-même introduit dans la bergerie, son premier partenaire au pouvoir, qui refuse de pousser dans le même sens.

⦁ L’épreuve par le lien père & fils

Bourguiba ne craignait rien ni personne, ni grèves, ni UGTT dont il avait un jour mis en prison le vrai leader Habib Achour. BCE compose, avec des grèves incessantes et ne peut plus mettre personne en prison. Il est même plus risqué, pour un journal comme nous, de critiquer l’UGTT que de le faire pour BCE. Devant Ronald Reagan, Bourguiba s’était offusqué en public que le président américain oublie de parler des aides promises à la Tunisie. Devant le président français, BCE avait oublié qu’il était en présence de François Hollande et non de François Mitterrand.

Comme Bourguiba, Essebssi a un fils. Le premier l’a certes plusieurs fois nommé ministre et ambassadeur, mais n’a jamais pensé à lui léguer quelque chose. Le second lui a, de sa vie, donné le parti qui a emmené son père au pouvoir en héritage. Le premier ne connaissait presque pas la valeur de l’argent. Le second a reconduit le salaire de 30 mille DT de l’ancien président.

Comme Bourguiba avec les Beys, BCE a été à l’origine de la confiscation. Le second s’en est presque voulu et fait voter la loi sur la réconciliation, qui sera tellement déplumée qu’elle ne concernera plus que l’Administration. Contrairement à lui, Bourguiba n’a pourtant pas touché aux entrepreneurs de l’époque (qui sont par ailleurs, comme à toutes les époques, toujours proches du sérail) et qui a su mobiliser les hommes d’affaire du pays pour mettre sur pied une économie, forte pour l’époque. BCE n’arrive toujours pas à remobiliser les hommes d’affaires pour faire redémarrer une économie qui a perdu toute sa dynamique et n’est plus forte.

⦁ HB & BCE, unis dans le «dark-side»

Ce ne sont là que quelques réflexions, qui peuvent paraitre superficielles, sur les parcours et les performances des deux personnes. Des parcours différents et qui ont fortement impacté les actions de chacun des deux avocats. Mais des parcours qui ont fait de Bourguiba et de BCE des personnalités, tout aussi similaires que dépareillées, pour nous amener à dire que le second n’a pas su être le digne héritier du premier.

Loin de nous l’idée d’un quelconque déni de l’apport de la trentaine d’années d’un Bourguibisme qui a presque fait de nous ce que nous sommes devenus, pour écrire de telles remarques sur le «Zaïm». Loin de nous aussi le déni de ce que ces 3 années de «Bajboujisme» ont apporté à la Tunisie de l’après révolution où le vote utile n’aura pas été si inutile que cela, malgré les revirements de BCE sur la question des Islamistes. Mais s’il fallait en définitive leur trouver un point commun, ce serait plutôt leur enfermement sur eux-mêmes qui les empêche d’imaginer la Tunisie sans eux.En 1970, Bourguiba décidait d’amender la constitution et finissait par installer la présidence à vie. A défaut d’arracher un amendement de la Constitution en vue d’une re-présidentialisation du pouvoir, BCE est entrain de grignoter quelques bribes de pouvoir, aux dépends de ses deux derniers chefs de gouvernement. Il a fini par avoir la peau du premier. L’arrière-scène politique bruisse actuellement d’informations, prêtant à BCE l’intention de déboulonner le second.

Comme Bourguiba, et c’est là son plus grand tort et la meilleure illustration aussi de ce qui rapproche réellement BCE de Bourguiba dont on dit qu’il est son mentor, Essebssi n’arrive toujours pas à préparer la Tunisie pour la relève d’un homme plus âgé que Bourguiba lorsqu’il avait été démis. Chef de tout l’Etat et «père de la Nation», Bourguiba avait fini par faire table rase de tout ce qui pouvait un jour avoir la stature d’un héritier politique, opposition et alliés compris. Bien malgré lui, il s’est trouvé dans l’obligation de désigner lui-même celui qui lui succèdera. Successeur qui continuera dans la même voie bourguibienne et mène le pays droit vers un vide politique qui s’est à maintes élections vérifié depuis 2011. Ne pensant jamais à préparer sa succession et à bien y préparer le pays, Ben Ali met le pays entre les mains des Islamistes. Peut-on alors dire, après tout cela, que BCE est l’héritier de Bourguiba ?

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L’ambassadeur turc en Tunisie, Farouk Dogan, donne des gages suite aux remous provoqués par l’attaque virulente du sulfureux prédicateur égyptien Wajdi Ghonim. Il a fait le déplacement hier vendredi 25 août 2017 au ministère tunisien des Affaires étrangères pour livrer la position officielle d’Ankara.

Dogan a fait savoir que les autorités turques sont contrariées par la sortie musclée du prédicateur contre les propositions du chef de l’Etat tunisien sur l’héritage et le mariage, et que son gouvernement condamne énergiquement les agissements de Ghonim. Il a ajouté que la Turquie refuse de laisser prospérer sur son territoire des actions contre le gouvernement et les citoyens tunisiens. Il a affirmé que la justice turque a déjà entamé des poursuites contre le prédicateur…

Pour rappel, le ministre des Affaires étrangères avait convoqué, le 23 août 2017, l’ambassadeur turc en Tunisie pour lui signifier qu’il ne comprenait que la Turquie laisse ce personnage s’en prendre impunément à l’Etat tunisien et à ses symboles…

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Le conseil de l’université Ez-zitouna a souligné vendredi l’impératif de consulter les savants islamiques et les experts dans les affaires religieuses en réactivant le rôle des établissements religieux et scientifiques dont l’université Ez-zitouna, le conseil islamique supérieur, le ministère des Affaires religieuses et la maison d’El Iftaa concernant le discours du président de la République, Béji Caid Essebsi, prononcé à l’occasion de la fête de la femme portant sur la question de l’égalité homme-femme en matière d’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman.
Le conseil a appelé dans un communiqué le mufti de la République à préciser les règles de la chariaa concernant ces deux affaires.
L’initiative du président de la République est contraire aux dispositions de la Constitution, a précisé l’université dans le communiqué, rappelant que les lois régissant la question de l’héritage font objet d’une unanimité irréfutable et ne peuvent en aucun cas faire objet d’ijtihed ou d’interprétation.
Le mariage d’une musulmane avec un non musulman est aussi interdit à l’unanimité, selon le communiqué.

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Après son tonitruant discours du 10 mai 2017, le vieux baroudeur du palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a encore frappé, là où on s’y attendait le moins dans cette période où le marasme économique occupe tout l’espace : Les droits des femmes. L’opinion publique bruisse encore des propositions sans précédent du président de la République : La légalisation du mariage entre une Tunisienne et un non-musulman mais surtout l’égalité homme-femme dans l’héritage. Tout le monde en parle. Même la célèbre institution égyptien Al-Azhar a été ébranlée, au point qu’elle a fait savoir qu’elle fera feu de tout bois pour barrer la route à BCE. Par quel moyen ? Nul ne le sait pour le moment. En tout cas une chose est sûre : le chef de l’Etat est parvenu à cristalliser toute l’attention des médias, des observateurs, des analystes et de tout le personnel politique. Il a même réussi, même si c’était pas son but, à éclipser l’heureuse nouvelle des bons chiffres de la croissance pour le premier semestre 2017. Et ça politiquement c’est une excellente affaire, car l’enjeu est aussi politique. Il y a beaucoup à gagner… et aussi à perdre.

D’abord il y a le feu que le chef de l’Etat a mis dans les rangs de son allié, Ennahdha. Bon, pour l’instant la grande majorité des leaders du mouvement observent un silence lourd, embarrassé. Le fait le plus aillant est l’étrange absence de Rached Ghannouchi. Il y aussi la réaction du député et ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki, manifestement outré par la sortie du président de la République. Ou celle de l’ancien chef du gouvernement de la Troïka Hamadi Jebali, dans les mêmes dispositions que Mekki. A part ça presque personne n’a moufté chez les nahdhaouis. Sauf peut-être le député Ali Laarayedh, dont le commentaire sur sa page Facebook, qui oscille entre un appui franc à l’initiative de Essebsi et l’impérieuse nécessité de ne pas s’écarter du dogme religieux, est in fine illisible et manque singulièrement de tranchant. Mais silence ne veut pas dire consentement. Et en faisant cavalier seul de la sorte, sans l’assentiment des islamistes, qui manifestement n’ont pas été consultés dans cette affaire, BCE prend un gros risque politique. Il pourrait ramasser toute la mise dans quelques années, s’il va au bout de son projet, mais aussi tout perdre quand la configuration de la prochaine échéance électorale l’obligera à nouer des alliances pour gouverner.

Le dogme religieux a bon dos!

De ce que nous avons lu, vu et entendu, c’est surtout la question de l’égalité homme-femme dans le partage de l’héritage qui déchaine les passions. L’opinion publique s’enflamme littéralement autour de cette proposition. Les détracteurs de BCE arguent la fidélité au sacro-saint texte coranique, dont les préceptes sont sans équivoque sur ce dossier. Pourtant à y regarder de plus près, en toute objectivité, cette affaire d’égalité dans l’héritage n’est qu’une question matérielle, et même bassement matérielle. Et le fait de donner à l’homme et à la femme des parts égales ne bouleverserait en rien l’ordre social. Mis à part le fait de rogner un peu le pré-carré des hommes, il n’y a rien de mortifère pour la société, quoi qu’en disent les adversaires du président de la République. Donc il faut savoir raison garder.

Ce dossier a pris d’énormes proportions car l’enjeu ce sont les intérêts des hommes, et dans certains cas ce sont des millions de dinars. Alors la gente masculine s’excite plus que de raison et brandit le Coran et les dogmes religieux, les mêmes qui ne sont pas troublés outre mesure par le fait de zapper les autres enseignements du saint texte, infiniment plus importants. Par exemple la deuxième proposition de BCE, le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, est à ce titre beaucoup plus problématique pour les plus sourcilleux d’entre nous. En effet cela induit – je précise que c’est du point de vue des plus rigoristes d’entre nous – que les enfants qui naitront de cette union ne peuvent pas être considérés de fait comme des musulmans, d’après le Coran. A moins qu’ils se convertissent formellement après. Voilà une prescription majeure, que BCE propose pourtant de mettre de côté au nom de la modernisation de la société, presque dans l’indifférence générale. Ce qui chauffe surtout les esprits, c’est le partage des sous, des villas, des terres, etc. Cela ne porte pas le nom hypocrisie sociale ?

La plupart des sociétés du monde sont des sociétés d’hommes, bâties par et pour les hommes. Ce n’est que récemment que les femmes se sont glissées, et tous les droits qu’elles ont arrachés aux hommes l’ont été au prix de longs et âpres batailles. Par exemple en France, les femmes n’ont acquis le droit de voter et l’éligibilité le 23 mars 1944, plus de deux siècles et demi après la Révolution (1789) et un siècle après que ces droits ont été accordés aux hommes. Les Françaises ont voté après les Turques, les Espagnoles, les Birmanes, etc. Tout cela pour dire que les droits des femmes ne vont pas de soi et qu’en Tunisie comme ailleurs, c’est une lutte de tous les instants dans laquelle les hommes s’échinent à bloquer toute avancée, par tous les moyens. Cette affaire d’héritage en est la parfaite illustration…

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Le mufti de la République, Othman Batikh, s’est rangé hier lundi derrière l’initiative du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, alors que ce dernier n’avait nullement l’intention d’obtenir son aval sur la question de l’égalité homme-femme dans l’héritage. Cela a valu à Batikh le courroux du syndicat des imams, qui a accusé le mufti de rouler pour BCE. La haute institution religieuse égyptienne Al Azhar a également mis son grain de sel dans le débat…

«Ce qui se passe en Tunisie actuellement est contraire aux textes du Coran où la question de l’héritage est sans équivoque. Transgresser ces textes est un outrage à l’Islam», dit Al Azhar dans son communiqué, avant d’ajouter qu’il «ne laissera pas passer” un tel affront…

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Le personnel politique commence à se manifester suite au grand virage sur les droits des femmes annoncé par le président de la République, Béji Caid Essebsi, hier dimanche 13 août 2017. Abdellatif Mekki, député et dirigeant d’Ennahdha, a été l’un des premiers à sortir du bois.

Dangereux“, a rétorqué Mekki sur Akher Khabar online. Il est d’avis que le fait de remettre en cause le principe de l’inégalité dans l’héritage entre l’homme et la femme et de casser la circulaire de 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier avec des non-musulmans embarque le pays sur des sentiers périlleux, alors que toutes les énergies devraient se focaliser sur le développement et la relance de l’économie.
D’après Mekki, la jurisprudence islamique a définitivement clos le débat. Et même la Constitution tunisienne, sur laquelle s’est adossé BCE, contient des dispositions sans équivoque qui stipulent que la loi ne doit pas contredire les fondements religieux, toujours selon l’élu.

Le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, Abdelfattah Mourou, du mouvement Ennahdha également, est quant à lui beaucoup moins radical. Questionné par le même site, il a affirmé que cette proposition du chef de l’Etat mérite un vrai débat de société. Pour Mourou, l’affaire de l’héritage doit être étudiée sous deux angles : celui de la loi et celui de la religion, et aucun changement ne doit être amorcé sans avoir scruté ces deux éléments.

Par contre pour Rym Mahjoub, députée d’Afek Tounes, c’est tout vu : Le président de la République a fait un discours “moderniste, émancipateur, révolutionnaire“, dit-elle sur Shems FM ce lundi 14 août…

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Le président de la République, Béji Caid Essebsi a appelé ce dimanche 13 août 2017 lors de son discours pononcé à l’occasion de la fête de la femme à la nécessité de l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes.

Il a par ailleurs expliqué a que lorsque on parle d’égalité dans l’héritage on parle de question d’être humain et non pas de religion.

 

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Des Oulémas, Cheikhs et professeurs de la Zitouna ont appelé au retrait de l’initiative législative relative à l’égalité dans l’héritage.
Ils ont proposé, au cours d’une rencontre mercredi à Tunis, l’élaboration d’un code de conduite juridique fixant les limites des attributions des députés en ce qui concerne les initiatives législatives.
Les participants à la rencontre, consacrée à la question de l’héritage dans la Chariaa, ont souligné que la Constitution tunisienne interdit la révision des dispositions des règles de l’Islam à ce sujet.
L’ancien ministre des Affaires religieuses Noureddine Khademi estime, à ce propos, que la position de la Chariaa à travers le Coran et la Sunna est claire et catégorique, et ce, à l’unanimité de la Oumma depuis 14 siècle. L’appel à changer les dispositions sur l’héritage constitue, selon lui, une atteinte à la Chariaa islamique qui risque d’attiser davantage les tensions. Il a exhorté le parlement à retirer cette initiative et à s’intéresser, plutôt, aux questions réelles et aux priorités nationales à l’instar du développement, l’emploi, la santé et l’enseignement.
Pour le professeur de l’université de la Zitouna Slimane Chaouchi, « pareilles initiatives traduisent un déclin
intellectuel, juridique et éducatif ». Il considère qu’il s’agit d’un débat provoqué pour distraire les Tunisiens des vraies questions.
De son coté, l’avocat Fethi Laayouni a fait observer que la Constitution a renforcé le référentiel islamique des
législations tunisiennes, citant l’article 6 qui stipule que « l’Etat est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et de libre exercice des cultes (…) ».
Début mai, le député Mehdi Ben Gahrbia a proposé un projet de loi sur l’égalité homme-femme dans l’héritage.

TAP

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Le mouvement Ennahdha a pris la décision de rejeter la proposition de loi de Mehdi Ben Gharbia relative à l’égalité devant l’héritage, a annonce le président de son groupe parlementaire, Noureddine Bhiri

Dans une déclaration à l’hebdomadaire Al-Joumhouria, il a affirmé que son groupe parlementaire votera contre le texte, expliquant que le citoyen tunisien n’a pas de quoi hériter pour discuter de pareilles questions qui « sont en contradiction avec ses caractéristiques religieuses et sociales ».

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Le taux d’appropriation chez les femmes en Tunisie est très faible, moins de 5%, a affirmé le directeur de Sigma Conseil, Hassen Zargouni dans une déclaration à Africanmanager.

Il a précisé que ce chiffre ne reflète pas la réalité du rôle économique de la femme, ajoutant que, eu égard au fait que le taux des diplômées de l’enseignement supérieur dépasse les 60% et qu’elles contribuent à hauteur de 28% à l’activité économique, il est illogique que le taux d’appropriation chez les femmes tunisiennes soit si extrêmement faible et que la plupart d’entre elles ne détiennent pas de patrimoine personnel.

Zargouni a souligné que la proposition de loi annoncée par le député Mehdi Ben Gharbia concernant l’égalité en héritage est de nature à renforcer les acquis de la femme, notant que selon les études statistiques,  84% des Tunisiens sont favorable à la promulgation d’une loi facultative si le propriétaire désire partager son patrimoine à parts égales entre ses héritiers.

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Y avait-il lieu de déclencher une polémique sur légalité de la femme et de l’homme devant l’héritage ? La question taraude bien des esprits en Tunisie où les controverses s’enchaînent comme pour détourner l’attention des dossiers brûlants, et ils sont nombreux, tels que ceux du chômage, de la corruption, de l’endettement, et on en passe.

D’aucuns se demandent quelle mouche a piqué le député indépendant, Mehdi Ben Gharbia, pour penser à initier une proposition de loi instaurant l’égalité des genres dans l’héritage, une initiative égratignée par les uns et appréciée par les autres, pour la plupart des femmes qui, faut-il le noter, s’offusquent d’être traitées en citoyennes de seconde zone, c’est à dire victimes d’une discrimination systémique par la loi et dans une juridiction donnée, en l’occurrence, celle compétente en matière civile.

Pour ce qui concerne la Tunisie, il existe deux textes fondateurs qui régissent la question : Le Coran et le Code du statut personnel. Mais si les dispositions de la loi sont explicites et ne souffrent aucune équivoque, il en est autrement du verset coranique révélé en la matière. C’est le verset 11 de la Sourate « Les femmes » qui dispose : «   Dieu vous recommande [yousikom] quant à vos enfants : pour le garçon l’équivalent de la part des deux filles. S’il n’y a que des femmes, au moins deux, alors à elles les deux tiers de ce qu’il a laissé. S’il n’y a qu’une femme, alors à elle la moitié ».

Recommandation ou prescription ? C’est là que loge tout le problème. La plupart des exégètes du Livre saint croient dur comme fer que c’est une obligation à laquelle le musulman est tenu sans autre forme de procès de déférer. Pour les autres, acquis à une interprétation pas uniquement sémantique, il s’agit d’une préconisation, à la limite, une exhortation, autrement dit un aphorisme non contraignant, ce qui laisse une marge pour l’interprétation. C’est dans cette « brèche » que semble s’être engouffré l’auteur de la proposition de loi. On en saura davantage lors de la conférence de presse qu’il se propose de tenir dans les jours à venir.

En tout cas, les « lois de l’héritage » coraniques ont été canonisées par les pouvoirs publics et par le législateur en les reprenant dans le Code du statut personnel, un recueil de droit positif, comme une prescription opposable à tous les citoyens, sans que personne ne puisse trouver y à redire du temps de l’initiateur du code, Habib  Bourguiba comme de celui de son successeur Ben Ali.

C’est dans les articles 91…97 qu’il en est question avec force détails au titre des héritiers dits réservataires, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas mentionnés dans le testament du défunt, au cas où ce dernier en laisserait un. Les quotes-parts successorales y sont fixées au nombre de six : la moitié, le quart, le huitième, les deux tiers, le tiers et le sixième, tout en appliquant la règle de la quotité de deux parts pour le garçon et d’une part pour la fille.

Depuis, rien n’est venu « perturber » cette ordonnance, sauf quelques contestations dues notamment à l’Association des femmes démocrates sans pour autant susciter une mobilisation ni d’ailleurs la moindre prise de conscience qui vaille de cette discrimination.

Pourtant, bien des choses ont changé dans l’entretemps, dictant sans doute une refonte de la loi. D’autant que la femme tunisienne en ce début du 21ème siècle n’est plus celle d’il y a 50 ans. De nos jours, en effet, elle joue un rôle central dans les affaires publiques, politiques et sociales. Elle a acquis une autonomie qui la fonde à revendiquer des droits qui ne lui étaient pas reconnus des lustres auparavant, et son égalité avec l’homme est solennellement inscrite dans la Constitution du pays  autant que dans les conventions et traités internationaux signés par l’Etat tunisien.

Comme on peut le constater, l’enjeu est de taille, mais celui de briser les tabous l’est  encore plus, comme en témoignent les réactions fermes et parfois virulentes des nombreux adversaires de la proposition de loi qui, faut-il s’en convaincre, est lancée à un moment où l’opportunité de le faire ne semble pas propice comme si elle venait de nulle part alors que les Tunisiens ont en quelque sorte d’autres chats à fouetter.

Sans doute faudra-t-il attendre que le tempérament général soit à même d’assimiler un tournant législatif de cette eau et de cette envergure. Et puis et surtout, il n’y a  pas le feu, alors que s’entassent sur le bureau du Parlement des projets de loi bien plus cruciaux que la proposition de loi sur l’héritage, qui, au demeurant, ne concerne pas le grand nombre.

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Le Mufti de la République

Le mufti de la république, Othmane Battikh a déclaré qu’il n’était pas question de changer le Coran en réponse à l’initiative du député à l’ARP Mehdi Ben Gharbia portant sur l’égalité dans l’héritage.

Dans une déclaration rapportée par Mosaïque Fm, Othmane Battikh a déclaré que le verset coranique à ce propos est claire et nette qu’on ne peut ni interpréter ni y apporter des changements.

Battikh a également appelé les députés à trouver des solutions aux vrais problèmes du pays et de ne pas soulever des problématiques dont on n’a pas besoin.

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Interrogé sur la place de son fils

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a catégoriquement démenti les « délirantes conjectures » selon lesquelles il a l’intention et œuvre en vue de léguer à son fils Hafedh la présidence de Nidaä Tounès, le parti dont il est le fondateur, et partant la présidence de la Tunisie ultérieurement.
Dans une interview à « Arabiya.net », il a réaffirmé que la « succession par héritage » est impensable en Tunisie, pays régi par une « Constitution démocratique que je ne violerai jamais en tant que son dépositaire moral et légal », précisant que « ceux qui ont inventé la sornette de la succession par héritage visent directement le Président »

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