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La drôle de proposition de Mourou : Un mur anti-terroriste fait d’arbres !

Avec la chechia et le turban en petit déséquilibre sur la tête, et débordant d’en haut et d’en bas, le visage toujours grimaçant et très rarement souriant, Abdelfattah Mourou parlait jeudi chez Elyes Gharbi une langue arabe, par moment châtiée, héritage de ses moments de barreau, mixée à de l’argot arabe, avec parfois quelques bribes de langue française.

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Mourou, qui se défendait d’être le candidat du dernier quart d’heure après une vaine recherche de l’oiseau rare, semblait d’emblée sur la défensive, faisant beaucoup usage de grimaces, un subterfuge de communication qu’il a appris à utiliser en complément de sa plaidoirie, pour le cas radiophonique et en vidéo.

Le candidat est un orateur, calme comme le Soufi qu’il a été et aussi allumé qu’un prêcheur dans une tente «da3awie», comme en font les Islamistes. Le candidat est un contradicteur insaisissable, capable de dire du gendre de Rached Ghannouchi, Rafik Abdessalem, qui avait dit de sa candidature qu’elle est «fausse et erronée et (…) un choix qui est une entente sur le faux», que c’est «parce qu’il est le fils d’Ennahdha, qu’il lui est permis de dire cela sans qu’il soit puni».

Un prêcheur capable de vous faire prendre un vessie pour une lanterne, et d’utiliser le même argument pour la chose et son contraire. Il vous dit qu’il est âgé et n’a plus rien à offrir au pays, et vient demain vous demander de l’élire au plus haut poste de la magistrature, mettant le discours sur ses genoux de vieil homme incapable de donner quelque chose à l’Etat sur le compte de la modestie et s’étend ensuite sur ses performances au perchoir.

  • Un mur végétal, pour arrêter les terroristes !

Venant aux «Quick Wins » que veut toujours connaitre l’animateur, Mourou met en exergue son souci de la sécurité intérieure. Et c’est dans ce cadre qu’il donne cette surprenante proposition : «Former une commission pour planter des arbres sur toute la frontière ouest pour éviter le passage des contrebandiers et des terroristes».

A bien comprendre le candidat, ce sera une sorte de barrière à la Trump, mais avec les moyens du bord de la Tunisie, et dont la constitution devra attendre des années pour que les arbres grandissent et forment une forêt assez dense pour devenir infranchissable par des terroristes et des contrebandiers, que les fossés barbelés n’ont pas su arrêter. La France avait aussi construit, en 1957, une sorte de «ligne Maginot», dite «ligne Morice», du nom du ministre français de la Défense de l’époque, entre la Tunisie et l’Algérie. Cela n’avait guère empêché fellagas et combattants du FLN de passer. Mourou voudrait-il ainsi fabriquer un 2ème Chaambi, ou une forêt, où toute cette bande de terroristes aidée par les contrebandiers pourrait se cacher ?

Ce qui est sûr c’est qu’on a eu le mur en béton du président américain Donald Trump, pour arrêter les immigrants mexicains, et on va avoir un mur, végétal et anti-terroriste, d’Abdelfattah. Mourou risque de ne pas le voir de son vivant, tant le mur prendra du temps à se mettre en place et ne sera qu’une cache de plus pour les terroristes.

Il est vrai que pour le candidat islamiste, «on n’a pas de risque terroriste imminent, sauf des actes non-contrôlées et individuels», comme il le dira devant Elyes Gharbi. Cela rappellerait presque cet ancien ministre de l’Intérieur d’Ennahdha qui disait des cellules terroristes campant au Chaambi que ce ne sont que des jeunes qui font du sport.

  • On avait 3 armées, Mourou en propose une 4ème

«Il nous manque une armée. Il nous faut une armée cybernétique pour la sécurité informatique». On ne sait pas s’il avait oublié qu’Ennahdha en a déjà une, déjà connue et nommée «les mouches bleues» et qui font déjà des dégâts sur la scène électorale. Mourou rappelle, pour justifier sa proposition, la horde de hackeurs israéliens qui avaient organisé une cabale cybernétique contre «notre chef de gouvernement» dit-il de lui ainsi.

On n’oubliera pas de lui rappeler aussi la 5ème colonne, ou cette officine secrète, sujet sur lequel l’animateur ne l’avait interpellé et à propos de laquelle il s’était limité à dire que «le dossier est entre les mains de la justice et j’ai confiance dans la justice». Il est vrai que cette dernière avait déjà effacé tout le contenu de leurs bulletins N° 3.

On lui rappellera aussi cette tentative, toujours en cours par le ministre Nahdhaoui des TIC, pour dupliquer le CNI (Centre National informatique) qui gère toutes les données informatiques du pays, en une entité placée directement sous sa coupe.

A la volée, il essaie de se donner l’image d’un «Mourou vert» qui se préoccupe de la verdure et voudrait «planter des arbres dans le désert tunisien», avec la collaboration du Prince de Monaco, sans se soucier de la nappe phréatique dans le désert tunisien, déjà assez épuisée, et qu’il voudrait utiliser pour arroser les arbres dans le désert.

Il se rappelle de la femme, que son chef Ghannouchi limite à un rôle reproductif et sexuel et dont la conception de la religion qu’il défend en fait des «Houries» à offrir aux hommes. Il propose ainsi que son cabinet présidentiel soit moitié-moitié, hommes-femmes. On risquera ainsi par exemple d’y trouver des voilées comme la traductrice Mehrezia Laabidi, ou la «poétesse» aux heures creuses Sonia Ben Toumia, qui proposait un club des martyrs. Il se refuse pourtant de se prononcer, même à titre individuel comme le lui demandait l’animateur, sur la question de l’égalité dans l’héritage.

Il se bornera à dire qu’il faut Fructifier la relation entre président et députés, pour les convaincre de terminer l’installation de la Cour constitutionnelle

  • Le seul candidat à parler de l’Afrique.

Côté diplomatie, le candidat Mourou se voit comme un président qui doit avoir un travail d’ambassadeur, qui voudrait élargir l’ouverture de la Tunisie au-delà de l’Europe, pour s’ouvrir plus sur le Maghreb arabe. Nouveauté par rapport à tous les candidats passés devant Elyes Gharbi, Abdelfattah Mourou prône une ouverture aussi sur l’Afrique. Un peu plus précis, il espère que «la Tunisie devienne l’usine de l’Afrique, l’hôpital de l’Afrique et l’université de l’Afrique. Nous le pouvons». Presqu’un «Yes we can» d’Obama, dit le candidat islamiste au poste de chef d’Etat avec le doigt en l’air, comme pour souligner sa conviction.

Au passage, il annonce sa «démission», financière et administrative de l’ARP en renonçant à sa rémunération en tant que vice-président de l’ARP. Suivez son regard vers Zbidi qu’on accuse, à tort peut-être, d’user des moyens du ministère de la défense d’où il avait dit démissionner, sans que parait-il cela ne se soit concrétisé.

3 Commentaires

    • Nous qui sommes à la recherche de l’innovation nous avons là un potentiel président de 6ème génération. Un possible Pt.6 avec une telle proposition, un mur d’arbres, alors qu’un ministre de l’agriculture propose d’en arracher.

  1. Ce qu’on aime bien chez celui là, c’est sa résilience à toute épreuve, tantôt khwenji, tantôt rastaman…..quand on est à court d’arguments, comme tous les autres d’ailleurs, on en perd même son latin, lui qui est d’habitude prolixe …..De là à ériger une palissade d’arbres en guise de frontières, je lui conseille le figuier de barbarie  » El hendi », c’est réputé infranchissable ☺

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