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Walid Ben Salah

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Le Fonds Monétaire International (FMI) pourrait être moins flexible concernant le déblocage des tranches du prêt accordé à la Tunisie, prévues pour 2019, en raison des dernières augmentations des salaires décidées dans le secteur public, et celles prévues pour la fonction publique, a estimé l’expert comptable Walid Ben Salah.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, il a rappelé que le FMI n’a cessé de demander le gel des salaires dans la fonction publique, depuis la signature, en mai 2016, de l’accord relatif au prêt de 2,8 milliards de dollars accordé à la Tunisie au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Le pays a déjà bénéficié de 5 tranches d’une valeur globale de 1,4 milliard de dollars.
Il aurait fallu parler franchement avec le Fonds monétaire international de la situation économique et sociale difficile du pays, marquée par la détérioration du pouvoir d’achat, la montée de l’inflation et la faiblesse de la croissance, pour bénéficier d’une meilleure flexibilité, concernant la question des salaires“.

L’expert comptable a par ailleurs jugé précipité l’engagement pris par le gouvernement auprès du FMI, de geler la masse salariale, au demeurant l’une des plus élevées au monde, et de ne pas augmenter les salaires, d’autant plus que le gouvernement a signé un accord avec l’UGTT, le 22 octobre 2018, pour augmenter les salaires dans le secteur public.
Cette contradiction est de nature à saper la crédibilité du gouvernement et reflète une absence de vision concernant les réformes qui doivent être engagées, ce qui contraint le gouvernement à opter, à chaque fois, pour des mesures artificielles, à l’instar du mécanisme du crédit d’impôt, retenu pour réduire la masse salariale. Lequel mécanisme n’est pas à même de solutionner un problème structurel et non comptable“.
Néanmoins, les augmentations salariales qui concernent le secteur public (établissements et entreprises publics) sont compréhensibles, vu la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens“.

Ben Salah a affirmé que les dernières augmentations dans le secteur public, en attendant celles de la fonction publique, sont justifiées, étant donné que l’année 2018 s’est caractérisée par une amplification des taxes et impôts, dont la hausse des impôts indirects et les retenues sur salaires. En même temps, le taux d’inflation a atteint des niveaux record (7,4% à fin septembre 2018), y compris dans le secteur de l’énergie et les taux d’intérêt ont augmenté.
Il s’agit d’autant de facteurs qui ont sensiblement impacté le pouvoir d’achat des citoyens et particulièrement des salariés.

Le PLF 2019 n’a pas intégré les dernières augmentations

En ce qui concerne l’impact des augmentations salariales dans le secteur public et celles prévues dans la fonction publique, sur les équilibres budgétaires, Ben Salah a précisé que la masse salariale inscrite dans le projet de budget de l’Etat 2019 est estimée à 16,5 milliards de dinars, soit 14,1% du PIB.
Cette masse représente plus de 40% du total du budget, compte non tenu des récentes augmentations dans le secteur public (entreprises et établissements publics) et des augmentations prévues dans la fonction publique (ministères et administrations).
Il a indiqué que le gouvernement pourrait avoir recours une nouvelle fois à des solutions provisoires, dont la réduction d’autres budgets tels que celui du développement, pour préserver les équilibres globaux.
“Les dernières augmentations salariales dans le secteur public, qui concernent les établissements et entreprises publics, augmenteront les déficits de ces derniers, surtout qu’elles ont été décidées après la fixation de leurs budgets, d’où la nécessité de leur révision“.

Amplification du déficit des entreprises et établissements publics

Pour l’expert comptable, le déficit enregistré dans les entreprises et établissements publics va rendre plus difficile leur situation financière. Ainsi, il y aura recours au budget de l’Etat pour les aider de nouveau, ou à l’endettement ou encore à l’augmentation de leurs ressources propres, par l’augmentation de certaines tarifs ( électricité, gaz, hydrocarbures, billets de Tunisair et du transport public…).
L’exercice 2019 en sera grevé, étant donné que les augmentations salariales seront débloquées en janvier 2019, avec un effet rétroactif, à compter de mai 2018. D’ailleurs, le projet du budget 2019, comporte des transferts financiers programmés au profit des entreprises et établissements publics d’une valeur de 1 672 Millions de dinars (MD), dont 958 MD, au titre des salaires. Cette somme sera revue à la hausse, compte tenu de dernières augmentations salariales“.
Il a indiqué que le recours aux recrutements anarchiques dans la fonction publique et dans le secteur public au cours des années 2011, 2012 et 2013, pour assurer la paix et la stabilité sociales, n’a pas donné de résultats, étant donné la persistance de la problématique du chômage (plus de 15%).
Et de constater que les mouvements de protestation, les sit-in et le blocage de la production pour revendiquer des droits sociaux se poursuivent encore.

L’expert comptable a réitéré son appel à “une redistribution des agents et fonctionnaires au sein de l’appareil de l’Etat, pour renforcer les structures de contrôle, telles que le contrôle fiscal et économique, la cour des comptes et les structures de contrôle public et de recouvrement, sur la base de programmes de formation et de mise à niveau adéquats, tout en veillant à la numérisation de l’administration“.
Ces mesures, a-t-il dit, permettront à l’Etat, de mobiliser de dizaines des millions de dinars et d’assurer le recouvrement des dettes classées, sans recourir à de nouveaux recrutements ou augmenter la masse salariale.

TAP

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La Tunisie n’est pas arrivée à collecter 1 milliard de dollars sur le marché international, rapporte Reuters. Dans un statut posté sur sa page Facebook, l’expert en économie Walid Ben Salah a écrit: “Malgré l’engagement de 4 banques de renommée internationale (dont les honoraires et success fees vont nous coûter très cher) pour l’accompagner dans la levée d’un emprunt obligataire de 1 milliard de dollar sur le marché international, le gouvernement n’a pas réussi à convaincre les bailleurs de fonds étrangers qui sont de plus en plus en perte de confiance en notre économie (notamment à cause des dernières dégradations des notes souveraines)“.
Ben Salah a ajouté que les autorités tunisiennes ont ramassé 570 millions de dollars…

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Le Dinar tunisien est appelé a poursuivre sa descente aux enfers jusqu’à la fin de l’année en cours, a estimé mercredi l’analyste économique Walid Ben Salah, expliquant que les réserves en devises du pays ont baissé à moins de trois mois.

S’exprimant sur Mosaïque Fm , il a ajouté que le léger mieux enregistré actuellement est dû au décaissement aux deux crédits du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. «  Sitôt ces crédits dépensés, nous nous remettrons à puiser dans nos réserves en devises », a-t-il averti ».

Les solutions existent, a-t-il affirmé, citant le grand nombre de produits importés qui peuvent cesser de l’être, à l’instar des articles d’habillement qui dévorent 1300 millions de dinars.

Il a souligné que le schéma actuel mènera directement à un déficit commercial de 18 milliards de dinars, alors que celui de la balance énergétique se situe au-delà des 2 milliards de dollars et que la masse salariale a atteint 14,1% du PIB.

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La BCT va publier, dans les prochains jours, une nouvelle circulaire qui prévoit l’obligation pour les banques de respecter un nouveau ratio CREDITS / DEPOTS, qui ne doit pas dépasser 110%. Or, la plupart des banques sont déjà en dépassement important dudit ratio. Les banques seraient dans l’obligation de limiter l’octroi de nouveaux crédits, d’améliorer le recouvrement et la collecte des dépôts“, a commenté l’expert comptable Walid Ben Salah, sur sa page Facebook.

La BCT a déjà publié, le 5 juin 2018, la circulaire 2018-06, qui définit de nouvelles règles de calcul du ratio de solvabilité des banques et qui prend en compte, pour la première fois, les risques de marché (change et taux d’intérêt), exclut certains éléments du calcul des fonds propres des banques et sanctionne les dépassements de certains seuils réglementaires, notamment des participations prises hors secteur bancaire et financier.

Le respect des exigences de la nouvelle circulaire nécessite l’augmentation des fonds propres de la plupart des banques (augmentation de capital, limitation de la distribution des dividendes, lancement d’emprunts subordonnés – si liquidité il y a ! – etc) et/ou la limitation de l’octroi des crédits et de l’exposition aux risques de marché, notamment de change (financement du commerce extérieur), a expliqué Ben Salah.
Toujours selon l’expert comptable,”la BCT a décidé également de limiter le volume des BTA présentés au refinancement à 40% au lieu de 60%, incitant ainsi, les banques à ne plus financer le déficit du budget de l’Etat et/ou ne plus user de cet instrument (considéré comme privilégié jusqu’à présent), pour se refinancer auprès de la BCT. La présentation de papier de qualité devient la règle de refinancement, ce qui incite les banques à accorder plutôt des crédits refinançables (financement de l’économie) au lieu des autres formes de crédits non refinançables (découvert, crédits à la consommation, etc) et/ou limiter les octrois de crédits aux bons profils de risque et selon les formes les plus adéquates“.

L’expert comptable s’est interrogé, par ailleurs, sur l’aptitude des banques en Tunisie à pouvoir respecter simultanément toutes ces nouvelles exigences : “Sont-elles préparées et suffisamment outillées pour le faire ?! A défaut, quelles seraient les conséquences de telles décisions sur l’ensemble du secteur et de l’économie, notamment en l’absence de mesures concrètes permettant de rétablir la confiance dans le système bancaire, son développement et sa sophistication, d’améliorer le taux de bancarisation, d’améliorer la liquidité du secteur en limitant le cash et en privilégiant le recours au digital et aux nouvelles technologies, et d’encourager l’épargne” ?.

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Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l’augmentation et à plusieurs reprises du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie, la baisse de la production de phosphate et l’augmentation récente des prix du carburant. Interview:

Quel impact aura la dernière augmentation des prix du carburant sur l’économie?

L’énergie d’une manière générale constitue un élément de coût direct de plusieurs produits. Elle constitue également un élément de coût très important du transport des biens et des personnes. De ce fait, l’augmentation des prix des carburants aurait un effet double sur l’augmentation des coûts directs et indirects (production et transport) de la plupart des produits et services et constitue donc un facteur d’inflation significatif. Il en est de même de l’électricité et du gaz dont les tarifs seront révisés à la hausse dans les prochains jours. Cette situation a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est un consommateur d’énergie, d’une part, et qui va subir, en outre, une inflation de plus en plus élevée en raison de l’augmentation des prix de la plupart des produits et services par les entreprises à même de faire face au surplus de coût qu’elles vont supporter, d’autre part.

Il convient de rappeler à ce titre que le prix de l’essence sans plomb par exemple, a fait l’objet de 4 augmentations successives en l’espace d’un an (depuis juillet 2017) et qui totalisent 275 millimes, soit 17%. Il en est de même des tarifs de l’électricité qui sont en augmentation annuelle quasi-systématique de l’ordre de 7%. Le taux d’inflation du mois de mai 2018 a atteint un record historique de 7,7% jamais atteint depuis des décennies et l’inflation ressentie serait beaucoup plus élevée que cette proportion moyenne publiée par l’INS. Il convient de rappeler également que les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés dans les produits de première nécessité, notamment les produits agricoles et agroalimentaires (9,3%) et le transport (9,6%), outre le logement, l’habillement, la santé et l’enseignement (considérés également comme produits de première nécessité).

L’augmentation des prix de l’énergie (carburant, électricité et gaz) aura également un impact néfaste sur la rentabilité et la compétitivité des entreprises (exportatrices ou non), surtout celles qui auraient conclu des marchés moyennant des prix fermes et non révisables (IME, textile, hôtellerie, par exemple). L’impact des dernières augmentations sera de plus en plus ressenti au cours des prochains mois et il serait alourdi davantage par de nouvelles augmentations selon nos prévisions et ce, compte tenu de la tendance haussière continue des cours du pétrole à l’échelle internationale, de la situation très difficile des finances publiques et du budget limité de compensation déterminé sur la base d’une hypothèse non plausible du cours du baril de 54$, alors qu’il a atteint une moyenne de 75$ au cours des dernières semaines et qu’il cotait déjà à plus de 60$ durant la période de discussion de la loi de finances 2018 et qu’en outre, les pays de l’OPEP ont déjà décidé, lors de la réunion du 30 novembre 2017, de prolonger leur accord de réduction de leur production en 2018 et ce, en vue de soutenir davantage le cours du baril.

  Il y a lieu également d’évoquer la perte de valeur continue de notre monnaie nationale, notamment face à l’Euro (3,137 dinars) et le dollar (2,638 dinars), contre des prévisions budgétaires pour la fin de l’année 2018 de 3,050 dinars pour l’Euro et 2,650 dinars pour le dollar. Ces écarts de change intervenus dès le premier semestre de l’année alourdissent davantage la facture d’importation d’énergie de 2018 et favorisent de nouvelles augmentations de prix.

Est-ce qu’on peut aussi parler des pressions du FMI ?

Oui, justement, les pressions de plus en plus importantes du FMI invitent le gouvernement, lors de chaque revue, à maîtriser et limiter davantage les dépenses de compensation des carburants. Mais, il ne faut pas se limiter uniquement à ces facteurs. Il y a lieu également d’évoquer d’autres facteurs qui sont plutôt endogènes. Il s’agit notamment de la baisse considérable de l’ordre de 50% de la production nationale de pétrole en raison du vieillissement des champs, de l’absence d’octroi de nouveaux permis de recherche et de développement depuis plusieurs années, des arrêts répétitifs de la production suite aux grèves et aux sit-in, etc. Il s’agit également du retard important de plus de deux ans depuis la publication des textes pour l’octroi des permis d’exploitation des énergies renouvelables, un retard dû notamment à certaines insuffisances relevées dans les textes adoptés et la résistance de certaines parties au développement de ce secteur. Sans oublier la baisse considérable de la productivité dans la quasi-totalité des entreprises publiques, notamment celles opérant dans le secteur de l’énergie, ce qui affecte directement la balance énergétique et le budget de compensation.

Parmi les facteurs endogènes, on notera également le gaspillage d’énergie à tous les niveaux (carburants, électricité et gaz) notamment dans le secteur public. A cela s’ajoutent les encours de créances impayées de plusieurs centaines de millions de dinars détenues par plusieurs entreprises publiques du secteur (STEG, SNDP, etc) qui aggravent d’une manière significative leurs difficultés financières surtout en l’absence de stratégies de recouvrement claires et efficaces (application rigoureuse des procédures réglementaires, déclenchement et suivi rigoureux du processus judiciaire et contentieux, conclusion d’arrangements, rééchelonnements, cession de créances, etc).

La baisse considérable des réserves en devises à 71 jours d’importation et le resserrement de la politique de change par la BCT (sur recommandation du FMI) constituent également un facteur de difficulté majeur. Pour preuve, la STEG (dont l’encours des créances impayées avoisine un milliard de dinars) a récemment rencontré beaucoup de difficultés pour payer sa facture d’importation de gaz en raison de l’assèchement des devises sur le marché des changes ; le montant du financement demandé a dû être réparti entre plusieurs banques de la place.

Et l’impact de la baisse de la production de phosphate…

A l’instar de la situation du secteur de l’énergie, la baisse de la production des phosphates constitue un facteur majeur d’aggravation de la balance commerciale et du déficit courant, ce qui affecte directement les réserves en devises. En effet, les exportations des phosphates et produits dérivés au cours des 5 premiers mois de 2018 ont baissé de 14% aux prix courants et de 17,5% au prix constant (baisse des volumes exportés). La Tunisie n’a pas pu profiter de la hausse des cours de vente à l’échelle internationale, due notamment aux fluctuations des prix et du change.
La situation du secteur est très difficile et elle est due à plusieurs facteurs, notamment la baisse considérable de la production versus l’augmentation vertigineuse de l’effectif et des différents facteurs de coûts de la production, du transport et des autres services.

Comme premier facteur, je cite les grèves répétitives, les sit-in et les arrêts de production. La production des phosphates a été de 4 millions de tonnes environ en 2017, soit 50% uniquement de la capacité nominale qui est de l’ordre de 8 millions de tonnes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 6,5 millions de tonnes en 2018, un objectif devenu très ambitieux et difficilement réalisable compte tenu des arrêts répétitifs de la production survenus au cours des premiers mois de l’année.

Comme deuxième facteur, je note le sureffectif direct et indirect (notamment l’emploi de 11.000 personnes à travers les sociétés filiales de jardinage pour un coût annuel de l’ordre de 134 millions de dinars, vraisemblablement sans aucun rendement ou rentabilité prouvés). Les salaires servis à ce titre s’apparentent beaucoup plus à des indemnités de chômage déguisées. Outre les augmentations de salaires quasi-systématiques sans contrepartie effective en termes de croissance et sans lien direct avec la productivité dont la baisse considérable constitue à son tour un facteur majeur de dégradation. A noter également la baisse significative du taux d’encadrement dans l’ensemble des entreprises relevant du secteur, ce qui aggrave le manque de compétitivité.

Le manque de productivité et de compétitivité des différentes entités du Groupe chimique est dû également à l’utilisation de matériel et de technologies de production devenus obsolètes. Il en est de même pour le transport dont le coût et les problèmes d’arrêt, aussi bien par voie ferrée que par voie terrestre, ne cessent de s’aggraver. Certains investissements programmés depuis des années n’ont pas été réalisés quand bien même les financements seraient obtenus et les charges d’intérêts déjà courues, ce qui aggrave davantage les difficultés financières du Groupe en l’absence de contrepartie effective directe en termes de rentabilité et de cash flow. A titre de comparaison, parmi les actions de restructuration mises en place par l’OCP au Maroc, figure le changement du processus de production à travers l’emploi de nouvelles technologies et l’automatisation du transport du phosphate qui est désormais acheminé par pipeline d’une longueur de 235 Km.

Par ailleurs, il y a lieu de noter les difficultés d’ordre commercial du Groupe en raison de la perte de plusieurs marchés à l’international. L’exécution même des marchés en cours connaît des difficultés importantes au risque d’être perdus et ce, en raison des arrêts de production répétitifs et pourraient se traduire par des coûts supplémentaires (au lieu de procurer un rendement positif) suite à l’application des pénalités de retard mentionnées dans les conventions et/ou au recours à l’importation de la production nécessaire au respect des engagements contractuels et qui serait désormais payée en devises et selon les cours de vente sur le marché international (impact négatif double).

L’ensemble de ces facteurs et obstacles et bien d’autres menacent sérieusement la pérennité même des entreprises du secteur, notamment le Groupe Chimique Tunisien (GCT) et la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) qui ont essuyé des pertes de l’ordre de 482 millions de dinars en 2017 alors qu’en 2010 elles ont rapporté un milliard de dinars de recettes à l’Etat !
Bien entendu, les difficultés de l’ensemble des entités relevant du secteur s’étendent à d’autres qui lui sont directement et indirectement liés, tel que le secteur de l’agriculture (baisse de l’offre des engrais chimiques et autres produits dérivés, recours massif à l’importation à des prix plus élevés, etc). Il en est de même pour certains opérateurs économiques, tel que les BTP, qui ont subi de plein fouet les fortes tensions de trésorerie de la plupart des entreprises publiques et notamment celles du secteur des phosphates, remettant ainsi en cause l’image de l’Etat qui est relégué au rang de mauvais payeur et serait à l’origine de difficultés financières de plusieurs entreprises du secteur privé et par là même d’accumulation d’impayés dans le secteur bancaire et financier.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière hausse du taux directeur de la BCT ?

A vrai dire, il s’agit d’une augmentation de taux prévisible. En effet, parmi les missions principales de l’institution d’émission qui jouit du statut d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics depuis 2016, figure la maîtrise de l’inflation. Toutefois, elle ne dispose pas de suffisamment de marge de manœuvre pour le faire. L’instrument de politique monétaire usuellement utilisé en cas de tensions inflationnistes consiste à augmenter le taux d’intérêt directeur en vue de maîtriser la consommation et de réduire l’écart avec l’inflation. Or, l’inflation galopante ayant atteint un niveau record de 7,7% à fin mai 2018 n’est pas d’origine monétaire, de quoi remettre en question une telle décision, ayant suscité, par ailleurs, l’accord des équipes du FMI !

En effet, au niveau de sa note explicative publiée le 14 juin 2018, la BCT elle-même reconnaît, à juste titre d’ailleurs, que l’envolée de l’inflation trouve son origine principalement dans l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires, la hausse des salaires sans amélioration de la productivité, la persistance du déficit commercial à un niveau non soutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique. Donc, autant de facteurs qui ne sont guère liés à la politique monétaire. Il s’agit pour la plupart de facteurs exogènes qui alimentent l’inflation importée. Et auxquels j’ajouterais les augmentations d’impôts et taxes sur l’ensemble des produits et services locaux et importés ainsi que le glissement continu et sans précédent de la valeur du dinar à cause d’une flexibilité de change voulue en application des recommandations du FMI, mais qui n’est pas suffisamment explicite et surtout loin d’être maîtrisée. Cette situation affecte d’une manière directe le coût non seulement les produits et services destinés à la consommation, mais également les différents facteurs de production locale, tels que les investissements, les matières premières, les produits semi-finis, etc.

Quelle est la conséquence de l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations ?

L’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations, notamment des produits à la consommation non nécessaires et/ou ayant des similaires fabriqués localement constitue également un facteur majeur de déficit de la balance commerciale et d’inflation. L’élaboration par la BCT d’une liste de produits, fortement contestée (en l’absence de critères de choix rationnels publiés), dont l’importation doit être effectuée sur les fonds propres des agents économiques n’a vraisemblablement pas fait preuve d’efficacité pour baisser les importations puisqu’elle est fondamentalement de portée limitée, d’une part, et elle est facilement contournable par les agents économiques et le système bancaire, d’autre part. A contrario, elle a contribué à favoriser la position commerciale et concurrentielle dominante (voir même monopolistique) de certains importateurs disposant de suffisamment de moyens et d’appui financiers au détriment des autres opérateurs économiques.

En outre, peut-on prétendre maîtriser l’inflation par l’augmentation du taux directeur alors que plusieurs facteurs économiques échappent à tout contrôle et là, je vise une économie informelle et souterraine de plus de 1/3 du PIB qui constitue un refuge pour la plupart des consommateurs et leur permet de maintenir une élasticité de crédit à un niveau plus ou moins soutenable jusqu’à présent. Je dois également noter, à ce même titre, l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les circuits de distribution, notamment des produits de première nécessité (agricoles, agroalimentaires, etc), de régulation des prix, de lutte contre la concurrence déloyale ainsi que les situations monopolistiques et d’intermédiation fragmentée favorisant des marges exagérées, souvent sans contrepartie réelle, non déclarées et qui échappent à tout contrôle.

Il ressort de ce qui précède que l’augmentation de l’inflation n’est pas d’origine monétaire. Elle est due plutôt à des facteurs économiques et sociaux (augmentation des salaires sans contre- partie effective en termes de production et de productivité), dont la résolution relève principalement de la responsabilité du gouvernement moyennant une parfaite coordination avec la BCT. Parmi ces facteurs, figure l’importation directe et indirecte qui constitue une composante prépondérante : importation directe, en ce qui concerne les produits de consommation ; et indirecte pour les biens produits localement, mais dont les composantes et autres facteurs de production (équipements, matières premières et semi-finies, énergie, etc) sont majoritairement importés, ce qui est le cas pour la quasi-totalité de nos produits, tous secteurs confondus. De quoi se poser la question sur la valeur ajoutée réelle de notre production nationale ?!
D’ailleurs, bien que la BCT ait élevé son taux directeur à 4 reprises en un an seulement, l’inflation a continué d’augmenter à un rythme de plus en plus soutenu passant de 4,8% en Mai 2017 à 7,7% en Mai 2018 ; ce qui confirme notre analyse et nos conclusions précédentes.

D’un autre côté, les augmentations successives du taux directeur qui est passé de 4,25% en Mai 2017 à 6,75% en juin 2018, soit une majoration de taux de 250 points de base ou 59% pourraient avoir un effet contraire et constituer elles-mêmes un facteur d’inflation. Avec un corridor de 100 points de base, le TMM serait de plus de 7,5% au cours de la prochaine période. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette situation se traduit par une augmentation au niveau des échéances d’intérêt de l’ordre de 30% aussi bien pour les entreprises que les ménages, et risque d’affecter leur capacité de remboursement (dette insoutenable) et par là même d’augmenter l’encours des impayés et des créances classées dans le secteur bancaire et financier. Par ailleurs, il convient de noter qu’à fin 2016, 72% de l’encours des crédits accordés par les banques sont destinés aux entreprises et 28% aux particuliers, (dont plus de la moitié sous forme de crédits immobiliers). L’augmentation significative du coût de l’investissement et des charges financières des entreprises, dont le besoin de financement du fonds de roulement et des déficits de trésorerie ne cesse de s’accentuer, serait répercutée sur les prix de vente des différents produits et services et, de ce fait, alimenterait davantage l’inflation.

Et quel effet sur le service de la dette ?

Il va sans dire que l’augmentation du taux directeur aurait également un effet négatif sur le service de la dette de l’Etat et sur le coût des ressources des établissements financiers et plus particulièrement les compagnies de leasing qui, de par la réglementation en vigueur, financent exclusivement l’investissement et ne collectent pas les dépôts, et dont les marges d’intérêt s’érodent et le coût du risque augmente.
Enfin et en prévision d’un taux d’inflation de 8% sur l’ensemble de l’année 2018, tel que présenté dans la note explicative de la BCT, d’une part, et en l’absence d’actions concrètes urgentes efficaces permettant de maîtriser les facteurs d’inflation réels précités, d’autre part, la BCT poursuivrait, conformément aux recommandations du FMI, sa même politique monétaire adoptée jusqu’à présent consistant à augmenter son taux directeur en vue de réduire l’écart avec le taux d’inflation qui serait, dans ce cas, de l’ordre de 125 points de base.

Dans une telle perspective, je ne serai pas d’avis que l’inflation soit maîtrisée dans un avenir prévisible ; au contraire, elle battrait, fort probablement, de nouveaux records. Par ailleurs, les conséquences seraient de plus en plus lourdes sur le coût des ressources, le financement de l’exploitation des entreprises et de l’investissement, la soutenabilité de la dette des professionnels et des particuliers, la rentabilité et la compétitivité économiques des entreprises, le pouvoir d’achat du citoyen, le service de la dette publique, etc.

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Dans son interview accordée ce lundi 11 juin 2018 à Africanmanager, l’expert comptable Walid Ben Salah est revenu sur la prochaine sortie de la Tunisie sur le marché financier international. Il a souligné que “cette opération sera difficile dans le sens où si on arrive à lever 1 milliard de dollars, ça sera à des conditions très coûteuses“, avant d’annoncer que le coût du prochain crédit serait au-dessus de 8,3%, très loin des prévisions de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) laquelle avait donné, au début de cette année, son accord pour un emprunt remboursable sur 5 ans à un taux d’intérêt de 5,75%.

Interrogé sur le timing, l’expert comptable a indiqué que la Tunisie n’a pas le choix puisqu’elle a besoin de fonds pour garantir l’équilibre des finances publiques qui ne cessent de se détériorer. Il a souligné toutefois que cette sortie a été initialement programmée pour ce début d’année mais a été reportée jusqu’à la publication des indicateurs économiques, lesquels étaient censés afficher une amélioration au niveau de la croissance et l’inflation. “Bien que la croissance soit positive (2,5%), elle demeure en-deça des prévisions, que ce soit celles retenues au niveau du budget de 2018 (3%) ou celles annoncées par les organismes internationaux (2,5 et 2,7%), a indiqué l’expert.

Attendre le bon moment n’est pas l’unique raison derrière le report de cette sortie, Ben Salah a avancé une autre cause qui lui parait principale : C’est le fait que la Tunisie n’a pas pu trouver des banques d’affaires de renom pour l’accompagner. Il a expliqué cette réticence par les difficultés économiques et financières qui persistent encore.

Il a par ailleurs expliqué ce retard par plusieurs facteurs pris en compte par les bailleurs de fonds étrangers pour pouvoir s’inscrire dans cette opération d’emprunt, citant la dégradation de la situation des finances publiques, l’aggravation du déficit courant et le déficit de la balance commerciale à fin mai 2018 après une légère amélioration au cours du premier trimestre, la baisse des réserves en devises (71 jours d’importations actuellement) et une baisse de 25% de l’investissement dans le secteur industriel jusqu’à avril 2018.

L’expert comptable a également évoqué l’inflation qui s’est envolée à 7,7% et le taux directeur de la BCT qui quoi qu’il ait été augmenté pour faire face à l’inflation n’a pas donné les résultats escomptés. Ajoutons à cela la baisse de la note de la Tunisie par Fitch rating et un climat international marqué par la baisse des liquidés en comparaison avec le début de cette année.

Il est à signaler à ce propos que le conseil d’administration de la BCT a récemment annoncé avoir achevé l’examen de l’émission d’un emprunt obligataire sur le marché financier international pour lever 1 milliard de dollars au profit du budget de l’Etat aux fins du financement du déficit budgétaire et de la balance des paiements. Cette opération d’emprunt s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des ressources au profit du budget de l’Etat, prévue dans la loi de finances pour l’exercice de 2018 et pour répondre aux besoins de l’Etat en devises, soit au titre du financement du déficit budgétaire ou du déficit courant.

L’objectif est aussi de répondre aux exigences de financement, surtout avec les pressions exercées sur les réserves de change, d’une part et sur les liquidités au niveau du marché financier interne, d’autre part.

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Suite à l’article paru sur notre journal électronique African Manager et intitulé «Laadhari pris en flagrant délit de communication politicienne», les services de communication du ministre ont pris contact avec notre rédaction, pour apporter les précisions suivantes :

«Lors de son intervention radiophonique sur Radio Mosaïque, Mr Zied Laadhari, Ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale, a mis l’accent sur le trend positif qu’ont connu les exportations Tunisiennes en 2017 en augmentant de 18.1% (une augmentation inédite depuis 2011). Nous tenons à préciser à cet égard que, en tenant compte de l’effet conjugué prix/change, les exportations Tunisiennes se sont bien comportées lors de l’exercice 2017. Cela apparait dans la publication de l’INS “Commerce extérieur à prix constant 2017 ».

Il en sort notamment que :

 – Les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur en volume (prix constants) ont augmenté de 4,3% pour les exportations et 2.7% pour les importations.

– L’effet de la balance énergétique sur la balance commerciale globale : La valeur absolue du déficit global a augmenté de 23.7% entre 2017 et 2016. Cette augmentation n’est que de 16.7% si on neutralise l’effet énergie. Hors énergie, et à valeurs courantes, les exportations ont augmenté de 17.7% et font mieux que les importations qui ont, elles, subi une hausse de 17.4%.

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Dans une interview accordée à Africanmanager, l’expert-comptable, Walid Ben Salah a indiqué qu’entre 2016 et 2018, la masse salariale a augmenté de 3 milliards de dinars, qualifiant ce chiffre d’énorme. “C’est la moitié du budget du développement, un montant qui aurait pu servir à payer les intérêts de la dette sur une année”, a-t-il soutenu avant de préciser que la masse salariale est l’importante rubrique sur laquelle on doit agir.

Il a fait toutefois remarquer que la mesure portant sur le départ à la retraite volontaire instaurée par le gouvernement pour réduire la masse salariale, ne va pas résoudre le problème tout de suite car cela va se traduire par des dépenses supplémentaires de l’ordre de 255 MDT en 2018 et  se poursuivre, selon ses dires, pour plusieurs années jusqu’à la réalisation de l’équilibre. ” À ce rythme, nous devons, annuellement, casquer près de 300 MDT”, a-t-il dit.

Il a dans le même contexte indiqué que les salariés n’ont pas réellement contribué au budget de l’État et qu’ils sont les seuls qui ont été exclus de la contribution conjoncturelle instaurée au titre de l’année 2017 sur le secteur privé : “Ce que nous avons fait, c’est un report de l’application des augmentations et pas une contribution directe sous forme de paiement”, a-t-il expliqué.

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Il semble que la situation économique du pays aille de mal en pis, et  c’est ce qu’a été confirmé par les experts économiques qui se sont accordés à dire qu’au vu de ce qui se dégage  du projet de la loi de finances 2018, actuellement en discussion au niveau de la commission des finances de l’ARP, la situation économique et financière va encore se compliquer en 2018 non seulement en raison du grand nombre de taxes et impositions instaurées  mais aussi  de l’inefficacité des mesures prises.

Ils sont presqu’unanimes à trouver  que la classe moyenne sera une des principales victimes de cette loi eu égard aux augmentations qui devraient avoir lieu en 2018 et qui vont concerner les tarifs des carburants, de l’électricité, du gaz et probablement des produits de base. L’expert-comptable Walid Ben Salah en dit plus sur les dispositions de cette loi. Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, il a déclaré qu’à la lumière du projet de la loi de finances 2018, les prix des carburants ainsi que les tarifs de l’électricité et du gaz connaîtront une augmentation, l’année prochaine. “La hausse est déjà programmée”, a-t-il dit.

Il a expliqué que les besoins de financement en carburants, électricité et gaz s’élèvent à 2400 Millions de dinars dont 1500 MDT seront financés par l’État sous forme de subventions alors que le reste (soit 900 MDT) sera supporté par le citoyen sous forme d’une majoration des tarifs.

Il a en outre indiqué que les 900 MDT ont été calculés sur la base d’un baril de pétrole de 54 dollars, soulignant toutefois que si ce prix augmente, le gouvernement sera de nouveau dans l’obligation de suivre le mouvement .En ce qui concerne les prix des produits de base, Ben Salah a fait remarquer que rien n’a été mentionné à ce propos dans le projet de la loi de finances 2018, mais la hausse est probable.

Il faut agir sur la masse salariale

S’agissant de la masse salariale, Ben Salah a tenu à préciser qu’entre 2016 et 2018, la masse salariale a augmenté de 3 milliards de dinars, qualifiant ce chiffre d’énorme. “C’est la moitié du budget du développement, un montant qui aurait pu servir à payer les intérêts de la dette sur une année”, a-t-il soutenu avant de préciser que la masse salariale est l’importante rubrique sur laquelle on doit agir.

Il a fait toutefois fait remarquer que la mesure portant sur la retraite volontaire instaurée par le gouvernement pour réduire la masse salariale, ne va pas résoudre le problème tout de suite car cela va se traduire par des dépenses supplémentaires de l’ordre de 255 MDT en 2018 et  se poursuivre, selon ses dires, pour plusieurs années jusqu’à la réalisation de l’équilibre. ” À ce rythme, nous devons, annuellement, casquer près de 300 MDT”, a-t-il dit.

Il a dans le même contexte indiqué que les salariés n’ont pas réellement contribué au budget de l’État et qu’ils sont les seuls qui ont été exclus de la contribution conjoncturelle instaurée au titre de l’année 2017 sur le secteur privé : “Ce que nous avons,  c’est un report de l’application des augmentations et pas une contribution directe sous forme de paiement”, a-t-il expliqué.

Évoquant les mesures de lutte contre l’importation anarchique, l’expert-comptable a souligné que ce projet de LF propose l’augmentation des droits de douane et du droit de consommation sur certains produits en provenance de l’étranger, ce qui, selon lui, va à l’encontre de  l’orientation générale qui est celle du pays depuis plusieurs années. “En 2016, on a baissé  le droit de consommation pour alléger la pression fiscale sur certains produits et rapprocher les prix de ceux pratiqués sur le marché parallèle. Et aujourd’hui,  deux ans après, on revient sur cette orientation stratégique”, a expliqué Ben Salah, assurant qu’avec cette manière de procéder, on ne peut ni assurer la stabilité fiscale, ni  préserver la sécurité juridique. Du coup, les prix augmenteront de nouveau, selon ses dires.

Oui pour une privatisation bien étudiée

Au sujet de la privatisation, Walid Ben Salah a assuré qu’il s’agit d’une solution parmi d’autres permettant de drainer des fonds au profit de la trésorerie publique, redresser la situation de certaines entreprises (préservation de l’emploi, absorption du chômage et création de nouveaux emplois et de nouvelles charges à travers l’impôt). “Malheureusement pour le PLF 2018,  rien n ‘a été prévu comme recettes provenant de la privatisation”, a-t-il soutenu, faisant savoir toutefois que la privatisation doit être faite d’une manière bien étudiée et réfléchie.” L’État ne doit pas détenir un monopole dans des secteurs où le secteur privé pourra faire  mieux comme celui de la RNTA”, a-t-il dit.

“On n’a pas dit à l’État de se désengager des secteurs stratégiques comme la Steg, l’Étap et la SONEDE. Mais l’État a plusieurs autres participations dans plusieurs entreprises qui ne lui permettront ni de prendre des décisions ni d’avoir des recettes supplémentaires”, a expliqué Ben Salah avant d’ajouter que pour les entreprises où l’État est majoritaire ou détient le monopole à 100%, il est aussi appelé à étudier certaines participations notamment celles dans les  secteurs non stratégiques.

L’endettement dépassera de loin 90% du PIB

Concernant l’endettement, Walid Ben Salah a indiqué que le taux de l’endettement de la Tunisie atteindra, dans le PLF 2018, 71,2% du PIB dont 70% sous forme d’endettement extérieur et c’est là, selon ses dires, qu’on doit se procurer de la devise pour pouvoir payer les emprunts.”On va subir le risque de change car à chaque glissement supplémentaire du dinar, le volume de l’encours ainsi que les échéances de crédits vont automatiquement augmenter. Or ce concours a été calculé sur la base d’un euro qui atteindra les 3,050 en 2018 et 2,650 le dollar”, a expliqué Ben Salah, estimant qu’à la lumière de ces prévisions surtout par rapport à l’euro, on va se situer à un niveau forcément plus important que les 3,050. Du coup, l’encours de crédit va augmenter et on sera forcément largement au-dessus du taux de 71,2%.

Il a fait cependant remarquer que si on ajoute les crédits accordés par l’État à certaines entreprises sous formes de garanties ou éventuellement des engagements hors bilan et bien sur le déficit des caisses sociales qui doit être aussi couvert par l’État, l’endettement dépassera de loin les  90%. “C’est un taux totalement proportionnel à l’État du pays”, a-t-il précisé.

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L’expert-comptable Walid Ben Salah a annoncé, dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, qu’à la lumière du projet de la loi de finances 2018, les prix des carburants ainsi que les tarifs de l’électricité et du gaz connaîtront une augmentation durant l’année prochaine. “La hausse est déjà programmée”, a-t-il dit.

Walid Ben Salah a expliqué que les besoins de financement en carburants, électricité et gaz s’élèvent à 2400 Millions de dinars dont 1500 MDT seront financés par l’État sous forme d’une subvention alors que le reste (soit 900 MDT) sera supporté par le citoyen sous forme d’une majoration dans les tarifs.
Il a en outre indiqué que les 900 MDT ont été calculés sur la base d’un baril de pétrole de 54 dollars, soulignant toutefois que si ce taux augmentera, le gouvernement sera de nouveau dans l’obligation de porter à la hausse la valeur de ces augmentations.

En ce qui concerne les prix des produits de base, Ben Salah a fait remarquer que rien n’a été signalé dans le projet de la loi de finances 2018, mais la hausse est probable.

 

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L’expert-comptable Walid Ben Salah a pour sa part indiqué que pour réduire le déficit budgétaire, il faut agir sur la masse salariale qui absorbe 15% du PIB.

Lors d’une rencontre qui se tient actuellement à l’Utica, il a tenu également à préciser qu’entre les années 2016 et 2018, la masse salariale devrait atteindre 3,2 milliards de dinars. “Il ne faut pas aller plus loin, c’est la question la plus importante et sur laquelle on doit agir pour réduire le déficit qui en découle“, a-t-il dit.

“Il est inévitable aujourd’hui de trouver des solutions pour baisser la pression fiscale et réduire la masse salariale, expliquant que mêmes les hypothèses sur lesquelles le projet de la LF 2018 a été élaboré sont irréalistes“, a-t-il ajouté.

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L’expert-comptable Walid Ben Salah a indiqué, lors de son intervention, ce lundi 6 mars 2017 sur Express Fm, que le fonds de garantie des dépôts a été mis en place pour améliorer le rendement des banques tunisiennes et indemniser les déposants. « C’est un fonds qui a été créé pour protéger les dépôts des particuliers », a déclaré Ben Salah.

Il a par ailleurs précisé que le fonds vise à préserver la stabilité des établissements financiers en cas de faillite : « C’est une sorte de sécurité pour les banques connaissant des difficultés financières. Le fonds aura en charge le dédommagement des clients de la banque en cas de faillite », jusqu’à 60 000 dinars…

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