Mourou tire sur la Constitution, que son mouvement a fabriquée !

Mourou tire sur la Constitution, que son mouvement a fabriquée !

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En ces temps de brouillard politique, les ténors de la place, à défaut d’avoir des solutions utilisables tout de suite, y vont de leurs explications sur les sources du climat délétère actuel. Le premier vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et vice-président d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou, a livré son analyse de la situation dimanche 22 juillet 2018. Il a déclaré, sur Shems FM, que «la politique n’est pas l’affaire de personnes mais de partis. Limoger Youssef Chahed et son équipe est un droit constitutionnel, mais les politiques à mener ne sont pas du ressort d’un seul citoyen tunisien». Vise-t-il le chef de l’Etat, à qui beaucoup ont reproché sa tiédeur lors de sa dernière interview, voire même, selon certains, son soutien tacite à son fils ? Vise-t-il ce dernier, dont personne n’ignore l’activisme pour se débarrasser du chef du gouvernement ? Fait-il allusion au leader de l’UGTT, animé par les mêmes sentiments ?

Le vice-président de l’ARP a ajouté que la politique d’une nation ne dépend pas d’une personne et que le gouvernement d’union nationale est le fruit d’un consensus entre des partis.
«Qu’ils dévoilent leurs programmes ! Qu’ils s’accordent sur ces projets et qu’ils les soumettent aux citoyens ! Qu’ils disent voilà nous avons 20 ou 30 points consensuels sur lesquels nous allons travailler mais cela n’a pas été affirmé et je pense que c’était ça qu’il fallait dire», a-t-il asséné.

Mourou a déclaré que la Tunisie fait face à “une crise d’institutions», en plus de la crise sociale et économique.
«Tous les protagonistes devront, ensemble, faire l’effort de produire un bilan objectif et de corriger ce qui, de toute évidence, ne fonctionne pas. Bon nombre de lois engendrées par la Constitution se sont avérées inapplicables, comme si notre Constitution est exagérément idéaliste et génératrice de crise, notamment du fait de l’existence de deux patrons dans l’exécutif. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi nous avons fait ce choix. Je ne dis pas cela pour dénigrer la Constitution mais pour inviter les compétences nationales à trouver des remèdes au blocage dans lequel nous sommes actuellement. Nous n’avons aucune instance de dialogue, mais un Parlement où on vient avec des positions radicales. Nous ne dialoguons pas dans notre pays car nous n’avons pas les institutions taillées pour cela», a-t-il conclu.

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