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 » Où va l’Utica « 

Dans une lettre ouverte au président de la centrale patronale Utica Samir Majoul, signée et envoyée par Abdelaziz Halleb et Nejib Chahed tous deux membres du Conseil National de l’Utica, et par Taoufik Laribi membre du Bureau Exécutif, tous lui demandent « Où Va l’Utica ? »

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« En Janvier 2018, un nouveau BE a été élu, dans un pays à la dérive où nombre d’entreprises faisaient face à de graves difficultés et de dénigrement. Les entreprises avaient alors placé beaucoup d’espoir que le nouveau BE assure une meilleure défense de leurs intérêts grâce au renforcement de la crédibilité et du rayonnement de l’UTICA. La pertinence et la clarté des choix de l’UTICA, en reflétant les aspirations de sa base, auraient participé significativement à la réalisation de ces objectifs  grâce à l’unité de ses rangs et auraient apporté une contribution majeure à la mobilisation de nos compétences et des entreprises de tous secteurs et régions.

Où va l’UTICA?

Près de trois ans plus tard, où en est-on de sa capacité d’influence en faveur des entreprises privées? A-t-elle amélioré sa crédibilité? Le soutien aux entreprises s’est-il renforcé ? Les entreprises sont-elles mieux préparées pour affronter collectivement le mauvais temps ainsi que les transitions en cours ?

Force est de constater que cette espérance a laissé place à une grande déception, un grand désarroi et un moral au plus bas. Beaucoup d’entreprises ont fermé, d’autres ont perdu des marchés, d’autres encore ont été contraintes à se séparer de collaborateurs. Très nombreuses sont en mode « survie ».

Alors, une question s’impose d’évidence : Que se passe-t-il au sein de notre organisation ? Pourquoi sommes-nous devenus, soudainement, inaudibles, dans l’incapacité de faire accepter nos choix, alors même que nos entreprises sont encore plus menacées et de toutes parts ?

Pratiquement, aucune instance centrale statutaire ne s’est réunie depuis le dernier congrès: ni Bureau exécutif (à part le 1er et seul, qui a permis l’élection du président),  ni Conseil National. Aucune commission statutaire n’a été mise en place : Commission financière, Commission économique, Commission sociale, Commission des recours… Des prises de position et décisions importantes sont prises sans consultation des instances statutaires, affaiblissant la capacité de négociation de notre organisation et sa représentativité à l’égard de nos partenaires. Est-ce dû à la crainte d’opinions contraires, à la faiblesse des arguments, à la conviction d’avoir toujours raison ou à la garantie d’une impunité ? Un peu de tout cela sans doute.

En outre, si on jette un regard pour apprécier le parcours réalisé, on se heurte à l’absence d’un point de repère et de balises. L’organisation du dernier congrès porte une grande part de responsabilité dans cette défaillance. Bien qu’il ait vu la participation de plus de 2000 congressistes, celui-ci a été expédié en une journée sans aucun débat, sans que se dessine une perspective pour l’avenir, sans aucune motion pour fixer la ligne d’horizon et tracer un chemin. Ceci, ajouté à la paralysie des instances statutaires, s’est répercuté négativement à plusieurs niveaux, entrainant des conséquences préjudiciables:

1/ Un fossé sépare, dorénavant, le BE des instances syndicales entraînant un profond malaise chez les adhérents.

2/ Une représentativité en baisse : point de nouveaux venus alors que nombre de nouveaux syndicats se créent en dehors de nos structures, doublé d’une mise à l’écart des compétences et expertises internes

3/ Une image très dégradée auprès des décideurs publics, qui font mine de nous entendre, mais qui utilisent notre présence comme alibi de la « participation des partenaires sociaux ».

4/ Au-delà des revendications légitimes des chambres sectorielles ou régionales, des divergences importantes apparaissent entre les prises de position et déclarations des uns et des autres

5/ Une absence remarquable de la scène médiatico-économique alors que jusqu’à récemment nous étions chef de file des problématiques publics liés à l’entreprenariat privé. L’Utica est devenue inaudible dans les principaux débats qui agitent le pays. De quel projet sommes-nous porteurs?

6/ Un personnel bien que volontaire et détenteur d’un vrai savoir-faire complètement déboussolé, démotivé, manquant cruellement d’un leadership, confiné dans des méthodes archaïques et éculées.

7/ Des statuts et un règlement intérieur non respectés, piétinés avec une dérive dangereuse vers le clanisme et le népotisme.

C’est une grave crise que traverse l’Utica.

 Elle n’est plus en mesure de permettre le rassemblement indispensable pour donner du poids à nos choix, à un moment où il eut fallu rassembler, fédérer, unir nos forces, faire de notre diversité un atout. Bien plus, elle est dans l’incapacité de produire des idées neuves, donnant l’image d’un patronat vieillissant, sclérosé, arcbouté sur des revendications rentières.

Il est d’autant plus vital de resserrer nos rangs pour renforcer notre capacité de résistance et d’influence, que ce pays traverse une crise multidimensionnelle sans précédant et que l’on fait face à un système étatique omnipotent qui ne cesse de grignoter le peu d’espace de liberté d’entreprendre qui reste, à une bureaucratie qui prolifère à toute vitesse et à des activités informelles en augmentation considérable.

Alors que faire?

Pouvons-nous rester collectivement les bras croisés et assister à ce triste spectacle de dérive de l’UTICA? Non. Faisons plutôt en sorte que l’incendie qui couve, dans notre maison commune, soit circonscrite rapidement et de ne pas porter le poids d’un mandat de cinq ans d’immobilisme.

Afin de dépasser cette crise, la convocation rapide du Conseil National, l’instance suprême, s’impose pour prendre les mesures indispensables pour remédier au blocage actuel permettant de remettre l’UTICA en ordre de marche et de dégager une voie vers l’avenir tout en veillant à ce qu’il ne se transforme pas en une plateforme de règlements de compte et d’attaques personnelles ».

1 COMMENTAIRE

  1. Le constat est, en effet, bien perceptible de l’extérieur par l’absence consternante de visibilité sur la scène socio économique depuis quelques années. Ce ne sont certainement pas les quelques bribes de communiqués affligeants de plates banalités, lâchés à l’occasion, qui rehausseront la crédibilité de cette institution, déjà fortement entachée. Vous êtes aux abonnés absents. L’immobilisme est votre credo. Les défis sont là, immenses, mais pas la ferveur de l’union fait la force. Dommage.
    Incapacité ? Dérive autocratique ?
    On se demande comment cela est il possible, ne serait ce que statutairement ?

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