Que faisait Azzabi chez BCE ?

Que faisait Azzabi chez BCE ?

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La dernière quinzaine a été politiquement marquée par un ballet de rencontres du chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi (BCE), avec au moins trois chefs de partis politiques tunisiens. Il a commencé par l’ancien chef de gouvernement et président d’El Badil, Mehdi Jomaa, suivi de Saïd Aïdi de Beni Watani. Bien avant, en octobre, le chef de l’Etat avait rencontré Yassine Brahim d’Afek Tounes. Une seconde rencontre, gardée sou le boisseau et non ébruitée dans les médias, aurait récemment réuni les deux hommes.

Avec les trois leaders des trois plus importants partis centristes anti-Ennahdha, il a été question de la crise politique. Personne ne dira les vraies raisons de ces rencontres, qui seraient des tentatives de BCE de redonner du contenu et du volume à Nidaa Tounes, après la déconvenue de ce dernier face à Youssef Chahed et les informations, plus insistantes, sur l’intention de ce dernier d’aller au-delà du simple groupe parlementaire et regrouper ses soutiens en parti politique. Important soutien, au moins régional, et leader régional de fait, Zohra Driss l’a d’ailleurs confirmé à Sousse en précisant même que la nouvelle serait annoncée d’ici quelques jours (Nous y reviendrons avec plus de détails, dans une interview exclusive à publier). Azzabi aurait d’ailleurs, récemment, rencontré à Sousse un groupe de Nidaistes pour leur parler du projet politique de son ami Chahed.

BCE n’est d’ailleurs pas le seul dans cette quête de regroupements politiques, en préparation des prochaines élections de 2019, pour essayer de laminer définitivement Ennahdha, devenu l’ennemi politique de toute la scène politique tunisienne, ou argument politicien de référence pour ces prochaines élections.

Toutes ces rencontres de BCE n’ont cependant autant retenu l’attention comme l’a été la dernière rencontre du chef de l’Etat avec son ancien directeur de cabinet. Plus d’un analyste des développements de la scène politique tunisienne y ont vu une tentative de réconciliation de Youssef Chahed, dont Slim Azzabi serait le porteur effectif du projet politique pour lui permettre de terminer son mandat à La Kasbah sans fioriture, avec son ancien mentor, BCE.

Sous couvert d’anonymat, une autre source a cependant indiqué à Africanmanager que la rencontre aurait été organisée à la demande de BCE, que ce dernier aurait cherché, au cours de cette audience, de dissuader Azzabi de lancer le projet politique qui devrait porter l’ambition politique de Youssef Chahed, non vers Carthage, mais de rester à La Kasbah. Selon notre source, sur la défensive, BCE aurait signifié à Azzabi qu’il aurait été étonné de voir son nom sur la liste des personnes contre lesquelles Slim Riahi a porté plainte pour complot contre le chef de l’Etat et lui aurait assuré qu’il n’y serait pour rien dans cette affaire.

D’aucuns soutiendront que BCE n’a pas encore dit son dernier mot, que le torchon brûle toujours entre lui et Youssef Chahed, mais avec plus de fumée que de flamme et que le bras de fer se poursuit entre les deux têtes de l’Exécutif, mais dans le silence des palais. D’autres diront que le chef du gouvernement serait sur le point de gagner sa guerre et pourrait même, s’il arrivait à mobiliser d’autres forces ou d’anciennes forces toujours présentes dans les sondages autour de son prochain projet politique, se tailler une belle tranche des prochaines échéances électorales. Le temps semble pourtant trop court, surtout que le prochain projet politique de Chahed & Co n’apportera pas trop de rupture pour se hisser, à la «Macron», au plus haut du podium politique. Qui vivra verra !

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