“TICAD” : le chef de l’ONU défend énergiquement la cause de l’Afrique

“TICAD” : le chef de l’ONU défend énergiquement la cause de l’Afrique

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A la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), le chef de l’ONU a rappelé que les pays et populations les plus pauvres et vulnérables sont les premières victimes du changement climatique.

Pour António Guterres, il ne pouvait pas y avoir de lieu plus approprié que le Japon, régulièrement confronté aux tsunamis, pour parler de lutte contre le changement climatique et de réduction des risques de catastrophes. Au deuxième jour de la septième TICAD organisée à Yokohama, le Secrétaire général de l’ONU, a rappelé qu’il n’y avait rien de pire que les catastrophes pour réduire à néant les efforts de développement.

« Des décennies de progrès en matière de développement durable peuvent être effacées du jour au lendemain », a déclaré M. Guterres aux côtés du Président sud-africain, Cyril Ramaphosa. « Il suffit de regarder ce qui s’est passé avec le cyclone Idai au Mozambique – un exemple de désastre aggravé par le changement climatique », a-t-il cité comme exemple.

Le chef de l’ONU estime que le continent africain dispose d’une autorité morale particulière sur la question du changement climatique. « L’Afrique contribue peu au réchauffement planétaire, mais elle mais elle subit en première ligne ses conséquences dévastatrices », a-t-il dit, tout en soulignant que le dérèglement climatique « se produit maintenant et partout ».

« Chaque semaine nous apporte des nouvelles de dévastations liées au climat. Et les impacts (du changement) climatique vont seulement augmenter en gravité et en fréquence », a-t-il prévenu.

Si l’Afrique est particulièrement ciblée par le changement climatique, « aucun pays ni secteur économique ne sera à l’abri », a souligné M. Guterres, rappelant qu’au Japon, près d’un million de personnes ont été évacuées au cours des derniers jours en raison des inondations qui frappent l’archipel.

« À travers l’Arctique, des incendies de forêt destructeurs continuent de brûler en raison de températures record, et nous assistons tous à la tragédie de l’Amazonie », a-t-il déploré.

« En Ouganda, le changement climatique contribue à augmenter l’incidence du paludisme », a déclaré le Secrétaire général. « Et dans toute l’Afrique, la sécheresse à long terme est une réalité de plus en plus présente et croissante, qui est directement impliquée comme cause de l’insécurité, comme nous le voyons trop clairement dans le Sahel », a-t-il ajouté.

« Comme toujours, les pauvres et les personnes vulnérables sont les premiers à souffrir et les plus durement touchés par les impacts climatiques. C’est pourquoi, tout en s’attaquant aux causes du changement climatique, nous ne devons laisser personne pour compte face à ses conséquences », a-t-il souligné.

Réduction des risques de catastrophes : concrétiser les propositions existantes

A Yokohama, le chef de l’ONU a rappelé qu’il donnait rendez-vous le 23 septembre à New York aux dirigeants du monde entier pour un sommet d’action pour le climat.

Organisé à la veille de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ce sommet mettra fortement l’accent sur l’adaptation et la résilience au changement climatique, ainsi que sur le financement de cette adaptation, notamment par le biais d’un important renflouement du Fonds vert pour le climat. « Tout cela est essentiel pour soutenir les pays africains », a déclaré António Guterres.

Créer des assurances pour les personnes pauvres et vulnérables, rendre les infrastructures plus résilientes au climat, mettre en place des systèmes d’alerte rapide et d’action anticipée, intégrer les risques climatiques dans la prise de décision en matière d’investissement. Les propositions visant à réduire l’impact dévastateur du changement climatique et des catastrophes qui y sont liées ne manquent pas à moins d’un mois du sommet. Mais le Secrétaire général a appelé les Etats à soutenir l’ONU pour concrétiser ces propositions et les généraliser sur la durée.

M. Guterres estime que les Etats n’ont pas de temps à perdre : « Agir tôt est non seulement un impératif humanitaire, mais aussi une question de bon sens économique ».

Le chef de l’ONU a rappelé que « nous devons tous travailler ensemble » pour que le sommet sur le climat de septembre produise des résultats tangibles. « Nous devons veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte en raison des conséquences du changement climatique que nous subissons déjà et que nous subirons de plus en plus à l’avenir », a dit M. Guterres.

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