Trump ouvre les hostilités contre la Chine, une dangereuse aventure

Trump ouvre les hostilités contre la Chine, une dangereuse aventure

par -

Le président américain, Donald Trump, a décidé de croiser le fer avec la Chine, fin prête pour l’accueillir. Trump annoncera ce jeudi 22 mars 2018 une batterie de nouvelles sanctions commerciales contre Pékin, accusé de piller les idées et projets des entreprises américaines, et de faire son beurre avec, rapporte l’AFP. On n’a jamais été aussi proche ces dernières années d’une guerre commerciale entre les deux grandes puissances, a admis hier mercredi le nouveau président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, un affrontement qui obligerait les partenaires à choisir chacun son camp. Une situation très inconfortable… et très dangereuse pour l’économie de la planète, très fragile en ce moment.

Le président annoncera les mesures qu’il a décidé de prendre sur la base de l’enquête au titre de l’article 301 (…) sur la façon dont la Chine (…) dérobe les technologies américaines et la propriété intellectuelle”, a confié hier mercredi à l’AFP Raj Shah, porte-parole de la Maison Blanche.
Trump paraphera “un memorandum présidentiel ciblant l’agression économique de la Chine“, a-t-il ajouté.
Ce tour de vis fait suite à l’annonce, il y a à peine deux semaines, d’une taxe de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium, ce qui a valu à Washington un tolet mondial et une vague de réprobations aux Etats-Unis, même parmi les partisans du président américain, les républicains. Pas de doute : Trump est dans une logique de repli commercial, de protectionnisme, dont il avait vanté les vertus pour sauver l’économie américaine. Il l’avait défendu durant sa campagne électorale, c’est exactement ce qu’il est en train d’appliquer. Donc de ce point de vue au moins il ne surprend pas ses électeurs et ses adversaires, même si on pouvait s’attendre à des inflexions de ses promesses de campagne au regard de leur impact et de la réaction des autres protagonistes.

“Nous avons des preuves particulièrement solides que la Chine utilise des restrictions telles que la nécessité de (créer des) co-entreprises (…) dans le but d’exiger un transfert technologique d’entreprises américaines au profit d’entités chinoises“, a déclaré un cadre du représentant américain au Commerce (USTR).
Autre forme de la “concurrence déloyale” dont serait coupable les Chinois, d’après l’administration américaine : Ils exportent vers les USA des biens copieusement subventionnés, qu’ils commercialisent à des prix défiant toute concurrence, ce qui aurait causé en 2017 un énorme déficit commercial pour le pays de l’Oncle Sam, évalué à 375,2 milliards de dollars rien que pour les marchandises, en hausse de 8,1% sur un an.

La Chine, comme on pouvait s’y attendre, a dit qu’elle “ne restera pas les bras croisés (…) Nous prendrons immanquablement toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument nos droits et intérêts légitimes“, a déclaré le ministère chinois du Commerce dans un communiqué, critiquanr “le protectionnisme” et “l’unilatéralisme” de Washington.
Lundi dernier, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, avait invité les Américains à ne pas agir “sous le coup de l’émotion“, arguant qu’une guerre commerciale entre les deux ténors “ne profiterait à personne“, ce qui est vrai du reste.

Les médias américains ont fait savoir que Trump pourrait fermer la porte aux investissements chinois aux Etats-Unis et couper le robinet des visas pour les ressortissants chinois.
Quant à Pékin, il pourrait s’en prendre aux produits agricoles américains tels que le soja, le sorgho et le porc, en frappant surtout les Etats qui ont voté pour Trump lors de la présidentielle de 2016 ; l’Union européenne pourrait également adopter cette recette, d’après le Wall Street Journal. Bref, il y a péril en la demeure !

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire