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mercredi 30 septembre 2020
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Tunisie-Algérie : Plus qu’un simple dépôt, c’est un gage de confiance

Le montant pourrait-être considéré, à tort ou à raison, comme modique. Mais il n’est cependant pas le premier du genre dans les relations tuniso-algériennes. C’est le quatrième du nom, avec des montants allant crescendo depuis la révolution. La décision d’aide à la Tunisie par un dépôt de 150 MUSD semble politique, puisque manifestement négociée directement par un chef d’Etat tunisien, Kais Saïed, qui voulait retracer les limites du champ de son intérêt et de son action, malgré l’insuffisance des prérogatives à lui conférées par la Constitution.

«Je suis chef d’Etat, et je peux apporter des choses au pays, tant sur le plan de l’investissement (exemple du projet de la cité de la médecine à Kairouan qui semble prendre financièrement forme), que des finances (exemple du placement algérien)». Ainsi semblait vouloir dire Kais Saïed aux Tunisiens, dès sa première sortie à l’étranger. Et il semble y réussir, et marquer ainsi sa différence, surtout si le projet de Kairouan se réalisait.

  • Ni commissions, ni frais et une maturité de 10 ans, et qui n’ira pas aux salaires

Pour ce dépôt algérien, il faut d’abord rappeler que ce n’est pas la première fois que l’Algérie le fait. Sans parler de la décision des autorités algériennes de mobiliser leurs touristes en faveur de la destination Tunisie à l’issue de la frappe terroriste de Sousse, un premier dépôt de 50 MUSD a été fait en 2011 pour la Tunisie. L’Algérie avait alors été le 1er pays à faire un tel geste à l’égard de la Tunisie après sa «révolution». Cent millions USD ont suivi en 2014, un autre de 100 MUSD en 2015, et 150 MUSD en 2019, soit l’équivalent de 422 MDT.

On remarquera, pour les critiques du chiffre, que le montant allait crescendo de 50 à 150 MUSD entre 2011 et 2020. Ce n’est ni un crédit, ni un don, mais un dépôt. Comme les trois précédents, et contrairement aux dépôts qataris notamment, il est fort probable qu’il soit, comme ses précédents, sans commission, sans frais, et d’une maturité de 10 ans et n’alourdira donc pas le taux de la dette. Et bien que les réserves en devises aient atteint la barre confortable et inédite depuis la révolution, des 110 jours, les 150 MUSD représenteront tout de même 2,5 jours de plus en importation pour la Tunisie.

On ne les voit pas encore dans les chiffres de la BCT sur les réserves en devises, car ils n’auraient pas encore été décaissés. Mais dès le déboursement         de la part de la BCA (Banque Centrale d’Algérie), ils seront inscrits dans les comptes de la BCT, non ceux de l’Etat, et ne serviront surtout pas à financer les salaires, selon nos informations, et elles sont plus que sûres, car ne pouvant pas être utilisé pour les besoins du budget de l’Etat.

«C’est un petit montant, mais de grande importance dans le cadre des relations entre les deux pays», a commenté l’universitaire et membre du CA de la BCT Fethi Nouri qui n’a pas tari d’éloges à son propos, chez Mariam Belkadhi. «Un petit pas pour la Tunisie, mais un grand pas pour l’amitié tuniso-algérienne» pourrait-on dire pour parodier Neil Armstrong lorsqu’il se posait sur la lune.

  • Un geste algérien, hautement symbolique et qui promet plus !

Le geste algérien, lors de la visite de Kais Saïed, outre sa symbolique de soutien d’un pays maghrébin à l’autre, est surtout un signe de confiance dans un pays en défaut de gouvernement depuis plus de 4 mois et toujours confronté à ses démons politiciens, dans la capacité de résilience de son économie, et surtout dans sa capacité à honorer ses engagements internationaux et rembourser le dépôt dans 10 ans.

La symbolique du geste algérien dépasse ainsi son montant. Qui plus est, une symbolique à laquelle ne restent généralement pas insensibles les bailleurs de fonds et les places financières internationales, lorsque la Tunisie se décidera à y aller pour lever des fonds.

Nouri s’est aussi et surtout attardé sur les déclarations faites par le président algérien lors de la conférence de presse organisée à l’occasion de ce dépôt algérien. Il rappelle qu’il a indiqué attendre la constitution du prochain gouvernement tunisien pour venir lui-même en Tunisie et y organiser des visites entre responsables, afin d’étudier des projets communs, notamment sur la zone frontalière. Fethi Nouri a aussi mis en exergue la déclaration algérienne quant à la disposition de l’Algérie à étudier des facilités de paiement des importations tunisiennes en gaz naturel. Une déclaration de très haute importance, lorsqu’on sait, comme l’a aussi rappelé Nouri, que 55 % de la consommation tunisienne en gaz est achetée auprès de l’Algérie, et que la Steg trouve des difficultés à les payer (autour de 500 MDT), ce qui sera de nature à alléger la situation financière de la facture Steg et des finances de la Tunisie en général.

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