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Tunisie : L’adieu à la récession, la croissance ira crescendo dès cette année !

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La récession est-elle derrière nous ? Tout porte à le croire au vu des prévisions de la croissance de l’économie tunisienne des deux institutions financières internationales majeures, nommément le Fonds monétaire international, et la Banque mondiale annoncées à l’avant-veille des  travaux du “Spring Meeting” (rencontre du printemps) du FMI et de la Banque mondiale, à Washington, du 15 au 17 avril 2016.

Si le FMI parle d’un taux de 2% pour 2016, la Banque mondiale prévoit 1,8%, pour porter ce taux à 2, 5% en 2017 et à 3% en 2018. Si peu élevée soit-elle, cette progression n’en constitue pas moins un indicateur de sortie du tunnel dans lequel l’économie tunisienne ne faisait que s’enfoncer depuis la Révolution.

Poussant un peu loin ses projections, la Banque mondiale retient deux  scénarios pour la croissance, Dans le premier, favorable, cette dernière devrait repartir à moyen terme, pour se   redresser avec la reprise de la production de phosphate. Le double déficit devrait être de -8 % du PIB (compte courant) et -4.4 % du PIB (équilibre budgétaire).

Dans le second, un scénario combinant la poursuite des réformes structurelles, le renforcement de la sécurité et l’amélioration de la situation régionale (notamment un début de normalisation en Libye), une plus grande stabilité sociale, et une augmentation modérée de la demande extérieure, la croissance économique devrait s’accélérer à 2,5 % en 2017 et à 3 % en 2018. Les pressions budgétaires devraient continuer à croître, avec une augmentation des dépenses courantes exacerbée par la hausse annoncée des salaires à compter de 2016 et de nouveaux recrutements dans les forces de sécurité et de défense.

En ce qui concerne le déficit courant, le FMI  prévoit un taux de 7,7% au cours de cette année et de 3,5% en 2017, soit une baisse respectivement de 0,2 et 0,1 points par rapport aux estimations du mois de janvier 2015.

La  Banque mondiale, pour sa part, estime que le compte courant est susceptible de bénéficier de la reprise progressive des envois de fonds et de l’échange de services, et il fléchirait progressivement pour tendre vers 7,8 ou 7,5 % du PIB en 2017-2018. Le service de la dette devrait atteindre 4 % du PIB par an sur la période 2016-2018.

Selon le même rapport,  “pour la première fois depuis 2011, le déficit budgétaire a été maîtrisé en-dessous de 5% du PIB en 2015, à la faveur d’une forte baisse des prix internationaux du pétrole et, de fait, d’une diminution des subventions à l’énergie. Les recettes totales se sont contractées à 23 % du PIB, contre 23,9 % en 2014, mais à un rythme plus lent que les dépenses, reflétant la mollesse de l’activité économique. Les dépenses publiques sont restées dominées par les dépenses de fonctionnement, dont une masse salariale qui a augmenté de 13,4 % du PIB (contre 12,8 % en 2014) pour atteindre près de 50 % des dépenses totales. Les dépenses d’investissement ont continué d’être comprimées, indiquant une exécution lente des investissements. La dette publique a atteint 52 % du PIB en 2015 (contre 40 % en 2010)”.

Pour l’institution de Bretton woods, “les tensions sociales qui ont marqué la première moitié de 2015, ainsi que les effets combinés de trois attentats terroristes dramatiques, ont été les principaux moteurs de la performance économique de la Tunisie en 2015. La croissance du PIB n’a atteint que 0,8%, grâce à de bons résultats dans la production agricole (+9,2 %), en particulier la production d’olives, tandis que la plupart des autres secteurs de l’économie ont reculé ou stagné.

“Les grèves conjuguées aux troubles sociaux dans les régions minières (phosphate) et le déclin durable de la production pétrolière et gazière ont entraîné un net repli dans les industries chimiques (-5,3 %) et le raffinage du pétrole (-18,2 %) et un recul global des industries non manufacturières (-4,1 %). Après une accélération notable au cours de la première moitié de 2015, l’inflation mesurée par l’IPC a ralenti progressivement pour s’établir à 4,1 % (d’une année sur l’autre) vers fin 2015, atteignant un taux moyen annuel de 4,9 %, le même que l’année précédente. Le taux de chômage reste élevé à 15,4 %, en particulier pour les femmes (22,6 %), les diplômés universitaires (31,2 %) et les jeunes (31,8 %)”.

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