Un projet qui cartonne dans les zones rurales, en toute discrétion

Un projet qui cartonne dans les zones rurales, en toute discrétion

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Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a rendu public, aujourd’hui mardi 23 octobre 2018, son rapport sur l’évaluation de ses opérations en Tunisie. Le document porte principalement sur 6 projets mis en oeuvre entre les années 2003 et 2018 pour un coût total de 248 millions de USD, dont 105 millions ont été décaissés par le FIDA. Des projets qui portent sur l’amélioration des conditions de vie et la réduction de la pauvreté en zones rurales grâce à des investissements substantiels dans la gestion des ressources naturelles et les infrastructures socio-économiques.

Il ressort en effet de ce rapport que le programme financé par le FIDA a obtenu des résultats “remarquables” en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Par exemple, des projets ont permis de lutter contre la dégradation des sols sur 35 600 hectares et développé des infrastructures d’irrigation sur 3600 hectares de terres agricoles. De plus, environ 167 800 hectares de parcours ont été récupérés grâce à la mise en repos des parcours en accord avec les éleveurs et ayants droits des parcours. De telles interventions, tout en stimulant la productivité agricole et la diversification, contribuent également à augmenter les revenus dans les zones rurales.

En effet, depuis 1980, le FIDA travaille en partenariat avec le gouvernement tunisien pour améliorer les conditions de vie des populations rurales vulnérables grâce à des investissements socio-économiques et de gestion de ressources naturelles importants et le renforcement des organisations paysannes en soutien de l’agriculture et de l’élevage. Depuis le début de ces opérations en Tunisie, le FIDA a financé 13 projets avec un cout total estimé à 465 millions d’USD, et une contribution financière de l’ordre de 174 millions d’USD.

Le programme met toutefois en évidence certains domaines à améliorer. Il a eu par exemple un impact plutôt modeste sur l’autonomisation sociale et économique des femmes et des jeunes et la durabilité sociale et environnementale de certains investissements reste incertaine. Du coup, le programme n’a pas réussi à mettre en place des approches réellement innovantes permettant d’atteindre prioritairement les ménages ruraux les plus pauvres et vulnérables. Le ciblage géographique a permis en revanche de concentrer les interventions dans des zones particulièrement défavorisées.

C’est ainsi que le programme a reformulé un certain nombre de recommandations pour une future collaboration entre le FIDA et le gouvernement tunisien. L’un d’eux consiste à faire en sorte que les interventions touchent plus efficacement les plus pauvres et les plus vulnérables, en particulier les agriculteurs, les femmes et les jeunes pauvres. D’autres recommandations vont dans le sens de la minimisation de la vulnérabilité des chaines de valeur agropastorales face aux risques liés au climat et aux marchés, renforcer et mettre à échelle des interventions à caractère innovant en faveur de la réduction de la pauvreté rurale, renforcer les partenariats stratégiques et orienter les projets en fonction de la nature et des orientations des interventions futures du programme pays et dans le contexte de la décentralisation.

Le FIDA investit dans les populations rurales depuis 40 ans, en leur donnant les moyens de réduire la pauvreté, d’accroitre la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer la résilience. Depuis 1978, le fonds a octroyé 20,2 milliards de dollars américaines en subventions et en prêts à faible taux d’intérêt à des projets ayant touché environ 476 Millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et une agence spécialisée des Nations Unies à Rome, la plaque tournante des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le bureau indépendant de l’évaluation (IOE) procède à des diagnostics des politiques stratégiques et opérations financées par le FIDA afin de promouvoir la responsabilité et l’apprentissage. L’objectif principal est de contribuer à améliorer la performance du FIDA et de ses partenaires en matière de réduction de la pauvreté rurale dans les pays bénéficiaires.

Les évaluations indépendantes d’IOE étudient l’impact des activités financées par le FIDA et analysent les succès et les faiblesses et en identifiant les facteurs influant sur la performance. Sur la base des informations et des recommandations tirées des conclusions de l’évaluation, IOE partage également les connaissances et l’expérience du FIDA en matière de développement agricole et rural avec un public plus large.

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