Après 15 mois derrière les barreaux américains, Ahmed Abbassi pourra retourner chez lui en Tunisie, l’ex-étudiant de l’Université Laval (UL) arrêté il y a plus d’un an à New York pour des accusations de terrorisme, ayant plutôt été condamné pour la totalité du temps déjà passé en détention préventive après avoir fraudé l’immigration.
Son frère, qui poursuivait ses études de deuxième cycle en génie chimique à l’UL avant son arrestation en mai 2013, est toujours détenu en attendant sa déportation en Tunisie. Il est trop tôt pour dire ce qu’il fera une fois là-bas, à savoir s’il tenterait notamment de revenir au Canada.
Les procureurs américains alléguaient qu’Abassi avait l’intention de commettre des actes terroristes, qu’il avait monté un réseau terroriste et radicalisé un compatriote, le Montréalais Chiheb Esseghaier.
Mais dans les documents de détermination de la peine, les avocats de l’accusé ont plaidé que même si leur client avait exprimé des opinions radicales, il n’en demeure pas moins qu’il avait résisté aux plans d’Esseghaier.
Selon Me Sabrina Shroff, Chiheb Esseghaier a été incapable de convaincre Ahmed Abbassi de participer à ses projets. Il est devenu si frustré par ces refus qu’il a taxé Abbassi de faux musulman «inutile à la cause».
Les accusations de terrorisme qui pesaient contre Ahmed Abbassi ont finalement été abandonnées, faute de preuves solides. Il a cependant plaidé coupable à des accusations réduites en matière d’immigration.
Les procureurs américains ne nient pas que l’accusé a refusé de participer au complot présumé élaboré par Esseghaier «de façon répétitive» et qu’il a commis des infractions en matière d’immigration «en partie» parce qu’il voulait rejoindre sa femme au Canada, mais ils soutiennent malgré tout qu’il est «beaucoup plus dangereux» qu’un simple contrevenant.








