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Réformes

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  • L’activité économique rebondit en Guinée, avec des signes indiquant une croissance continue de plus de 6 pourcent.
  • La consolidation budgétaire comportant une augmentation des revenus et une réduction des dépenses publiques a permis de ramener le déficit budgétaire de base à 0.7 pourcent du PIB en 2016.
  • Le FMI estime qu’augmenter les dépenses d’infrastructure tout en préservant la stabilité macroéconomique permettra d’améliorer les perspectives d’une croissance pour tous à long terme.

Une mission du FMI dirigée par Giorgia Albertin a séjourné à Conakry du 15 au 25 Mai 2017 dans le cadre d’une mission technique pour discuter de l’évolution de la situation récente et des perspectives économiques et financières de la Guinée. Cette mission avait aussi pour but de préparer le terrain pour une future mission de négociation d’un nouveau programme appuyé par le FMI. À la fin de la mission, Mme Albertin a fait la déclaration suivante :

« Après le ralentissement enregistré en raison de l’épidémie de fièvre a virus Ebola, l’activité économique a rebondi en 2016, avec un taux de croissance réelle du PIB estimée à 6.6 pourcent, grâce notamment à une production minière en augmentation du fait du démarrage des nouveaux projets, un accroissement de la production agricole et de la production d’électricité »

« L’inflation moyenne est restée modérée à 8,2 pour cent en 2016, reflétant une augmentation mesurée des prix des produits alimentaires, une stabilité du taux de change et une politique monétaire prudente »

« Les efforts de consolidation budgétaire ont permis de réduire le déficit budgétaire de base en 2016 à 0.7 pourcent du PIB sous l’effet conjugué d’une augmentation des revenus et d’une réduction des dépenses »

« Les importations ont fortement augmenté, suite aux nouveaux projets d’investissements dans le secteur minier et ont été financées par un large afflux d’investissements directs étrangers. Les exportations se sont accrues, tirées par les produits agricoles, la bauxite et l’or »

« Les perspectives de croissance de l’économie guinéenne restent favorables. Pour 2017, la croissance devrait continuer à être robuste à 6,7 pourcent, grâce à la poursuite de la bonne performance du secteur minier, une accélération des activités de construction dans l’hôtellerie et l’énergie, ainsi qu’une bonne performance agricole »

« Il sera important de préserver la stabilité macroéconomique, assurer une croissance saine du crédit bancaire au secteur privé et promouvoir une croissance économique plus forte et qui bénéficie à toute la population »

« Augmenter les investissements en infrastructure, tout en préservant la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, sera également important pour réaliser le potentiel de croissance de l’économie guinéenne »

« L’équipe du FMI remercie les autorités pour leur hospitalité et pour les discussions constructives »

La mission a rencontré le Premier Ministre, Mr. Mamady Youla, le Président de l’Assemblée Nationale, Mr. Claude Kory Kondiano, la Commission Économique et Financière de l’Assemblée Nationale, le Ministre de l’Economie et des Finances, Mme Malado Kaba, le Gouverneur de la Banque Centrale de Guinée, Mr. Lounceny Nabé, le Ministre du Budget, Mr. Mohamed Doumbouya, les ministres de l’Energie et de l’Hydraulique, Mines et Géologie, Agriculture, les ministres conseillers du Président de la République et d’autres hauts fonctionnaires du gouvernement. La mission a également rencontré les partenaires internationaux, ainsi que les représentants du secteur privé et de la société civile.

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Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Slim Khalbous a présenté vendredi à Tunis la nouvelle stratégie de coopération internationale dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Il s’agit d’une stratégie basée sur quatre axes essentiels, à savoir le renforcement et la restructuration des partenariats traditionnels et historiques avec les pays arabes et l’Europe, l’établissement de nouveaux partenariats efficaces pour enrichir le système national et pour renforcer l’innovation avec l’Asie, l’exportation de l’expertise et le positionnement de la Tunisie comme destination universitaire et scientifique pour les pays de l’Afrique, la promotion de l’échange et de la mobilité des étudiants et des enseignants-chercheurs et la transformation des fuites des cerveaux en ambassadeurs de la Tunisie.

A cette occasion, le ministre a souligné les principaux projets en cours ou programmés pour la période à venir.
Avec les pays du Maghreb, Khalbous a cité le projet d’un nouveau programme d’échange et de mobilité, le projet de réalisation d’un portail des universités maghrébines et le projet de réseautage des instances nationales de l’assurance qualité.
Avec l’ALECSO, le ministre a évoqué le projet d’un espace de recherche et d’innovation d’intérêt commun et le projet de formation pédagogique arabe commune.
Un projet de centre d’excellence pour le pétrole et les énergies renouvelables est programmé avec le Royaume d’Arabie Saoudite et un projet de création d’un complexe universitaire médical est en vue avec l’Etat du Qatar.
Le ministre a aussi cité un projet de collaboration entre le réseau des ISET en Tunisie et le réseau des IUT français, le projet d’un pôle d’excellence universitaire et le projet d’ouverture d’une mission universitaire tunisienne à Bonn en Allemagne.
Avec les pays de l’Asie, il a mentionné le projet du Technopole de Borj Cedria, le projet sur  » la valorisation des bio-ressources en milieux arides et semi arides  » et le projet sur  » la valorisation industrielle des bio-ressources  » avec le Japon, un programme de formation et de développement des compétences en matière du design et de la mise en œuvre des politiques en sciences et technologie avec la Corée du Sud, des projets de coopération en matière de biotechnologie et d’informatique avec l’Inde et le programme  » China Campus  » avec la Chine.

Slim Khalbous a indiqué que 10403 étudiants tunisiens poursuivent actuellement leurs études universitaires à l’étranger dont 3347 en France et 2754 en Allemagne. La Roumanie détient la troisième place avec 996 étudiants tunisiens, suivie de la Russie avec 938 étudiants et le Canada 707 étudiants.
Par ailleurs, la Tunisie compte, selon le ministre, 7346 étudiants étrangers de 70 nationalités.
3074 étudiants étrangers sont inscrits dans les universités publiques tandis que 4272 sont inscrits dans les universités privées.

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Des dizaines de policiers se sont rassemblés mercredi aux alentours du ministère de l’Intérieur pour réclamer la mise en œuvre d’un ensemble de réformes législatives et sociales au profit de l’appareil sécuritaire.
Ce mouvement de protestation a été organisé par le Syndicat des fonctionnaires de la direction générale de la sûreté publique, le Syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention, le Syndicat des services spéciaux, le syndicat général de la garde nationale et le syndicat des services communs.
Tout en dénonçant l’absence d’une ferme volonté de réforme, les protestataires ont réclamé l’amendement de plusieurs lois caduques qui ne sont plus en phase avec la Tunisie post-révolution.
Selon eux,  » la Tunisie post-révolution prône désormais la consécration des principes d’une sécurité républicaine « .
Dans une déclaration à l’agence TAP, le Secrétaire général adjoint du Syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention, Nassim Rouissi a fait état du non-règlement depuis 2011 de plusieurs questions à caractère législatif.
A ce propos, il a cité la loi sur l’indemnisation des agents des forces de sécurité intérieure, victimes d’accidents de travail et de maladies professionnelles. Bien qu’elle soit adoptée en 2013 par l’Assemblée nationale constituante (ANC), cette loi n’est pas encore entrée en vigueur, a-t-il dit.
Plusieurs martyrs et blessés de l’appareil sécurité n’ont pas jusque-là bénéficié de dédommagement financier, a-t-il précisé.
Il a également regretté la diabolisation du projet de loi relatif à la protection des forces de l’ordre, des locaux de leur travail et de leurs familles et le maintien de la Loi n° 69-4 règlementant les réunions publiques, les cortèges, les défilés, les manifestations et les attroupements qui, a-t-il dit, est devenue « caduque ».
Par ailleurs, Rouissi a réclamé l’amélioration de la situation sociale des forces de l’ordre, face à la dégradation de la qualité des services rendus par la mutuelle du personnel de la sûreté nationale, des prisons et de la rééducation.
Selon lui,  » la mutuelle est désormais gangrenée par la corruption « .
Une délégation des syndicats des forces de l’ordre est en train de négocier avec le directeur général de la sûreté nationale pour trouver des solutions à l’ensemble des revendications, a-t-il indiqué.
A défaut de consensus, les bureaux exécutifs des différents syndicats vont se réunir pour prendre les décisions qui s’imposent, a-t-il ajouté.

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Nidaa Tounes a entamé, semble-t-il, sa thérapie de choc. Le parti a convoqué la presse ce mercredi 17 mai 2017, à son siège, pour lui présenter une batterie de nouvelles mesures censées donner un coup de fouet à une formation qui ne fait plus battre le coeur de ses militants et dont certains cadres ont pris la poudre d’escampette, lassés par les querelles intestines et les combats de coq des égos surdimensionnés.

Lors de cette conférence de presse, animés par le chef du bloc parlementaire du parti, Sofiène Toubel, le chargé des affaires politiques du parti, Borhen Bsaies et Khaled Chouket, on a appris qu’un «centre de réflexions et d’études» allait bientôt être mis en place. Le but de la manoeuvre : pondre des idées et projets politiques, des études et des recherches. Les cibles n’ont pas été précisées, mais on peut imaginer que cette structure va ratisser large, d’autant plus que les problèmes et trains qui n’arrivent pas à l’heure ne manquent pas dans le pays !

Un «conseil supérieur pour les compétences» est également dans les tuyaux. Ce dispositif sera opérationnel dès les prochaines municipales et ces « sauveurs » d’un autre genre vont être ventilés dans tous les comités du parti, a indiqué Chouket.

Par ailleurs on a appris qu’une «commission ad hoc des affaires politiques» va être créée, avec pour objectif l’évaluation du discours politique et la défense de la ligne de Nidaa Tounes.

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« L’UGTT n’appellera pas à la chute du gouvernement Chahed, même si tous ceux qui l’ont précédé n’ont pas apporté des solution à la situation en constante détérioration », a affirmé le secrétaire général de l’Organisation ouvrière, Noureddine Taboubi, dans une interview à « Al-Arab al-youm », ajoutant qu’il réclame des réformes sérieuses, la Tunisie ne pouvant pas demeurer un laboratoire d’expériences pour les gouvernements qui s’y sont succédé.

Il a souligné que sa centrale syndicale appelle à la correction du dysfonctionnement et non au renversement des gouvernements et exhorte les partis politiques à assumer totalement leurs responsabilités vis-à-vis de la situation que la Tunisie traverse actuellement, une situation inacceptable pour le peuple devenu victime des tiraillements politiques et autres luttes et désaccords.

Noureddine Taboubi a indiqué qu’il appellera les organisations nationales, principalement l’UTICA et l’UTAP, à présenter des solutions et des approches et à assumer leur responsabilité historique pour sauver le pays, expliquant que la Tunisie n’a pas besoin aujourd’hui de slogans mais d’action et de solutions.

Evoquant l’initiative que l’UGTT s’apprête à lancer, il a précisé qu’elle sera annoncée sitôt réunies les conditions de son succès. Il s’agit, a-t-il dit, de solutions et d’alternatives réalistes et réalisables, tenant compte des possibilités du pays et des particularismes de la situation dans les régions. L’initiative prendra une nouvelle forme incluant des « notes de travail » relatives à la situation économique et sociale, et proposant des solutions en prise sur la réalité, affirmant que la Tunisie a besoin de grandes réformes dans tous les domaines et avertissant que le maintien en l’état de la situation ne servira l’intérêt de nulle partie.

Il a enfin souligné la nécessité de trouver des solutions pour les régions défavorisées et marginalisées, gavées, depuis la Révolution, de promesses sans lendemain, réaffirmant le soutien de l’UGTT à toutes les revendications légitimes et les mouvements de protestation pacifiques, car l’UGTT est une organisation nationale qui assume son rôle national en toute responsabilité, a-t-il souligné.

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Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Cheikh Anta Gueye a séjourné à Niamey du 3 au 10 mai 2017 pour évaluer l’évolution économique en 2016 et au début de 2017, ainsi que pour examiner avec les autorités les mesures correctives qu’il convient de prendre pour atteindre les objectifs fixés pour fin juin 2017 dans le cadre du programme appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC)1. Le programme a été approuvé par le Conseil d’administration le 23 janvier 2017 (voir  Communiqué de presse no 17/18).

À la fin de la visite, M. Gueye a publié la déclaration ci-après :

« Les résultats macroéconomiques du Niger sont globalement satisfaisants. Selon les estimations, la croissance est passée de 4 % en 2015 à 5 % en 2016, grâce à une bonne campagne 2016/17 et à un redressement de la production pétrolière fin 2016. Mais le rythme de l’activité économique est à peine supérieur à la croissance de la population et continue de souffrir des problèmes de sécurité et de la crise humanitaire, de l’évolution défavorable des prix à l’exportation de l’uranium et du pétrole, et des difficultés économiques dans les pays voisins. L’inflation annuelle moyenne est restée maîtrisée à 0,2 % fin 2016. Les perspectives économiques à moyen terme restent favorables, mais sont exposées à des risques liés à la sécurité régionale et aux prix des matières premières.

« L’exécution du budget en 2016 a souffert de moins-values de recettes, qui s’expliquent en partie par l’évolution défavorable dans les secteurs des matières premières et la persistance des problèmes économiques dans les pays voisins. Par ailleurs, les mesures mises en œuvre par l’administration des douanes n’ont pas produit les résultats attendus. À fin décembre 2016, la plupart des objectifs budgétaires ont été atteints, excepté ceux liés aux recettes, qui étaient inférieures de 0,8 % du PIB à l’objectif.

« Les moins-values de recettes ont persisté au premier trimestre de 2017. Le contrôle soutenu des dépenses par le biais de la régulation budgétaire a contribué à maintenir le déficit budgétaire et le financement intérieur en deçà des objectifs du programme appuyé par la FEC. Des progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Les autorités ont notamment bien avancé dans la mise en place du Compte Unique du Trésor, et la mise à jour de la politique nationale du genre de 2008, particulièrement en ce qui concerne l’autonomisation des femmes et la réduction des inégalités entre hommes et femmes.

« Les autorités ont souligné leur solide attachement au programme et leur détermination à prendre immédiatement les mesures correctives nécessaires pour atteindre les objectifs fixés dans le programme appuyé par la FEC pour fin juin 2017. Il s’agit de mener des contrôles concernant l’impôt sur le revenu et la TVA, d’améliorer le recouvrement des arriérés d’impôts, d’utiliser les valeurs de transaction effectives pour l’évaluation des taxes douanières, et d’empêcher la fraude sur la commercialisation des produits pétroliers et d’améliorer la gestion des exonérations fiscales. Pour le moyen terme, les autorités préparent une stratégie de réduction du déficit budgétaire pour remplir les critères de convergence de l’UEMOA et la mise en place d’un dispositif qui permettra d’améliorer le recouvrement de la TVA.

« La mission a rencontré le Président Issoufou Mahamadou et le Premier Ministre Brigi Rafini, le Ministre des Finances Massoudou Hassoumi, le Ministre Délégué au Budget Ahmat Jidoud, et d’autres hauts cadres de l’administration ainsi que le Directeur national de la BCEAO. L’équipe a rencontré aussi des représentants de la société civile, du secteur privé et des bailleurs de fonds.

« La mission du FMI tient à remercier les autorités de leur hospitalité chaleureuse et des entretiens constructifs et productifs. »

[1] La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux pays à faible revenu. Un financement au titre de la FEC est assorti d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans et demi et d’une échéance finale de dix ans.

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  • La mission du FMI et les autorités sont parvenues à un accord préliminaire qui permettra de recommander au Conseil d’administration la conclusion de la septième revue du programme appuyé par la FEC et la prorogation d’une année du programme.
  • La croissance économique devrait rester forte en 2017 mais les risques sont baissiers, notamment en raison des conditions d’insécurité et du renchérissement des conditions de financement du marché.
  • L’équipe du FMI et les autorités se sont accordées sur l’importance de la mobilisation des recettes nationales et d’une trajectoire budgétaire qui maintienne la discipline budgétaire.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Boriana Yontcheva, a séjourné à Bamako du 2 au 12 mai 2017 dans le cadre des consultations relatives à la septième revue du programme économique et social du gouvernement appuyé par l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI approuvé en décembre 2013.

A l’issue de la mission, Madame Yontcheva a fait la déclaration suivante :

« La mission du FMI et les autorités sont parvenues à un accord préliminaire qui permettra de recommander au Conseil d’administration la conclusion de la septième revue du programme appuyé par

la FEC et la prorogation d’une année du programme. Suivant le calendrier actuel, la septième revue du programme FEC devrait être conclue en Juillet 2017, avec l’examen du dossier par le Conseil d’Administration. »

« La mission se réjouit des performances macroéconomiques soutenues de l’économie malienne. D’après les estimations préliminaires pour l’année 2016, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est situé à 5.8%, et l’inflation a été contenue à moins de 1%, reflétant des prix du pétrole bas. Le déficit budgétaire s’est situé à 4% du PIB en en ligne avec les objectifs du programme, certaines recettes supplémentaires ayant permis de compenser les dépenses additionnelles engagées pour faire face aux élections et aux besoins sécuritaires. En revanche, le déficit du solde global de la balance des paiements s’est creusé de 2,3 points de pourcentage pour atteindre 3,9 % du PIB».

« La mission et les autorités ont examiné l’exécution budgétaire pour 2016 et le début 2017. Tous les critères de performances du programme à fin décembre 2016 ont été atteints. Des retards ont été toutefois enregistrés dans la mise en œuvre des réformes structurelles prévues à fin Décembre, même si des progrès encourageants ont été notés.»

« La croissance économique devrait rester forte en 2017 mais les risques sont baissiers, notamment en raison des conditions d’insécurité et du renchérissement des conditions de financement du marché. Des revendications sociales en ce début d’année ont donné lieu à des dépenses budgétaires non prévues en 2017. L’équipe du FMI et les autorités se sont accordées sur la nécessité de maintenir les dépenses en ligne avec les ressources budgétaires, tout en protégeant les dépenses sociales et en stimulant l’investissement public à moyen terme. L’équipe du FMI et les autorités se sont accordées sur l’importance de la mobilisation des recettes nationales et d’une trajectoire budgétaire qui maintienne la discipline budgétaire. A cet égard, la mission du FMI soutient l’objectif des autorités d’atteindre un déficit budgétaire global de 3% du PIB en 2019, un des critères de convergence de l’UEMOA. La mission a également encouragé l’achèvement des réformes en cours visant à limiter les dépenses fiscales par le contrôle des exonérations discrétionnaires. La mission a souligné l’importance d’améliorer la mobilisation des recettes, y compris par la fixation de prix des produits pétroliers à la pompe reflétant l’évolution des cours mondiaux de ces produits tout en limitant l’impact sur les populations les plus vulnérables. »

La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Abdoulaye Idrissa Maiga, le Ministre de l’Économie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, le Ministre de la Décentralisation et de la Fiscalité Locale, M. Alassane Ag Ahmed Moussa, le Directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, M. Konzo Traoré, et d’autres hauts responsables publics ainsi que les représentants de la société civile, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers du Mali.

L’équipe du FMI exprime sa gratitude aux autorités ainsi qu’à tous leurs autres interlocuteurs pour les discussions franches et constructives et la chaleureuse hospitalité qui leur a été réservée.

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Le «Think Tank » international «Crisis Group» vient de rendre public un rapport de 31 pages sur la situation politico-économique de la Tunisie. Son document est affligeant de constats amères et parfois même de vérités que l’intelligentsia tunisienne se cache, par ignorance, par bêtise intellectuelle ou simplement par peur de dévoiler la résurgence de ce que la Tunisie croyait avoir définitivement enterré depuis Bourguiba : le régionalisme. Une résurgence pourtant mise à nue par les derniers évènements de Tataouine. On constatera aussi que ledit rapport parle aussi de la réconciliation économique, présentée comme une nécessité et un apriori de la réussite du processus politique en Tunisie. On entendrait presque parler le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi.

⦁ La polarisation, anciens et nouveaux riches et son impact sur le processus politique

Evoquant la situation générale dans le pays, le rapport estime que «le consensus politique en Tunisie commence à atteindre ses limites». Un constat amer qui renvoie à l’image d’une grosse entreprise malade, dont le plan de restructuration n’a pas réussi, se retrouve dépassé par les évènements et qui nécessite désormais un plan de sauvetage. Et de constater, dans la même veine, qu’un «sentiment d’exclusion socio-régional et de délitement de l’Etat s’accroit, la prolifération de l’affairisme et du clientélisme».

Les rédacteurs du rapport remarquent en Tunisie une «polarisation [qui] se renforce dans le monde des affaires entre chefs d’entreprises, mais aussi entre ces derniers et les barons de l’économie informelle, notamment de la contrebande. D’un côté, une élite économique établie issue du Sahel (région côtière de l’Est du pays) et des grands centres urbains est protégée et privilégiée par des dispositifs réglementaires, et entend le rester. De l’autre, une nouvelle classe d’entrepreneurs issus des régions déshéritées, dont certains sont cantonnés au commerce parallèle, soutiennent en partie les protestations violentes contre le pouvoir central et aspirent à se faire une place parmi l’élite établie, voire à la remplacer». Et de constater, toujours dans le même sujet, que «la compétition économique et politique est rendue malsaine par ce conflit profond, qui vise à s’accaparer les postes-clés de l’administration permettant de contrôler l’accès au financement bancaire et à l’économie formelle », ce qui a permis de «démocratiser la corruption et de paralyser les réformes».

Force est alors de constater la justesse de ce constat, rien qu’à regarder la montée en puissance des lobbys, corporatistes, professionnels par exemple, dans la politique en général et dans les couloirs de l’ARP en particulier. Bien avant «Crisis Group» d’ailleurs, un rapport de la Banque Mondiale en date d’octobre 2014 mettait en exergue ce risque d’une opposition des lobbys d’affaires à tout changement en Tunisie.

⦁ Les solutions du «Crisis Group»

Evoquant ensuite l’action du GUN (gouvernement d’union nationale), Crisis Group estime que «les réformes qu’il propose se concrétiseront difficilement en l’absence d’une initiative politique visant à réduire le pouvoir occulte de ces opérateurs économiques», et met en exergue la nécessité pour Yousef Chahed «d’améliorer la moralité publique, protéger l’Etat des réseaux clientélistes, et commencer à s’attaquer aux sources de l’exclusion socio-régionale, préoccupante à moyen terme pour la stabilité du pays».
L’une des propositions du rapport est l’adoption par le gouvernement d’une «approche audacieuse et novatrice intégrerait les personnalités les plus influentes du monde des affaires, y compris issues des régions délaissées, qui gagnent en pouvoir occulte dans la vie politique et sociale». Mais aussi que le «gouvernement encadre juridiquement le courtage et le portage d’affaires dans le but de réduire le trafic d’influence à l’œuvre dans les plus hautes sphères politiques» et qu’il tente de «réduire le pouvoir discrétionnaire des responsables administratifs, qui entretient clientélisme et corruption et est en partie responsable de la fermeture de l’accès au crédit et au marché pour les entrepreneurs des régions déshéritées».

Et toujours dans cette optique de séparer la politique des affaires, afin d’en endiguer l’influence sur le processus politique, le rapport de «Crisis Group», propose que «gouvernement et parlement devraient contraindre les partis politiques à soumettre leur rapport financier annuel à la Cour des comptes. La déclaration du patrimoine, qui concerne déjà les membres du gouvernement et les hauts fonctionnaires, devrait s’étendre aux parlementaires et aux membres du cabinet présidentiel, ce qui contribuerait à affaiblir les réseaux clientélistes». Force est encore là de constater que les gouvernements successifs de la Tunisie de la Révolution, bien que disposant de l’outil juridique pour le faire, n’ont jamais osé franchir le pas, même pas par un simple avertissement, encore moins la dissolution des innombrables partis politiques qui refusent jusqu’ici de publier leurs rapports financiers.

⦁ «Crisis Group» parle de la réconciliation économique

Préalable pour voir le jour, selon les auteurs du rapport, «ces réformes devront s’accompagner d’un dialogue économique national suivi et approfondi entre la présidence de la République, le gouvernement, les principales forces politiques, syndicales et associatives et surtout les hommes et femmes d’affaires les plus influents du pays, qu’il s’agisse d’anciens proches de l’ancien régime ou d’individus impliqués dans l’économie parallèle». Le rapport, qui avertit déjà que cela suscitera nécessairement de la résistance, indique que le but est de «rendre l’économie plus inclusive pour les nouveaux venus de l’intérieur du pays et à renforcer la volonté politique en matière de lutte contre la corruption, en réunissant, sur la base de critères précis et objectifs, les personnalités du monde des affaires qui s’opposent à ces objectifs».

Et le rapport de «Crisis Group» d’aborder le sujet qui fâche actuellement en Tunisie, celui de la réconciliation économique, comme d’une nécessité pour la réussite de la transition politique. Il dit à ce propos que «ce dialogue devrait aboutir à des mesures de réhabilitation pénale et d’amnistie des infractions de changes, strictement encadrées sur le plan juridique. Il devrait également encourager la mise en place de fonds d’investissement public/privé dédiés au développement des régions délaissées, promouvant notamment les secteurs à haute valeur ajoutée, tout en facilitant l’application d’une politique plus répressive à l’égard de la corruption et de la contrebande».
Et de s’adresser même aux «principaux partis et syndicats ainsi que les organisations de la société civile nationale et internationale devraient soutenir une telle initiative. Le pays a tout à y gagner». Car, pour ce Think-Tank international, «les membres de l’élite économique établie et de la classe émergente d’entrepreneurs doivent parvenir à sortir du jeu perdant-perdant qui les conduit à se saboter économiquement les uns les autres, ce qui pourrait engendrer de violents conflits à l’avenir».

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Le Président rwandais Paul Kagame, son équipe de conseillers en vue de la réforme de l’Union africaine et près de 40 ministres des Affaires étrangères africains se sont réunis hier à Kigali, au Rwanda, pour discuter de la mise en œuvre des réformes de l’Union africaine adoptées en janvier 2017.

En juillet 2016, lors du 27e sommet de l’Union africaine, les États membres de l’UA ont confié au président du Rwanda, Paul Kagame, la mission de mener une réforme de l’Union africaine, afin de permettre à cette dernière de mieux atteindre ses objectifs et de servir au mieux les intérêts des citoyens d’Afrique.

En janvier 2017, les réformes proposées ont été acceptées par l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement. Ces réformes ont pour objectif de rendre l’Union africaine plus efficace sur les plans politique, opérationnel et financier, afin que l’organisation multilatérale soit mieux à même de remplir ses obligations envers les États membres et les citoyens africains.

Les leaders africains s’engagent à :

  • Se concentrer sur les priorités majeures, pour garantir que les efforts de l’UA ne soient pas dispersés et qu’elle puisse se consacrer aux enjeux qui feront réellement la différence pour les citoyens africains. Cela permettra également un partage du travail bien défini entre l’UA et les États membres.
  • Restructurer les institutions de l’UA pour répondre à ces priorités et s’assurer que les structures, organes et agences techniques spécialisées de la Commission de l’Union se focalisent sur les priorités définies.
  • Gérer l’efficacité de l’UA aux niveaux politique et opérationnel, pour permettre aux membres de créer une Commission efficace et effective réunissant les meilleurs professionnels africains. Cela consoliderait également les méthodes de travail du sommet de l’UA, pour améliorer la qualité et l’impact des prises de décision, tout en assurant la mise en œuvre des décisions de l’Assemblée dans les délais.
  • Financer l’Union africaine, et durablement, pour en consolider la gestion financière et la comptabilité.

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L’infatigable – c’est tout en son honneur! – ministre du Développement, de l’Investissement, de la Coopération internationale et désormais des Finances, par intérim, Fadhel Abdelkefi, a repris son bâton de pèlerin pour aller prêcher les vertus des réformes engagées, son optimisme quant à la reprise économique, histoire de donner des raisons d’y croire. Il était il y a quelques jours du côté de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (Ctfci). Cette fois il est allé se frotter aux experts comptables. Et le moins qu’on puisse dire est que le débat a été vif, animé, mais au final, comme ce fut le cas avec les entrepreneurs, le scepticisme des experts comptables l’a emporté. Abdelkefi et les siens devront convaincre, par des résultats tangibles…

La situation économique est très difficile et tous les indicateurs sont alarmants même avec les réformes engagées, dont celles sur l’investissement et le nouveau partenariat public privé (PPP) ainsi que les nouveaux avantages fiscaux octroyés aux investisseurs, a déclaré le président du Conseil National de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT), Raouf Ghorbel.
Toutefois, la Tunisie est capable de surmonter ces difficultés grâce à davantage de volonté, d’enthousiasme et de travail, a-t-il ajouté, dans une déclaration à l’agence TAP, en marge d’un colloque sur le thème « Réforme du cadre législatif de l’investissement en Tunisie », tenu jeudi, à Tunis.
Ghorbal a souligné que la nouvelle loi sur l’investissement entrée en vigueur, le 1er avril, a accordé maints avantages et plusieurs mesures ont été adoptées afin de booster les investissements et d’améliorer le climat des affaires, dont la suppression de l’agrément pour certaines activités et la fixation des délais de réponse de l’administration.
Le cadre juridique est incitatif et peut toujours être amélioré mais les textes législatifs actuels ne permettent pas le redémarrage du rythme des investissements, a-t-il avancé.
Au sujet des entreprises publiques, Ghorbel a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures courageuses, les problèmes des dites sociétés étant liés à la gouvernance, la transparence et la corruption.

Pour sa part, le ministre du Développement, de l’Investissement, de la Coopération internationale et des Finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, a fait savoir que les entreprises publiques ont fait face à plusieurs problèmes durant six ans, dont le recrutement massif, l’arrêt de la production, la non motivation des agents, etc., soulignant l’importance de la volonté et du courage politiques, vu que le coût de l’indécision est plus élevé que celui de la prise d’une mauvaise décision.
Il a rappelé que la plupart des sociétés tunisiennes sont des PME, TPE, des entreprises familiales et des entreprises endettées, mais elles ont réussi, ajoutant que la pérennité de l’entreprise passe principalement par le développement des fonds propres, une meilleure gouvernance et la transparence.
Evoquant la situation macro économique, le responsable a précisé qu’elle est caractérisée par des politiques budgétaires expansionnistes, l’arrêt des principaux moteurs de l’économie et un déficit abyssal. Abdelkéfi a, toutefois, relevé des prémisses de reprise, citant celle de la production du phosphate mais néanmoins la baisse de son exportation, vu l’absence de la Tunisie, durant six ans, du marché international.
Il a fait savoir, par ailleurs, que plusieurs problèmes relatifs aux caisses sociales, aux entreprises nationales, aux comptes en devises et au système bancaire persistent et seront discutés, aujourd’hui, avec les partis politiques, rappelant que la feuille de route concernant ces sujets sera prête au mois de juin.
« Je ne crois pas au consensus dans les dossiers économiques et je considère que le politicien doit assumer ses responsabilités, mais on essaye d’élargir l’accord sur les grandes orientations économiques du pays « , a-t-il indiqué.

Abdelkefi a mis l’accent sur trois priorités de son département, à savoir le maintien des grands équilibres globaux macro-économiques, la préservation du niveau des relations de confiance avec le Fonds Monétaire International (FMI) et le démarrage des réformes annoncées par le chef du gouvernement, le 14 janvier 2017.
Le ministre a fait remarquer que le gouvernement œuvrera auprès de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour faire avancer l’examen de la loi d’urgence économique, afin d’accélérer la réalisation des projets publics et même privés.
Revenant sur la conférence internationale de l’investissement Tunisie 2020, il a rappelé que les engagements d’investissements ont atteint 34 Milliards de dinars, dont 15 Milliards de dinars ont été signés, ajoutant que la plupart des projets présentés ont été retenus pour le financement mais la longueur des procédures administratives freine leur démarrage.

Pour sa part, le conseiller auprès du Chef du Gouvernement, Fayçal Derbel, a rappelé que la loi sur l’investissement et ses textes d’application favoriseront la reprise des investissements locaux et étrangers dans le pays.
Cette loi, a-t-il ajouté, fera notamment le bonheur du secteur agricole, vu que plusieurs avantages ont été adoptés au profit de ce dernier.
Ce texte favorise également le développement et l’attrait des investissements dans les régions de l’intérieur, plusieurs investisseurs ayant déjà exprimé leur volonté d’y investir, vu l’importance des engagements financiers et fiscaux du gouvernement, selon ses dires.

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À l’occasion de la semaine tunisienne au Parlement européen présidée par le président de l’ARP (Assemblée des représentants du peuple), la haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, a réaffirmé la volonté de l’UE de soutenir pleinement la Tunisie dans sa transition démocratique et de soutenir les efforts du gouvernement pour un développement socioéconomique plus important, notamment grâce à un soutien accru aux jeunes, à des domaines connexes tels que l’emploi, l’éducation, la recherche et la mobilité des étudiants et des jeunes. «Aujourd’hui, je souhaite réaffirmer notre engagement à continuer de soutenir vos efforts en matière de réformes, y compris l’administration publique, la justice, la décentralisation et la lutte contre la corruption, et bien plus encore » a ajouté Mogherni.

Et la haute représentante de l’Union Européenne d’ajouter, en présence du président de l’ARP, Mohamed Ennaceur : « Nous espérons établir un dialogue structuré et inclusif sur la jeunesse tunisienne, mais surtout avec les jeunes tunisiens et surtout une participation active des jeunes dans la vie sociale et politique du pays».

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Le remaniement ministériel, qu’on vient d’avoir après des mois d’atermoiement, de dénégation, mais que des proches du chef du gouvernement, Youssef Chahed, avaient déjà soufflé à Jeune Afrique, n’a qu’un seul objectif : Créer cet électrochoc qui fait défaut à la Tunisie depuis sa fameuse Révolution. Chahed pense qu’à travers ce mouvement, qui n’est pas des moindres – avec l’éviction de deux ministres clés -, le pays va enfin, comme par magie, entrer dans le cercle vertueux des réformes et du retour au travail pour se bâtir un avenir. Mais ce sera un peu court car dont souffre la Tunisie, c’est de problèmes structurels sur lesquels un relookage de façade n’a pas le moindre effet, pas même un effet d’annonce. L’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES) a travaillé sur ces questions épineuses et a pondu un rapport, intitulé « La Tunisie en 2025 : Un État émergent, résilient et réconcilié avec lui-même ». L’ITES prend le soin de préciser que cette étude n’est en rien le remplaçant du plan quinquennal 2016-2020, il vient simplement l’étoffer. Pour ceux qui voudront bien la prendre comme tel et s’en imprégner pour accomplir les pas que le pays attend tant…

L’étude met le curseur sur les éléments clés, nationaux et internationaux, susceptibles de densifier les grandes orientations stratégiques et la stratégie nationales afin de faire de la Tunisie un Etat émergent, capable de résister aux chocs économiques endogènes et exogènes, et d’offrir un avenir à tous ses enfants.

« La longue transition tunisienne a directement contribué à l’affaiblissement de l’État, au relâchement de la discipline et du civisme, à la montée consécutive des revendications corporatives et régionales ainsi qu’au ralentissement économique ». Le rapport de l’ITES commence en ces termes, forts, ce qu’il faut sans doute pour installer dans toutes les têtes les virages douloureux qu’il faut négocier pour changer le destin du pays à l’horizon 2025.

Tout y passe : la diplomatie tunisienne, le fonctionnement de l’État et de ses institutions, la défense et la sécurité nationale, l’éducation et la culture, le contrat social et enfin le contexte  économique. Le rapport propose des orientations stratégiques, par secteur des scénarios de sortie de crise. Il a fallu pas moins de 6 commissions de travail pour arriver à un tel résultat : « Commission État et institutions, Commission sécurité et défense nationales, Commission économie et développement durable, Commission contrat social renouvelé, Commission éducation et culture et Commission repositionnement international de la Tunisie ».

« Des scénarios de sortie de crise ou mesures devant être actionnées à court terme afin d’éviter de basculer dans le scénario de rupture ou catastrophique dit ‘Cygne noir’ et d’amorcer le bond en avant », souligne le rapport.

Les détails clés

La Tunisie dont on rêve en 2025 reposera sur les fondements suivants : Un État stratège, anticipatif et qui protège les droits et les libertés ; Un État en paix et en sécurité, proactif et résilient ; Une économie émergente ; Un État qui s’appuie sur la confiance et le dialogue social ; Un État convaincu des vertus de l’éducation et de la culture orientées vers le progrès et l’innovation ; Un État qui jouit du respect, influent et ouvert sur le monde.

Pour poser les bases d’une économie émergente, inclusive et durable, l’ITES sugère « l’initiative 4.0 nationale ». Une orientation qui sera axée sur l’agriculture, l’industrie, le tourisme, le digital et l’énergie et sur un plan d’actions en 10 points.

D’abord la sortie de crise. Il faut d’abord en finir avec l’économie parallèle, lever les obstacles au développement des entreprises, sécuriser les systèmes productifs et logistique, combattre la corruption, apaiser le climat social, rétablir l‘autorité de l’État et son fonctionnement, booster le secteur pétrolier et celui des phosphates, maîtriser les déficits publics et faire de la réconciliation nationale une réalité.

Le deuxième plan d’actions a trait à un écosystème pouvant faire éclore l’entrepreneuriat et l’initiative privée.
L’ITES propose une refonte totale du cadre réglementaire et institutionnel de la sphère financière de façon à donner à la Tunisie les moyens d’être un véritable hub financier. D’après l’étude, les moyens financiers mis à la disposition des microentreprises, des PME et des PMI sont en deçà des besoins de ces structures. D’ailleurs, « les petites entreprises (moins de 50 employés) et les microentreprises (moins de 5 employés), représentant 2/3 de la production et 2/3 des emplois dans le secteur privé, ne bénéficient que de 15% des concours bancaires alloués aux entreprises du secteur privé », indique le rapport.

Le quatrième plan d’actions met le doigt sur le nécessaire recentrage de la politique de développement régional. Il faut faire de la décennie prochaine celle du décollage, enfin, des régions, dit le rapport. Il propose d’affecter 50% des investissements publics, 55 milliards de dinars sur 10 ans, au développement régional ; même tendance pour les investissements privés, 65 milliards de dinars, ce qui fera au total 120 milliards de dinars durant les dix prochaines années, soit une moyenne annuelle d’investissement global de 12 milliards de dinars.

Rapport ITES

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Seuls 30 % des jeunes dirigeants d’entreprises ont déclaré « avoir une idée précise des réformes entreprises par le gouvernement actuel, contre 53% qui n’ont qu’une « vague idée » de ces réformes et 16,7% n’ayant « aucune idée » , a montré un sondage réalisé, au cours du mois d’avril 2017, par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise, auprès d’un échantillon de 300 adhérents.
Selon le même sondage, 6% uniquement des jeunes dirigeants qualifient de « bon » le rythme de réalisation des réformes, alors que 21,2% considèrent que ce rythme est  » moyen « . Ainsi, 47% et 25,8% des interviewés estiment respectivement qu’il s’agit là d’un rythme  » lent  » et  » très lent « .
D’après les jeunes dirigeants d’entreprises tunisiennes, les obstacles entravant la relance économique s’articulent essentiellement autour de  » la lourdeur des procédures administratives  » (50%), les problèmes du climat de confiance ou d’affaires (34,8%) et la lenteur de l’adoption des lois par l’ARP, ainsi que des textes et décrets d’application (12,1%).
En dépit de ces entraves, 37,9% des interviewés se sont dit « confiants  » dans la reprise de l’économie tunisienne à moyen terme, alors que 45,5% ont déclaré être  » peu confiants  » et 15,2% ont souligné qu’ils ne sont  » pas du tout confiants  » dans cette relance.

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« La grande priorité, aujourd’hui, pour la Tunisie est d’assurer la relance rapide des investissements, et ce, en débloquant les grands projets déjà existants et dont les financements ont été mobilisés auparavant« , a réitéré l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda, soulignant que ces projets doivent faire l’objet d’un intérêt particulier du chef du gouvernement.
Il « doit chapeauter et suivre, lui-même, le processus de réalisation de ces projets, lesquels, une fois mis en œuvre, permettront de booster la croissance et de créer de l’emploi« , a-t-il estimé, lors d’une rencontre organisée, vendredi, par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD), sur le thème « Relance économique : entre mesures d’urgence et réformes structurelles ».
Ben Hammouda a déclaré que le pays souffre essentiellement, « d’un déficit d’actions » et de l’absence d’une vision claire sur le long terme pour la Tunisie de demain. D’après lui, il ne suffit pas de concevoir les réformes, mais il faut mobiliser tous les moyens pour les finaliser et favoriser un climat adéquat pour la relance économique.

De son côté, le conseiller auprès du ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale, Eymen Raies, a pointé du doigt la lenteur des procédures administratives en Tunisie, faisant savoir qu’un projet public nécessite, en moyenne, une période de 2 ans à partir de la date d’octroi de financement, pour son lancement. Lorsqu’il s’agit d’un projet privé, a-t-il ajouté, il faut, en moyenne, 18 mois, rien que pour l’obtention des autorisations administratives auprès d’au moins 5 ministères.
A cet égard, l’adoption de la loi sur l’urgence économique permettra d’accélérer les procédures de la mise en oeuvre de nouveaux projets et de favoriser la relance des investissements, a-t-il dit.

Le membre de la commission des Finances à l’ARP (Nida Tounes) Fadhel Ben Omrane a estimé quant à lui qu’en attendant l’adoption de la loi sur l’urgence économique, les investisseurs peuvent s’en sortir en s’appuyant sur les nouvelles dispositions de la loi sur l’investissement.
Il a, toutefois, critiqué  » l’excès  » et le  » dérapage  » du syndicalisme, qui s’est transformé, à son tour, en un obstacle bloquant la relance économique en Tunisie.

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La Grèce a annoncé vendredi avoir dégagé en 2016 un excédent budgétaire primaire de 3,9% du PIB, près de huit fois supérieur à l’objectif qui lui avait été assigné par ses créanciers UE et FMI, rapporte l’AFP.

L’annonce de cet excédent primaire a été faite par l’Agence statistique grecque Elstat alors que s’ouvre à Washington la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI) dont Athènes attend une avancée pour un allègement de sa dette et sa sortie de crise, en se prévalant du succès de ses efforts pour redresser le pays.

La feuille de route dictée au pays par ses créanciers en juillet 2015 en échange d’un troisième programme de prêts, d’un montant de 86 milliards d’euros, prévoyait qu’il dégage en 2016 un excédent de 0,5% du PIB pour arriver à 3,5% en 2018, a ajouté l’AFP.

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Après le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de lever l’épée de Damoclès sur la Tunisie en acceptant, enfin, après moult tractations, de décaisser la deuxième tranche du prêt de 2,8 milliards de dollars, c’est au tour du groupe de la Banque moniale de donner un peu de baume au coeur de cette Tunisie meurtrie par la morosité post-révolutionnaire. Dans son rapport de suivi de la  conjoncture économique dans la région MENA, intitulé « L’économie de la reconstruction d’après guerre dans la région MENA », la Banque Mondiale (BM) donne des raisons d’espérer, en pariant sur des éclaircies économiques dans la région dès 2018, pour amorcer une vraie relance de la croissance en 2019, jusqu’à 4%. Pas mal du tout…

« La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), en proie à la guerre et à la violence, et dans un contexte marqué par les faibles cours du pétrole, verra son taux de croissance fléchir de 3,5 % en 2016 à 2,6 % en 2017, selon le Rapport semestriel de suivi de la situation économique dans la région MENA. Cependant, après 2017, sous l’impulsion des réformes en cours, la situation devrait s’améliorer légèrement, et la croissance pourrait dépasser 3 % en 2018 et en 2019 », dit la BM.

Pour la Tunisie, ce sera 2.3% en 2017

C’est un fait, la Tunisie est loin d’entrevoir la fin de sa transition économique, toutefois les rédacteurs l’affirment : Elle « avance à grands pas dans son programme de transition politique, mais les résultats concrets sur le plan économique prennent plus de temps que prévu, la croissance étant trop faible pour peser réellement sur le chômage dans un contexte d’élargissement du déficit budgétaire ainsi que du déficit du compte courant ».

A niveau des perspectives de croissance, la BM crédite le pays d’un taux de 2,3% en 2017 et 2,8% en 2018. La banque explique son optimisme, comme du reste le FMI, par une amélioration du climat des affaires, couplée à des réformes structurelles, à la consolidation de la stabilité sociale et de la sécurité.

La banque parie également sur la relance des secteurs stratégiques tels que le primaire, l’industrie manufacturière et la production du phosphate pour doper la croissance, sans pour autant éluder le boulet du déficit budgétaire. L’institution financière le situe à un niveau très haut, 5.9% du PIB en 2017 ; même tendance pour l’inflation, qui devrait monter jusqu’à 4.9% à la fin de l’exercice en cours…

Pour plus de recettes fiscales

Au niveau de la thérapie préconisée par la BM, on note l’oxygénation des finances publiques. Et là, comme exactement l’a dit et même dicté le FMI, on ne pourra pas faire l’économie d’un tassement de la masse salariale dans la fonction publique. Il est suggéré également d’élargir l’assiette fiscale. S’y ajoute une somme de recommandations pour la sécurité et des réformes en profondeur pour doper la croissance du secteur privé et la création d’emplois. Enfin cap sur les facteurs d’incitation à l’investissement. Le document propose à la Tunisie « d’adopter et d’appliquer des réglementations qui améliorent les conditions d’accès aux marchés et donnent concrètement suite à la conférence Tunisie 2020 ; d’élaborer et d’appliquer une stratégie globale de réforme de la fonction publique et des entreprises à capitaux publics ; d’améliorer la gouvernance, notamment la lutte contre la corruption et la mainmise des élites ; et d’instaurer un dialogue en vue de déterminer les origines du malaise social et d’y apporter des solutions, en particulier avec les syndicats ».

Communiqué

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La réaction de l’économiste Radhi Meddeb, suite à l’accord de principe du FMI pour le déblocage de la 2ème tranche du prêt, sonne comme un rappel à l’ordre pour ceux qui s’emballent, s’excitent et occultent le fait que la Tunisie file du mauvais coton depuis quelques années, en empruntant à tour de bras pour des dépenses de fonctionnement (notamment pour entretenir une fonction publique obèse, et non pour investir dans la création de richesses). Mais l’intervention de Meddeb, sur sa page Facebook hier lundi 17 avril 2017 dans la soirée, met surtout le doigt sur l’âpre réalité dont peu de responsables ont envie de parler, encore moins le gouvernement : Les efforts colossaux que le FMI demande à la Tunisie pour desserrer les cordons de la Bourse. Le pays va en baver !

L’économiste dit ceci dans son post: « Cela vient de tomber comme un verdict : Le communiqué de la mission du Fonds Monétaire qui vient d’achever sa revue de programme. Je […] ne peux m’empêcher d’en tirer quelques conclusions :
– seule la deuxième tranche sera probablement tirée en mai, de l’ordre de 308 millions de dollars, loin des deuxième et troisième tranches espérées par les autorités tunisiennes pour un total de 700 millions $.
– entre les lignes, le dinar est surévalué, une dévaluation ou une accélération de sa glissade devraient intervenir sur les prochaines semaines,
– Le taux d’intérêt sera relevé sur le court terme et l’accès au crédit resserré
– les prix des carburants devraient augmenter pour diminuer le poids des subventions, mais aussi mieux traduire le glissement du dinar par rapport au dollar
– une réforme globale des retraites devrait intervenir sur les prochains mois.

Tout cela réduira peut-être le fardeau sur les finances publiques, mais risque d’être douloureux en l’absence d’une vision globale et d’une approche stratégique de relance dans l’inclusion et la reconstruction de notre tissu économique sur la base d’une compétitivité retrouvée ».

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Nous sommes incapables de dire si les rumeurs de démission ont été lâchées à dessein par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pour lancer un appel à l’aide face à ce que tous les observateurs, même les moins avisés, ont constaté : Chahed est désespérément seul face aux soubresauts d’une jeunesse exigeante et qui n’a pas conscience des limites des caisses publiques. Mais il n’est pas certain que son intervention d’hier dimanche 16 avril 2017 à la télévision nationale ait mis du plomb dans la tête des protestataires, manifestement ce ne sera pas le cas non plus pour les partis politiques qui l’ont adoubé, à en croire l’étrange communiqué d’Ennahdha ce lundi 17 avril 2017 après la sortie de Chahed.

Quand Chahed a convoqué les signataires du Pacte de Carthage, récemment, c’était certes pour faire le point sur les réalisations de son équipe 6 mois après son intronisation, mais c’était surtout pour que chacune des parties renouvelle son engagement à naviguer à ses côtés. En d’autres mots à le soutenir, fermement et publiquement. Raté puisqu’après cette grand-messe, chacun est retourné à ses occupations, dont la plus saillante, pour les partis politiques, est l’étripage mutuel et le pugilat dans les médias, très loin des intérêts suprêmes de la nation et des citoyens. Après le bruit sur la démission de Chahed, le démenti formel de sa garde rapprochée et le constat de la solitude de l’occupant de la Kasbah, exactement comme l’avait été son prédécesseur, Habib Essid, on avait cru que les soutiens officiels de Chahed – Nidaa Tounes et Ennahdha en premier – allaient se ressaisir et se ranger résolument et sincèrement derrière leur poulain. Mais quand le mouvement de Rached Ghannouchi dit dans son texte qu’il « comprend ces revendications et ces protestations et considère qu’il s’agit des acquis de la Révolution, de la dignité qui inciteront le gouvernement et les partis politiques à soutenir les régions et les catégories qui n’ont pas bénéficié du développement », on se dit qu’on est loin du soutien franc et massif.

Un ami de Chahed qui ne lui veut pas que du bien

Encore plus déboussolant pour ce pays, qui manque déjà de cap clair et encore plus usant pour les nerfs de Chahed, il y a cet exemple frappant du double discours, dans le même communiqué : « le mouvement Ennahdha réitère sa compréhension pour ces protestations » mais « appelle les citoyens à préserver cet acquis à travers le respect de la loi et les activités de l’institution publique ». Comme exemple de clarté il y a mieux ! Voilà une phraséologie qui ne fait que brouiller les cartes et le message dans la tête des jeunes. Cela n’aide en rien le travail de Chahed. Idem quand le texte dit : « Nous incitons le gouvernement à réagir d’une manière positive concernant les revendications des protestataires, ce qui permettra de trouver des solutions concrètes », alors que Chahed s’est échiné à marteler qu’il n’avait pas une baguette magique et que les ressources de l’Etat était limitées…

Et que dire de la théorie du complot, qui déjà fait beaucoup de dégâts sur la place publique, avec ces déballages explosifs tous les jours dans les médias, sans jamais, et c’est la loi du genre, désigner nommément les coupables. « Le mouvement Ennahdha a remarqué ces derniers temps qu’il y a une tentative visant à affecter le climat de consensus politique que connait notre pays et ce depuis la réunion de Paris entre Beji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. Ce consensus a protégé notre pays et son expérience démocratique contre une guerre civile et un renversement du pouvoir, comme cela s’est passé dans un pays frère ». Le pays frère c’est l’Egypte, pays dont d’ailleurs les milieux financiers disent le plus grand bien en ce moment et qui emprunte sur le marché de la dette très facilement, ce à quoi ne peut pas prétendre la Tunisie. Mais le plus grave, c’est de souffler sur les braises et d’entretenir l’idée qu’il y a des complotistes partout, tapis dans l’ombre. En procédant ainsi, on explose le peu de vernis de cohésion nationale qu’il y a et on sème la méfiance mutuelle dans la tête des citoyens. Très corrosif pour le travail de rassemblement des Tunisiens, vers un même idéal.

Au secours, la théorie du complot revient!

« Ceux qui visent la politique de consensus ce sont des parties qui ont divers agendas politiques mais ils ont le même objectif. Certains d’entre eux n’ont ni des solutions, ni des suggestions, ils veulent juste profiter des situations difficiles dans le pays, notamment dans certaines régions ». Mais qui précisément ? Là, encore une fois, Ennahdha en a trop dit, ou pas assez. Si des dossiers bien ficelés, des informations crédibles existent, alors il faut les transmettre illico à la justice, à défaut de les exposer sur la place publique. Cela rendrait un grand service à Chahed et au pays. C’est ça ou alors on se tait. Mais on ne lâche pas des propos incendiaires de ce type sans aller au bout de sa démarche. C’est proprement irresponsable et archi dangereux. Mais en Tunisie tout passe en ce moment, hélas, les citoyens étant anesthésiés par toutes les tuiles qui leur tombent sur la tête au quotidien, du fait notamment d’une classe politique en-dessous de ce qu’on attend d’elle…

Quand le mouvement Ennahdha déclare, dans le même communiqué, « qu’il œuvre davantage afin de protéger le pays contre le terrorisme, le crime, pour le renforcement des réformes, la tenue des élections municipales dans les délais qui ont été fixés » et qu’il lance « des initiatives afin de réaliser les attentes du peuple au niveau du développement, de l’emploi, de la santé, de l’enseignement », on peut être sûr qu’on tient là un des axes des campagnes pour les prochaines échéances électorales. Mais en fait, à la décharge d’Ennahdha, Nidaa Tounes aurait très bien pu pondre cet argument, comme beaucoup d’autres points de cet étrange communiqué qui souffle le chaud et le froid. Et c’est justement ça le drame de la Tunisie actuellement : Les partis politiques, au pouvoir comme ceux qui aspirent à y être, ont chacun un agenda qui est souvent très loin des besoins et demandes des citoyens, guettant le faux pas fatal de Chahed pour se placer. Ce dernier devra, très certainement, sortir du bois prochainement pour une autre explication de texte. Et surtout poser des actes qui indiquent clairement la cap. Ce qu’il a dit hier, et qu’il pensait sans doute, on peut lui en faire crédit, ne sera en rien suffisant pour ramener tout ce beau monde à la raison…

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C’est un Noômane Fehri très forme et très inspiré qui s’est exprimé le dimanche 16 avril 2017 sur sa page Facebook, pour faire des propositions au chef du gouvernement, Youssef Chahed, des suggestions du reste très originales. Ça c’est pour le fond. Quant au destin qui sera réservé aux idées lumineuses de l’ancien ministre des TIC et de l’Economie numérique, ça c’est une autre affaire…

Fehri a d’emblée installé le cadre en disant son estime pour Chahed, qu’il souhaite voir à la tête de l’exécutif, contrairement à « certains ». Qui ? On n’en saura pas plus..

Mais ce qui détonne surtout, c’est la recette des chefs de projet pour conduire les grandes réformes. Le chef de gouvernement aurait ainsi des hommes et femmes qui seraient désignés par décret et dont le boulot serait d’assurer une coordination entre les différentes équipes.

Ensuite la corruption. Fehri souffle à Chahed qu’il faut « montrer que la guerre contre la corruption est visible à l’œil nu et à Mr tout le monde. En d’autres termes, le peuple veut voir des têtes tomber pour croire ». Là aussi on ne sait pas le sort qui réservé à cette proposition. On attend de voir ce que le principal intéressé – Chahed – va en faire… ou dire.

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Le bruit de la démission a couru, lâché par l’ex-président du parti social libéral, Mondher Thabet. Il est monté suffisamment pour que la présidence du gouvernement ait été contrainte de sortir du bois pour démentir le départ imminent de Youssef Chahed. Thabet disait le chef du gouvernement laminé par sa tâche colossale mais surtout par l’absence criante de soutien des partis politiques qui l’ont adoubé, à commencer par le sien, Nidaa Tounes, dont les dirigeants passent tellement de temps à se tirer dans les pattes qu’il ne leur en reste plus pour aider qui que ce soit, encore moins la nation. La garde rapprochée de Chahed a beau démentir, fût-ce avec la plus grande véhémence du monde, le malaise est là, perceptible, sous nos yeux, avec cette agitation sociale qui gronde dans les gouvernorats, ces innombrables demandes dont la Tunisie n’a pas les moyens, ces secteurs économiques générateurs de ressources budgétaires qui tournent désespérément au ralenti, cette classe politique qui pollue la tête des citoyens et leur plombe le moral en rivalisant de déclarations fracassantes chaque jour que Dieu fait dans les médias de masse – télés, radios… Bref, ce ne sont pas les motifs de blues et de vague à l’âme qui manquent pour le chef du gouvernement. Alors démissionner, peut-être pas tout de suite, mais rien ni personne ne pourra nous faire croire que Chahed n’y songe pas en ce moment même, comme le ferait tout être normalement constitué face à l’impossibilité d’avancer dans une telle mission…

C’est un fait : Chahed est seul, désespérément seul face à l’immensité de sa tâche. Quand on entend les responsables des partis de la coalition gouvernementale, c’est souvent pour des questions domestiques, des querelles intestines de bas étage qui n’améliorent en rien la situation du pays, au contraire elles l’enfoncent en accentuant la sinistrose ambiante. La même classe politique avait collé des griefs, pour la plupart fallacieux, à l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid, emballé tout ça, pesé et acheminé vers le Parlement pour une exécution en règle. Le « coupable » avait beau tenter de se défendre, très mollement certes, les choses étaient pliées d’avance. Il fallait coller tous les malheurs de la Tunisie à cet homme pour ensuite le livrer à la vindicte populaire. Evidemment la pilule était trop grosse, et très peu de citoyens l’avalèrent. Mais peu importe, les gens étaient tellement groggy et dans une telle léthargie – ils le sont encore d’ailleurs – que toute manoeuvre politique, aussi grossière soit-elle, pouvait passer. On connait la suite. Des mois après, est-on en mesure de dire que la Tunisie a gagné au change, avec Chahed à la place de Essid ? Rien n’est moins sûr. On a même l’impression que les choses ont empiré, que le pays est encore plus difficile à administrer, que les citoyens sont plus rétifs à tout ordre social, à la nécessité de retourner au travail, de respecter les lois, que les clignotants des finances – notamment la dette publique, le déficit budgétaire, la balance commerciale – sont encore plus écarlates…

Mais pour pouvoir établir la responsabilité de Chahed dans cette déconfiture avancée de l’Etat, il aurait fallu qu’il eût toutes les cartes en main, ou à tout le moins que les formations politiques qui l’ont chaudement acclamé le jour de son investiture au Parlement lui eussent apporté un soutien franc et massif. Force est de constater que le patron de l’exécutif, jusqu’ici, n’a eu ni les unes, ni l’autre. C’est ce qu’il cherchait en convoquant les signataires du Pacte de Carthage, dernièrement, pour faire le point sur ses réalisations en 6 mois d’action gouvernementale. Le moins qu’on puisse dire est que les résultats qu’il escomptait ne sont pas au rendez-vous. En lieu et place c’est empoignades à volonté et crêpages de chignon dans la prétendue élite dirigeante. Usant pour les nerfs des citoyens et de celui qui a été désigné à la tête. Et avec les municipales qui se profilent, il n’est pas certain que la raison prévale dans les prochains mois. Pour le plus grand malheur de Chahed et de tous les Tunisiens…

Il reste, pour se battre, résolument?

Du démenti formel du départ imminent du locataire du palais de la Kasbah nous avons retenu ceci : Il n’a pas renoncé au combat, du moins selon les déclarations. Comme aussi n’a pas renoncé le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, qui n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour aller prêcher la bonne parole, que ce soit en Tunisie ou à l’étranger. Il l’a fait le mercredi 12 avril 2017 dans la soirée sur le plateau de Myriam Belkadhi, sur Al Hiwar Ettounsi, en déclarant que les pressions qui s’exercent sur le gouvernement sont tout à fait compréhensibles et que celui qui ne peut pas les endurer n’a qu’à rester cloitré chez lui. Le plus souvent quand Chahed et Abdelkefi parlent, ils trouvent des oreilles attentives. Ce fut par exemple le cas à la Conférence sur l’investissement. La Tunisie avait su se vendre à merveille. Le problème c’est que depuis elle a eu du mal à embrayer. Le projet de loi sur le plan quinquennal de développement vient à peine d’être voté, après des mois d’atermoiement ; la loi d’urgence économique, qui sommeille à l’ARP depuis septembre dernier, n’a pas encore eu ce bonheur, alors que, paradoxe suprême, les sous dont cette loi est censée organiser la dépense sont déjà en partie dans les caisses de la Tunisie !

Quand Chahed a été plébiscité par les siens et les autres à l’Assemblée des représentants du peuple, il avait enfiévré son auditoire, et les citoyens qui le regardaient à la télévision, avec un discours de haute facture et des engagements à la hauteur des besoins du pays. Son diagnostic a été infaillible et les remèdes qui vont avec également. Il avait mis la barre très haut, et on en avait souligné les dangers. Des mois après son état des lieux est toujours d’actualité, et on attend les solutions qu’il préconisait. Vous nous direz, certes, qu’en quelques mois on ne peut pas régler les problèmes qui n’ont pas pu l’être en plusieurs années. Soit, mais encore faut-il que les citoyens aient vraiment l’impression qu’au moins les chantiers sont sur les rails, à défaut d’avoir des résultats immédiatement. Or le bât blesse à ce niveau. Nous prendrons deux exemples, pour faire court. Chahed avait promis, le jour même de son investiture, qu’il ne tolérerait pas que les routes soient bloquées par des protestataires, pour quelque motif que ce soit. C’est exactement ce qui se passe actuellement à Tataouine, sans que les autorités ne lèvent le petit doigt. Ici, comme ce fut le cas avec Petrofac et d’innombrables autres sit-in, le gouvernement transige, négocie, flanche, pour finalement capituler. Idem pour la lutte contre la corruption, jusqu’à ce que le secrétaire général de l’UGTT, pourtant officiellement un allié (signataire du document de Carthage), monte au front pour tacler Chahed et les deux partis qui lui servent de soi-disant soutien, Nidaa Tounes et Ennahdha.

Une chose est sûre : Le pays attend encore son équipe de combat qu’on lui a promise le 27 août 2016. De la combativité, dans la durée, ce n’est pas une mince affaire, mais Youssef Chahed a pris les rênes du pays en toute connaissance de cause. Et puis ce n’est pas faute de l’avoir averti sur l’ampleur du travail. Alors maintenant que le jus est tiré, il faut le boire…

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