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Réformes

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Le Chef du gouvernement, Youssef Chahed a appelé, samedi, à la nécessité d’encourager l’initiative privée chez les jeunes entrepreneurs et diplômés de l’enseignement supérieur, soulignant l’engagement de le l’Etat à fournir le financement, l’accompagnement et les conditions favorables pour permettre la création de projets.
S’exprimant lors d’une rencontre avec les étudiants de l’Institut des hautes Etudes Commerciales (IHEC) de Carthage, Chahed a indiqué que la promotion de l’initiative privée figure parmi les priorités du gouvernement d’union nationale, ajoutant que la vision de son gouvernement pour les années à venir consiste à former une génération de leaders dans tous les domaines.
Il a, également, mis l’accent sur la nécessité de créer une nouvelle génération de politiciens et d’économistes et d’instaurer un cadre favorable afin de permettre aux jeunes qui ont mené la révolution de participer à la vie publique et au dialogue politique, économique et sociétal.
Chahed a, par ailleurs, jugé indispensable de repenser le rôle de l’Etat, un rôle, a-t-il dit, qui doit rester social à travers l’instauration d’un climat propice à l’investissement, la protection des catégories sociales et des secteurs stratégiques.
Il a, dans ce contexte, fait savoir que plusieurs secteurs n’ont pas réussi à atteindre le niveau de compétitivité du secteur privé, appelant à cet égard les Tunisiens au travail productif afin de faire face aux défis et de créer des richesses dans les régions.
Le chef du gouvernement a, par ailleurs, appelé la jeunesse tunisienne à être plus optimiste quant à l’avenir de la Tunisie qui malgré la conjoncture difficile, a-t-il dit, a réussi à accomplir des réalisations en matière de transition démocratique à l’instar de la promulgation d’une nouvelle constitution et du déroulement des élections législatives et présidentielles.
Il les a, dans ce contexte, appelé à participer aux élections municipales prévues fin 2017.
D’autre part, Chahed a indiqué que son gouvernement se penchera durant 2017 sur quatre grandes réformes qui concernent les caisses sociales, la fonction publique, le financement de l’économie nationale et la restructuration des entreprises publiques.

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Les deuxième et troisième tranches du prêt accordé à la Tunisie par le Fonds monétaire international (FMI) pourraient être débloquées à la fin du mois de mars 2017, a estimé, dimanche, la ministre des finances, Lamia Zribi.

 » Une délégation du FMI est attendue, en mars prochain à Tunis, pour discuter du processus de mise en œuvre des réformes « , a-t-elle confié à l’agence TAP.
A ce propos, elle a envisagé le déblocage de la deuxième et de la troisième tranches (estimées à 700 millions de dollars), au terme de cette visite.
Le Fonds monétaire international a validé en mai 2016, l’octroi d’un crédit de 2,9 milliards de dollars à la Tunisie.

La Tunisie a jusque-là obtenu 320 millions de dollars à titre de première tranche, alors que le reste du montant sera versé en plusieurs tranches en fonction de l’avancement de l’exécution du programme de réforme économique défini.
Selon Zribi,  » la deuxième tranche de ce crédit aurait dû être versée en décembre 2016 « .

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Le Nigeria, on le sait, trinque en ce moment avec une sévère récession, chose que le pays n’a pas connue depuis 25 ans, vivant grassement des recettes du pétrole exporté vers les quatre coins du monde. Ce même pétrole, qui pesait avant la fonte des cours 70% dans les revenus globaux et à peu près 90% dans les rentrées en devises, est la cause des tourments des Nigérians. Et pourtant c’est le même pays qui refuse la main tendue du Fonds monétaire international (FMI) pour sortir, un tant soit peu, la tête de l’eau. Certes pas un refus frontal ou catégorique, sait-on jamais, mais refus tout de même…

En effet la ministre nigériane des Finances, Kemi Adeosun, a affirmé que son pays n’a pas besoin de faire appel au FMI pour résorber son déficit budgétaire, 7 milliards $ en 2016. « Nous considérons le FMI comme une solution de dernier recours, notamment en cas de difficultés avec les balances de paiement. Et le Nigeria n’en a pas. Ce que nous avons maintenant, c’est plus un problème fiscal », a indiqué la ministre, rapporte l’Agence Ecofin. Elle a ajouté que le gouvernement s’active actuellement pour mettre sur les rails son plan de réformes économiques afin d’éviter le recours aux institutions financières internationales.

«Nous mettons en place autant de réformes que ce que le FMI nous aurait imposé dans le cadre d’un financement. Les Nigérians veulent être responsables de leur propre futur. Nous voulons concevoir notre plan de réformes par nous-mêmes», a déclaré Mme Adeosun dans une interview diffusée mardi 21 février 2017.

Par ailleurs elle a livré les principaux indicateurs de l’économie nigériane ; elle a fait état d’une bonne tenue des recettes non-pétrolières et de changements dans la batterie de réformes économiques pour s’assurer que les prêts de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement vont être utilisés de manière optimale afin de doper la croissance. La ministre  des Finances a précise que ce dispositif sera fin prêt ce mois de février.

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« Tous les ingrédients sont réunis pour que la dette publique dépasse 70% du PIB avant la fin de 2017 et aille au-delà en 2018 », c’est ce qu’a assuré l’expert économique, Radhi Meddeb dans son interview accordée au journal « La Presse » et parue dans son édition de ce mercredi 15 février 2017.

Il a par ailleurs indiqué qu’il est nécessaire de préparer sereinement, mais sans plus tarder, les conditions d’inversion de ce processus qui nous appauvrit et nous asservit, selon ses dires. « Seule une croissance forte pourrait nous y aider. Or, la croissance ne pourra s’installer et s’accélérer sans de multiples réformes structurelles et profondes. Nous n’y échapperons pas », a-t-il expliqué.

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Le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, s’est livré à un exercice de vérité sur le plateau de Sofiene Ben Hamida, sur Nessma TV, ce mardi 7 février 2017. Beaucoup de sujets, pour la plupart économiques, épineux pour certains, ont été passés au crible…

Pour commencer, Abdelkefi a déploré la vitesse avec laquelle plusieurs projets sont réalisés, qu’il a qualifiée de très lente. Il a illustré son propos par les 85 millions de dollars de dons que l’Arabie saoudite a, généreusement, accordé à la Tunisie. Sauf que le projet n’a toujours pas démarré. Même « les études n’ont pas encore été faites », a lâché le ministre, avant d’ajouter, dépité, visiblement excédé, que « la notion du temps n’existe pas dans ce pays ».

Ensuite il a jeté son dévolu sur les caisses de compensation, très gourmandes, trop même, en deniers publics ; cette année, 800 millions de dinars ont été décaissés pour résorber le déficit de ces fonds, a souligné Abdelkefi . « Jusqu’à quand ces caisses resteront déficitaires ? » a-t-il dit. Nous lui posons la question, en sachant que c’est lui qui est aux manettes, et que s’il n’a pas la réponse, et les décisions fortes qui vont avec, Africanmanger ne sait pas qui peut les avoir !

Quand on lui demande « pour l’avenir comment envisagez-vous le rôle de l’Etat ? », il rétorque « redéploiement de la puissance » publique. « L’Etat ne dispose pas de beaucoup de moyens et ne peut être partout ! Il doit, principalement, légiférer, mettre en place l’infrastructure et prélever les impôts. Il faut élaguer, faire place nette ! Il faut aussi que l’Etat sorte de certains secteurs où sa présence n’est pas nécessaire », a affirmé le ministre. Quels secteurs ? Se désengager, chiche, mais jusqu’à quel point ? Pour quels objectifs chiffrés ? Là encore, comme plus haut, ce qu’on attend de sa part, vu la fonction qu’il occupe, ce sont des réponses, et des décisions, si ce n’est pas trop demander…

Le ministre de l’Investissement a également « fait escale » sur le port en eaux profondes d’Enfidha, qui prend des allures de vieux serpent de mer. D’ailleurs Abdelkefi l’a reconnu. « Il faut réactualiser les études qui ont été faites. C’est un mégaprojet et c’est pour ça qu’il va prendre un peu de temps, car on n’a pas le droit à l’erreur », a-t-il argué.

S’agissant du développement régional, il a affirmé que des montants conséquents ont été décaissés, mais l’instabilité sociale, les problèmes fonciers et des obstacles administratifs sont un puissant frein, ce qui fait que seule une petite partie de ces sommes a été dépensée. Par exemple « sur les 1200 Millions de dinars qui ont débloqués pour la région de Sidi Bouzid, seuls 500 MD ont pu être utilisés. Ce qu’il faut comprendre c’est que l’investisseur a besoin que les routes ne soient pas coupées », a asséné le ministre. On aurait pu lui répliquer que pour cela, il faut que la puissance publique, dont il est un éminent représentant, fasse en sorte, puisqu’elle en a la force et le mandat, que les routes ne soient pas coupées, comme le chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’avait promis…

Par ailleurs le ministre a fait savoir que cette semaine, une rencontre a été organisée avec les partons des sociétés off-shore du gouvernorat de Bizerte. « Nous projetons de développer le port, pour augmenter son débit. Car les carnets de commandes de ces sociétés sont aujourd’hui pleins ». Une bonne nouvelle ! Il faut d’autant plus s’en délecter que les trains qui arrivent à l’heure sont rares en ce moment…

Le clou de la sortie du ministre c’est sans doute sa conclusion : il a déclaré, à la stupéfaction générale, qui en dit long sur l’état d’esprit qui prévaut au sein du gouvernement, que les réformes doivent être impulsées par le gouvernement et sous la supervision de son chef, Chahed. « Pour moi, ce n’est pas chaque ministre qui doit faire des réformes dans son ministère, de manière individuelle ».

S’il n’avait pas soulevé ce lièvre, on aurait cru que tout était calé à ne niveau et que ça passe comme le ministre le veut, comme c’est le cas dans tous les gouvernements dignes de ce nom dans le monde. Mais voilà, puisque Abdelkefi en fait état, et de cette manière, cela signifie qu’il y a un gros problème dans la maison Chahed et que la chose mérite qu’on s’arrête un moment.

On apprécie à sa juste valeur l’intervention du ministre, pour le paquet d’indices et d’informations qu’elle nous apporte sur la marche des affaires publiques ; il commence d’ailleurs à être coutumier du fait. Le seul hic c’est qu’il en parle comme s’il n’avait aucune responsabilité dans ces ratés et dysfonctionnements, alors qu’ils ont justement été désignés pour agir et corriger ce qui devait l’être. Vous nous direz que le chantier est colossal dans cette Tunisie post-révolutionnaire, où presque tout est à faire, ou à refaire, et que le ministre a raison de mettre tout le monde devant ses responsabilités. Mais cette façon qu’il a de pointer du doigt les choses qui vont de travers, avec ce détachement, est assez symptomatique de ce qui se passe actuellement dans le pays : Des incantations, des voeux pieux, quid des actions ? Rien, ou pas grand chose. Sauf que quand c’est un responsable de son calibre qui le dit, c’est tout simplement inacceptable.

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La Côte d’Ivoire, qui n’avait pas connu de poussée de fièvre majeure depuis la crise post-électorale de 2010-2011 et qui surfait jusque-là sur une croissance soutenue, commence à inquiéter. En effet à peine deux jours après la mutinerie des militaires dans plusieurs villes du pays, qui a rappelé de très mauvais souvenirs, les agents de la fonction publique haussent le ton en se lançant dans un mouvement de grève de 5 jours, rapporte Africanews.

Les raisons de la colère : Une réforme des retraites qui revoit drastiquement à la baisse les pensions de retraite, de 30 à 50 %. Les fonctionnaires exigent aussi une hausse des salaires. Le gouvernement, qui vient de démissionner pour laisser la place à un autre, suite à la victoire de la coalition au pouvoir aux dernières législatives, sera bien content de filer ces patates chaudes à la prochaine équipe. En attendant il devra trouver des solutions pour calmer la grogne qui monte, monte, dans un pays qui avait retrouvé sa stabilité et la prospérité.

Dans le détail, le gouvernement projette de faire passer l‘âge de la retraite de 55 à 65 ans pour les hautes fonctions. Les cotisations montent en conséquence, de 6 à 8,33 % du salaire, alors que les pensions fondent, selon les catégories.

Les syndicats sont montés au front, profitant de la brèche ouverte par le gouvernement ; 50 syndicats de la fonction publique exigent le ‘‘paiement des arriérés des revalorisations salariales d’un montant global de 243 milliards de francs CFA (soit 371 millions d’euros) », d’après l’AFP. Les protestataires mettent la pression en réclamant ‘‘des réponses immédiates’‘ à leurs doléances. En d’autres mots pas question de laisser le nouveau gouvernement s’installer tranquillement…

A noter que l’administration ivoirienne compte plus de 200.000 agents, selon les chiffres officiels.

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L’économiste Ezzedine Saidane, après avoir fait le bilan de 2016, sombre, comme vous pouvez l’imaginer, prédit une année 2017 aussi rude.
Dans un entretien avec l’Economiste Maghrébin, paru hier vendredi 30 décembre, Saidane a affirmé que le remboursement de la dette publique va continuer à grever les finances du pays.
Il a souligné que les autorités en reportant à 2018 une partie des ennuis de 2017 n’ont fait que différer le problème, qu’il faudra tôt ou tard affronter. L’économiste fait allusion à la hausse des salaires dans la fonction publique, qui était programmée en 2017 et qui a été finalement ajournée jusqu’à 2018. «Un problème reporté dans le temps n’est pas un problème résolu», lâche-t-il.

Mais pour Saidane il est possible d’entrevoir le bout du tunnel si le gouvernement consent à prendre les décisions courageuses pour corriger des années de mauvaise gestion de l’économie tunisienne et des finances publiques – depuis 2011. «Il nous reste encore, peut-être, une petite fenêtre de quelques mois pour engager une véritable opération de sauvetage et assurer le retour de l’économie à ses trois fonctions essentielles, telles que la croissance, la création d’emplois et la création de richesse additionnelle », a-t-il déclaré. Mais cela dépend de trois chantiers : Un débat général pour s’accorder sur le vrai diagnostic, l’élaboration d’un plan de sauvetage de l’économie nationale – un plan d’ajustement structurel rigoureux et global – et l’exécution de cette stratégie sur 18 à 24 mois, en lançant les grandes réformes.

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Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Consulting, qui aide le gouvernement tunisien à peaufiner ses orientations stratégiques et qui a participé à la Conférence internationale sur l’investissement, a confié à Jeune Afrique son sentiment sur les enjeux actuels et le devenir de la Tunisie. « Les gouvernements étrangers, les bailleurs de fonds et les instances internationales étaient là et ont accompagné leur présence d’annonces. Maintenant, il faut agir. Les opérateurs internationaux et tunisiens disent très clairement que le temps de l’action est venu. De par leurs déclarations, les responsables politiques semblent avoir pris conscience de cet impératif. La vraie question, finalement, n’est ni le financement, puisqu’il est là, ni la capacité d’agir, puisqu’elle existe, mais les choix à opérer ; car choisir, c’est renoncer », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Il va falloir mettre en œuvre un certain nombre de programmes, mais on ne pourra évidemment pas construire quatre ou cinq ports en eau profonde ni créer des plateaux logistiques partout, même s’il est primordial de s’occuper des régions. Il y aura forcément plus d’agricole que de numérique ou d’industriel, selon les zones. Un panachage dont doit émerger un équilibre, sachant que le gouvernement tunisien et tous les investisseurs ont des obligations de résultat à court et à moyen terme (…). Mais la productivité est trop basse. Il suffirait de pas grand-chose pour que le ratio coût global du travail-efficacité devienne très performant par rapport à certains pays concurrents, comme le Maroc, où la surenchère sociale constitue un risque pour les entreprises puisqu’elles sont contraintes de se disputer des collaborateurs qualifiés, alors que le vivier de compétences tunisien est très fourni et assorti d’un coût raisonnable. Il y a là une fenêtre d’opportunité essentielle pour la Tunisie, notamment dans l’industrie automobile et aéronautique ».

Enfin M. Bonnenfant a indiqué : « Si le Maghreb intégré voyait le jour, il constituerait une plateforme à fort potentiel pour ses citoyens. Il faudrait que les pays concernés évaluent les coûts de ce non-Maghreb et les pertes phénoménales qu’il induit. Comparaison n’est pas raison, mais la Tunisie, à partir de la démocratie qui se met en place, pourrait devenir la Suisse du Maghreb et jouer un rôle de passerelle pour un bassin de 90 millions d’habitants. Les prémices d’une telle destinée sont là, en germe ».

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La Tunisie, pays de paradoxes devant l’Eternel, nous en sort un autre en ce moment, bien criant d’ailleurs : L’état désastreux de l’Education nationale, avec la descente aux enfers du niveau général des élèves et, à contrario, la côte de popularité insolente du patron du département, Néji Jalloul. Depuis qu’il est en fonction, les sondages se suivent et se ressemblent pour Jalloul, à quelques éléments près. Il reste la personnalité politique préférée des Tunisiens, quoi que fassent les autres pour rivaliser avec lui. Il se porte comme un charme, alors que, étrangement, il est entouré par un champ de ruines ! Son secteur, malgré les sous que l’Etat y verse (c’est le poste de dépense le plus important pour l’Etat, avec un budget de 4,525 Milliards de dinars, en hausse de 18% par rapport à 2015. Comme quoi c’est pas toujours une affaire d’argent), est en lambeaux, épinglé par tous les classements internationaux de ces dernières années. Mais les citoyens ne lui en veulent pas ! Il a du bol Jalloul…

Même la Représentante de l’UNICEF en Tunisie, dans la droite ligne des experts, observateurs et parents d’élèves, y est allée de son alerte, hier jeudi 08 décembre au Musée du Bardo, à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de l’organisation onusienne. “Je veux adresser un message d’espoir aux enfants tunisiens et leur dire qu’il ne faut pas abandonner l’école. Vous devez persévérer », a-t-elle déclaré. Notre fringuant ministre de l’Education a embrayé en mettant le curseur sur la nécessité de restituer l’école aux petits, dont la parole est, selon lui, et il a sans doute raison, confisquée par des parents omniprésents et envahissants. “C’est souvent les adultes qui parlent à la place des enfants (…). Notre école est plus conçue pour les adultes. C’est une école déprimante qui produit à long terme des adultes déprimés qui aiment la guerre”. C’est dit. Pas sûr qu’il soit entendu, car à chaque fois que le personnel de l’Education bat le pavé, notamment les enseignants, c’est pour des revendications exclusivement matérielles, jamais pour ameuter l’opinion publique sur la dégradation avancée du niveau des écoliers, pour plaider la cause des moyens didactiques, du contenu programmatique, de l’état des établissements, etc. Ils ne râlent que pour les sous. Point barre. C’est l’alpha et l’oméga de toues les vociférations des profs. Et des autres corporations d’ailleurs…

Pas sûr également que le ministre soit entendu quand il claironne qu’il faut donner plus de temps aux activités de divertissement pour que les élèves aient une meilleure mine. En effet on peut difficilement attendre cela d’un département dont 97% de l’énorme budget est affecté aux salaires. Si ce n’est pas un record mondial en la matière, on s’en approche, sans que cela ne trouble outre mesure les citoyens, qui se soucient de tout sauf de ces questions de divertissement pour leurs gosses, aux allures de préoccupations purement philosophiques. Quand les parents d’élèves font le pied de grue devant les établissements scolaires, c’est pour alpaguer le prof sur les résultats, ou plutôt les notes. C’est même devenu obsessionnel, chacun ayant déjà une idée très claire de ce qu’il veut faire de son gamin : Une tête bien pleine, auréolée de gloire au primaire, avant d’être parachuté dans un très bon lycée, pour enfin atterrir dans une excellente université, de préférence à l’étranger. Toutes les autres considérations passent au second plan, si jamais elles existent d’ailleurs…

En attendant l’école se meurt

Il n’y a pas de doute là-dessus, et c’est pour ça qu’il est plébiscité par les citoyens : Jalloul a du talent, une faconde inouïe, du bagout, un aplomb rarement vu, lesquels d’ailleurs lui ont permis de mettre dans sa poche ses « ennemis » d’hier, les islamistes, grâce à quelques pirouettes dont il a le secret. Certains de ses amis parlent de reniements, de revirements et même de trahison de ses principes. Mais peu importe, là n’est pas notre propos aujourd’hui, le fait est que la mayonnaise Jalloul a pris, notamment ses idées. Il en a beaucoup. A tel point que ses réformes vont dans toutes les directions – certains diront partent dans tous les sens -, agitent, bousculent… et commencent à déranger. Il fallait s’y attendre. Les enseignants qui l’ont un temps suivi, et même adoubé, freinent des quatre fers à présent. Ils ont le tournis à cause de la cadence des réformes, et accusent maintenant le ministre de les conduire seul, sans les concertations d’usage. Mais il y a beaucoup de mauvaise foi dans cette posture, le fait est qu’ils ont du mal à suivre le rythme de l’inépuisable Jalloul. Déjà que les profs n’ont toujours pas digéré la croisade du ministre contre les cours sups dans les garages et les arrière-cours, maintenant il a décidé de chambouler tout le calendrier scolaire. C’en est trop pour des enseignants qui étaient plutôt habitués à faire la loi, à dicter le tempo, un tempo lent, poussif, pataud et qui a mené aux dégâts que l’on sait dans la qualité de l’enseignement. Alors les profs arrêtent de collaborer dans la réforme du système, renâclent et demandent la tête du ministre qui les martyrise tant…

Mais ce sont eux qui martyrisent nos enfants. Le classement PISA, où la Tunisie est dans les bas fonds, en est la parfaite illustration. Le drame de l’Education nationale a commencé il y a un paquet d’années, il faudra au moins autant de temps pour apporter les correctifs et remonter la pente, à condition que les réformes entreprises aillent à leur terme et qu’on ne se réveille pas un jour en entendant que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a plié face aux exigences folles des enseignants en leur offrant la tête du ministre sur un plateau…

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La Commission européenne n’a pas tardé à concrétiser ses promesses de soutien à la Tunisie lors de la Conférence internationale sur l’investissement et lors de la visite du président tunisien, Béji Caid Essebsi, à Bruxelles. En effet la CE a décidé de dégager une enveloppe de 213,5 millions d’euros pour financer des réformes et l’infrastructure sociale en Tunisie.

« Le programme d’action que nous adoptons pour 2016 témoigne de notre volonté de contribuer immédiatement à l’amélioration des conditions de vie du peuple tunisien. Cette année, nos efforts se concentreront principalement sur les infrastructures sociales, les normes de services de base dans les régions et les quartiers les plus défavorisés, ainsi que le soutien aux réformes dans l’administration publique et le secteur de l’éducation », a déclaré Johannes Hahn, commissaire à la politique européenne de voisinage et aux négociations d’élargissement, qui était à « Tunisia 2020 ».

Le pactole sera affecté à quatre programmes :

1) La modernisation de l’administration et des entreprises publiques et le Plan de développement 2016-2020 (73,5 millions d’euros)
2) L’éducation, la mobilité, la recherche et l’innovation (60 millions d’euros)
3) L’initiative pilote sur le développement local intégré (60 millions d’euros)
4) Le secteur de la santé (20 millions d’euros).

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La nouvelle stratégie du développement et de la gouvernance des établissements et entreprises publics sera élaborée d’ici le premier trimestre de 2017. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Fonction Publique et de la Gouvernance, Abid Briki.

Cette nouvelle stratégie abordera plusieurs questions, a ajouté le ministre lors d’une rencontre nationale organisée ce lundi 21 novembre 2016, sur ladite stratégie.

Parmi ces questions, il a mis l’accent sur le financement, la gouvernance, les ressources humaines, le dialogue social et son rapport avec ces établissements publics ainsi que l’évaluation du processus de privatisation. Pour le ministre, il s’agit d’une première expérience dans l’histoire de la Tunisie, car le gouvernement procèdera à l’évaluation du processus de privatisation ayant ciblé certaines entreprises publiques.

Des établissements en détérioration…

Une démarche importante face à la multiplicité des défis rencontrés par la majorité des établissements publics tunisiens, à commencer par la chute de la production contre           l’explosion du volume des salaires et l’évolution du cout de la production, sans oublier le climat social marqué par la montée de la grogne sociale.

Le constat : une détérioration de plusieurs établissements en termes de résultats nets, de rentabilité et d’investissements. Chiffre à l’appui, les résultats nets des établissements publics ont considérablement chuté passant de 1176,4 millions dinars en 2010 à -1120.6 millions de dinars en 2013, ce qui correspond à une baisse de 195.2%.

Quant à l’investissement, le flux a atteint 2707,4 millions dinars en 2013 contre 3391,7 millions de dinars en 2011, soit une régression de 20.2%.

Sur 104 établissements, 44 ont enregistré depuis leur création et jusqu’à 2010, des pertes cumulées estimées à 4240.7 millions de dinars, soit une hausse de 125.4%.

Des indices qui clignotent au rouge et exigent une restructuration pour ces établissements dont une grande partie fait face à un déficit structurel, alors que le volume des salaires des établissements publics tunisiens ne cesse de croitre pour atteindre des chiffres préoccupants, passant de 2581.1 millions de dinars en 2010 à 3406,7 millions de dinars en 2013, soit une hausse de 32%.

En effet, le taux moyen annuel de cette augmentation a atteint 10% entre 2010 et 2013 contre 6.1% durant la période 2006-2010. D’ailleurs, il a affiché des niveaux record chez certains établissements, dépassant ainsi 50%. On cite également la société Tunisie autoroute (+133.8%), la STIR (+97,6%) et la CPG (+81.2%).

Pour rappel, la Tunisie compte 104 établissements publics jusqu’à la fin de 2014 et ils sont actifs dans 21 secteurs.

Vision sociétale…

Mais comment diagnostiquer nos entreprises publiques ? L’examen de ce processus passe par une démarche participative, a répondu Abid Briki.

« On ne va plus élaborer des projets de réforme dans des bureaux fermés », a assuré le ministre, annonçant l’implication de tous les intervenants et les différentes composantes de la société civile.

Une telle action permettrait certainement d’examiner l’État des lieux de la fonction publique tunisienne, surtout dans ce contexte économique marqué par l’évolution des exigences qui ont remis au centre du débat public le thème de la réforme de l’Etat. De ce point de vue, il y a eu de nombreuses réformes récentes, telles que la stratégie nationale de modernisation de l’administration.

Les entreprises publiques sont appelées à s’ouvrir davantage

Côté gouvernemental, cette action est fortement soutenue, surtout qu’elle vise à relever le taux de croissance économique, à fixer les rôles et les responsabilités en mettant en place des mécanismes d’engagement, outre la concrétisation des dispositions de la Constitution en matière d’administration publique.

Pour y parvenir, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a déclaré que les entreprises publiques sont appelées à s’ouvrir davantage sur leur environnement.

Selon lui, cette ouverture permettrait non seulement de promouvoir le partenariat entre les secteurs public et privé, mais aussi de conduire à la mise en place d’une approche participative basée sur la complémentarité et le partage des risques et des responsabilités de manière à booster les investissements publics tout en améliorant la compétitivité.

Ce sont, selon Chahed, les vrais remèdes aux déséquilibres budgétaires et financiers du pays. D’après les estimations, le déficit budgétaire oscillera entre 2.500 et 2.900 millions de dinars tunisiens (MDT) à la fin de l’année 2016…

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Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, Abid Briki, a reconnu que l’administration demeure un obstacle à l’investissement. C’est pourquoi une consultation nationale sur la réforme de la fonction publique sera lancée ce 10 octobre. Cette dernière traitera plusieurs dossiers dont notamment la reconversion des fonctionnaires dans la fonction publique et l’importance de faire bénéficier aux fonctionnaires de haut niveau des promotions, de leur faire passer des concours sans oublier la réaffectation des employés selon les besoins de chaque établissement.

Le ministre a par ailleurs justifié le report à 2019 des augmentations salariales par la réforme fiscale dont les répercussions financières seront positives sur les salaires des agents à moyen et faible revenu, on pourrait même avoir 42DT de plus. Interview :

La commission dite 4+4  s’est réunie. Pouvez-vous nous donner des éclaircissements sur les sujets traités ?

Au début, il est important de mettre l’accent sur le rôle de ladite commission qui œuvre à trouver une issue pour l’ensemble des problèmes, déjà en suspens.

C’est une démarche cruciale afin de faciliter les négociations relatives aux questions importantes étant donné qu’on est toujours face à plusieurs difficultés dans certains secteurs.

Parmi les sujets évoqués, on cite également la situation de la Société Tunisienne des Industries de Pneumatiques (STIP), qui est en train de provoquer un climat de tension sociale dans le gouvernorat de Sousse.

A ce niveau, on a bien étudié les moyens juridiques dans le but de trouver une solution à cette crise.

D’ailleurs, le management de la STIP sera convoqué pour être placé devant le choix suivant : soit il réinvestit les 180 millions de dinars de dettes auprès des banques pour remettre sur pied l’entreprise, soit l’Etat s’approprie ce montant auquel cas la direction actuelle ne tiendra plus les rênes de l’entreprise.

D’autres sujets ont fait aussi l’objet de discussions dont notamment les accords signés au niveau de la formation professionnelle ou encore au niveau des délégations. A ce stade, je me permets d’annoncer qu’un compromis a été trouvé dans ce processus.

C’est important car on ne pourra jamais mettre en place les grandes réformes si on n’arrive pas à créer un climat social capable de relever ces défis.

Et pour le report de la majoration salariale ?

On n’a pas évoqué cette question, qui a été reportée à la séance du lundi 10 octobre 2016. Cette rencontre sera marquée par la présence de représentants du gouvernement et les membres du bureau exécutif de l’UGTT

Votre position par rapport au report à 2019 des majorations salariales prévues en 2017, alors que la centrale syndicale l’a rejetée ?

Avant tout, il faut évoquer le cadre dans lequel cette proposition a été recommandée. On était arrivé au pouvoir à un moment où le citoyen a perdu confiance dans le discours politique.

Partant de ce constat, on a voulu regagner la confiance de nos citoyens à travers l’adoption du concept de réconciliation et à travers la publication des chiffres qui mettent en évidence la situation « catastrophique» du pays.

Consacrant ce principe, les contacts ont été multipliés avec les partenaires sociaux quant à la gravité de la situation. Plusieurs mesures ont été prises sous forme de « propositions » et qui sont élaborées dans le projet de loi de finances 2017. Parmi elles le report des augmentations salariales jusqu’en 2019.

Mais quel sera l’avenir des négociations sociales, surtout que l’UGTT a dit non à cette proposition ?

Le gouvernement d’union nationale a certes réussi à améliorer sa position dans les négociations sur le plan politique, mais il nous reste le volet social.

Le rôle du gouvernement à ce stade est d’être capable de prendre des mesures consensuelles pour sauver le pays et ce, à travers les « sacrifices ».

Mais comment ?

C’est à travers les concertations et la proposition de reporter les augmentations salariales jusqu’en 2019. Il s’agit déjà d’un accord signé avec la centrale syndicale

Outre cette suggestion, le gouvernement a recommandé une réforme fiscale. A ce niveau je vous assure que les répercussions financières d’une telle réforme sur les salaires des agents à moyen et faible revenu seront positives, elles pourraient même atteindre 42DT.

Cette démarche est importante, surtout qu’elle concernera environ 2,5 millions d’individus.

Si on arrive à améliorer notre taux de croissance, on entamera certainement les négociations sur la base d’une distribution équitable de la richesse;

Quelle évaluation faites-vous de la situation de l’administration tunisienne ?

L’administration tunisienne se trouve dans une situation de plus en plus en détérioration. Elle demeure par conséquent un obstacle à l’investissement à cause d’un certain ralentissement observé depuis des années. De même, elle est en train de fournir des prestations en deçà des attentes des citoyens.

Donc, il est temps de prendre des mesures adéquates pour améliorer les services de notre administration tout en instaurant un climat de confiance entre les citoyens et les établissements publics.

Votre plan pour entamer ce vaste chantier ?

Le 10 octobre 2016, on lance une consultation nationale sur la réforme de la fonction publique.

On est déterminé à atteindre cet objectif, surtout qu’elle vient consacrer l’approche participative. D’ailleurs, les secrétaires généraux des gouvernorats et des municipalités ainsi que les directeurs des ressources humaines des différents départements prendront part à cet événement incontournable.

Cette consultation traitera plusieurs dossiers dont notamment la reconversion des fonctionnaires dans la fonction publique. Ajoutons à cela l’importance de faire bénéficier aux fonctionnaires de haut niveau des promotions, de leur faire passer des concours sans oublier la réaffectation des employés selon les besoins de chaque établissement.

Il est à noter que cette consultation devrait aboutir à la définition des principaux axes de la réforme administrative dans la fonction publique.

Dans la même optique, vous avez reconnu l’existence de 130 mille agents, dans la fonction publique, qui n’accomplissent aucune tâche claire. Comment allez-vous réagir face à ce problème ?

On vient d’élaborer une stratégie pour résoudre cette problème. Ces agents qui ont été recrutés dans le cadre de l’amnistie générale ou encore du mécanisme 16, etc., seront réaffectés à la lumière d’une étude sur les besoins des administrations.

A titre d’exemple, on va tirer profit de cet effectif absurde des fonctionnaires pour la promotion des secteurs de services dont certains ont besoin de main d’œuvre.

De toute façon, on ne pourra jamais améliorer le taux de croissance sans mettre en place les réformes administratives accélérant le travail administratif et sans instaurer aussi un climat privilégiant la transparence, la reddition des comptes et la bonne gouvernance.

Dans le même sens, avez-vous des chiffres exacts sur le nombre de recrutés ayant bénéficié de l’amnistie générale et le cout de leur indemnisation ?

Selon les estimations, le nombre est estimé à environ 9000. Pour leur indemnisation, il faut contacter le ministère des Finances.

La corruption a pris de l’ampleur. Avez-vous élaboré une stratégie adéquate ou défini des mécanismes de contrôle pour éradiquer ce phénomène ?

C’est l’une des priorités du gouvernement en place? qui ne ménagera aucun effort pour circonscrire la corruption et poursuivre les corrompus.

A cet égard, on est en train de collecter les dossiers qui seront par la suite transmis à la justice et des mesures adéquates seront prises à l’encontre des fraudeurs.

Certaines organisations évoquent une explosion sociale imminente si des correctifs ne sont pas apportés. Qu’en pensez-vous ?

L’explosion sociale pourrait se produire si on ne prend pas conscience de la dangerosité de la situation. A  ce niveau, les premiers bénéficiaires de cette situation seraient certainement les organisations terroristes. Car l’armée serait dans pareille condition obligée de protéger les établissements publics, ce qui causerait une ouverture des frontières et par la suite une entrée massive des « daechiens ».

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L’ancienne secrétaire d’Etat américaine

Les observateurs le pressentaient : L’ancien président Bill Clinton pourrait être un boulet pour sa femme, Hillary Clinton, qui justement convoite le fauteuil qu’il a occupé pendant 8 ans. En effet Bill pourra difficilement s’abstenir de marcher sur les plates bandes de Hillary, du fait même de son encombrant capital d’expérience à la Maison Blanche. Mais on ne s’imaginait pas qu’il allait être un problème pour sa femme si tôt, à ce stade de la course à la présidentielle ! L’ancien président a mis sa femme dans de beaux draps en qualifiant de « fou » le système de santé que Barack Obama a eu tant de mal à mettre sur pied. Les républicains, qui n’en demandaient pas tant, ont tout de suite embrayé pour se gausser des bisbilles dans le camp démocrate. Sacré Bill Clinton…

Le souci avec l’ancien président, c’est qu’il ne se gêne pas, depuis qu’il n’est plus aux affaires, de dire tout haut ce qu’il pense. Cette habitude, dont raffolent la presse et les commentateurs, avait semé des embuches sur la route de sa femme en 2018 quand elle candidatait aux primaires de 2008. Bill a remis ça lors d’un meeting à Flint, dans le Michigan. Il s’est pris les pieds dans le tapis en tentant une explication des plus touffues sur les ratés du dispositif complexe de couverture maladie américain, qui est un mixage entre des assurances privées et publiques. Mais en pratique, la réforme d’Obama, votée par le Congrès en 2010, a permis à des millions de citoyens de bénéficier d’une couverture maladie subventionnée. Mais il y a l’effet pervers : Certains auto-entrepreneurs ou chefs de petites entreprises, des Américains dont les revenus ne permettent pas de faire valoir leur droit à des aides ont vu le prix des assurances privées s’envoler.

« Nous avons donc un système fou où 25 millions de personnes supplémentaires sont assurées, mais ceux qui se démènent et travaillent 60 heures par semaine finissent par payer deux fois plus qu’avant, avec une couverture divisée par deux », a lâché Bill Clinton. « C’est la chose la plus folle du monde », a-t-il ajouté. Pour mettre en valeur le dispositif proposé par sa femme, en comparaison avec le truc « fou » d’Obama, l’ancien président a déclaré qu’avec Hillary, plus d’Américains seront intégrés aux systèmes publics de couverture maladie Medicare ou Medicaid, qui présentent l’avantage d’être abordables mais sont strictement réservés aux citoyens de plus de 65 ans et aux plus pauvres. Bref, pour vanter les mérites du programme de son épouse, Bill a déshabillé Pierre – Barack Obama – pour habiller Marie – Hillary Clinton.

« Le modèle d’assurance ne fonctionne pas », a asséné Bill Clinton. Propos tombés illico dans l’oreille du candidat républicain Donald Trump et son camp, qui font des pieds et des mains depuis six ans pour torpiller la réforme d’Obama, adoptée en 2010. Trump, lors d’un déplacement à Prescott Valley, dans l’Arizona, a déclaré à ce propos ceci : « Il a dit que c’était la chose la plus folle du monde, c’est une citation exacte (…). Je parie qu’il a dû passer une mauvaise soirée hier (…). Mais honnêtement, il a passé beaucoup de mauvaises soirées avec Hillary (…). Je veux le remercier d’avoir été honnête ».

Questionnée hier mardi sur cette polémique qui enfle, Hillary Clinton a rétorqué aux journalistes: « J’ai déjà dit que nous devions améliorer ce qui ne fonctionne pas et conserver ce qui fonctionne (…). Nous ferons des améliorations. Ce ne sera pas facile, mais ce sera beaucoup mieux que de recommencer à zéro, ce qui malheureusement est ce que les républicains veulent faire ».

Une chose est certaine : Bill sera désormais surveillé comme du lait sur le feu par le staff de la candidate démocrate…

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Plus de 140 mille postes d’emploi vacants existent actuellement dans les sociétés et entreprises tunisiennes, dont 13 700 pour les techniciens et ingénieurs et pour lesquels on n’a visiblement pas de candidats qualifiés. C’est ce qui ressort du deuxième rapport sur l’emploi..
Un chiffre important qui atteindrait les 270 mille postes d’ici 2018 et démontre une forte inadéquation entre la formation universitaire et les offres sur le marché d’emploi, entre les compétences requises et les qualifications existantes, a relevé le même document.
Vers une importante réforme 

C’est un souci majeur pour le nouveau gouvernement, qui n’épargne aucun effort pour combler cette lacune et contribuer davantage à la réduction du chômage, qui a atteint des taux préoccupants.
Au nom du gouvernement, Saida Ouinissi, secrétaire d’Etat chargée de la Formation professionnelle et de l’Initiative privée, s’est dit capable de relever ces défis.
Comment ? En s’orientant vers un partenariat solide avec les régions, a répondu la responsable lors d’un point de presse organisé aujourd’hui à l’occasion de la présentation du rapport national sur l’emploi.
« On doit être plus proche de nos régions pour qu’on puisse comprendre leurs besoins et par la suite trouver les solutions déterminantes permettant d’absorber l’épineux problème du chômage », a-t-elle indiqué avant d’ajouter que « ce gouvernement a choisi la voie des réformes dans le sens d’une meilleure adéquation entre éducation, formation et emploi ».
Ce projet, a t-elle précisé, se base essentiellement sur trois principaux facteurs, à commencer par la nécessité d’adapter l’offre aux demandes régionales et aux secteurs économiques au niveau de ces zones.
Le deuxième facteur réside dans l’importance de la passerelle qui pourrait exister entre l’éducation nationale et la formation professionnelle, tout en construisant ce lien manquant entre les différents secteurs.
Le dernier volet est bien évidement lié à la communication, qui ne doit pas être un simple artifice, mais une action concrète capable de relever ce défi. « Ce genre de bataille culturelle nous oblige à investir de façon importante dans la pédagogie qui doit être faite par les pouvoirs publics sur le sens et la mission de la formation professionnelle », a-t-elle estimé.
Ce projet de réforme vient à un moment où le gouvernement a annoncé la création du contrat dignité. Un contrat rémunéré 600 dinars qui encourage les entreprises à embaucher des jeunes diplômés. Durant deux ans l’Etat, paiera 400 dinars tandis que l’employeur lui se contentera de décaisser 200 dinars.
Il y a du boulot!
Les efforts sont certes louables, mais beaucoup reste à faire.
Le rapport national sur l’emploi recommande plusieurs actions dont notamment l’encouragement de la mobilité de la main d’oeuvre à travers l’amélioration des conditions de travail difficiles des employés dans les secteurs fortement demandeurs, tout en développant l’information.
Outre ces actions, les participants à cet événement ont jugé utile d’associer à la mobilité les conditions requises, à savoir l’infrastructure et des installations convenables.
Pour les participants, la réalisation de cet objectif passera par un travail complémentaire au niveau des PMEs tunisiennes, qui sont censées offrir le maximum d’emplois dans l’ensemble.
Un des débatteurs a pointé du doigt le problème de visibilité, mais aussi la situation de nos entreprises qui sont mal-organisées. Pour y remédier, il a proposé la mise en place d’un dispositif qui doit être envisagé dans le cadre d’une logique globale de développement économique.
Parmi les autres recommandations, il a suggéré le renforcement du rôle des organismes d’appui dont le système financier. « C’est important dans la mesure où nos entreprises sont capables d’offrir un gisement  important d’emplois », a-t-il estimé.

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Dans le cadre du suivi de l’état de la coopération financière et technique avec les institutions financières internationales et régionales, Mohamed Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, a eu ce matin une réunion avec Eileen MURRAY, représentante résidente de la Banque Mondiale en Tunisie, indique un communiqué.

L’entretien a permis de passer en revue le programme de coopération pour les cinq ans à venir, ainsi que celui pour l’année 2017 qui consiste en particulier, en l’appui à la modernisation du secteur financier, l’appui à l’emploi des populations vulnérables, le soutien au secteur agrico-forestier et aux chaînes de valeurs et autres domaines.

Concernant l’avancement des préparatifs de la Conférence Internationale sur l’Investissement, le ministre a souligné que les efforts doivent se concentrer sur l’image de la Tunisie comme site d’opportunités économiques et sur la mobilisation des grandes firmes à forts potentiels d’investissement, outre la présence politique de haut niveau.

Le Ministre du Développement a, par la même occasion, passé en revue l’état d’avancement des réformes économiques notamment celle du code d’investissement qui passera dans les jours qui viennent devant l’ARP, insistant sur l’importance d’alléger son contenu dans les décrets d’application afin qu’il soit attractif et encourageant.

MURRAY, a réaffirmé la disposition et la volonté de la Banque Mondiale de continuer son appui aux réformes et aux projets d’investissements  publiques permettant le maximum d’impacts sur la relance économique et la croissance.

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Au moment où la Tunisie est confrontée à de très sérieuses difficultés, le secteur de l’huile d’olive affiche la grande forme. En effet, la Tunisie est capable de réaliser de meilleurs résultats et de se positionner durablement comme 2ème producteur mondial d’huile d’olive, mais à condition…

« Il faut une révision des législations relatives aux systèmes de la production, de transformation, de conditionnement et d’exportation de ce produit vital », a estimé la Chambre syndicale des exportateurs d’huile d’olive par la voix de son président, Abdessalem Loued. Pour ce professionnel, une forte volonté et une large prise de conscience de la valeur de ce secteur vital demeurent utiles en vue de contribuer davantage à la relance économique, mais aussi de réaliser un rendement meilleur après la performance enregistrée en 2015.

Une performance qui a permis à la Tunisie de se hisser à la deuxième place mondiale des pays producteurs avec une production de l’ordre de 350 mille tonnes générant ainsi un revenu en devises de 2000 millions de dinars. Avec ces chiffres, la Tunisie a devancé l’Italie, qui a exporté 208 mille tonnes et l’Espagne, qui a occupé la troisième place des pays exportateurs avec 185 mille tonnes.

Une liste de doléances…

Malgré ces prouesses, Abdessalem Loued pense qu’il reste encore du travail à faire, surtout en cette période de crise où notre pays est en quête de nouveaux marchés et de nouvelles ressources extérieures.

« L’enjeu est d’assurer le meilleur positionnement en offrant un produit de qualité», a souligné le responsable lors d’une interview accordée ce mardi 9 aout 2016 à Africanmanager.

Pour lui, cela reste tributaire d’une réforme du rôle du Fonds de Promotion de l’Huile d’Olive Conditionnée (Foprohoc). « On doit réviser l’organisation et les actions de ce fonds. Cela doit suivre l’évolution des sociétés et des conditionneurs », a-t-il précisé.

Au nom de l’ensemble des exportateurs, Abdessalem Loued a exigé la création d’une structure permanente indépendante pour encadrer les exportateurs d’huile d’olive et pour assurer la gestion du fonds en question.

« Il faut créer une entité indépendante, chargée de piloter le Fopohoc, qui sera mise sous la tutelle du ministère », a martelé notre interviewé, pointant du doigt l’intervention « limitée » de ce fonds dans ce domaine stratégique.

«  Depuis sa création, en 2005, le Fonds de promotion de l’huile d’olive  conditionnée a certes soutenu les efforts des exportateurs et facilité efficacement l’accès aux marchés étrangers, mais voilà, il ne peut pas faire plus alors que les besoins des entreprises exportatrices et le volume de l’exportation d’huile d’olive conditionnée continuent d’augmenter  », a-t-il lâché.

Comme justification, il a fait savoir que ce fonds entièrement financé par les exportateurs, qui lui consacrant 0,5% de leurs revenus, n’a dépensé que 1.5 millions de dinars alors que les ressources en 2015 ont pu atteindre les 10 millions de dinars. « C’est vraiment illogique, surtout qu’il s’agit d’un secteur prometteur où les sociétés exportatrices ont besoin de plusieurs actions pour pouvoir réussir et mieux répondre aux exigences de nos clients étrangers », a-t-il déploré.

Les enjeux sont clairs pour Abdessalem Loued : Il y a la nécessité d’une coordination administrative et d’une réforme de ce fonds pour rendre plus efficace la production et l’exportation de l’huile d’olive. Une production qui exige aussi une meilleure adaptation de l’exportation. Pour ce faire, a encore indiqué Loued, la mise en place d’un programme spécifique demeure utile pour améliorer la productivité.

Pour mieux gagner ce challenge, le responsable a suggéré l’implantation de 10 millions d’arbres par an durant les dix prochaines années.

Parmi les autres recommandations, il a proposé la révision des procédures de contrôle technique à travers l’instauration de l’autocontrôle et du contrôle après l’exportation, en plus de la révision de certaines conventions signées auparavant avec plusieurs pays de l’Union Européenne tels que la Suisse. Il a aussi proposé de travailler sur de nouveaux accords (contingents) avec d’autres pays consommateurs comme la Russie, la Chine, etc. C’est important dans la mesure où plusieurs conventions ne sont pas encore entrées en vigueur. C’est le cas de la Suisse.

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Une activité économique anémique,  un emploi faible et  des déséquilibres extérieurs élevés. Pour le Fonds monétaire international, la Tunisie demeure ce pays dont il faut soutenir la vision économique d’une croissance dont les bienfaits sont mieux partagés. L’approbation tout récemment d’un prêt de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans  s’inscrit dans cette trajectoire.

Plus explicite encore, le chef de mission du FMI pour la Tunisie, Amine Mati pose un diagnostic où se côtoient  une composition des dépenses détériorée, des déséquilibres extérieurs élevés, un dinar toujours surévalué, des banques fragiles et des  réformes du climat des affaires encore lentes.

Il existe 5 piliers sur lesquels les autorités tunisiennes vont devoir et promis de travailler. D’abord, une réduction progressive du déficit budgétaire global afin de stabiliser la dette publique aux environs de 50 % du PIB, une amélioration de la composition des dépenses publiques avec une maîtrise des salaires permettant de doubler les investissements publics prioritaires qui soutiennent la croissance et la réduction de la pauvreté. S’ajoutent un assouplissement du taux de change afin d’améliorer la compétitivité extérieure de la Tunisie et de reconstituer les réserves de change, une amélioration de l’intermédiation du secteur financier, notamment en poursuivant la restructuration des banques publiques et des réformes structurelles, y compris des institutions et des entreprises publiques, une réduction des subventions énergétiques, un système fiscal plus progressif et équitable, un renforcement de la gouvernance et une amélioration du climat des affaires.

De tout cela, il est escompté et au cas où ces réformes porteraient leurs fruits,  une croissance à 5 %. Dans l’entretemps, il va falloir modifier le modèle de développement qui existe de longue date, un modèle qui repose sur une omniprésence de l’État conduisant  à une économie tributaire d’exportation à faible valeur ajoutée, à une réglementation excessive et à une concurrence limitée. Il s’agit d’adopter rapidement le nouveau code de l’investissement et de mettre en œuvre la nouvelle loi sur la concurrence

Le pays peut aussi mettre en œuvre des partenariats public-privé qui attirent des capitaux privés pour des projets d’infrastructure. Toutes ces améliorations du climat des affaires, facilitées par une nouvelle rationalisation de la réglementation existante, encourageront le développement du secteur privé et signaleront l’ouverture de l’économie tunisienne aux investisseurs locaux et internationaux. Il sera nécessaire aussi de réformer le marché du travail, même s’il faut probablement du temps pour dégager un plus grand consensus. Entre-temps, les autorités ont engagé des politiques actives du marché du travail (par exemple, travaux publics, micro finance) et des programmes de formation professionnelle qui peuvent contribuer à réduire le chômage parmi les diplômés universitaires.

La fonction publique, un mal endémique !

La réforme de la fonction publique est la priorité absolue, affirme le FMI qui souligne que la qualité des services publics  laisse à désirer et la trajectoire actuelle de la masse salariale, qui représente 65 % des recettes fiscales, 14 % du PIB et 45 % des dépenses totales, n’est pas viable. La réforme contribuera  à maîtriser la masse salariale en la réduisant à 12 % du PIB d’ici 2020, ce qui permettra de créer l’espace budgétaire nécessaire pour doubler l’investissement public. Cette réforme devra être suivie d’autres dans bien des domaines. Par exemple, elle doit aller de pair avec une réforme fiscale qui améliore l’équité en élargissant la base de l’impôt et en accroissant le pouvoir d’achat des contribuables aux revenus les plus bas (par exemple, en relevant le seuil de l’impôt sur le revenu). Comme les autorités le reconnaissent, la mise en œuvre de cette réforme est essentielle car seul le secteur privé, et non le secteur public, peut créer des emplois viables.

Fonction publique, mais aussi gouvernance dont l’amélioration est une priorité pour le gouvernement. Le renforcement de la lutte contre la corruption et de la gouvernance est prévu par la constitution tunisienne. Il s’agit maintenant de passer à l’action. Les autorités sont en train d’établir une loi portant création d’un organe constitutionnel indépendant de haut niveau qui sera chargé de lutter contre la corruption.

De nouvelles lois qui seront adoptées d’ici la fin de l’année protégeront les lanceurs d’alerte, s’attaqueront aux conflits d’intérêts dans le secteur public et exigeront des hauts fonctionnaires qu’ils divulguent leur patrimoine financier net. L’amélioration de la gestion des finances publiques et la publication de davantage de documents officiels contribueront à promouvoir la transparence et à renforcer la gouvernance. Le nouveau ministère de la fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, mis en place au cours des derniers mois, contribuera aussi à la mise en œuvre de cette réforme. Le programme appuyé par le FMI aidera les autorités dans ce domaine, notamment en ce qui concerne le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

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Il existe chez la société civile tunisienne un  sentiment d’impatience suscité par la lenteur des réformes économiques et les entraves qu’elle génère au détriment du potentiel tunisien. C‘est le constat fait par la Banque mondiale dont le président, Kim  Yong Kim a  relayé ces préoccupations dans des réunions  avec les autorités du pays.

Les jeunes chefs d’entreprise tunisiens sont les premiers à souligner qu’une législation bancaire obsolète et un code des investissements rigide rendent  la transition économique très difficile. Par exemple, les règles régissant les transactions avec l’étranger empêchent les créateurs de logiciels de développer leur activité au-delà des frontières : « Il faut que nous puissions effectuer des paiements électroniques, a expliqué l’un d’eux, échanger de l’argent avec le reste du monde. »

La Tunisie n’a pas encore amendé sa législation qui encadre strictement les flux financiers entrants et sortants. Tant qu’elle ne se sera pas attelée à cette tâche, les Tunisiens peineront à faire du commerce en ligne, ou même à obtenir un prêt personnel ou commercial.

La Banque mondiale affirme qu’elle, continuera à appuyer les efforts visant à recapitaliser les banques publiques tunisiennes et à rénover leur cadre de gouvernance. Cette opération est jugée essentielle afin d’accroître le volume de crédit disponible pour les petites et moyennes entreprises du secteur privé. En effet, si ces entités ont les moyens de se développer, elles créeront des emplois, ce qui améliorera les perspectives d’avenir pour un plus grand nombre de jeunes Tunisiens. Selon des représentants d’organisations de microcrédit participant à la réunion, seulement 27 % des Tunisiens ont accès à un financement (sur une population totale de 11 millions).

La législation, l’argent, les emplois, la paix : tout est lié

La transition économique est considérée comme vitale en Tunisie, où le chômage touche tout particulièrement les jeunes diplômés et les femmes, et où seulement 10 % des jeunes vivant en zone rurale et 20 % des jeunes citadins disent faire confiance au gouvernement. La Libye voisine est instable, et Daech  proche. Si le commerce sur Internet et le franchissement des frontières numériques restent difficiles en Tunisie, en revanche, le nombre de ceux qui franchissent les frontières physiques de ce pays pour rejoindre les rangs de l’EI est plus élevé que partout ailleurs dans le monde.

D’après les membres des associations locales, le risque politique perçu a fait augmenter les taux d’intérêt internationaux, empêchant la plupart des Tunisiens d’emprunter à l’extérieur. Et les banques locales ont « de moins en moins » à prêter, ont indiqué les participants. Mais, en raison de la législation bancaire actuelle, les organismes de microfinancement ne peuvent pas prendre le relais.

L’autosatisfaction, une menace réelle

L’autosatisfaction, en particulier concernant la lutte contre la corruption des fonctionnaires, a été l’un des problèmes évoqués par les organisations de la société civile, qui ont estimé que la stabilité de la Tunisie, par rapport à nombre d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, expliquait en partie la lenteur des réformes économiques. « Vous pouvez injecter autant d’argent que vous voulez, a indiqué le représentant de l’une d’elles  mais s’il n’y a pas de volonté politique pour faire avancer les réformes, rien ne se passera ». Et d’ajouter que même si des lois ont été votées, elles sont, bien souvent, restées lettre morte.

Le rythme des réformes économiques constituera un facteur déterminant pour celui du décaissement des 5 milliards de dollars que la Banque mondiale s’est engagée à allouer à l’appui de la Tunisie au cours des cinq prochaines années. Une grande partie de ce financement est destinée aux régions marginalisées du sud et de l’ouest du pays, qui restent pauvres et sous-développées. La Tunisie a accompli des avancées considérables en passant de l’autoritarisme à la démocratie, mais ses politiques économiques obsolètes compromettent sa croissance, et même la paix, à long terme.

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Quand un pays ne fait pas les réformes qu’il faut, au moment où il le faut, quand on multiplie les concessions, en espèces sonnantes et trébuchantes, à une fonction publique pléthorique, improductive et insatiable en deniers publics, quand on laisse une centrale syndicale – l’UGTT – harceler le gouvernement au point de lui faire perdre la boussole, quand un Etat emprunte pour son train de vie et non pour investir et créer des richesses, il ne faut pas s’étonner que les partenaires viennent vous faire la leçon. En la matière, les propos aigres de l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Tunis, Andreas Reinicke, ce vendredi 27 mai sur Express FM sonnent comme une claque capable de réveiller de son coma n’importe quel gouvernement qui a encore ne serait-ce qu’une once de sens des responsabilités.

L’ambassadeur allemand a déclaré qu’il est urgent de trouver une solution aux lourdeurs bureaucratiques en Tunisie, capables de bloquer toutes les initiatives économiques et de briser net l’élan de l’investissement étranger.
Certains seront sûrement tentés de crier au loup, en dénonçant une ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie. Pour qui se prend-t-il ce diplomate donneur de leçon ?? Pourraient se demander les esprits les plus belliqueux. Ou les plus nationalistes. Mais la fierté il faut en avoir les moyens, et malheureusement quand on dépend de l’aide extérieure pour entretenir une des fonctions publiques les plus obèses au monde – rapportée à la démographie -, on n’a pas grand chose à dégainer quand un partenaire de l’acabit de l’Allemagne vous administre un cours aussi magistral.

Qui aime bien châtie bien ?

Pourtant les Allemands sont d’habitude des partenaires tout ce qu’il y a de plus discret, tout en finesse, très loin de la flamboyance de la diplomatie française, qui est plus encline à mettre son grain de sel dans les affaires intérieures des autres pays, surtout quand ils sont africains. Mais là la situation de la Tunisie exige peut-être d’ôter les gants pour prendre le taureau par les cornes. On dira, pour se consoler, que l’Allemagne aime bien la Tunisie et se permet par conséquent d’indiquer, même de manière rude, la voie à suivre car, comme disait le célèbre philosophe grec Platon, « qui aime bien châtie bien ».

Par ailleurs la feuille de route du FMI – les autorités tunisiennes ont beaucoup de mal à le reconnaitre comme tel -, en échange du crédit de 2,8 milliards de dollars, n’est rien d’autre qu’une longue liste de leçons. Mais des leçons à appliquer « illico ». Ou plutôt des potions très amères censées guérir un malade qui s’est accoutumée au poison de la dette pour des dépenses de fonctionnement.

Et puis, si on veut relativiser une seconde, il y a pire ailleurs. La Grèce par exemple, avec sa dette qui a enflé jusqu’à atteindre 180% du PIB, est dans une posture bien plus périlleuse que la Tunisie, avec ses ‘à peine 52%’ de taux d’endettement. La Tunisie, enfin pour le moment, c’est quand même autre chose que cette Grèce qui vit sous le diktat de ses créanciers (pays européens et FMI) et qui n’est plus maîtresse de son destin. C’est justement pour éviter cette glissade très dangereuse qu’il faut espérer que la claque d’Andreas Reinicke va secouer le gouvernement de Habib Essid. Il faut l’espérer…

Par ailleurs, là aussi pour se consoler, il faut se dire que l’Allemagne, comme l’a rappelé le diplomate, a décaissé au total 1 milliard d’euros – en dons et crédits – au profit de la Tunisie depuis 2011. « Nous sommes en train d’assurer le suivi des projets en cours, particulièrement celui de la modernisation de l’Oued de Medjerda afin de préserver la qualité de l’eau », a ajouté l’ambassadeur. Donc il faut se détendre, l’Allemagne est un ami de la Tunisie qui lui veut du bien. A condition que les autorités tunisiennes sachent tirer profit de ce compagnonnage en s’inspirant, un tant soit peu, de la fameuse rigueur allemande.

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Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le ministre des Finances, Slim Chaker a déclaré que la nouvelle loi sur les banques prévoit la  création d’un fonds de garantie qui permettra à la Banque Centrale et le ministère des Finances de protéger les citoyens.

Le ministre a d’autre part passé en revue les grandes lignes des business plan de trois banques publiques.

Il a par ailleurs appelé la communauté internationale à consacrer plus de temps aux problèmes confrontés par la Tunisie notamment dans cette phase exceptionnelle. Interview :

Quelles sont les caractéristiques de la nouvelle loi bancaire  actuellement en examen à l’ARP ?

La nouvelle loi sur les banques apporte à mon avis une nouveauté majeure. C’est le fonds de garantie qui permettra à la Banque Centrale et le ministère des Finances de protéger les citoyens qui déposent leur agent dans les établissements bancaires.

Ce fonds de garantie revêt une importance particulière et chaque banque qui ne respecte pas cette loi s’exposera à des sanctions. Parmi les sanctions figure  la fermeture de la banque quitte à la laisser faire faillite.

Mais cette nouvelle loi comportera, pour la première fois en Tunisie, un chapitre consacré à la finance islamique. Ce dernier a provoqué une  polémique. Qu’en  pensez-vous ?

La finance islamique est un produit bancaire comme tout autre produit. Ce n’est pas à mon avis un handicap étant donné que ce produit existe dans plusieurs pays y compris ceux non musulmans comme l’Afrique de Sud et la Grande-Bretagne.

Qu’en est-il de la réforme de trois banques publiques ?

On vient de recapitaliser ces trois banques et on a préparé leurs business plans.

Les grandes lignes de ces business plans tournent autour de la restructuration de chaque banque de façon à être financièrement solide. Nous œuvrons pour l’ouverture de nouvelles agences au niveau de chaque banque notamment dans les régions qui représentent des marchés intéressants pour ces institutions.

Notre but est de ramener aussi des compétences humaines pour ces trois instituions tout en mobilisant les nouvelles technologies pour instaurer l’e-banking.

Outre ces points, un intérêt sera porté à  la mise en place d’un nouveau système d’information pour que les banques puissent analyser les risques sans oublier le renforcement de la gouvernance à travers le contrôle interne et le renforcement du rôle des administrateurs.

Y a-t-il des nouveautés en ce qui concerne l’accord de garantie de prêt de 500 millions de dollars qui sera accordé par les États-Unis d’Amérique à la Tunisie ?

En effet, la loi des finances pour l’exercice 2016 prévoit des financements de l’ordre de 6600 millions de dinars. Ces financements seront opérés par une dette intérieure égale à 2000 millions de dinars et une autre extérieure de l’ordre de 4600 millions de dinars.

Les négociations sont en cours pour l’octroi de ce prêt avec la garantie du gouvernement américain. Ceci est déjà prévu dans la loi des finances 2016.

La seule nouveauté est qu’on va sortir sur le marché américain pour obtenir ce crédit avec un taux d’intérêt de l’ordre de 2% au lieu de sortir seul pour l’avoir avec un taux  variant entre 6 et 7%.

C’est raisonnable puisque le risque lié à la Tunisie est couvert par le gouvernement américain

Et pour les négociations avec le FMI sur un plan d’aide de 2,8 milliards de dollars?

Les négociations relatives à un nouvel accord avec le FMI pour appuyer le programme de réformes économiques du gouvernement sont à un stade avancé.. On a eu l’accord de principe  et il reste à le concrétiser lors de la réunion du conseil d’administration prévue en mai ou juin prochain..

Ceci dépendrait toujours de la fixation de la date d’examen du dossier de la Tunisie par le conseil d’administration du FMI. Si le conseil d’administration donne son feu vert, l’accord sera aussitôt signé et l’on commencera à mettre en place le second programme.

Mais des réformes économiques ont été exigées pour l’octroi de cette aide ?

On est en train d’avancer en ce qui concerne la mise en place des réformes économiques majeures. Lorsqu’on est parti vers la réunion annuelle du FMI, sa directrice générale avait déclaré que le second programme venait  d’être signé. Cela veut dire que notre pays est sur la bonne voie.

Vous reprochez à la communauté internationale son incompréhension de la situation actuelle de la Tunisie. Pouvez-vous préciser vos propos ?

Les partenaires internationaux ont mal compris la situation actuelle de la Tunisie. A mon avis, la communauté internationale n’a pas consacré beaucoup du temps à la Tunisie ; et c’est compréhensible puisqu’elle a d’autres priorités.

Ceci aura certainement un coût surtout que la communauté internationale apporte  des solutions toutes faites dans une boîte à outils, mais qui ne sont pas applicables à la Tunisie qui a déjà des besoins différents.

A maintes reprises, j’ai dit à la Banque mondiale ou même au Fonds monétaire international que la Tunisie n’est pas un laboratoire pour créer des outils qui seront par la suite appliqués en Irak, en Syrie ou en Libye. De plus, cette boîte à outils ne pourra jamais s’appliquer à la Tunisie,  et c’est pour cette raison qu’il faut bien comprendre les défis de notre pays.

Comment faire ?

La communauté internationale est appelée à consacrer plus de temps aux problèmes confrontés par la Tunisie notamment dans cette phase exceptionnelle.

Cette démarche est  cruciale  pour que la communauté internationale puisse comprendre les véritables enjeux de la Tunisie et  apporter les solutions appropriées et les plus adaptées aux   grands défis auxquels fait face la Tunisie tant sur le plan sécuritaire qu’économique et social.

Pour nous, on est en train de travailler, d’avancer et de mettre en œuvre les réformes nécessaires, mais si on trouvait  ce coup de pouce de la part de la communauté internationale, la probabilité de succès augmenterait.

Je pense qu’il s’agit d’une étape importante pour réussir à stabiliser le pays, éviter tout dérapage et sortir de l’impasse.

Qu’en est-il de la création d’une agence en charge de  la gestion de la dette ?

La préparation du  dossier y afférent est en cours en coordination avec la Banque mondiale. Notre but est clair. Il s’agit  tout simplement d’assurer le passage d’une gestion passive de la dette à une gestion active et dynamique et ce, à travers une feuille de route actualisée.

Cette nouvelle agence sera gérée par des compétences spécialisées au sein du ministère des Finances.

Quelle serait la date de sa création ?

D’ici fin  2016, l’agence en charge de  la gestion de la dette sera créée.

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