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« فيق يا رفيق » ! Monsieur le président, avez-vous entendu parler de Moody’s ?

Discutant avec des journalistes, en mage de la signature du dernier crédit syndiqué en devises avec des banques locales, le super-ministre de l’Economie laissait entendre une amélioration de la notation souveraine de la Tunisie par Moody’s. Sa prévision s’avèrera fausse quelques semaines plus tard lorsque la même agence de notation abaisse la note souveraine de la Tunisie à B3 avec perspective négative.

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Et alors que tous ceux  qui prétendent comprendre quelque chose de l’économie et des finances en Tunisie, alertaient sur les effets de cette nouvelle dégradation de la note souveraine tunisienne, le chef de l’Etat oublie brusquement qu’il s’était prononcé pour l’application de la peine de mort, et ses ferventes positions en faveur de la lutte contre le terrorisme, pour aller téléphoner à l’Emir du Qatar. Non pas pour lui demander d’aider le pays à résister aux effets financiers de la mauvaise notation de Moody’s ou d’investir dans la création de l’emploi en Tunisie, mais juste pour suspendre l’exécution de la peine de mort à la quelle a été condamné un tueur tunisien, probablement terroriste !

Il est vrai que Kais Saïed et ses conseillers connaissent plus les notations des sondages d’opinion que celles des agences de Rating ! Il est tout aussi vrai que le chef de l’Etat tunisien s’y connaît plus en souveraineté de la Constitution et les guerres politiques qu’en souveraineté économique et financière. Et à moins qu’il n’y connaisse rien en menaces économiques et financière, on s’attendrait plutôt de la part de Kais Saïed une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité !

  • Réveillez-vous, Monsieur le président, et lisez Moody’s

Or, s’il s’était un tant soit peu sorti la tête de la politique politicienne, le chef de l’Etat tunisien aurait lu le témoignage de hautes compétences internationales de l’économie et des arcanes de la politique lui faire remarquer que « la fragmentation parlementaire et l’environnement politique de plus en plus controversé, y compris en relation avec les institutions de la société civile pèsent sur la capacité de prise de décision du gouvernement », que « un consensus sur des réformes essentielle, sera difficile à obtenir entre toutes les parties prenantes, y compris les institutions de la société civile », et surtout attirer son attention sur les dangers économiques d’un « processus prolongé de formation du gouvernement au cours de l’année écoulée », et que « la définition et la mise en œuvre de la consolidation budgétaire et des réformes du secteur public seront probablement un processus très long ».

Si Kais Saïed avait pris la peine de parler aux Tunisiens d’autres choses que des complots et des articles de la Constitution, il aurait appris de chez Moody’s que « les efforts de réforme de longue date dans le cadre des programmes séquentiels du FMI au cours de la dernière décennie comprennent le contrôle de la masse salariale, qui est passée à plus de 17% du PIB en 2020, l’un des plus importants au monde, l’achèvement de la réforme des subventions énergétiques en faveur de mesures de soutien du revenu plus ciblées et plus rentables pour les ménages éligibles; en plus de la réorganisation et / ou de la restructuration d’entreprises publiques déficitaires ». Il aurait, peut-être enfin compris, que l’Etat qu’il dirige et le fauteuil sur lequel il s’allonge, se doit désormais de faire tout cela, pour ne pas arriver au Shutdown ou la cessation de paiement.

Il aurait, peut-être, entendu Moody’s lui dire que « le fardeau de la dette à plus de 90% du PIB au cours des prochaines années, réduit la résilience de la Tunisie aux chocs futurs », qu’avec une contraction du PIB de 8,8 %, et un déficit budgétaire qui s’est creusé à 10,1% du PIB en 2020, ces professionnels des finances internationales « s’attendent à ce que l’accessibilité financière de l’encours de la dette diminue dans un contexte de hausse des coûts d’emprunt, tandis que la part élevée en devises de l’encours de la dette à plus de 65 % expose la sensibilité de la trajectoire de la dette aux fluctuations défavorables des devises. En outre, les garanties en cours aux entreprises publiques à plus de 15% du PIB en 2020 s’ajoutent aux risques de responsabilité conditionnelle ». Et il se serait rendu compte qu’il ne lui resterait alors que les larmes pour pleurer sur son fauteuil de chef d’Etat en proie à la teigne de la politique politicienne.

  • « فيق يا رفيق », et dites-le à votre ami Tabboubi avant le Tsunami !

Jusque-là autiste, le chef de l’Etat aurait pu apprendre de Moody’s que « les perspectives négatives mettent en évidence les risques à la baisse liés à de nouveaux retards dans la négociation et la mise en œuvre d’un programme financé par le FMI, augmentant ainsi l’incertitude quant à la capacité du gouvernement à garantir un accès continu aux sources de financement externes officielles et aux marchés financiers internationaux à des conditions abordables pour faire face à son financement brut » à des conditions acceptables.

Il aurait pu aussi apprendre que « les risques à la baisse sont également liés à un degré potentiellement plus élevé de résistance aux réformes qu’actuellement prévu, en raison des intérêts divergents entre les parties prenantes et les groupes d’intérêt social ». Et le chef de l’Etat aurait pu avoir de quoi dire à son partenaire l’UGTT que « l’orientation de la gouvernance axée sur la recherche d’un consensus peut ralentir le processus de prise de décision politique. En outre, les tensions sociales récurrentes inhibent l’efficacité des politiques en réduisant le consensus politique pour la réforme, y compris de la part des institutions de la société civile ».

Il aurait pu aussi lui dire, comme en est certaine l’agence de rating, et autrement que de l’appuyer contre Mechichi, que « une amélioration de la note est peu probable » et que « la persistance des troubles sociaux et de la discorde politique aggraverait encore la pression négative sur les notations ».

  • OK Monsieur le Président. « خود الكلام اللي يبكيك »

Ancien gouverneur de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) et fondateur d’un agence de notation tunisienne, Taoufik Baccar commente, dépité, avec un « Circulez il n’y a plus rien à voir ». Ancien ministre en charge des grandes réformes et ancien négociateur de la Tunisie avec le FMI, Taoufik Rajhi, ajoute sur la même sujet du dernier Rating, que « la Tunisie n’est plus au bord du gouffre, elle y est ». Fethi Nouri : « Dans les années où la Tunisie avait une notation souveraine positive, on m’a demandé d’écrire un article sur ce sujet. J’avais alors écrit dans un journal de la place que la notation souveraine de la Tunisie est une nouvelle caractéristique différentielle, qui devrait être utilisée pour attirer les investisseurs et financer l’économie. Et aujourd’hui avec un stylo triste, je dis que nous avons perdu l’appréciation du monde pour nous et sommes devenus un pays mendiant indésirable. Merde à tous » !

Première du genre, patrons et ouvriers ont fait communiqué commun, pour exprimer juste leur préoccupation, ne s’alarmant principalement que du fait que « « cette dégradation aura de lourdes conséquences sur l’économie nationale et pourrait empêcher la Tunisie d’honorer ses engagements financiers ».

Selon Radhi Meddeb, « La plus mauvaise nouvelle dans tout cela, c’est probablement la perspective négative dont est assortie la notation. En clair cela veut dire, que sauf miracle, la notation est appelée, à court terme, à connaître une nouvelle dégradation ».

Seul, d’un optimisme noir de dérision, l’expert économique et financier Walid Ben Salah dit, dans un lapidaire Post sur sa page fb, « Soyons positifs… On a évité la notation C (qualité médiocre et risque de crédit très élevé). Plus sarcastique Walid Ben Salah, l’économiste Elyes Jouini, qui écrivait que la « dégradation de la note souveraine : Maintenant ce sont nos créanciers qui ne vont plus dormir ! ». Ce n’est en tout cas pas le cas des dirigeants tunisiens !

2 Commentaires

  1. Quand on veut tuer son chien on l’accuse de rage.
    Petit rappel pour ignorants le Président ne gère ni l’économie ni les finances du pays encore moins les problèmes sociaux! S’il avait accepté que des hors la loi fassent partie du gouvernement, que vous semblez défendre, la notation aurait été pire! Alors? Réveillez-vous!

  2. Il est conscient de ça et c’est pour cette raison qu’il a invité les ambassadeurs de l’UE. Si quelqu’un a des reproches à faire, qu’il les fasse au gouvernement et aux partis pourris pour lesquels il a voté, ceci relève de leurs prérogatives et non de celles du PR. Arrêtez avec cette ignorance et cette mauvaise foi!
    Marre de ces pseudo experts et journaleux qui se posent en donneurs de leçons !

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