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Ce que le chaos en Libye coûte réellement à l’économie de la Tunisie

L’impact du chaos libyen sur l’économie tunisienne on en a une idée très vague, à moins d’être un opérateur directement concerné. Pour la plupart des citoyens, happés par la cadence infernale du quotidien et son lot d’événements, il est difficile d’en mesurer réellement l’ampleur, faute d’indicateurs chiffrés. La Banque centrale tunisienne (BCT) s’est livré à l’exercice. Les données sont contenues dans le dernier rapport remis aux autorités tunisiennes au début de ce mois. Et elles sont édifiantes.

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Dans ce document il est dit que « l’enlisement de la crise libyenne » est l’un des quatre éléments majeurs qui ont sapé les fondements de l’économie tunisienne l’an dernier. C’est pas peu comme facteur handicapant. Chedly Ayari, le gouverneur de la BCT, est d’avis que la situation libyenne a plombé l’économie tunisienne au même titre que les dégâts du terrorisme, la faible demande européenne et les tensions sociales. C’est tout cela qui explique la chute vertigineuse de la croissance économique, de +2,3 % en 2014 à +0,8 % en 2015, dit-on.

Les touristes libyens se font rares

Les indicateurs du tourisme, qui pèse à peu près 7 % du PIB, ont viré au rouge. En 2015, les entrées de touristes étrangers ont été rognées de -30,8 %. La part des visiteurs libyens a enregistré un repli du même ordre, -30,9 %.
Le recul des nuitées des Libyens a été évalué à -23,9 % en comparaison avec 2014. Cette situation est imputable aux multiples bouclages des postes-frontières de Ras Jedir et de Dehiba l’an dernier et aux obstacles pour les Libyens qui veulent disposer de leur argent dans les banques tunisiennes.

En termes de volume, le tassement du flux de Libyens est presque équivalent à celui des Français (-35,5 %), alors qu’à contrario le taux de touristes maghrébins n’a chuté que de -10,9 % et que le nombre d’Algériens est même en hausse de +15,4 %. Même le segment florissant du tourisme médical a été affecté : Il a perdu -16,9 % à 179 millions de dinars (73,3 millions d’euros).

L’industrie manufacturière a été impactée

Sur le front des exportations des industries manufacturières, la perte est -1,2 %. Certes la première cause est à trouver essentiellement dans les difficultés structurelles du secteur du textile et les ennuis conjoncturels des industries mécaniques et électriques. Mais le rapport de la BCT indique que même avec ces déboires, les exportations auraient pu garder leur niveau si le chaos libyen n’avait pas atteint ces proportions et cette durée.

A part ces deux secteurs cités un peu plus haut, les exportations manufacturières ont évolué de +12,3 %, contre +8,5 % en 2014, grâce au BTP et aux produits hygiéniques. Mais là encore c’est la situation libyenne qui plombe, avec des exportations qui diminuent de -8,3 %. Le document attribue cela à trois facteurs : Les nombreuses fermetures des postes-frontières de Ras Jedir et Dehiba qui ont freiné fortement le transit des camions de marchandise, les risques d’attentats sur la route reliant la frontière à Tripoli et la nette chute du pouvoir d’achat des Libyens avec un dinar libyen qui plonge sur le marché.

« L’amélioration des exportations [hors secteur textile, mécanique et électrique] est tributaire du rétablissement de la situation en Libye », précise le rapport de la BCT. Le secteur du BTP est l’un des grands perdants du contexte actuel, il n’a jamais renoué avec son dynamisme d’avant 2011, une période pendant laquelle la Tunisie exportait vers le voisin libyen une énorme quantité de matériaux de construction, de la céramique et du verre.

La reprise se fait attendre, attendre…

Morosité également pour les revenus tirés des grands travaux et des services techniques du fait de la crise en Libye, ces secteurs ont reculé de -6,9 % à 597 millions de dinars (244,5 millions d’euros) en 2015.

A signaler que la plus grosse part de ces offres est déversée sur les marchés africains. Problème : celles qui prennent la direction de la Libye « se sont, sensiblement, contractées en raison des tensions sécuritaires dans ce pays », dit la BCT. Même la demande étrangère pour la Tunisie pâtit des fortes tensions sécuritaires en Libye, les investisseurs craignant, à tort ou à raison, un effet de contagion.

Pour cette année, la BCT mise sur une reprise économique mais « elle serait essentiellement tributaire de l’apaisement des tensions géopolitiques, notamment en Libye, dont l’instabilité pourrait avoir des incidences sensibles sur l’économie tunisienne ».

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