Le richissime Naguib Sawiris craque pour Gabès, et il a déjà des...

Le richissime Naguib Sawiris craque pour Gabès, et il a déjà des idées

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Les Tunisiens se plaignent de la Tunisie, de son climat politique et social délétère, ses mauvais indicateurs économiques, ses prix qui s’envolent… Mais le richissime businessman égyptien Naguib Sawiris lui ne voit rien de tout ça, au contraire, il met en relief les atouts du pays. C’est surtout Gabès qui lui a tapé dans l’oeil. Il s’est confié dans un entretien avec Huffpost Tunisie, lors de sa venue au Festival du film de Gabès.

C’est la première fois que la septième fortune du continent africain fait une descente dans la région, un voyage court mais très instructif. “La pauvreté est manifeste dans certains endroits, la pollution aussi”, dit-il, “mais la ville a de beaux potentiels”, ajoute-t-il.
En fait ce qui trotte dans la tête de Sawiris, c’est une réédition de son exploit à El Gouna, une localité désertique en Égypte dont il a fait une petite merveille. D’après lui, Gabès a tout ce qu’il faut pour avoir le même destin, et se muer en une ville dont raffolent les touristes et les investisseurs. “Gabès jouit d’une nature exceptionnelle grâce à la mer et l’oasis”, affirme avec passion le milliardaire. Et il entrevoit déjà ce nouveau paradis, une oasis sur mer.

L’économie c’est très important mais la culture l’est autant pour dynamiser une ville”, déclare-t-il. Sawiris a monté avec son frère le Festival du film d’El Gouna, dont la première édition a fait grand bruit. Ce qui a été fait à Gabès – le complexe culturel l’Agora et le festival du film – donne des idées à l’Egyptien. Et l’homme qui a fait fortune grâce à ses activités dans les mines, les télécoms, les médias, etc., a les moyens de ses ambitions !

C’est pas gagné…

Toutefois l’homme d’affaires pose le préalable de mesures d’encouragement fortes pour doper l’investissement. “Cette ville a besoin d’un plan de développement la ciblant et ça passe par une campagne d’investissement marketing pour encourager les investisseurs à venir lancer des projets ici. Il faut que l’État donne de la visibilité au cadre juridique sur les incitations à l’investissement”, indique-t-il. Mais le businessman égyptien n’est pas le seul à s’en plaindre, les patrons tunisiens les plus en vue également, et pas en prenant des gants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Tunisie va être épaulée par la Banque Mondiale pour faire bonne figure dans les classements internationaux, notamment “Doing Business”, des études que les investisseurs de la trempe de Sawiris regardent à la loupe avant de miser le moindre billet. Ce dossier fait d’ailleurs partie des sujets sur la table lors de la visite du chef du gouvernement, Youssef Chahed, à Bruxelles ce mardi 24 avril 2018. C’est aussi, entre autres, ce qu’exige le FMI de la Tunisie, et c’est cela qui explique la tiédeur, le caractère timoré et attentiste du communiqué sorti de la rencontre entre le ministre tunisien de l’Investissement et des responsables de l’institution financière dernièrement à Washington.

Le pays est stable, la sécurité est là”, les ressources humaines sont “qualifiées” et “instruites”, “la force de caractère des femmes à l’image des Égyptiennes” et “l’ouverture d’esprit et la tolérance des Tunisiens” sont autant d’atouts qu’il faut exploiter de manière optimale, a déclaré le milliardaire égyptien. Son message est on ne peut plus clair, et lui comme ses pairs n’ont pas pour habitude de faire dans la flagornerie sans fondement, autrement ils n’auraient pas cette réussite exceptionnelle. La balle est dans le camp des autorités tunisiennes. A elles de faire ce qu’il faut pour cueillir les sous chez Sawris…

S.L.

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