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Tunisia 2020 : Les conditions de la concrétisation des promesses, selon les députés

Le démarrage de la Conférence internationale sur l’investissement, qui se tient actuellement à Tunis, a été marqué par des promesses sonnantes et trébuchantes de la part de la communauté internationale. Au terme de la première matinée dédiée à la diplomatie économique, environ 13 milliards d’euros de promesses d’investissements ont été faites.

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Ces annonces semblent convaincre la grande majorité des observateurs, dans un contexte en pleine effervescence sociale. Et pourtant beaucoup reste à faire…

Alors comment faire pour que ces promesses soient tenues ? Une question qu’Africanmanager a posée à plusieurs représentants du peuple, histoire d’en savoir davantage sur leurs propositions.

Le rôle du législateur…

Rien n’a filtré quant aux engagements pris, mais des annonces importantes ont été faites lors de cet évènement porteur d’espérances. Il est donc question d’accélérer le rythme pour faciliter l’implantation des nouveaux projets en Tunisie, a estimé le député Lotfi Nabli.

C’est logique puisque la législation tunisienne est encore bloquée, ce qui freine certainement la volonté des investisseurs devenus rares en Tunisie, a justifié Nabli, s’appuyant sur plusieurs projets de loi de première importance encore en phase d’attente.

Parmi ces textes, le député a mis l’accent sur le projet de loi sur l’impulsion des projets de développement, qui continue à faire polémique malgré son importance.

Autre dossier prioritaire en attente, celui du plan quinquennal 2016-2020, considéré comme un programme ambitieux qui promet de doper la croissance à 4% contre 1.5% durant la période 2011-2015 et de créer 400 000 emplois dans un pays où le taux de chômage dépasse les 15%.

Lotfi Nabli insiste sur ces lois censées faciliter les démarches administratives, mais aussi garantir les conditions requises pour encourager les investisseurs tunisiens et étrangers à créer des projets en Tunisie, tout en préservant leurs droits et intérêts.

De son côté, le député Mohamed Rachdi a appelé l’ensemble des représentants du peuple à mettre en avant l’intérêt national et à accélérer l’adoption de plusieurs crédits accordés par les bailleurs de fonds pour pouvoir sortir de l’impasse.

« Les promesses prononcées concernent l’octroi de dons, mais aussi des crédits qu’il faut voter pour assurer la croissance qui n’a jamais été aussi morose », a-t-il indiqué.

Et l’administration aussi…

La seconde étape concerne le suivi de ces promesses, qui sont réellement destinées au financement de projets, a pour sa part suggéré la députée Olfa Soukri.

« L’administration tunisienne est appelée à suivre ces promesses et l’ensemble des conventions signées, surtout que plusieurs projets ont été mis sur la table lors de Tunisie 2020 », a-t-elle dit.

En effet, 146 projets ont été présentés lors de cette conférence, ils touchent une vingtaine de secteurs économiques qui sont répartis entre 68 projets publics inscrits dans le cadre du plan de développement quinquennal 2016-2020, 33 projets dans le cadre du partenariat public-privé et 45 projets privés.

Dans la même perspective, d’autres députés exigent l’identification des projets viables auxquels les financements seront destinés.

C’est le cas du nahdhaoui Ajmi Ourimi, qui a signalé que l’argent est disponible, mais qu’il faut faire la lumière sur les projets à réaliser..

Cette étape est, selon Ourimi, stratégique non seulement pour les décideurs, mais aussi pour les Tunisiens qui attendent toujours que leurs doléances sociales et économiques, qui ont provoqué la révolution de 2011, soient prises en compte.

La paix sociale, condition sine qua none…

Cet avis est partagé par le député Hssouna Nasfi, qui s’est montré optimiste quant à la réalisation de grands projets dans les trois années à venir, mais à condition que le pouvoir exécutif assume sa responsabilité majeure.

« Le GUN devrait jouer un rôle déterminant pour garantir la paix sociale », a estimé notre interviewé, affirmant que « cette étape est décisive pour rassurer les investisseurs».

Pour y parvenir, le député a souligné la nécessité de tirer profit du message fort et positif envoyé par les présidents des principales organisations, patronale et ouvrière, l’UTICA et l’UGTT, lors de la cérémonie d’ouverture de Tunisia 2020. Ils ont déjà appelé les acteurs économiques tunisiens et étrangers à saisir les immenses possibilités qu’offre le site Tunisie, caractérisé par un climat d’investissement favorable. A ce titre, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, a souligné qu’une telle manifestation est un événement longtemps attendu par les investisseurs tunisiens, d’autant plus qu’il est porteur d’espérances, intervenant dans un contexte régional mouvementé, marqué par le doute et l’incertitude. De son côté, le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a rappelé les réformes économiques engagées par la Tunisie, lesquelles contribuent à faciliter l’implantation d’entreprises dans le pays, faisant remarquer que le pays œuvre à instaurer la transparence, la gouvernance et l’intégrité qui sont désormais les bases de toutes les opérations commerciales.

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