La BCT croit au redressement de la croissance, mais n’écarte pas les...

La BCT croit au redressement de la croissance, mais n’écarte pas les risques de dérapage!

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BCT : Les banques de plus en plus gourmandes

“En se situant à 1,9% au cours de l’année 2017, la croissance économique a pratiquement doublé par rapport à 2016. Toutefois et en dépit de ce raffermissement, le rythme de la reprise de l’activité économique demeure faible, sept ans après la Révolution, au regard des défis du développement intégré, de la création d’emplois et de la maîtrise des équilibres macroéconomiques”, a indiqué Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans le rapport annuel de la Banque relatif à l’année 2017.

“Il importe, en revanche, de relever que la croissance gagne en qualité comparativement aux années passées, avec un repli de la contribution des services non marchands au profit des secteurs productifs, en particulier l’agriculture et la pêche, les industries manufacturières et les services marchands. Cette inflexion positive semble, du reste, se consolider depuis le début de l’année 2018 grâce à une saison touristique prometteuse et dont les indicateurs sont de nouveau au vert, une saison agricole satisfaisante et à la reprise des exportations des industries manufacturières. Elle est d’ailleurs corroborée par une reprise de la croissance économique au cours du premier trimestre 2018, enregistrant un taux de 2,5% en glissement annuel”, a-t-il déclaré.

El Abassi a toutefois indiqué qu’une telle reprise demeure fragile à cause des vulnérabilités persistantes liées, en particulier, au dérapage des déficits budgétaire et des paiements courants (6,1% et 10,2% du PIB respectivement en 2017), doublé d’une recrudescence des tensions inflationnistes (7,7% à fin mai 2018 contre 6,4% en 2017 et 4,2% en 2016), et dont les effets répressifs pénalisent la situation monétaire et financière du pays ainsi que sa capacité à mobiliser les ressources de financement nécessaires, aussi bien sur le marché local qu’au niveau des marchés extérieurs. Ces déséquilibres qui s’entretiennent mutuellement et qui prennent plus d’ampleur, d’année en année, continuent à affecter l’activité économique, dont le recul de la productivité globale des facteurs persiste, impactant davantage les ressources propres du budget de l’Etat.

“Pour sa part, le secteur extérieur continue à se dégrader en raison du manque d’offre exportable et d’un rythme effréné des importations. La baisse des réserves en devises, l’’accroissement de l’endettement extérieur (63,5% du Revenu national disponible brut en 2017), notamment public, en plus de la dépréciation accrue du dinar constituent, à cet égard, des conséquences inévitables de cette évolution. Face à cette situation, des résolutions adéquates à même de rompre avec cet enchaînement préjudiciable doivent être adoptées de manière urgente pour accompagner une relance de l’économie sur des bases saines. Tout report à ce niveau des réformes indispensables ne peut qu’aggraver la situation économique et rendre plus difficile la mise en œuvre d’un plan de redressement viable.”, a–il précisé.

Et d’ajouter qu’à cet effet, les différentes mesures fiscales prises dans le cadre des lois des Finances au titre des années 2017 et 2018, associées à une maîtrise des dépenses, contribueront à atténuer le déséquilibre budgétaire, même si elles ont été diversement perçues par les opérateurs économiques. Les incertitudes de ces opérateurs et des investisseurs potentiels gagneront à être levées par une meilleure visibilité fiscale pour améliorer le climat des affaires, affecté par ailleurs par une série de classements négatifs appliqués au pays, notamment en ce qui concerne notre dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, outre la dégradation de la note souveraine décidée par les agences de notation financière.

Selon ses déclarations, la politique monétaire a également été constamment sollicitée pour couvrir le besoin de liquidité des banques, besoins émanant aussi bien des opérateurs économiques que du Trésor Public, et intervenir activement sur le marché des changes pour financer les importations stratégiques, notamment l’énergie. Les secteurs exportateurs, en particulier ceux liés à l’industrie extractive n’ont pas, à cet égard, apporté la contribution souhaitée à la reconstitution des réserves de change.

Ainsi, les interventions massives de la BCT pour réguler la liquidité se sont, en fin de compte, traduites par un accroissement du refinancement accordé au système bancaire à un rythme accéléré, et une baisse des réserves en devises. La dépréciation du dinar qui en a découlé a, en conséquence, contribué à alimenter les tensions inflationnistes, lesquelles pourraient poursuivre leur tendance haussière au cours des prochains mois. Ainsi et selon les données statistiques disponibles et les indicateurs avancés de la BCT, l’inflation risque de se maintenir à un niveau élevé d’ici la fin de l’année en cours.

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