Les politiciens doivent absolument voir cette enquête

Les politiciens doivent absolument voir cette enquête

par -

L’Institut One To One a rendu publics, ce lundi 3 septembre 2018, les résultats de l’Afrobaromètre sur la Démocratie en Tunisie, un sondage réalisé durant la période du 1er avril au 5 mai 2018, sur un échantillon de 1200 personnes réparties sur les 24 gouvernorats. Il en ressort en effet que 29% des personnes sondées considèrent que la Tunisie est un pays non démocratique contre seulement 14% en 2015, et 6 sur 10 considèrent la Tunisie comme un “pays non démocratique” ou bien “un pays démocratique qui fait face à des problèmes structurels“. De plus, 51% des interrogés ont déclaré qu’ils sont ou bien “insatisfaits” ou bien “totalement insatisfaits” de la démocratie en Tunisie.

Le sondage a en outre révélé une forte baisse au niveau du nombre des Tunisiens qui préfèrent la démocratie aux autres régimes, passant ainsi de 71% en 2013 à 46% en 2018.

Par ailleurs, 57% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles “ne s’intéressent pas du tout” ou “ne sont pas intéressés” par les élections, bien que 64% soient en faveur d’élections transparentes et équitables.

Rafik Halouani, coordinateur général du réseau «Mourakiboun», a qualifié de “fou” celui qui croit en la démocratie en Tunisie, soulignant que le citoyen a fortement désiré la démocratie mais en réalité rien n’a été réalisé, selon ses dires.

ll a étayé ses propos par l’absence de développement et de progrès dans le pays. “Pas de progrès en Tunisie (…) la situation est catastrophique à tous les niveaux (…)“, a-t-il asséné.

Il a en outre indiqué que les Tunisiens ne font pas confiance aux élections parce qu’ils les considéraient comme un moyen de changer le cours des choses, alors qu’à l’arrivée rien n’a bougé pour eux. Il a rappelé le taux de participation trais faible aux élections législatives. “Cela témoigne de l’échec de l’ISIE et du pays en général à convaincre les gens pour participer aux élections (…) ils ont réussi à écarter les citoyens de l’affaire publique où point que le Tunisien se fout même de la personne qui va gouverner le pays“, a-t-il dit.

Toujours, selon One to one, 57% des citoyens n’étaient pas intéressés par les élections municipales et 84% n’avaient aucune information à propos de cette échéance.
Les mêmes résultats ont révélé une baisse de confiance en l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) puisqu’en 2015, trois personnes sur dix avaient déclaré avoir totalement confiance en l’ISIE alors qu’en 2018 ce taux est d’à peine 16%.

Les résultats du sondage ont également montré que 29% des Tunisiens approuvent l’idée que le régime de gouvernance soit inspiré de l’islam, 26% trouvent qu’il serait préférable que les hommes religieux puissent occuper des postes publics dans l’Etat et 25% considèrent que la démocratie est contradictoire avec les principes de l’islam.

Selon le même sondage, 22% des interviewés pensent que dans un pays musulman, les non musulmans doivent bénéficier de moins de droits politiques et 54% des Tunisiens préfèrent que le pays soit gouverné par les lois civiles.

58% des Tunisiens soutiennent la redevabilité du gouvernement alors que seulement 41% approuvent le pluralisme politique.
Evoquant les trois premiers problèmes auxquels est confronté le pays, les personnes interviewées ont cité en premier lieu la gestion de l’économie, à 58%, le chômage en second lieu à 37% et la corruption en troisième lieu avec 22%.

Sur la question de l’économie, 79% des Tunisiens estiment que le pays est sur la mauvaise voie et 72% qualifient la situation économique de mauvaise ou de très mauvaise.

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire