Tunisie : Avec ces 3 grands chantiers, les vacances attendront

Tunisie : Avec ces 3 grands chantiers, les vacances attendront

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Bien que la croissance enregistrée, en 2017, soit encore modérée avec un taux de 2% aux prix constants de 2010, les tensions sur les prix observées durant la deuxième moitié de 2016 se sont exacerbées en 2017. En effet, l’inflation globale qui a débuté l’année au niveau de 4,6% est allée crescendo, culminant à 6,4% en décembre. Anticipant la résurgence des tensions inflationnistes, la Banque centrale a durci sa politique monétaire, en relevant, à deux reprises, son taux directeur, le portant de 4,25% à 4,75% en avril 2017, puis à 5% en mai“, indique la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son dernier rapport relatif à l’année 2017.

Toujours selon le rapport, à partir du mois de juillet, la Banque centrale a entamé un resserrement quantitatif, visant à limiter à 7 milliards de dinars ses opérations principales de refinancement, sous forme d’appels d’offres hebdomadaires et a procédé, fin décembre, à l’élargissement du corridor de fluctuation des taux du marché monétaire de 150 points de base, portant sa largeur à 200 points de base. En conséquence, le taux de la facilité de dépôts à 24 heures, qui constitue le plancher du corridor, a été ramené à 4% tandis que le taux de la facilité de prêt marginal, limite supérieure dudit corridor, s’est établi à 6%. L’élargissement du corridor n’était qu’un signe précurseur d’un relèvement imminent du taux directeur, qui a d’ailleurs été porté, début mars 2018, à 5,75%, à un moment où l’inflation a culminé à 7,1% en février 2018 et menace de poursuivre son trend haussier.

En réalité, ces évolutions ne sont que la conséquence des derniers développements à l’échelle internationale et nationale. Au niveau international, l’orientation vers la normalisation des politiques monétaires de la BCE et de la FED, sur fond de reprise de l’activité et d’un début de convergence des taux d’inflation vers leurs niveaux-cible, devrait impacter les taux sur les marchés financiers internationaux et par conséquent les coûts de mobilisation des ressources. Par ailleurs, l’augmentation des prix de la plupart des produits de base et l’environnement géopolitique encore hostile resteront les principaux défis auxquels l’économie tunisienne devrait faire face.

A l’échelle nationale, la croissance économique a été tirée, entre autres, par la bonne tenue du secteur touristique et des industries manufacturières exportatrices, et à un moindre degré par une faible reprise de l’activité dans le secteur agricole. Elle aurait été bien meilleure n’eussent été les difficultés persistantes dans les activités extractives. Sur un autre plan, le déficit courant de la balance des paiements a culminé à 10,2% du PIB, un plus haut sur deux décennies. Pour sa part, le déficit budgétaire s’est situé à 6,1% du PIB et a nécessité, pour son financement, un recours accru aux ressources extérieures, portant l’encours de la dette publique au voisinage de 70% du PIB. In fine, l’ampleur des déficits jumeaux a non seulement mis davantage de pression sur le marché des changes et la liquidité bancaire, mais devient de plus en plus menaçante pour la soutenabilité de la dette.

Pour 2018, la stabilisation du cadre macroéconomique s’avère nécessaire pour renouer avec une croissance saine et durable, et cela ne pourrait être accompli qu’à travers la maîtrise de l’inflation et des déficits jumeaux, et la poursuite des réformes structurelles.

La BCT a sous un autre angle indiqué que la conjoncture économique difficile qui a prévalu, en 2017, a contribué à un resserrement plus prononcé de la liquidité bancaire. En effet, l’importante baisse des avoirs en devises, du fait du niveau exceptionnellement élevé du déficit courant et de l’importance des besoins de financement domestique du Trésor, continue à exercer des effets restrictifs sur la liquidité bancaire. En revanche, les Billets et monnaies en circulation (BMC), en dépit de leur augmentation notable, en 2017, n’ont eu qu’un effet modéré sur la liquidité bancaire. C’est qu’une bonne partie de la fiducie se trouve en dehors du circuit bancaire.

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