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dimanche 28 février 2021
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Tunisie : Deux anciens ministres des Finances ont des choses à dire

Et voilà, c’est la Banque Centrale de Tunisie (BCT) qui l’annonce clairement après l’avoir démenti il y a quelques jours, devant une foule de journalistes venus l’interroger sur la question : Il y aura une sortie prochainement sur le marché financier international. Dans un communiqué paru lundi 28 mai 2018 et dont une copie est parvenue à Africanmanager, la BCT a fait savoir qu’elle procédera à l’émission au nom et pour le compte de l’Etat tunisien d’un emprunt obligataire sur le marché financier international aux fins du financement du déficit budgétaire et de la balance des paiements. Il s’agira de lever selon l’agence de presse Reuters, 1 milliard de dollars. Une nouvelle qui semble bonne pour la Tunisie mais des mauvaises surprises ne sont pas à écarter et surtout cette annonce en dit long sur le mauvais état des finances publiques. Nombreux sont les économistes qui ont mis en garde contre cette sortie qui va coûter très cher à la Tunisie, sans pour autant enrayer l’hémorragie budgétaire.

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Dans une déclaration ce mardi 29 mai 2018 à Africanmanager, l’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a rappelé que la Banque centrale vient de décider lors de son dernier Conseil d’administration d’autoriser une sortie sur le marché international pour lever la bagatelle de 1 milliard de dollars. Il a souligné que cette étape est nécessaire dans la forme puisqu’elle ouvre la voie à cette opération attendue depuis le début de l’année, même si la date n’est pas encore fixée, selon ses dires.

Ben Hammouda a par ailleurs expliqué cette sortie par le double déficit, celui des finances publiques et du commerce extérieur. « Le creusement de nos réserves et les pressions qu’ils font peser sur le dinar ainsi que le déficit des finances publiques justifient également cette sortie et le recours aux marchés internationaux pour éviter l’assèchement de nos ressources internes« , a-t-il précisé.

« Mais, je pense que cette sortie a trop tardé et les débuts d’année sont toujours plus favorables sur les marchés. A cela il faut rajouter les nuages et les incertitudes qui ont augmenté sur le ciel de notre économie et qui font que les conditions seront certainement assez coûteuses« , a affirmé Ben Hammouda, avant d’ajouter : « L’incertitude politique, l’accroissement du prix du baril et ses effets sur notre économie, les résultats économiques modestes et les retards dans les réformes que ne cessent de souligner le FMI et les autres institutions internationales vont peser lourdement sur cette sortie et sur le coût du prêt », a-t-il dit.

Dans un entretien récent avec Africanmanager, l’expert en économie Ezzedine Saidane avait déclaré sur ce sujet que le gouvernement n’est pas encore sorti sur le marché financier international alors que l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) l’a autorisé à le faire : “La Tunisie aurait dû sortir sur le marché financier international pendant la deuxième moitié du mois de mars pour emprunter 1 milliard de dollars, mais avec les ratios actuels, les indicateurs économiques et financiers et la dernière notation de Moodys, cela comporte un risque important dans le sens où la Tunisie sait qu’il ne lui sera pas possible de trouver le montant demandé, ou que même si elle trouve tout le montant ou une partie, cela se ferra à des taux d’intérêts exorbitants“.

Quant à lui, l’économiste et ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a mis en garde contre toute sortie sur le marché financier international. Dans une déclaration accordée à Africanmanager il a dit : “La Tunisie ne doit pas sortir sur le marché international (…) Toute sortie sur le marché financier international est fortement déconseillée pour le moment à cause de son image négative auprès du FMI et de la Banque Mondiale”, a soutenu Dimassi. ”Et si d’aventure elle le faisait , le taux d’intérêt serait beaucoup plus élevé que jamais”, a-t-il ajouté. Cette déclaration vient suite à la hausse des cours pétroliers à l’échelle mondiale, un constat qui devrait se refléter négativement sur la Tunisie, qui va se retrouver obligée de s’endetter pour couvrir le gap budgétaire sachant que le budget de l’État a été élaboré sur un prix de 54 dollars le baril de pétrole alors que le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 75 dollars.

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