Tunisie : Le 1er trimestre 2018 sera décisif, à 3 niveaux

Tunisie : Le 1er trimestre 2018 sera décisif, à 3 niveaux

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Réaliser un taux de croissance de 3%, inclusive, permettant une répartition équitable des richesses et la création de nouveaux emplois est le principal objectif de la Tunisie en 2018, comme déjà annoncé dans le projet du budget économique relatif à cette année. Réalisable ou non ? Il nous faut au moins quelques semaines, voire quelques mois, pour en savoir plus, notamment devant le manque de visibilité qui règne depuis plusieurs années dans le pays. Certains pensent que cette année sera identique ou pire que la précédente à cause de plusieurs facteurs dont la dépréciation du dinar devant la monnaie verte et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale alors que d’autres estiment le contraire, tout en justifiant leurs position par une légère reprise des indicateurs économiques observés à la fin de l’année dernière.

Interrogé sur la question, Achraf Ayadi, expert en banque et finance résidant à Paris, a fait savoir dans une interview accordée, ce mardi 2 janvier 2018, à Africanmanager que le premier trimestre de l’année 2018 sera déterminant. “D’abord, la réaction des assujettis fiscaux aux mesures de la Loi de Finances montrera dans quelle mesure l’environnement économique est résilient à une hausse significative des taux. Ensuite, le versement ou pas de la prochaine tranche du FMI va montrer le niveau de crédibilité des finances publiques auprès de nos bailleurs de fonds. Enfin, l’accélération des réformes devrait susciter des émois chez le patronat comme chez les syndicats“, a indiqué Achraf Ayadi, avant de préciser qu’il faudra que le gouvernement soit politiquement crédible pour gérer les tensions sociales prévisibles sur fond d’élections municipales.

L’expert a par ailleurs indiqué que la grande inconnue reste la capacité de la politique monétaire et de change à s’adapter à une politique budgétaire fortement contrainte. “Comment ralentir l’inflation lorsque la hausse de la fiscalité se répercutera sur les prix de vente des biens et des services ? Quelle attitude devrait-on avoir face à des taux de change défavorables du TND face à l’Euro et au Dollar lorsque la dégradation du solde de la balance commerciale s’aggrave ? Est-ce que la création monétaire contre garantie de BTA a atteint ses limites alors même que les banques continuent massivement à demander des liquidités ?“, s’est interrogé Ayadi.

Encore une fois, nous verrons dès le premier tiers de l’année 2018 si tout ceci est vraiment tenable. Les anticipations des acteurs économiques pour le reste de l’année en dépendront fortement.“, a ajouté Ayadi.

Dans un statut récemment publié sur sa page facebook, il a résumé toutes les difficultés sur le chemin du chef du gouvernement et de tous les citoyens, estimant que :

* L’EUR en route vers 3 TND
* L’USD en route vers 2.5 TND
* Le baril de brut en route vers 70 USD contre une hypothèse de 54 USD dans la loi de finances 2018
* L’inflation (officielle) proche de 7% hors produits administrés
* Les réserves de devises à 92 jours d’importations
* Tous les déficits sont en aggravation
* Volume global de refinancement de la liquidité bancaire > 10 milliards de TND malgré le plafonnement mis en place par la BCT

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