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La Tunisie applique le Brexit, avant Theresa May

Les résultats des échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur aux prix courants durant les huit mois de l’année 2018 montrent que les exportations continuent de s’accroître à un rythme soutenu. En effet, elles ont augmenté de 20,2% contre 18,1% durant la même période en 2017. En valeur, les exportations ont atteint le niveau de 26358,8 MD contre 21927,3 MD durant la même période de l’année dernière. De même, les importations maintiennent un rythme de croissance important, enregistrant une hausse de 20,4% contre 19,3% durant les huit mois de l’année 2017, pour une valeur de 38519,2 MD contre 31995,8 MD durant la même période en 2017.

  • Un peu plus de pétrole et toujours moins de phosphate
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L’augmentation observée au niveau de l’exportation (+20,2%) durant les huit mois de l’année 2018 concerne la majorité des secteurs. En effet, le secteur de l’agriculture et des industries agroalimentaires a enregistré un accroissement de 63,0%. Cela, suite à l’augmentation de nos ventes des huiles d’olives (1590,3 MD contre 553,2 MD) et des dattes (518,0 MD contre 375.2 MD), de celles du secteur des industries manufacturières de 24,6%, du secteur textile , habillement et cuir de 18,7% , du secteur des industries mécaniques et électriques de 15,2% et du secteur de l’énergie de 1,2% En revanche, les exportations du secteur mines, phosphates et dérivés demeurent en baisse avec un taux de 3,8%.

  • Hausse des importations, en biens d’équipement et matières premières

L’augmentation des importations de 20,4% est due essentiellement à la hausse enregistrée au niveau de tous les secteurs. Ainsi, l’énergie a affiché une hausse de 40,9%, les matières premières et demi produits de 22,6%, les produits agricoles et alimentaires de base de 18,5%, les biens d’équipement de 14,4% et le secteur des mines, phosphates et dérivés de 6,9%. Les importations hors énergie ont augmenté de 17,6%.

Notons, contrairement à ce qu’on pourrait croire, que toutes les importations ne sont pas mauvaises choses et que si elles augmentaient, c’en est même une bonne. Une hausse de 12,1 de l’importation de biens d’équipement et de presque 23 % des produits intermédiaires, signifie d’abord que l’appareil de production recommence à tourner et pourrait laisser voir une probable hausse des exportations dans un avenir proche.

  • Moins d’exportation vers la Grande-Bretagne

Les exportations tunisiennes vers l’Union européenne (72,9% du total des exportations) ont augmenté de 17,7%. Cette évolution est expliquée par la hausse de nos exportations vers certains partenaires européens, tels que l’Espagne de 60,4%, l’Allemagne de 22,6% et la France de 16,0%. D’autre part, les ventes tunisiennes sont en diminution vers d’autres pays européens, notamment le Royaume Uni de -14,9%. Cette diminution des exportations tunisiennes vers le Royaume Uni pourrait s’expliquer par le Brexit lui-même qui fait perdre à la Tunisie ses privilèges en matière d’exportation vers le Royaume-Uni qui ne fait plus partie de l’Union Européenne.

Avec les pays arabes, les exportations ont augmenté avec le Maroc de 32,3%, l’Egypte de 22,8%, et la Libye de 18,6%. En revanche, nos exportations vers l’Algérie ont baissé de 12,3%.

Pour les importations, les échanges commerciaux des biens avec l’Union européenne (53,8% du total des importations) ont enregistré une hausse de 20,6% pour s’établir à 20739,1 MD. Les importations ont augmenté de 24,2% avec la Belgique, de 19,3% avec l’Italie et de 18,2% avec la France.

  • Chine, Russie, Turquie, l’Algérie et l’Italie creuse le déficit de 2 milliards DT

Le solde de la balance commerciale est déficitaire de 12160,5 MD suite au déficit enregistré avec certains pays, tel que la Chine (-3488,2 MD), l’Italie (-1775,1 MD), la Turquie (-1417,4 MD), l’Algérie (-1078,5 MD) et la Russie (-824,6 MD). Il est aussi bon de rappeler qu’on n’importe pas de Chine que des articles de consommation bas de gamme, mais aussi des équipements et de la matière première. Dans une tentative de juguler ce déficit, le chef du gouvernement tunisien avait discuté la possibilité d’un accord Swap avec la Chine.

Le grand déficit commercial avec la Russie pourrait s’expliquer par le fait que la Tunisie en importe notamment du blé, une denrée qui a coûté plus de 1,33 Milliard DT en août dernier. Avec la Turquie, il y a la baisse de la valeur de la Livre turque qui vaut désormais 0,44 DT, puisque la Tunisie n’y a exporté que pour l’équivalent de 338,755 MDT contre 1,567 Milliard DT. Et on pourrait même imaginer, l’INS ne faisant pas de Benchmark par année ou période, que la baisse de la valeur de la monnaie turque aurait même contribué à augmenter les importations tunisiennes de ce pays.

En revanche, le solde de la balance commerciale a enregistré un excédent avec d’autres pays, principalement avec notre premier partenaire, la France, de 2135,1 MD, la Libye de 592,5 MD et le Maroc de 235,1 MD. Suite à cette évolution au niveau des exportations (+20,2%) et des importations (+20,4%), le solde commercial s’établit au niveau de 12160,5 MD contre 10068,5 MD durant la même période en 2017. Le taux de couverture a enregistré une légère baisse de 0,1 point par rapport aux huit mois de l’année 2017 pour s’établir à des taux respectifs de 68,4% et 68,5 %.

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