Tunisie : Kaddour entame la transition. Panneaux solaires gratuits en septembre et...

Tunisie : Kaddour entame la transition. Panneaux solaires gratuits en septembre et voitures électriques en 2018

par -

Il aura beau être un ancien DG de l’énergie fossile, il n’en réfléchit pas moins désormais vert. Le ministre tunisien de l’Energie et des Energies renouvelables, Khaled Kaddour, veut faire le 1er pas dans la transition énergétique.

Il voudrait d’abord commencer par soulager le budget de l’Etat des 1,5 milliard DT que lui coûte cette année la compensation des produits carburants, chiffre bâti sur un baril de pétrole à seulement 45 $. Il rappelle d’abord que le baril est aujourd’hui à 74 $, avec 20 USD de différence par rapport aux prévisions, alors qu’un dollar coûte au budget tunisien 117 MDT et que les énergies renouvelables sont un choix hautement stratégique pour la Tunisie.

  • Un plan d’installation, subventionné par l’Etat, d’un million de panneaux pour les familles.

«Nous réfléchissons actuellement sur les meilleurs moyens de transborder la compensation, des carburants conventionnels vers les énergies renouvelables. Si on réussit cette transition, le pays gagnera beaucoup, d’abord en matière de sécurité énergétique et ensuite dans le domaine de la dépollution atmosphérique pour une Tunisie verte», nous dit le ministre de l’Energie qui voudrait donner toutes ses lettres de noblesse au reste de la dénomination de son département qui est l’énergie renouvelable.

Son idée, c’est de cibler les familles nécessiteuses qui le voudraient, généralement estimées à un million, pour subventionner l’installation des panneaux solaires chez elles. «Leurs factures d’électricité baissent et cela diminue directement le montant de la compensation qui représente les deux tiers du prix», explique Khaled Kaddour à Africanmanager. Ces familles consommeraient ainsi le solaire le jour et l’électrique le soir, sur un même compteur qui est celui de la Steg (Société tunisienne de l’électricité et du gaz) et sur la même facture de la Steg qui diminuera de fait, avec un switch automatique. Ce programme devrait démarrer en septembre 2018 et débutera à Tozeur comme ville témoin.

  • Des incitations, dans la LF 2019, pour les voitures électriques. Kaddour l’affirme

Mais le ministre veut aller plus loin dans la transition énergétique, pour toucher le secteur le plus gourmand en énergie conventionnelle qui est celui du transport, tant public que privé, qui représente un tiers de la compensation, en procédant toujours à travers le transfert des subventions, du fossile vers le renouvelable. «Nous ferons la même chose pour les automobiles. Nous réfléchissons actuellement comment introduire dans la prochaine LF 2019, une disposition qui accorderait un privilège fiscal pour les voitures électriques, et permettrait le transfert de la compensation vers les automobiles», précise-t-il à notre surprise. Une telle disposition se trouve en effet dans la LF 2018, pour les voitures hybrides, mais n’a pas encore été rendue applicable.

Il le sait et s’en dit désolé, mais sans pour autant baisser les bras. «Notre idée est de commencer par le parc de La Poste et qui dispose déjà de parking et d’ateliers de maintenance. Des endroits, qui pourraient servir l’installation de bornes de recharge électrique pour ces voitures, partout où La Poste est présente», explique-il enthousiaste. Il indique à ce propos qu’une société chinoise qui fabrique des voitures électriques, rencontrée à l’occasion du séminaire national sur l’accélération des programmes de l’efficience énergétique, a proposé d’offrir à la Tunisie, en septembre 2018, deux voitures et un bus électriques. Ce dernier sera confié à la Transtu et les voitures à La Poste, pour démarrer le test. Après évaluation, la Tunisie pourrait engager l’opération à plus grande échelle. Kaddour indique même, avoir discuté avec ce constructeur automobile chinois, l’opportunité d’installer une usine de construction de ces véhicules en Tunisie.

1 COMMENTAIRE

  1. Il est temps de prendre en considération l’importance de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs de nos activités.
    Outre le secteur de transport qui occupe actuellement la première place en consommation énergétique, le secteur du bâtiment garde jalousement la deuxième position.
    Or, la maîtrise de l’énergie dans le domaine du bâtiment n’est pas récente chez nous et la Tunisie se considère avancée par l’arsenal des réglementations dans le domaine.
    Cependant l’application traine ou est presque stoppée depuis 2011 pour plusieurs raisons à savoir :
    – Le manque flagrant du personnel qualifié aux administrations aux administrations chargées des permis de bâtir et des suivis des travaux, le manque d’experts qualifiés par rapport aux projets de construction sur tout le territoire national,
    – Le manque d’outils informatiques et de logiciels fiables cohérents et opposables facilitant l’intervention des spécialistes au niveau des études,
    – Le manque d’équipements de mesures et de vérification à la disposition du personnel qualifié et en nombre suffisant pour procéder aux vérifications des projets réalisés,
    – Le manque de recyclage et de la formation permanent des experts en nombre et en qualité, surtout en architecture bioclimatique,
    – Le mauvais usage du potentiel des experts en exercice par la formule des appels d’offre des services qualifiés en se basant sur le moins disant, ce qui écarte petit à petit les meilleurs et les obligent à changer de créneaux et causant ainsi un vide à combler d’urgence.
    – La fuite de certains experts formés par l’argent du contribuable vers l’étranger,
    – Le manque de motivation, de conscience ou de compétence des autorités publiques pour faire face à un ensemble de problèmes liés à l’efficacité et d’usage des énergies humaines et fossiles.
    De plus, l’usage des énergies renouvelables pour l’alimentation des véhicules n’est pas récent et peut être dans un prochain avenir servi dans la plus part des foyers et surtout ceux qui sont convenablement implantés dans des tissus urbains favorisant la captation du soleil ou pourquoi pas celle du vent (des sujets de recherches entamés depuis les années 80). Bouzaiane Mohamed : Expert en Efficacités Energétique

Laisser un commentaire