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Tunisie : Trois affaires à retardement. Pourquoi ce retard et sont-ce les seules ?

La scène politique tunisienne évolue et apprend vite. Elle avait d’abord utilisé la manipulation des masses, des régions et des secteurs d’activité, pour arriver à ses fins, avoir la politique qu’elle veut, faire tomber le gouvernement qu’elle veut ou obtenir les concessions qu’elle veut.

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Ce genre de pression ne faisant plus l’effet escompté après l’essoufflement de l’affaire d’El Kamour au Sud tunisien, l’effritement du souffle de la campagne «Winou le pétrole» et surtout le retour à un minimum de croissance par le retour des touristes étrangers, ceux qui veulent désormais faire tomber le chef du gouvernement changent leurs fusils d’épaule et de tactique. La mode est désormais à l’exhumation des veilles affaires et les menaces par presse et réseaux sociaux interposés.

Ces «bombes à retardement» ne sont pas fortuites. Elles ne sont pas, non plus, le fait d’une justice qu’on dit subjuguée par les affaires à traiter. Elles sont savamment organisées et planifiées, car elles sont hautement politiques, même si c’est dans le sens bouseux de la politique.

Dès le passage à l’acte de la guerre contre la corruption et l’arrestation de Chafik Jarraya, un de ses avocats ressort le 24 juin dernier de vieilles affaires contre le chef du gouvernement lui-même, Youssef Chahed et son Conseiller Mehdi Ben Gharbia.

Cela n’ayant plus fait de remous que ce qui est attendu, pour des raisons qui demeurent inconnues, c’est ensuite l’affaire Fadhel Abdelkefi. Elle date de 2014 et semblait même avoir été réglée, avec la Douane et la Banque Centrale. Elle ressort en 2017, trois années après les faits, réchauffée par un jugement par contumace, dont l’accusé qui est pourtant une entreprise connue sur la place financière tunisienne où elle officie comme intermédiaire en bourse ne semble pas avoir reçu son invitation au tribunal, qui se serait trompée d’adresse. Elle est même mise en page dans un décor d’interpellation en flagrant délit, valise à la main, d’exportation illégale de devises. Qui a sorti cette affaire qui n’en est pas une en vérité ? Quelqu’un sur fb. Qui a fourni les documents, dont seuls le ministère des Finances et la Douane – et pourquoi maintenant – avaient connaissance, alors qu’il est connu que toute candidature à un poste ministériel ou à une haute fonction passe obligatoirement par une enquête policière approfondie, supposée avoir accès même au «Bulletin N°2» et plus ? Y aurait-il eu une faille quelque part ? Qui dit donc, si tant il est vrai que les faits soient justes, qu’il n’y aurait que ce ministre qui serait passé au travers des mailles du filet policier ? Pourquoi alors ne pas exiger un casier judiciaire qui soit vierge pour toute candidature, même les Députés ? Et si oui, l’est-il actuellement pour tous, anciens et nouveaux ministres ?

Intervient alors l’affaire du Mufti. Elle date de 2015, mais ne ressort qu’en 2017. Sans vouloir défendre ou enfoncer quiconque, force est encore de se poser la question de savoir pourquoi ceux qui avaient toutes ces informations à propos des dépassements présumés du Mufti n’en ont-ils pas informé la police ou la justice ? Qu’est-ce qu’il y a en réalité derrière ce brutal réveil de leurs consciences ? Un ancien Mufti avait été aussi publiquement accusé, dans une vidéo qui tourne encore sur les réseaux sociaux, de faits délictueux. Pourquoi n’en entend-on pas les suites judiciaires ?

«Last but certainly not least», comme dirait un anglophone au cabinet de Youssef Chahed, l’affaire du DG régional de la propriété foncière. Elle n’est pas, elle aussi, de toute fraîcheur. Elle date de 2013. Comme les autres, elle est ressortie quatre années plus tard, en 2017. Elle est sortie de plus défigurée, comme presque tout ce qui sort sur la presse et les réseaux sociaux, impliquant le propre DG de la conservation, jusqu’à ce qu’il réagisse. Là aussi on se demande qu’est-ce qu’il y a derrière l’exhumation d’une telle affaire, alors que trois autres, vraies affaires selon des sources proches du dossier, dormiraient encore, dont une où l’accusé n’a jamais été inquiété alors que ses subalternes ont déjà consommé leurs punitions administratives et déjà repris leur travail. L’Etat avait pourtant déjà porté plainte, sans suites.

Indéniablement, la réponse à toutes ces questions est que toutes ces affaires, vraies ou fausses, ont été déterrées et défigurées dans un seul but : La lutte contre la guerre anticorruption et démontrer que l’actuel gouvernement, comme l’ont dit certains députés à Youssef Chahed dans l’enceinte même de l’ARP, est lui-même corrompu et donc incapable d’éradiquer le fléau, et qu’il faut donc le changer.

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