AccueilChiffreRéhabiliter l'Etat, cri de ralliement de Mehdi Jomaâ

Réhabiliter l’Etat, cri de ralliement de Mehdi Jomaâ

Mehdi Jomaâ qui n’appartient à aucune formation politique, et n’a jamais prétendu avoir été partie prenante dans la révolution du 14 janvier 2011, est crédité d’un satisfecit jamais égalé par un premier responsable tunisien, depuis des années. En effet, le dernier sondage réalisé par Sigma Conseil annonce un taux de 78,6% de Tunisiens satisfaits de son exercice ainsi que de son gouvernement au titre des 100 jours.

Les observateurs, eux, relèvent une corrélation entre ce taux de satisfaction et la priorité qu’il accorde au rétablissement de l’autorité de l’Etat et de son prestige. Il l’a déjà répété, aujourd’hui, dimanche dans une interview accordée au journal arabe basé à Londres « Asharq Al Awsat » . Et son ministre conseiller, Nidhal Ouerfelli reprenant ce même thème, dans une interview au journal Al Maghreb, et citant l’exemple du phosphate , a insisté sur le fait que l’Etat tunisien ne tolèrera plus le blocage de l’extraction, la production, et le transport de cet essentiel article d’exportation de la Tunisie.

Evidemment, les Tunisiens se font une idée fourre-tout du prestige de l’Etat et de son autorité, mais lui donnent, à chaque fois, un contenu concret. Ils attendent de l’Etat qu’il leur garantisse le travail ou, à défaut, une dynamique économique capable de résorber le chômage et assurer le plein emploi de façon durable .Ils veulent que l’Etat leur procure ainsi qu’à leur entourage la sécurité et à la société la stabilité à laquelle elle aspire. Ils souhaitent que l’Etat assure les conditions d’un fonctionnement optimal de la chaîne de production et des échanges et une parfaite ordonnance des circuits de distribution, de manière à répondre au mieux aux besoins. Ils espèrent que ces devoirs de l’Etat seront assumés dans le cadre de la concertation entre partenaires sociaux et avec le concours de la société civile.

Ces missions qui incombent aux institutions publiques dictent au citoyen tunisien d’être imbu du sens de l’Etat et exigent des formations politiques et de la société civile qu’elles s’engagent à mettre l’intérêt national au-dessus de tout et qu’elles fassent siennes les valeurs du travail, de la citoyenneté et du dialogue.

Ce sont là les éléments qui constituent l’essentiel du cahier des charges entre pouvoirs publics, d’une part ,citoyens, partis politiques et société civile d’autre part, dans le but de garantir les grands équilibres financiers et élever le niveau de l’efficacité économique, conditions incontournables pour créer plus de richesses et assurer une meilleure répartition des dividendes du développement .

Mais jusqu’à présent, tous les signes indiquent que le cahier des charges n’est honoré ni par les uns ni par les autres .L’Etat laisse faire ,les partis politiques et les syndicats recourent à la grève ou observent une neutralité complice devant le raz-de marée des arrêts de travail et des sits-ins dont ils ne sont pas les instigateurs, et le citoyen qui croit être le bénéficiaire de la conjoncture , finit par s’apercevoir qu’il contribue à la sape des piliers de son économie et des fondements de sa société. Il découvre que l’insalubrité devient une constante du paysage et que les zones touristiques sont logées à la même enseigne que les quartiers populaires .Il se rend compte, depuis un mois, que les entreprises publiques sont au rouge, et le rendement des établissements publics, hôpitaux, collèges, lycées, écoles primaires et universités est au plus bas à cause des grèves et du relâchement.

Devant cette situation intenable, le Gouvernement a exprimé sa volonté de prendre toutes les mesures qui mèneront à la réhabilitation de l’autorité de l’Etat, et il se verra obligé, pour ce faire, d’appliquer rigoureusement la loi.

Mehdi Jomaâ a posé son diagnostic de la situation du pays, et a conclu que le premier pas à faire est d’asseoir l’autorité de l’Etat et réhabiliter les normes de l’efficacité et du travail. Le citoyen, pour sa part, est parvenu à la même conclusion, et réalisé que tous les acquis qu’il a pensé avoir accumulés, en revendiquant plus et travaillant moins, ont porté préjudice à l’idée de l’Etat et à son engagement citoyen . Et ce double constat explique le taux élevé de satisfaction des Tunisiens à l’égard de Mehdi Jomaâ qui n’a jusqu’à présent pas entamé l’exécution de son programme.

Aboussaoud Hmidi

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