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Algérie : Une crise économique dès 2019 en l’absence de correctifs, dit l’ICG

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L’économie algérienne ronronne, elle a trop longtemps filé du mauvais coton en dépendant plus que de raison de la confortable manne des hydrocarbures qui permet de subventionner à tour de bras carburant, eau, énergie, santé, logements, produits de base… Bref, de quoi acheter, largement, la paix sociale. Mais le pays a atteint les limites de ce système et doit, très rapidement, prendre le virage des réformes pour s’éviter de gros problèmes économiques dès 2019, alerte lundi 20 novembre 2018 le centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

L’Algérie n’a plus le même punch économique depuis que les cours mondiaux du brut ont commencé à plonger, notamment entre 2014 et 2017. “Les nouvelles réalités financières ne permettent plus de maintenir le niveau élevé de dépenses publiques des dix dernières années, qui vide rapidement les caisses de l’Etat“, a dit l’ICG dans un rapport intitulé “Surmonter la paralysie économique de l’Algérie”, repris par l’AFP.
Malgré les promesses des gouvernements successifs de faire des réformes et de rééquilibrer les finances publiques, la paralysie politique a fait obstacle à toute mesure décisive“, a ajouté le document, lequel fait allusion au flou persistant pour l’avenir politique du pays, avec un président de 81 ans malade mais qui n’a pas encore enterré la possibilité d’un 5e mandat, alors que les élections sont imminentes, en avril 2018.

Malgré le relatif “rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019” et “se greffer aux tensions entourant la présidentielle“, alerte l’ICG.
Les autorités reconnaissent que le modèle actuel est à bout de souffle mais peinent à le corriger“, indique le rapport, déplorant le fait que les réformes économiques “ont eu tendance à être reportées“.
D’après l’ICG, deux éléments plombent toute velléité de transformer le modèle économique : “des groupes d’intérêt” influents qui “défendent le statu quo” et le traumatisme de la guerre civile (1992-2002), laquelle tira sa source de l’agitation politico-sociale provoquée par la politique d’austérité des années 1980 et 1990.

Le centre est d’avis que le compte n’y est pas pour les efforts budgétaires faits et que la “politique monétaire expansionniste (…) alimente l’inflation et permet seulement au gouvernement de gagner du temps sans s’attaquer aux problèmes de fond“.
A terme, l’Algérie ne pourra pas se contenter d’apporter de petits ajustements techniques à sa politique économique“, indique le rapport, lequel affirme qu’il faudra nécessairement revoir le “contrat social implicite” en Algérie, “à savoir que l’Etat pourvoit aux besoins d’une population tenue de s’exécuter“.
Mais “toute renégociation doit être envisagée avec prudence“, ajoute l’ICG. En effet la masse des moins de 30 ans (55% de la population d’après les statistiques officielles) “entrent aujourd’hui sur le marché du travail avec de sombres perspectives d’avenir et une capacité considérablement réduite de l’Etat à les soutenir“.

Mais les carottes ne sont pas cuites d’après les analystes, car l’Algérie a tout de même des atouts sur lesquels elle peut bâtir un renouveau économique : Une dette extérieure très faible, en dessous de 2% du PIB et le pays peut compter sur ses partenaires, européens surtout, “prêts à apporter leur soutien“.
Néanmoins Alger ne pourra pas s’exonérer d’un devoir de transparence sur la santé de ses finances publiques, les pépins économiques, les réformes indispensables et les effets que le pays en attend. Le rapport suggère également aux autorités algériennes de “mettre l’accent sur les jeunes dans l’élaboration du programme de réformes” et de s’ouvrir des horizons avec d’autres interlocuteurs que l’ex-syndicat unique UGTA et le Forum des chefs d’entreprises, une centrale patronale acquise à la cause du pouvoir.

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