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dimanche 7 mars 2021
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BCT: Un diagnostic sans nuances sauf pour l’inflation!

La pandémie de Covid-19 dans le monde semble avoir commencé à négocier une décrue qui aura forcément des effets salutaires sur l’économie. La Tunisie serait dans pareille logique tout en traînant des séquelles qui continuent d’abîmer son ordonnance économique, financière et sociale, comme  le constate la Banque Centrale de Tunisie  dans une note sur les évolutions économiques et monétaires, publiée mercredi, où est actée une chute brutale de la croissance économique en 2020 (estimée à -9,3%) en relation avec les retombées de la pandémie de coronavirus. Au demeurant, les  derniers indicateurs conjoncturels relatifs au quatrième trimestre, laissent entrevoir un retour de la croissance en territoire négatif, avec la résurgence de la deuxième vague de l’épidémie, ajoute l’Institut d’émission , expliquant que cette  rechute aurait été tirée, principalement, par la contreperformance du secteur agricole, des secteurs minier, chimique et de raffinage de pétrole, ainsi que de certains secteurs extravertis, à savoir, le tourisme, le transport et les industries du textile, habillement et cuir. L’analyse de la croissance par secteur d’activité, sur l’ensemble de l’année 2020, montre que la baisse de la VA a été quasi-généralisée entre les principaux secteurs, à l’exception du secteur agricole.

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Suivent dans la foulée bien d’autres paramètres et d’abord, l’encours de la dette publique qui s’est établi, au terme des onze premiers de 2020, à un niveau record de 91,8 milliards de dinars, en hausse de 11,2% (ou +9.218 MDT) par rapport à son niveau de fin 2019 . Ce niveau d’endettement élevé trouve son origine dans la hausse importante de l’encours de la dette intérieure, qui a franchi la barre de 31 milliards de dinars, contre 10 milliards en 2010.

Un matelas de 8,318 milliards de dollars

Dans  une moindre mesure, le taux de change du dinar s’est déprécié de 5,2%, vis-à-vis de l’Euro et s’est apprécié de 4%, vis-à-vis du dollar américain, en janvier 2021 et ce, en glissement annuel, relève la BCT. Quant aux réserves en devises, elles se sont établies, à fin janvier 2021, à 8,318 milliards de dollars (ou 158 jours d’importation), soit en baisse de -2,7%, comparativement à leur niveau, fin 2020 (8,545 milliards de dollars ou 162 jours d’importation).

Dans un ordre d’idées voisin, le déficit courant s’est établi à 7,5 milliards de dinars, durant l’année 2020, soit -6,8% du PIB, contre un déficit de près de 9,7 milliards de dinars (-8,5% du PIB) en 2019,.La BCT a noté que  » la baisse marquante du déficit commercial en 2020 (-9,927 milliards de dinars ou -9% du PIB), par rapport à 2019 (-15,955 milliards de dinars ou -14% du PIB), a contribué significativement, à la contraction du déficit de la balance des opérations courantes.

 » Hors énergie, le déficit de la balance courante s’est toutefois, détérioré, en 2020, passant de -1,9 milliards de dinars (ou -1,7% du PIB) en 2019, à -3,3 milliards (ou -3% du PIB) en 2020.

L’inflation s’apaise

Mais c’est en matière de lutte contre l’inflation, principal champ de son intervention, que la Banque centrale marque des points en assurant que « l’inflation devrait connaitre un apaisement pour s’établir à près de 4,8%, au cours du 1er trimestre de 2021 (contre 5,0% au T4-2020) « . Elle a expliqué que cet  apaisement sera favorisé, essentiellement, par  » des ajustements baissiers consécutifs au niveau des prix à la pompe, à partir du mois d’avril 2020, et de l’estompement de l’effet de la hausse des prix du tabac effectuée en mars 2020, auquel s’ajouterait l’absence d’un choc exceptionnel au niveau des prix des produits alimentaires frais, comme il s’est produit à la veille du confinement total décrété en mars 2020 « .Les dernières prévisions de la Banque laissent entrevoir une relative atténuation du rythme de progression des prix à la consommation en perspectives. Ainsi, le taux d’inflation devrait revenir de 5,6% en 2020 à 4,9% en 2021 avant de passer à 5,1% en 2022.L’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix hors produits frais et administrés, devrait évoluer au voisinage de 5,2% et 5,5% en 2021 et 2022 respectivement.

Par principale composante, l’inflation des produits administrés devrait s’atténuer à 3,8% en 2021 avant de passer à 4% en 2022 et ce après avoir atteint un niveau historiquement élevé en 2020 (5,7% en moyenne annuelle et un pic de 7,1% au mois de mai).Toutefois, la Banque des banques a indiqué que  » l’incertitude entourant la trajectoire de l’inflation demeure assez élevée et les risques sont orientés vers la hausse « , avec le risque d’une  » hausse plus importante des prix internationaux des matières premières, notamment le pétrole, et des perturbations au niveau des circuits d’approvisionnement et les problèmes de distribution pourraient amplifier davantage les tensions sur les prix « . » De même, l’accentuation de pressions financières sur le budget de l’Etat (hausse des prix et tarifs administrés et des taxes) pourrait raviver les pressions inflationnistes à moyen terme « , a encore noté la BCT.

Il importe enfin de noter et s’agissant des crédits à  l’économie,  que leur  rythme de progression  s’est affermi en décembre 2020, pour atteindre 6,9% en glissement annuel, contre 6,6% un mois auparavant et 3,7% en décembre 2019 « . Cette évolution a été tirée par l’accélération des crédits aux particuliers (+5,9% en glissement contre +4,8% en novembre 2020) qui a concerné, à la fois, les crédits au logement (+4% contre +3,2%) et les crédits à la consommation (+7,6% contre +6,2%). De même, les crédits aux professionnels ont progressé au même rythme que le mois précédent, soit 7,2%, contre +4,9% une année auparavant « , a noté la BCT.

Par ailleurs, elle a souligné que les besoins des banques en liquidité, ont connu une reprise en décembre 2020 (après avoir emprunté une tendance baissière graduelle depuis mi-2019), pour atteindre 9,8 milliards de dinars, en moyenne, après 9,4 milliards le mois précédent. Cette hausse porte la marque notamment des effets restrictifs exercés par la hausse des souscriptions en bons du Trésor (1.696 MDT de BTCT et 157 MDT de BTA) et des opérations d’achat nets de devises par les banques (+274 MDT).

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