AccueilLa UNELa tragédie des "petits" : Briller ou disparaitre avant 2019

La tragédie des « petits » : Briller ou disparaitre avant 2019

Dans un paysage politique en pleine recomposition, grâce ou à cause du chef du gouvernement, Youssef Chahed, toutes les formations se cherchent, les unes plus inspirées que les autres. Ce dimanche 30 septembre 2018, les seconds couteaux – il faut bien appeler un chat un chat ! – étaient de sortie. Et chacun fait comme il peut pour exister dans un jeu politique monopolisé par les « grands », Ennahdha et Nidaa Tounes (beaucoup moins grand depuis que le fils du chef de l’Etat préside à ses destinées). Le secrétaire général de Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, a déclaré aujourd’hui que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) est l’un des piliers de l’Etat et reste au cœur de la solution générale à la crise politique actuelle. Il a ajouté que « le rôle des principales organisations nationales doit être reconnu, même si nous sommes en désaccord avec elles en matière de politique sociale« . Il faut bien exister, alors sortir l’UGTT de son chapeau ou autre choses…

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S’exprimant lors d’une conférence organisée, dimanche à Tunis, à l’initiative de son mouvement sur « les enjeux socioéconomiques et les moyens de sortir de la crise« , Marzouk a appelé les parties en conflit à s’asseoir à la table du dialogue pour discuter de la création d’un pôle national moderne. Un appel qui a très peu de chances d’être entendu, la politique étant par définition une affaire d’écuries, bien distinctes et qui ne se coalisent que pour les besoins d’un succès électoral ponctuel, avant de repartir de plus belle dans les affrontements.

Pour faire bonne mesure et rassurer ses troupes, enfin ce qui en reste après la razzia de la « Coalition nationale » au Parlement, Marzouk a ajouté une tirade sur la paralysie du pays depuis des mois dans tous les domaines pour des raisons purement politiques, soulignant que son mouvement œuvrera à unifier les rangs pour éviter l’attisement de la crise entre les protagonistes d’autant plus que la question est liée à l’avenir du pays.

« La porte est encore ouverte entre le président de la République et le chef du gouvernement« , a t-il dit, ajoutant qu’il est nécessaire de réorganiser les priorités car le plus important est de sortir de cette crise dans les prochains jours ». Bref, des incantations, des voeux pieux. Marzouk ferait mieux de se concentrer sur son projet de fusion-coalition parlementaire (et que sais-je encore) avec Nidaa Tounes, une affaire manifestement en panne puisque personne n’en parle depuis l’annonce en grande pompe.

On a entendu également ce dimanche le secrétaire général du parti Al-Joumhouri, Issam Chebbi. Il a déclaré que le régime politique en place a pris expiration et que le gouvernement actuel ne fait que gérer les affaires courantes avec des établissements et des structures qui sont incapables de trouver des solutions aux problèmes socioéconomiques ou d’entreprendre des réformes qui permettent de faire sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il est plongé.
Dans une déclaration aux médias en marge d’un meeting populaire organisé par son parti au parc Bir Belahsen à l’Ariana, Chebbi a ajouté que la majorité politique a échoué dans sa mission dans les domaines de la réforme et du développement se trouvant dans une situation de rivalité politique et se soucie peu des préoccupations des Tunisiens.
Le secrétaire général du parti Al-Joumhouri a, d’autre part, annoncé que son parti envisage de lancer une initiative consistant en la création d’observatoires dans toutes les circonscriptions électorales en prévision des prochaines échéances électorales.
Il a ajouté que le peuple tunisien a perdu confiance en les partis politiques au pouvoir, notamment Nidaa Tounes et le mouvement Ennahdha.

Son frère, Ahmed Nejib Chebbi, qui a un appétit féroce pour le pouvoir et arrive à peine à la cacher dans ses sorties médiatiques, dit exactement la même chose ; il prédit même, toutes les semaines, la chute du gouvernement et la disparition de Chahed. Ce dernier est toujours là, plus confortablement assis, alors qu’en face les rangs de ses ennemis se dépeuplent. Les Chebbi devraient donc laisser tomber les prédictions, les prémonitions et se contacter un programme béton pour 2019. Qui sait peut-être que cette fois la mayonnaise prendra, enfin.

Enfin on a entendu le secrétaire général du mouvement Al Chaab, Zouhair Maghzaoui, dire que les forces nationales sont appelées à être vigilantes et à se réunir pour présenter une alternative réelle et un projet national autour duquel se rassembleront tous les Tunisiens et Tunisiennes au cours des élections de 2019 étant donné que la crise dans notre pays est une crise de projet et non de personnes.
Maghzaoui a indiqué, dans une déclaration médiatique, en marge d’une réunion tenue à El Ksar (gouvernorat de Gafsa) en présence des adhérents au parti dans la région, que le parti effectue actuellement des réunions avec les forces nationales pour les appeler à se réunir autour d’une réelle alternative, indiquant qu’en cas d’échec pour parvenir à cette alternative, le mouvement Al Chaab aura son propre candidat à l’élection présidentielle et ses candidats aux élections législatives.

Encore une histoire de rassemblement, de projet national, une autre variante de l’union nationale montée par Ennahdha et Nidaa Tounes avec les succès que l’on sait. Chez Al Chaab aussi on fait dans les recettes éculées, élimées et qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ont donné la preuve de leur inefficacité. Mais d’ici les élections de 2019 ils ont le temps de trouver quelque chose de plus alléchant. En tout cas c’est la condition de la survie politique. Mais cela est valable aussi pour les prétendus gros poissons de la scène politique.

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