AccueilLa UNELa Tunisie, un pays comme jamais perclus de dettes !

La Tunisie, un pays comme jamais perclus de dettes !

La Tunisie ne s’est jamais endettée autant que ces dernières années, plus précisément dès les lendemains de la révolution de 2011. Elle a aligné systématiquement les emprunts d’ici et d’ailleurs, moins pour financer ses projets de développement et booster sa croissance que pour payer ses fonctionnaires et rembourser le service de la dette.

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Le pic de cette spirale devrait être essuyé en cette année 2020, avec le remboursement du principal d’un emprunt obligataire de 250 millions de dinars venant à  échéance en avril, selon un document de la Banque centrale cité par Africanmanager ar. Un autre emprunt obligataire devra être réglé en juin 2020, d’un montant de 400 millions d’euros, d’après le même document de l’Institut d’émission.

Ce n’est là qu’une partie du passif que la Tunisie est sommée de liquider en 2020 avec un encours total de 94 milliards de dinars, soit 75,1% du PIB, contre 86 milliards DT en 2019. C’est, comme l’a résumé une parabole de l’expert comptable, Walid Ben Salah, l’équivalent de 8 mille dinars par citoyen tunisien au titre de son tribut à la dette publique de son pays, contre 7,4 mille dinars une année plus tôt.

Il importe de préciser à cet égard que les dettes extérieures devront s’élever à 70 milliards DT, soit 75% du total des dettes en 2020, contre 62 milliards de dinars, en 2019, étant noté que la dette extérieure représente 56,3% du PIB, contre 54,2% du PIB, en 2019. Les dépenses qui iront au service de la dette grimperont à 11,6 milliards de dinars, contre environ 10 milliards de dinars, en 2019, soit une augmentation de 18,3%.

Dans le détail, la Tunisie remboursera, en 2020, quelque 538 millions de dinars au titre du crédit du Fonds Monétaire International, 400 millions d’euros à celui du crédit contracté sur le marché financier international, 250 millions de dollars au titre de l’emprunt qatari, des bons de trésor de l’ordre de 2,166 milliards de dinars et 248 millions d’euros au titre du crédit contracté en devises auprès des banques tunisiennes.

Des maturités longues

Il convient de souligner que la dette publique tunisienne, bien qu’essentiellement concessionnelle (près de 50 % du total) et caractérisée par des maturités longues, reste vulnérable à une dépréciation du dinar, puisque près de 75 % est libellée en devises étrangères. Le financement des bailleurs de fonds internationaux devrait rester nécessaire pour couvrir le déficit. Et ceci, à l’évidence, rejaillit sur tous les finances publiques, soumises à de nombreuses contraintes. Selon la Coface, les mesures visant à contenir le déficit budgétaire devraient se ressentir sur les contributions de la consommation et de l’investissement publics. De plus, une plus grande maîtrise des dépenses publiques ou des hausses d’impôts pourraient entraver les revenus des ménages, contraignant la contribution de la consommation privée, malgré une relative atténuation des pressions inflationnistes.

Une montée exponentielle de 229%

La dette publique tunisienne a décrit une courbe ascendante exponentielle depuis la révolution. En 2010, le niveau d’endettement du pays était confiné à 40% du PIB. Fin juin 2018, la dette publique tunisienne s’établissait à 82,2 milliards de dinars tunisiens, soit plus de 30,56 milliards de dollars, contre 25 milliards de dinars à fin 2010. Autrement dit, l’endettement public tunisien a augmenté de 229% en huit ans.

Par-delà le montant, c’est le rythme de progression de la dette au cours de ces dernières années qui interpelle. Outre le recours aux emprunts étrangers, cette progression s’explique aussi, en partie, par la dépréciation du dinar tunisien, vis-à-vis des devises étrangères (dollar, euro, livre sterling, etc.).

Selon les projections de l’Observatoires tunisien de l’économie, le service de la dette, c’est à dire le montant que la Tunisie doit rembourser chaque année pour honorer ses engagements auprès de ses créanciers, devrait atteindre 22% des dépenses publiques projetées au titre de l’année en cours avec un effet négatif sur le déficit budgétaire. Ainsi, le service de la dette est devenu le premier poste dépensier de l’Etat tunisien. Ce qui empiète sur les capacités d’affecter des ressources nécessaires pour financer les investissements publics, indispensables pour relancer l’économie tunisienne. Du coup, le pays est aujourd’hui engagé dans un cercle vicieux d’endettement qui crée une dépendance vis-à-vis des financements extérieurs.

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