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lundi 6 juillet 2020
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Le ministre qui a échoué à baisser les prix !

Alors que chef d’Etat et chef de gouvernement pavoisent et s’auto-congratulent de leur victoire contre le Coronavirus, sans se décider à entamer la guerre du redressement d’une économie à genoux, les prix augmentent, et le coût de la vie repart à la hausse.
D’abord, quelques données chiffrées, car les chiffres sont têtus. En avril 2020, les prix à la consommation augmentaient de 0,9% après 0,8% en mars 2020. Cette augmentation est expliquée par l’INS, principalement par la hausse des prix des articles d’habillement de 6,2%, et des prix de l’alimentation de 0,9%. Le taux d’inflation augmente légèrement à 6,3% en avril contre 6,2% en mars et 5,8% en février 2020. Cette progression est due, selon la même source, essentiellement à l’accélération du rythme des hausses des prix de l’alimentation à 6,2% contre 5,1% le mois dernier.

Les prix des légumes et de la viande rouge augmentent. Mais c’est zéro contraventions !

Journaliste de formation, avant de devenir banquier, le citoyen Salah Kanoun témoignait, en écrivant sur sa page que, « avant la pandémie, nous avions presque en permanence près d’un million de touristes qui vivaient parmi nous, qui consommaient viande, poissons, légumes et fruits. Aujourd’hui et malgré leur soudaine disparition et la chute de la demande sur la plupart de ces ingrédients, les prix ne cessent de galoper, les circuits de distribution continuent à être bien maîtrisés par des intermédiaires et des spéculateurs assez forts, dont personne n’a réussi à identifier les pratiques ou moraliser leurs manières d’opérer. Entre temps, les services de contrôle du ministère de Commerce font les abonnés absents, et laissent faire ces malfrats qui détruisent le pouvoir d’achat des Tunisiens et participent à l’appauvrissement de notre peuple ». Les consommateurs, étrangers surtout par le fait du tourisme, diminuent. Les prix augmentent cependant toujours !
On n’a pas encore les chiffres de l’inflation de l’INS, mais le 27 mai 2020, dans un document publié par le ministère [ar], sur 25 produits de grande consommation, 10 enregistraient une hausse, de +1 % pour les tomates à +56 % pour le piment et d’une moyenne de +7 % pour les légumes, de 3 % pour la viande bovine à 4 % pour la viande ovine. Autre chiffre à retenir, toujours selon les propres données du même ministère, pendant tout le mois du ramadan, seules 2 contraventions pour hausse des prix ont été dressées par les services du même département … pour les légumes et zéro contravention pour hausse des prix des … viandes rouges !
Force est donc de constater que le ministre du Commerce a failli à sa mission de maîtrise de la hausse des prix, et son devoir de contrôle de la hausse du coût de la vie et notamment du panier du citoyen. On rappelle que ce ministre a aussi, presque lamentablement, échoué dans la gestion du volet stockage des produits alimentaires à l’annonce du confinement et au début de la crise du Coronavirus.

Inflation importée, dites-vous !

On aurait pu croire que cette hausse de l’inflation, pourrait être une inflation importée. Or, selon l’INS, les importations ont diminué de 8,8 en avril 2020 en valeur, et de 22,3 % en volume. Moins d’importation, c’est moins d’exposition aux variations de change et ses risques. Parallèlement, le taux de change du Dinar tunisien a été plutôt stable entre 3,1 € et 3,2 € pour la période allant du 2 mars au 25 avril 2020, en lien avec des réserves en devises de presque moitié de tout le budget tunisien pour l’exercice 2020 (21,579 Milliards DT) couvrant 133 jours d’importation. Intrant indispensable dans toute production, le prix du baril de pétrole n’a jamais été si bas et ses prix en Tunisie ont augmenté et devraient l’être encore, selon le ministre Mongi Marzouk, tant que le cours mondial international restera en dessous de 40 USD.

Sur le marché local, la place financière est loin d’être en manque de liquidité. Les billets et monnaies en circulation (15,694 Milliards DT) dépassent de loin le volume global refinancement (9,535 Milliards DT), et le taux moyen du marché monétaire (6,8 %) n’a jamais été si proche du taux directeur, ce qui permet aux banques de se refinancer ou d’acheter l’argent auprès de la BCT, presqu’au même coût que le taux directeur (6,8 %). Il y a donc, certes, moins de contaminés et moins de morts que prévu. Mais ceux qui en ont réchappé vivent plus cher et le coût de leur vie augmente . Nuançons, pour dire que cet échec est surtout celui de tout un gouvernement, et moins de la Banque Centrale !

1 COMMENTAIRE

  1. Mr Le Ministre à déclaré aussi nous n’importeront plus de bananes mais les bananes sont toujours à l’étalage et à 6,500 d le Kg

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