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L’intervention de la BCT se paie cash !

La Tunisie vit un « choc sanitaire majeur dont l’impact serait très important sur l’activité et les équilibres macroéconomiques en 2020 », estime la BCT (Banque Centrale de Tunisie) en préambule de sa dernière note sur l’évolution de la situation économie, publiée le 20 avril 2020.

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Pour y faire face, le pays donne la nette impression d’avoir sacrifié, sous la pression politique et de la rue, tous les sacro-saints principes de sa politique monétaire et budgétaire, qui avaient quelque peu rétabli ses fondamentaux économiques et financiers qui l’avaient mis dans une situation plus ou moins équilibrée, quoique fragile et précaire.

Comme « le peuple le veut », la BCT « indépendante » se retrouve sous la pression de l’Exécutif politique, baisse son taux directeur, et rouvre les vannes du crédit pour tous. Sauf que cela se paie immédiatement, et le coût de la vie remonte vite. Les politiques pourront toujours promettre plus de contrôle économique et plus de maîtrise des circuits de distribution. Que nenni : il faut avoir les moyens de sa politique, et sur ce registre, les différents gouvernements se sont cassés les dents. Ensuite, c’est le marché parallèle qui dévorera tout, car jusque-là intouchable !

  • La mauvaise information de l’inflation

En temps de crise, quand peuple, président(s) et gouvernement s’aveuglent, par populisme, à prendre des décisions hâtives, mal calculées et sans prise en compte des répercussions, c’est l’économie qui trime ! Les premiers signaux d’alerte ont été tirés par l’UTICA : les entreprises sont à l’arrêt alors que moyennant certaines mesures, l’appareil productif aurait pu continuer à fonctionner. La BCT lui a emboîté le pas. Dans la première page de la Note sur les évolutions économiques et monétaires du mois d’avril 2020, la BCT note sans équivoque le « rebond de l’inflation, en mars 2020, portant la marque de l’ascension, notamment, des prix de l’alimentation, en relation avec un comportement de sur-stockage qui a accompagné la décision de confinement » et ce, en relation avec le « choc sanitaire majeur dont l’impact serait très important sur l’activité et les équilibres macroéconomiques en 2020 », pouvions-nous lire encore.

Car, même si l’inflation sous-jacente « hors alimentaire frais et produits à prix administrés » continue à décélérer, la reprise de l’inflation globale est bel et bien palpable. De quoi s’attendre à une accentuation ? C’est, surtout, vider de leur sens les mesures prises par la BCT pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages, notamment, les plus démunis ! Lesdites mesures qui, quand certaines banques les appliquent mal, d’autres tardent à les implémenter.

Quand le politique s’immisce, inévitablement nous sommes dans une situation de « reprendre d’une main ce que l’on a donné de l’autre ».

Le placebo du report des échéances de prêts bancaires se paie cash par une augmentation des prix qui ne fait que commencer … Une lueur d’espoir dans cette grisaille, celle se rapportant aux crédits à l’économie qui ont connu « une légère accélération, en février 2020 », en évoluant de 3,6% en G.A après 3,0% en janvier 2020 et 8,6% un an auparavant ». Et si cette évolution s’explique par la hausse du rythme de progression des crédits aux professionnels (+4,5% en G.A contre 4,0% un mois auparavant) et de ceux accordés aux particuliers (+1,1% en G.A contre 0,6%), rien ne garantit qu’elle continuera, et ce, au grand dam des entreprises dont les besoins en financements, notamment pour payer les salaires, les factures et les impôts, ne cesseront de croître

  • La fausse bonne nouvelle des vannes du crédit toutes ouvertes

A quelque chose confinement est bon, la note de la BCT rapporte une « poursuite de l’atténuation du déficit courant à 1,7% du PIB, au terme du premier trimestre 2020, contre 2,2% une année auparavant, portant la marque d’une baisse notable du commerce extérieur en relation, notamment, avec la rupture des chaînes d’approvisionnent, en mars 2020 ». Mais la baisse de l’export n’est jamais une bonne chose, tout comme la baisse de l’importation, qui donne des perspectives plutôt négatives en matière de production, et partant pour l’exportation.

Et surtout, reprise en février, des crédits à l’économie bénéficiant aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers. Poursuite de la baisse des besoins des banques en liquidité à 10,1 milliards de dinars, en mars 2020, avec des perspectives haussières au vu de l’ampleur du choc engendré par la pandémie du COVID-19. Et encore, diminution du TMM à 7,35% en mars 2020, après 7,84% le mois précédent, en relation avec la baisse de 100 pbs du taux directeur de la Banque centrale décidée par le Conseil d’Administration lors de sa session du 17 mars 2020.

Le résultat que le Tunisien paiera cash, le communiqué de la BCT le montre du doigt. « La trajectoire désinflationniste, amorcée depuis le début de l’année 2019, s’est interrompue en mars 2020. Le taux d’inflation s’est, en effet, établi à 6,2%, en G.A, après 5,8% en février 2020 et 7,1% une année auparavant ».

  • L’inflation dans tous ses états

Selon la note de la BCT, « cette évolution porte la marque, notamment, du rebond des prix des produits alimentaires frais et, à un moindre degré, de l’accélération des prix administrés. En revanche, l’inflation sous-jacente a plutôt connu un ralentissement, en mars 2020. Au niveau des produits alimentaires frais, les prix se sont nettement accélérés, en mars 2020 (6,7% en G.A après 4,5% en février 2020) en relation avec le comportement de sur-stockage qui a accompagné la décision de confinement. Quant aux prix administrés, l’accroissement s’est poursuivi, en mars 2020, à un rythme supérieur à celui du mois précédent (6,3% en G.A après 5,7% en février 2020 et seulement 4,4% en mars 2019) et ce, en relation directe avec l’ajustement à la hausse des prix du tabac (28,0% en G.A après 22,3%) ».

Quand sous d’autres cieux, l’on parle reprise et dé-confinement, chez nous, avec le couple amateurisme – populisme, tout présage arrêt et déconfiture ! Est-ce que c’est vraiment ce que « le peuple le veut » ?

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