L’échangeur de Séjoumi n’est pas aux normes, il est dangereux et ça...

L’échangeur de Séjoumi n’est pas aux normes, il est dangereux et ça se sait depuis 2016 !

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Le ministère de l’Équipement fait souvent les gros titres, trop souvent. Entre ratés, dysfonctionnements et affaires de corruption, c’est sans doute l’un des départements ministériels dont on parle le plus. Et les citoyens s’en seraient bien passés. En effet comment dormir sur ses deux oreilles quand on sait que le ministère qui a en charge les infrastructures publiques, et qui donc touche directement la sécurité des Tunisiens, va complètement de travers ? Après l’affaire des conditions de travail surréalistes sur l’échangeur X20-X2 de Ennasr 2, après les affaires de favoritisme et de conflit d’intérêt, après les dizaines de dossiers de corruption, voilà l’énorme scandale de l’échangeur de Séjoumi…

Le ministre de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Selmi, a fait état, lundi 4 février 2019, de l’existence d’un défaut technique au niveau de l’échangeur de Séjoumi, édifié à la sortie ouest de la capitale en direction de Béja. Le problème réside dans l’adaptation de la qualité du béton aux normes et critères exigés dans le cahier de charges technique.
Répondant à une question du député, Hédi Soula, lors d’une séance plénière tenue à l’ARP, Selmi a fait savoir que son département a détecté ce défaut, depuis août 2016, ajoutant que le promoteur n’a pas réagi aux avertissements émis par le ministère relatifs à la fermeture immédiate de l’édifice. En fait, le ministre considère que “l’ouverture de cet échangeur à la circulation constitue une infraction“.

Actuellement, nous œuvrons à la résiliation de ce marché, selon les termes de la Loi sur les marchés publics et nous coordonnons avec le département chargé du contentieux de l’Etat pour traduire le promoteur en justice et compenser les dégâts de l’Etat“, a déclaré le ministre.
Et d’ajouter qu’une correspondance a été envoyée, le 11 janvier 2019, au gouverneur de la région, pour demander la fermeture de ce projet, en attendant la finalisation des procédures nécessaires.
Par ailleurs, Selmi a affirmé que le bureau d’études chargé d’examiner ce projet a, à son tour, fait état de l’existence de ce défaut technique, tout comme le ministère, le bureau de contrôle et le bureau de consultations. Le ministre a fait endosser toute la responsabilité au promoteur, qui n’a pas, jusqu’à ce jour, livré le projet au ministère, réitérant que son département assume sa part de responsabilité et œuvrera à octroyer le projet à un autre promoteur pour le finaliser.

Le député Hédi Soula a indiqué que “ce défaut technique met en danger la vie des citoyens“, s’interrogeant sur “les parties appuyant ce promoteur, qui n’a pas pris en considération les avertissements des bureaux d’étude et des techniciens en ouvrant l’échangeur à la circulation“.
Le député a révélé que l’un des agents du ministère de l’Equipement a falsifié, en 2017, des certificats de travaux réalisés, afin que ce promoteur puisse obtenir une enveloppe de 2 millions de dinars “contre la mise en place de ces travaux catastrophiques“.
De son côté, la députée Samia Abbou a exprimé son étonnement quant à la décision du ministère de l’Intérieur relative à l’ouverture de cet échangeur, malgré toutes ces défaillances, appelant à accélérer la décision de fermeture immédiate de ce projet.

TAP

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