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L’ONU met de l’ordre dans le financement du développement

« C’est l’argent qui gouverne le monde. »  Cet adage a été rappelé aujourd’hui par le Président de l’Assemblée générale alors que le Conseil économique et social (ECOSOC) entamait son Forum annuel sur le financement du développement, sachant qu’il faut 7 000 milliards de dollars par an pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Afin d’éviter « la concurrence stérile » des agences de l’ONU, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU a lancé le « Fonds commun ».

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Ce Forum qui s’étale sur quatre jours prévoit aussi une réunion spéciale de haut niveau avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Nous savons déjà que certains objectifs de développement durable risquent de rester lettre morte, a prévenu le Président de l’Assemblée générale, M. Miroslav Lajčák.  Il faut encourager tous les moyens d’appuyer le développement: le commerce, la science, la technologie et l’innovation.  Mais le financement reste la question centrale et nous ne pouvons y échapper, a souligné le Président, appelant à une approche stratégique et ciblée, celle du Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

M. Lajčák a annoncé la convocation, le 11 juin prochain, d’une manifestation de haut niveau sur la question car, « l’argent est là. »  Il faut tout simplement le connecter aux priorités car trop d’obstacles bloquent les connexions et les flux.  « Nous devons dégager les goulets d’étranglement », a-t-il insisté.  Ces propos ont été confirmés par le Directeur général de l’Agence française de développement et Président de l’Association des agences internationales de développement.  M. Rémy Rioux a avoué que les 20 agences membres de son association ont près de 800 milliards de dollars en main.

Le nouveau « Fonds commun pour le Programme 2030 », espère le Secrétaire général dans ses propositions de réforme, sera capitalisé à hauteur de 290 millions de dollars par an.  Les promesses de contributions faites aujourd’hui dépassent les 71 millions de dollars, dont 47 millions pour 2018.

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina J. Mohammed a identifié cinq domaines qui méritent l’attention de la communauté internationale: la mobilisation des ressources nationales; la coopération au développement; un environnement mondial favorable à l’investissement à long terme; l’aide aux pays ayant des besoins urgents, tels que ceux qui sont touchés par des crises ou des catastrophes; et enfin les partenariats avec le secteur privé.

La plupart de ces propositions sont reprises dans le « rapport du Groupe de réflexion interinstitutions sur le financement du développement » que le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Liu Zhemin, a présenté.  Le rapport note que la reprise cyclique de l’économie est l’occasion d’élaborer des politiques contre les problèmes tenaces et d’accélérer la réalisation des objectifs de développement durable.

Pour aller de l’avant, le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a annoncé la tenue, en septembre prochain à New York, d’une réunion de haut niveau sur le financement de ces objectifs.  Un financement qui doit être inclusif et ne laisser personne de côté, a martelé la Présidente du Conseil économique et social (ECOSOC), Mme Marie Chatardovà, qui a livré cinq messages.

« Ce qui importe, c’est un système mondial équitable », car, a expliqué le Haut-Représentant du Fonds pour la paix de l’Union africaine, « si vous êtes sur le Titanic, peu importe que vous soyez en première classe ou en troisième classe, vous ne vous en sortirez pas seul ».   M. Donald Kaberuka a en effet expliqué que contrairement aux objectifs du Millénaire pour le développement qui plaçaient l’aide publique au développement (APD) au centre de tout, le Programme 2030 met en avant la mobilisation des ressources nationales.  Si l’Afrique renforçait cette mobilisation de seulement 13%, elle n’aurait aucun problème à réaliser le Programme 2030, a-t-il affirmé, alors qu’aujourd’hui, il manque à son continent quelque 2 500 milliards de dollars par an.

Le Haut-Représentant a donc réclamé des améliorations dans le fonctionnement des institutions financières internationales et le commerce mondial, sans oublier de fustiger les relents du protectionnisme.  Il a tout de même plaidé pour l’augmentation de l’APD mais une « APD intelligente », celle qui va d’abord aux pays fragiles comme la Syrie, le Yémen ou la République centrafricaine.  Traiter de la fragilité, ce n’est pas seulement un problème d’argent, c’est mettre en place des institutions permettant aux gens de prendre en main leur destin et d’entreprendre.  L’« APD intelligente », a-t-il poursuivi, c’est celle qui mobilise les marchés et qui réduit les risques par la création des richesses.

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