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La dérive continue du dinar face au dollar et à l’euro requiert de faire primer l’intérêt national sur celui des différends lobbys, en rompant avec la surconsommation des produits importés, par les voies légales et illégales, a affirmé Achraf Ayadi, expert bancaire et financier à Paris.
Dans une interview avec l’agence TAP, Ayadi traite aussi des questions des réserves en devises, de la dette publique, de la Loi de Finances…

Quelle lecture faites-vous de la dérive continue du dinar face au dollar et à l’euro ? Est-il possible d’arrêter cette dérive ?

Tout d’abord, tous les spécialistes vous diront que l’inflation importée a un poids prépondérant dans le glissement du dinar. Le peu de maîtrise que nous avons montré jusque-là, de nos importations et de notre balance commerciale, se répercute directement sur le glissement de la valeur de notre monnaie.
Aussi, il faut qu’à un moment nous puissions rompre le cercle vicieux de la surconsommation des produits importés, par les voies légales et illégales, et de la destruction des emplois nationaux. Nous devons faire des choix patriotiques en faveur de l’intérêt national dans sa globalité, et non pour le bénéfice de quelques lobbys. Ceci relève des prérogatives du politique et n’a rien à voir avec les choix économiques.

Les réserves en devises de la Tunisie poursuivent leur tendance baissière, inquiétante de l’avis de certains analystes. Comment analysez-vous cette tendance ?

Le meilleur remède contre cette tendance est bien connu : exporter, attirer les investisseurs directs étrangers et rendre l’activité touristique plus rentable. Toutes ces activités alimentent les réserves en devises. Or, les secteurs exportateurs ont besoin d’être beaucoup plus soutenus, repositionnés sur les bons segments de la chaîne de valeur, notamment dans le secteur industriel. Nous perdons des parts de marchés à l’export dans le secteur des TIC à mesure que les ingénieurs et les compétences expérimentées quittent le pays vers l’Europe.
Ensuite, pour attirer les investissements directs étrangers en devises, il faut d’abord qu’il y ait une reprise de l’investissement local, actuellement plombé par des taux d’intérêts difficilement supportables pour les entreprises, dans un environnement peu porteur.
Enfin, pour ce qui concerne le tourisme, il est étonnant de voir sa faible contribution dans le renflouement des caisses. Notre positionnement sur le balnéaire, le “all-inclusive” et les “basse-moyenne gammes” est peu rentable. L’écart entre la situation d’endettement de certaines entreprises hôtelières en difficulté contraste, à la fois, avec une bonne saison 2018, et la bonne santé patrimoniale de certains hôteliers à titre personnel. Les services fiscaux ont-ils vraiment fait leur travail ?
Toujours est-il que l’accroissement de nos engagements en devises auprès de l’étranger ne fait qu’aggraver la situation. Il faut alimenter les caisses et réduire le service extérieur de la dette pour avoir des réserves à un niveau suffisant. C’est une question de souveraineté nationale.

Quel commentaire vous inspire le niveau actuel de la dette publique ? Cette dette est-elle encore soutenable ?

La vraie question n’est pas si le niveau de la dette est soutenable dans l’absolu ou pas. Je préfère que l’on se concentre sur le niveau de la croissance. Est-ce que notre niveau actuel de croissance est compatible avec notre endettement actuel ? Est-ce que la valeur créée par notre économie est capable de couvrir nos engagements ? Est-ce que l’Etat et les services publics sont des accélérateurs du reste de l’économie ? La réponse est évidemment non pour toutes ces questions. Nous nous endettons en devises pour payer des dettes anciennes en devises. Jusqu’où et jusqu’à quand nos bailleurs de fonds étrangers vont continuer à nous suivre ? Nos erreurs nous ont quelque peu mis à leur merci. C’est, encore une fois, une question de souveraineté nationale.

La croissance de 2,8% enregistrée au cours du 2e trimestre 2018 ne traduit-elle pas une certaine reprise ?

La situation économique est critique. Combien d’emplois le taux de croissance réalisé a-t-il bien pu créer à son niveau actuel ? A quelle hauteur ce taux de croissance nous permet-il d’honorer nos engagements internationaux auprès des bailleurs de fonds ? Ne provient-il pas d’évènements exceptionnels dont nous ne pouvons pas garantir la pérennité (saison agricole, tourisme, etc.) ?
Nous parlerons de reprise lorsque les progrès économiques enregistrés seront soutenables dans le temps, liés à des réformes solides et des réalisations récurrentes.

Quelles sont, selon vous, les pistes (réformes, mesures…) à engager pour déclencher une véritable relance de l’économie ?

Certaines des 68 mesures du document de Carthage 2 sont intéressantes. Elles ne sont pas révolutionnaires, elles ne constituent pas une politique économique en tant que telle, mais constituent un plan d’action à court terme (6-9 mois). Mettons-les en application, à défaut de mieux.
Pour le long terme, il faudra lancer de véritables réformes de rupture avant d’être obligé de les faire, la gâchette des bailleurs de fonds sur la tempe. Tous les changements que nous pourrons entreprendre par nous-mêmes, avec un esprit réformateur et positif, dans l’administration publique et dans l’économie en général, pour libérer les énergies et améliorer l’efficacité des acteurs, ne devront pas nous être imposés de l’étranger. Ce serait une erreur historique.

De quels paramètres faut-il tenir compte dans le cadre de la loi de finances 2019 ?

Plus intéressant encore que la loi de finances 2019, celle complémentaire de 2018 ! J’aimerais bien savoir comment le gouvernement réussira à clôturer – comptablement parlant – ressources et emplois de cette année. Le moment politique est délicat : qui sont les lobbys qu’il va falloir ménager ? Qui sont ceux qu’il va falloir sacrifier ? Comment faire passer la pilule amère de la baisse de la compensation ? Quelle est l’étendue de cette baisse ? Quelles mesures de decashing seront imposées pour réduire le poids de l’économie informelle et remettre de la liquidité dans les comptes bancaires ? Quelles mesures fiscales pour réduire la fraude et augmenter la contribution sans plomber l’investissement national ? Comment attirer l’investissement étranger sans creuse le gap entre l’onshore et l’offshore ?
Une loi de finances n’est pas qu’un casse-tête budgétaire. C’est aussi la transposition sur une année d’une stratégie plus globale. Je ne suis pas sûr que nos dirigeants actuels aient une réelle vision de l’économie nationale au-delà des élections de 2019.

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L’économiste et consultant en stratégie d’investissement, Sadok Jebnoune a indiqué, dans une interview accordée à Africanmanager, que le dinar tunisien a perdu, depuis juillet 2008, 137% de sa valeur face au dollar américain, avant de souligner que la chute de la monnaie nationale s’est accélérée depuis l’année 2016 où elle a perdu 40% de sa valeur devant l’euro.

Le glissement du dinar est devenu plus perceptible entre août 2017 et août 2018 où sa valeur a baissé de 11,1% par rapport à l’euro et de 10,7% par rapport au dollar. Ajoutons à cela la hausse du chômage à 15%, l’augmentation de l’inflation à 7,8% et la baisse des réserves en devises à 69 jours d’importation.

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La valeur du dinar tunisien continue son petit bonhomme de chemin vers la baisse, tant dans le désintérêt national que dans l’incapacité de faire quelque chose pour donner du Peps au cours du dinar tunisien face à l’euro européen et au dollar américain notamment. Une ministre avait perdu son fauteuil car elle avait dit que l’euro vaudra bientôt 3 DT. Un gouverneur de banque centrale avait été changé, car il affirmait ne rien pouvoir faire pour redresser le Dinar. Depuis le 18 mai, nous y sommes. Selon le site de la BCT, 1 euro vaut désormais un peu plus de 3 DT. Pour l’exactitude, il faudra présenter 3,0301 DT aux bureaux de change pour acheter un euro.

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«Le dinar tunisien doit encore se déprécier cette année si le pays veut relancer les exportations et relancer une économie secouée par des bouleversements politiques depuis son soulèvement de 2011, a déclaré le Fonds monétaire international ». C’est ce que rapporte ce mercredi 4 avril 2018 le site de Bloomberg. «Je ne pense pas que nous ayons besoin d’un grand mouvement d’équilibre vers le bas, je pense que nous n’en sommes pas loin », a déclaré le chef de mission du FMI en Tunisie, Björn Rother, à Bloomberg. «Je ne pense pas non plus que nous ayons besoin d’un ajustement brutal» a-t-il ajouté à la même source. Selon Bloomberg toujours, Rother a aussi indiqué que le taux de change réel du dinar était désaligné de 10 à 20%.

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«La pression augmente sur le dinar tunisien et notre scénario central est que le FMI poussera les autorités à relâcher leur emprise sur la devise dans un proche avenir. Cela devrait entraîner une baisse de 10% de la devise par rapport à l’euro d’ici la fin de l’année. Mais il y a un risque croissant que les autorités ignorent le Fonds et gardent un contrôle serré sur le dinar, conduisant à un ajustement plus désordonné plus loin». Cette malheureuse hypothèse d’une possible dégradation de la valeur du Dinar tunisien est rapportée par le site londonien «Capital Economics», une société qui se définit comme l’une des principales sociétés indépendantes de recherche économique dans le monde.

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Après un démarrage en trombe, en conclave avec les banques pour plancher sur le problème de la liquidité et forger la politique du secteur, le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi et ses collaborateurs ont dévoilé ce jeudi 08 mars 2018, devant la presse, les grands axes de son plan d’action. L’essentiel pour redresser la barre y est, il faudra après y ajouter une bonne dose de courage, beaucoup d’imagination et une persévérance à toute épreuve pour aller au bout de cette affaire. Car la situation économique du pays est compliquée, périlleuse à bien des égards, et d’ailleurs le patron de la BCT ne s’en cache pas.

Le communiqué qui a été émis suite à la rencontre plante d’emblée le décor : l’institution en charge de la politique monétaire de la Tunisie assume ses responsabilités, toutes ses responsabilités. “La Loi N° 2016-35 relative au statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT) stipule clairement que l’objectif premier de la Banque centrale est de maintenir la stabilité des prix“, indique le texte dont Africanmanager a reçu copie. C’est on ne peut plus clair. Restent les moyens pour toucher au but : “Pour atteindre son objectif de stabilité des prix, la BCT ajuste le niveau de son taux directeur, qui influe directement, via les mécanismes de transmission de la politique monétaire, sur les conditions de financement de tous les agents économiques et, par conséquent, sur la croissance et la stabilité des prix“, dit le communiqué. Le souci c’est que de la croissance il n’y en a pas eu en 2017, en tout cas pas au niveau escompté par le chef du gouvernement et les citoyens. Ce ne sont pas les 1,9% qui vont faire redémarrer significativement la machine économique, remplir les caisses des entreprises et du Trésor publics, gonfler le flux des recettes fiscales, donner du boulot aux jeunes, etc. Idem pour la stabilité des prix. Là aussi l’inflation qu’on a eue en 2017 et celle que la BCT nous prédit pour 2018 sont très parlantes en termes d’instabilité des prix.

Le cadre opérationnel de la mise en œuvre de la politique monétaire est conçu pour orienter le taux d’intérêt interbancaire au jour le jour vers des niveaux proches du taux directeur de la BCT. En effet, le taux au jour le jour a une influence directe sur le taux moyen mensuel du marché monétaire, qui est un taux de référence largement utilisé par le système bancaire tunisien. Par conséquent, le cadre opérationnel joue un rôle important en garantissant que la BCT arrive à atteindre son objectif de préservation de la stabilité des prix“. D’ailleurs Abassi n’a pas mis beaucoup de temps pour faire mouvement dans ce sens, et  très énergiquement. Mais il faudra du temps pour en récolter les fruits, au meilleur des cas en 2019. Donc patience…

Quant aux causes de cette inflation qui monte, monte et empêche les dirigeants du pays, mais pas qu’eux, de dormir, la BCT en dit les choses suivantes :

L’inflation a affiché une tendance à la hausse depuis le début de 2016, enregistrant une forte accélération en février 2018 pour atteindre 7,1% en glissement annuel contre 4,6% au même mois de l’année. Les principaux facteurs sous-jacents aux pressions inflationnistes sont :

  • la hausse des cours mondiaux des matières premières.
  • La dépréciation importante du taux de change du dinar en raison d’un déficit croissant du compte courant.
  • La hausse de nombreux taux d’imposition (TVA, taxes à la consommation et droits de douane) selon la loi de finances 2018.
  • L’augmentation des prix intérieurs de l’énergie.
  • L’augmentation des prix des services privés (santé, transport et autres).
  • La baisse de la production domestique d’aliments frais (persistance de faibles précipitations).
  • La persistance de la perturbation des canaux de distribution et le comportement de majoration excessif des prix“.

Voilà pour les explications. Place maintenant à la recette de la BCT pour nous corriger tout ça et nous mijoter une embellie qui rendra le sourire à tout le monde :

En fonction des indicateurs avancés sur la croissance de l’économie et des prévisions de l’inflation, la Banque centrale prendra les mesures nécessaires dans le cadre d’une politique monétaire proactive.

Ce stance de politique monétaire contribuera à rétablir des taux d’intérêt réels positifs afin d’améliorer l’allocation des ressources et de stimuler l’épargne intérieure. Au total, nous prévoyons que la liquidité bancaire s’améliorerait parallèlement à la reprise de l’économie nationale (compte courant, exportations, tourisme, IDE …)

Aussi, et en tant qu’outil principal dans la stratégie de réduction du volume de refinancement, les opérations d’open market sous forme d’achat ferme seront réactivées incessamment“. Chiche ! A part peut-être deux éléments : D’abord le fait que les dattes et l’huile d’olive, deux produits par définition aléatoires car dépendant du climat et des saisons, pèsent autant dans les exportations du pays. La Tunisie mérite mieux que ça, au regard de ses talents ; il faudrait, par exemple, un poids plus important des produits à haute valeur ajoutée lesquels eux ne dépendent de rien d’autre que la matière grise et surtout rapportent plus ! Demandez aux Chinois, aux Sud-Coréens, aux Indiens, etc. Autre bémol : Cette focalisation sur le tourisme, un secteur tout aussi aléatoire. Les attentats du Bardo et de Sousse, hélas, nous le rappellent encore…

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Dans un rapport de synthèse sur la rencontre, organisée par ses soins sur le thème de «La Crise du Dinar Tunisien, Etat des lieux et Perspectives», le département «Stratégie et Prospective» de l’ITES (Institut des études stratégiques) a estimé que «en quatre ans, le dinar tunisien a perdu 49% de sa valeur pour s’échanger au début de l’année 2018 contre 2.40 dollars US, soit l’un des plus bas niveaux historiques face à cette devise. Depuis une année, le dinar tunisien était à 2,30 dollars, accusant une chute qui se poursuit depuis 2011. Concernant l’euro, le cours moyen sur le marché interbancaire est de 2,72 dinars en 2017, contre 2,15 en 2013 et 1,95 en 2011 (près de 39% depuis).  Il est clair ainsi que les cours de change du TND par rapport à l’euro et au dollar ont décroché au-dessus des barres symboliques à plus de 2,4 vis-à-vis de l’euro et à plus de 2,1 vis-à-vis du dollar». Jusque-là de simple constations, d’une évidence affligeante. Petit baume au cœur : «le dinar tunisien n’est pas la seule monnaie en baisse, à l’heure actuelle. A l’instar du dinar tunisien, le dinar algérien a accusé une perte de 6% en 2017 par rapport au dollar et une baisse de 18% par rapport a l’euro. Le dinar Marocain 17% par rapport à l’euro. Celle–ci s’est envolée de 4% par rapport à toutes les monnaies».

  •  La BCT n’y est pour rien et ne peut rien faire

Les experts de l’ITES l’avouent : «la Banque Centrale de Tunisie (BCT) n’ayant pas d’impact sur l’ajustement des facteurs macro-économiques, elle ne peut que recommander de limiter les importations non essentielles et de redresser les secteurs exportateurs». Et de préciser que «depuis 2010, la BCT n’a d’autre objectif que de maintenir la stabilité du taux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat. La baisse maitrisée du taux entre 2 et 4% par an a permis de donner la main Market Makers qui ont eu à gérer des positions de compte négatives». Et l’ITES de se demander, comme pour dire que la BCT n’a «ni chameau, ni chamelle dans l’affaire لا ناقة لها ولا جمل», «avec un déficit commercial qui a doublé, un déficit courant qui ne couvre plus le déficit commercial, et un déficit des investissements étrangers qui ne couvre plus le service de la dette, quelle marge reste-t-il à la BCT pour limiter le glissement ?».

⦁ Les 14 recommandations de l’ITES, pour relever le Dinar

Tout cela, n’a pas empêché les experts de l’ITES de faire quelques recommandations.

  1. Limiter les importations et les franchises (surtout pour les produits agroalimentaires et textiles fabriqués en Turquie ou en Chine, qui ont un impact immédiat sur la compétitivité des produits tunisiens à l’export et même sur le marché local). Signer des accords de lignes de financement pour l’importation et réduire le gap par des investissements directs. La meilleure façon de limiter l’importation, à part les mesures fiscales, c’est une certification tunisienne. C’est diplomatiquement correct en plus.
  2.  Augmenter la liquidité disponible et l’épargne (accélérer l’inclusion du Mobile Banking et rationaliser les crédits de consommation via des limites prudentielles imposées par la BCT, communiquer davantage sur les comptes CEA, Assurances vie, FCPR, etc., comme conduits légaux de défiscalisation pour récupérer la liquidité dormante des professions libérales, accélérer la mise en place du cadre réglementaire de la titrisation pour monétiser les actifs dans les bilans de banques et leurs permettre de s’autofinancer).
  3. Puiser sur les niches de liquidité en devises :Cela veut dire encourager les banques à placer dans les entreprises publiques, leur enlever la taxe sur le revenu des opérations de syndication de financement des sociétés pour que ce soit économiquement faisable, procéder aux opérations de Repurchase agreement des avoirs de titres étrangers de la banque centrale pour monétiser son portefeuille obligataire, accélérer la vente des participations non stratégiques de l’Etat (les positions minoritaires dans les banques privées et autres sociétés). Mais aussi négocier avec des banques de détail étrangères, l’émission ciblée de certificats de dépôt ou bons de trésor dédiés aux Tunisiens résidents (comme un produit d’investissement), mettre en place le cadre règlementaire du «crowd funding», travailler sur un programme de MTN (Medium Term Notes) qui est plus léger à mettre en place qu’une émission obligataire et donc offre plus de garantie à l’investisseur.
  4. Il faut activer les mesures de gouvernance et d’austérité sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat et des entreprises publiques : Parc auto, consommation d’essence, approvisionnement, abus de biens, etc. Remplacer les avantages en nature octroyés aux fonctionnaires et dirigeants d’entreprises publiques par des allocations fixes.
  5. Activer le texte d’application de la création des fonds off-shore pour pouvoir créer des fonds dédiés aux sociétés totalement exportatrices et la création des fonds de capital retournement ou restructuration (distressed funds) pour nettoyer les bilans de banques ;
  6.  Mise en place d’accords de netting entre les entreprises publiques (entre elles et avec les banques) pour alléger le risque de défaut systémique.
  7. Négocier une stand-by facility avec les institutions internationales et élargir la fourchette de volatilité, sous le contrôle d’un currency board, (proposer une amnistie où on imposera 20% de taxe au lieu de 35% et 15% iront à un fonds dédié chez la CDC en tant qu’investissement au nom du détenteur, bien sûr accompagnée de mesures correctives, même pénales, après un certain délai en cas de désobéissance).
  8. Accélérer la mise en place de l’IFRS (les investisseurs étrangers voudraient lire des états financiers aux normes internationales pour plus de transparence), simplifier en urgence la fiscalité et les autorisations.
  9.  Prendre des mesures de sauvegarde qui ne sont pas en contradiction avec le statut de convertibilité courante du dinar (la taxation de certains produits à l’importation, le recours aux avoirs logés dans des comptes professionnels en devises).
  10.  Réviser le régime de change en changeant le fixing qui n’est autre que le reflet des cours de change de l’interbancaire, par un régime de flottement libre mais encadré par un corridor, à l’instar du serpent monétaire avant l’euro.
  11. négocier des opérations de swaps devises/dinars à moyen terme avec les pays partenaires et amis.
  12.  Accorder une attention particulière à la problématique du marché parallèle pour le ramener dans le circuit officiel.
  13.  Préserver les sites de production de matières premières qui constituent des sources de revenus en devises très importantes.
  14.  Rééquilibrer les comptes extérieurs, maîtriser l’inflation, la relance du rythme de croissance de l’investissement et de l’épargne pour une meilleure tenue de la monnaie nationale.

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Le taux de change n’est en fin de compte que le pur produit des forces et faiblesses de l’économie nationale, d’où l’importance d’en consolider les atouts et d’en circonscrire les faiblesses“, a déclaré, mercredi 31 janvier 2018, le représentant de la Banque centrale de Tunisie, Ahmed Tarchi.
Participant à un séminaire organisé à Tunis, par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et la fondation allemande, Konrad-Adenauer Stiftung, sur le thème “la crise du dinar tunisien : état des lieux et perspectives“, il a souligné que “si la décision du flottement de la monnaie a été prise par nombre de pays en crise, comme étant le seul rempart contre l’épuisement de leurs réserves de change, la Tunisie n’est pas du tout dans cette situation. Nous n’avons pas une pénurie en devises. Le stock des avoirs en devises reste à un niveau rassurant, au vu de notre capacité de mobilisation des financements extérieurs via le canal multilatéral ou sur le marché international des capitaux. La maitrise des déficits jumeaux, la relance de la croissance et la poursuite des réformes structurelles sont les gage de cet élan“.

Toujours selon lui, “pour réunir les conditions du rétablissement d’une croissance économique pérenne, et stabiliser par conséquent le dinar d’une manière structurelle, il serait primordial que le pays adopte une vision et une démarche volontaristes focalisées sur la stabilisation macroéconomique et notamment sur la maitrise des déficits jumeaux“.
A cet égard, “des actions prioritaires devraient être mises en œuvre, dont le redressement de la productivité de l’économie à travers la contribution de tous ses facteurs ( travail, capital et technologies), la définition de manière claire de politiques sectorielles qui doivent assurer la diversification de la base des exportations en renforçant les industries manufacturières et toute activité innovante et abaisser les importations“, a-t-il précisé.

Il s’agit également, toujours selon lui, de “redéfinir les modes de gouvernance des entreprises publiques sur la base d’un nouveau business-modèle basé sur la performance, de maitriser la consommation grandissante et à première vue incompréhensible de l’énergie qui demeure sans commune mesure avec la lenteur du rythme de croissance du PIB, de réviser la politique commerciale y compris celle relative aux franchises, de réactiver avec tous les pays partenaires, les mécanismes de l’indice de coopération industrielle qui consacre le principe de l’importation contre l’exportation, et de réprimer la contrebande et le marché parallèle, à travers l’application de la loi et de sanctions sévères et effectives“.
Tarchi a encore fait savoir que “la politique de change adoptée par la BCT cherche à maintenir la valeur du dinar dans une trajectoire d’équilibre réel qui tout en favorisant une croissance saine, reflète les fondamentaux économiques du pays et ses équilibres intérieurs et extérieurs. Ceci implique que le dinar s’affaiblit lorsque les déséquilibres extérieurs s’accentuent et se raffermit et s’apprécie à mesure que l’on redresse ces déséquilibres“.

De son côté, l’ancien directeur général de la BCT Mohamed Salah Souilem a affirmé, dans une déclaration à l’agence TAP, que “le taux de change est l’indicateur le plus important dans une économie, parce que toute variation de ce taux affecte toutes les importations (biens de consommation, biens d’équipements) et se transmet à l’économie“.
Et de poursuivre “toutefois, la période de transition, qui n’est pas encore à sa fin, a induit des dérapages économiques énormes : affaissement de la croissance, montée des déficits courant et budgétaire, hausse de l’endettement public, augmentation de l’endettement extérieur…, et partant, du taux de change étroitement lié aux fondamentaux de l’économie. Sur les 7 dernières années, le dinar a perdu plus de 40% de sa valeur par rapport au dollar et plus de 35% par rapport à l’euro. Cette baisse a touché pratiquement, toutes les cotations des devises étrangères par rapport au dinar“.

A la question de savoir si on a atteint le taux de change d’équilibre et résorbé cette surévaluation du dinar, Souilem pense que “le dinar tunisien est une monnaie qui n’est pas du tout chère, les perspectives ne peuvent être que meilleures surtout en perspective de la reprise de la croissance et de certains secteurs pourvoyeurs de devises (phosphates, énergie, tourisme, agriculture) qui ont vu leur recettes en devises chuter“.
Je reste persuadé que le dinar ne peut que s’améliorer dans un avenir proche pourvu que la psychologie du marché qui est un autre déterminant important du taux de change, sorte d’un pessimisme exagéré, à un optimisme réaliste. Les perspectives du dinar tunisien sont beaucoup plus vers la stabilisation, si ce n’est une légère appréciation“, a-t-il insisté.
Cela implique, selon lui, “la responsabilité de l’ensemble des acteurs. Les banques, elles, doivent constituer une sorte de bouclier par rapport au dinar, la BCT doit continuer à être présente sur le marché pour l’irriguer en devises en cas de besoin. L’Etat doit, de son côté, faire en sorte qu’il y ait une meilleure maitrise de l’endettement public et extérieur et une plus grande rigueur en matière de gestion des finances publiques. L’ensemble de ces éléments pourrait contribuer à réduire le déficit courant et le déficit budgétaire et à améliorer le stock de réserves de la Banque centrale qui constitue la force de frappe de la banque centrale sur le marché“.

Pour sa part, le membre fondateur et membre du comité stratégique du Cercle des Financiers Tunisiens, Nabil Chahdoura, interrogé par la TAP, a estimé “qu’un glissement du dinar ne peut être qu’inquiétant étant donné son impact sur l’inflation importée. Son impact positif sur la compétitivité, reste toujours à prouver parce que le dinar glisse depuis des années et nous ne voyons encore pas d’impact sur le niveau des réserves et sur les exportations“.
Chahdoura estime que “l’action ne devrait pas toucher au dinar, n’étant que le miroir de la situation économique. Il faut s’attaquer aux paramètres et agrégats économiques ayant causé cette dépréciation du dinar. Tous les efforts doivent être concentrés sur la réduction des déficits jumeaux. Pour cela, il faut travailler sur les canaux de l’amélioration de l’épargne nationale et de l’attractivité pour les fonds étrangers mais également sur l’amélioration de la gestion et de la gouvernance de l’administration publique en termes de dépenses de fonctionnement“.

Interrogé sur le rôle de la BCT, à cet égard, il a précisé que “la Banque Centrale joue le rôle de l’équilibriste entre une volonté de calmer la tendance inflationniste due au glissement du dinar et une volonté de garder un certain niveau de compétitivité du dinar pour assurer un niveau de réserves intéressant . Mais je pense que l’institut d’émission est trop allé dans le sens de la flexibilité sur le dinar. A ce titre je dirais qu’ Il faut avoir un glissement dosé, contrôlé, pour qu’on puisse donner le temps aux agrégats économiques de s’améliorer avec des batteries de lois, de stratégies et de politiques adéquates”.

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Le secrétaire général de l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), Nourredine Taboubi, est tombé à bras raccourcis sur le gouverneur de la BCT (Banque Centrale de Tunisie), Chedly Ayari, responsable, à ses yeux, des difficultés économiques du pays. Le leader de la centrale syndicale a déclaré, sur Mosaïque Fm hier jeudi 25 janvier 2018 dans la soirée, qu’il est temps d’envisager le départ d’Ayari.
Toute chose a une fin, a indiqué Taboubi, avant d’ajouter que «des indicateurs économiques tels que le glissement du dinar et les problèmes auxquels fait face l’économie tunisienne militent pour un changement du gouverneur de la Banque centrale». Il a conclu en ces termes : «Il est temps que d’autres compétences assurent la relève»…

Ayari, qui a survécu aux tentatives de déboulonnement ébruitées par la presse en mai 2017, laquelle avait même avancé une liste de successeurs potentiels, doit maintenant se frotter à l’UGTT. On verra si la centrale syndicale va persister dans sa requête ou si c’est juste un feu de paille, et si, le cas échéant, l’actuel gouverneur de la BCT sera capable de résister à la tempête…

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La devise européenne a atteint récemment des plus hauts niveaux de trois ans contre dollar, franchissant légèrement 1,2170 vendredi 12 janvier. Les données macroéconomiques européennes annoncent en effet de bonnes perspectives pour 2018. La croissance européenne est attendue en hausse de 2,5% en 2018, sa meilleure performance depuis 2007, soutenue par la demande interne et les exportations. C’est ce qui amène les marchés à prévoir un ajustement prochain de la communication de la BCE, par rapport à sa politique monétaire, pour tenir compte de ces révisions des perspectives de croissance : tout d’abord à travers sa « forward guidance » (dès avril probablement).

On pourrait ainsi s’attendre à un focus sur la tendance future des taux et l’annonce d’une sortie possible des taux négatifs. Ensuite, la fin des rachats d’actifs dès septembre (en maintenant toutefois le réinvestissement des tombées de maturité), et enfin une probable hausse de taux dès décembre, entamant la sortie effective de la politique de taux négatifs. En face, le dollar américain, malgré la réforme fiscale américaine, souffrirait de la perception d’un mauvais management à la tête des Etats-Unis et d’un cycle de hausse de taux plutôt modéré par rapport à ce qui a été espéré au début. Ces perspectives augurent d’une poursuite de la hausse de l’euro en 2018, vers 1,27 et même 1,30 selon certains analystes.

Quid du dinar dans ce cas ? Nul doute que la monnaie tunisienne, qui subit les forces de l’évolution des parités internationales comme toute autre devise, serait impactée par cette tendance. Mais plutôt que d’y voir un inconvénient, le renforcement de l’euro contre dinar serait un facteur favorable aux exportations nationales vers la zone euro, et à l’attractivité des IDE en provenance de cette région. Point de catastrophisme donc ni de lamentations, un dinar plus faible face à l’euro, c’est de la compétitivité et des investissements en plus, du chômage et des déficits en moins. Alors, le dinar baisse, parce que l’euro s’apprécie contre toutes les autres monnaies ? Réjouissez-vous !

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Selon les derniers chiffres, mis à jour le 9 janvier 2018 par la BCT, l’Euro est à 2,9503 Dinars tunisiens et le Dollar US valait 2,4827 DT. Selon la dernière Note de conjoncture de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), depuis la fin de 2016 et jusqu’au 15 décembre 2017, le dinar a perdu 17,3% et 6,1% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et du dollar américain, respectivement.

N’étant pourtant pas encore dans une situation de libéralisation complète de leur monnaie locale, les Tunisiens s’intéressent à l’évolution quotidienne du dinar tunisien (DT) face aux deux principales monnaies étrangères de son commerce extérieur. Les évolutions du DT deviennent même un sujet de débat politique et la baisse de sa valeur devient un des alibis des attaques contre la politique du GUN (gouvernement d’union nationale) et contre le gouverneur Chedli Ayari, à qui opposition et expertes de tout acabit demandent d’intervenir, alors qu’il peine à tenir le niveau de réserves minimal de 90 jours en termes de couverture des importations.

  • La parité Euro/USD impacte aussi le DT et pas que … !

Ce qui est certain, selon un Cambiste d’une des salles de change tunisiennes, qui requiert l’anonymat, «les questions qui se rapportent à la dynamique des taux de change et des marchés et aux ajustements macroéconomiques qui en découlent sont très complexes et difficiles à discerner». Selon cette même source, «la valeur du dinar n’est pas seulement le reflet de l’état de l’économie nationale. L’évolution de l’euro sur le marché international et plus particulièrement sa parité face au dollar, joue un rôle déterminant dans la variation de la valeur de la monnaie nationale. La preuve est que sur toute l’année 2017 le dinar a baissé, de seulement 6% contre le dollar, alors qu’il a accusé une baisse de 18% face à l’euro suite à la hausse fulgurante de ce dernier contre pratiquement toutes les monnaies des pays avancés et émergents également». On comprend ainsi que la chute de la valeur du DT n’est pas due qu’à des facteurs économiques et financiers proprement tunisiens. Comme d’autres monnaies, le DT subit aussi et internalise l’interaction entre les deux principales monnaies de ses échanges commerciaux que sont l’USD (‎$) et l’Euro (€). Ce qu’on ne sait pas, c’est à quelle proportion, mais certains experts financiers tunisiens vont jusqu’à affirmer que ce que la Tunisie subit de son propre fait est nettement moins important que ce qu’elle subit par le biais du choc exogène qui provient d’un mouvement, indépendant de sa volonté, d’un taux de change Euro/Dollar US.

L’euro a aussi bondi en 2017 de 15% contre le dollar et de 10% contre le yen japonais. Les déboires des monnaies émergentes ont été encore plus prononcés pour certaines, avec une baisse de 18% de la livre turque, de 16% du dinar algérien, de 14% du réal brésilien, de 13% du péso philippin et du dinar jordanien, comme le montrent les deux tableaux ci-contre. Ces derniers montrent aussi que la dévaluation n’a pas touché que la monnaie tunisienne, il y a aussi le Dirham marocain, qui a baissé de 5,1 % par rapport à l’Euro, une baisse de 15,6 % pour le Dinar algérien, l’Ukraine (-18,9 %) et même le Japon (-9 % en 2017).

Variation des taux nominaux de certaines monnaies contre l’USD

Variation des taux nominaux de certaines monnaies contre l’Euro

  

Des chiffres qui devraient ainsi pousser, dans une analyse apolitique, à relativiser la baisse de la valeur du DT. Notre source cambiste estime ainsi que «le niveau des 3 DT face à l’euro du dinar qui a été évoqué récemment, ne peut pas être considéré comme un niveau représentatif de la valeur actuelle de la monnaie nationale».

  • Ce que BCT fait pour le Dinar et ce qu’elle ne peut faire !

Les banques Teneurs de Marché (TDM) et qui gèrent plus de 80% du volume du marché des changes cotent actuellement le taux de change de l’euro/dinar à 2.95 sur le marché interbancaire, et c’est le niveau du fixing publié par la Banque centrale de Tunisie (BCT) pendant les dernières journées et qui représente la moyenne des cours du dinar cotés par les TDM. Or, il se trouve que certaines banques vendent l’Euro ou l’USD plus cher au client Lambda. C’est ce qui fait constater à certains que l’Euro est déjà à plus de 3 DT.

Selon nos informations, la BCT dispose pourtant d’un système d’information qui lui permet de collecter en temps réel toutes les transactions effectuées sur le marché des changes interbancaire, ce qui lui offre un tableau de monitoring très efficient. Ce système lui permet de sanctionner les dépassements de certaines banques, et elle ne s’en prive pas, nous assure-t-on à la BCT, même si elle ne fait aucune communication officielle à ce sujet.

Le marché des changes est en effet le réceptacle de l’offre et de la demande de devises contre le dinar, sa régulation se fait aussi en réduisant le gap entre la quantité de devises offerte et demandée qui ne se fait pas seulement via les injections de devises par la BCT. L’évolution de la valeur du taux de change se trouve également au centre de cette dynamique de régulation qui implique des arbitrages qui ne sont pas toujours évidents entre le niveau des cours, le stock des réserves disponible et le rythme de renouvellement de ce stock de devises qui permet d’assurer les règlements des engagements financiers de la Tunisie vis-à-vis de l’extérieur, outre son rôle de coussin de sécurité contre le risque des crises de change.

Plus que cela, la BCT ne peut faire. Il lui faudrait sinon plus de devises à dépenser pour une régulation plus directe qui satisferait en plus tous les obnubilés, politiciens, experts et autres observateurs, par le maintien des réserves à 90 jours d’importation. La BCT s’y était déjà essayée et avait dépensé vainement quelque 400 MDT. «Injecter de des devises dans cette conjoncture économique très difficile de la Tunisie, ne servirait qu’à faire très peu bouger le taux de change du Dinar, car les fondamentaux de cette économie en crise le ramèneront sitôt à la valeur du marché», assure notre Cambiste.

Le maintien de ce stock à des niveaux confortables est toutefois tributaire d’un ensemble de facteurs, principalement une croissance pérenne et la maîtrise des déficits jumeaux via notamment la lutte contre l’économie parallèle et contre la corruption et l’évasion fiscale, le redressement de la productivité de l’économie tunisienne à travers la flexibilisation du marché de travail et la réforme de l’administration.

Un autre point focal qu’il y a lieu également de considérer et qui concerne la révision de la politique actuelle des franchises, qui constitue de plus en plus un frein pour l’industrie manufacturière et une incitation à la désindustrialisation au profit des activités de distribution des marques internationales et des biens de consommation importés. Revoir aussi la politique de distribution des dividendes pour les banques étrangères installées en Tunisie, ainsi que la politique des conventions, au sein de ces mêmes banques, qui transfèrent chaque année des dizaines de millions de DT à leurs société-mères.

C’est bientôt la fin de l’année et chacun y va de son petit bilan et de ses projections pour 2018. Ce vendredi 29 décembre, c’est ceux de Achraf Ayadi, expert en banque et finance résidant à Paris, qu’il a publiés sur sa page Facebook, qui ont retenu notre attention. Et pour cause : il résume toutes les difficultés sur le chemin du chef du gouvernement, de tous les citoyens, pour ne pas dire toutes les tuiles qui vont nous tomber sur la tête en 2018. Bon courage à tous !

* L’EUR en route vers 3 TND
* L’USD en route vers 2.5 TND
* Le baril de brut en route vers 70 USD contre une hypothèse de 54 USD dans la LDF2018
* L’inflation (officielle) proche de 7% hors produits administrés
* Les réserves de devises à 92 jours d’importations
* Tous les déficits sont en aggravation
* Volume global de refinancement de la liquidité bancaire > 10 milliards de TND malgré le plafonnement mis en place par la BCT
*…

#No_Comment

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«Depuis le début de l’année et jusqu’au 19 septembre 2017, le taux de change du dinar s’est déprécié de 16,7% vis-à-vis de l’euro et de 4,1% vis-à-vis du dollar américain». C’est ce que nous apprend une note de la BCT, publiée à l’issue de la réunion de son dernier conseil d’administration. Et l’Institut d’émission de noter, comme pour dire qu’il ne peut que très peu de choses contre cette dépréciation, que «la persistance des déséquilibres extérieurs est de nature à induire davantage de pression sur les réserves en devises, rendant ainsi la gestion du taux de change, à travers les interventions de la BCT, une tâche de plus en plus ardue».

L’ex-ministre des Finances, Lamia Zrbi, avait à peu près dit la même chose sur l’impuissance de la BCT à enrayer l’érosion du dinar, ce qui lui avait valu une volée de bois de vert et la tonne d’ennuis qu’elle a eus par la suite, jusqu’à son éjection du gouvernement…

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