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Taoufik Rajhi

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Un plan d’action pour la réforme de la gouvernance des entreprises publiques sera fin prêt le 21 juillet courant et présenté au cours du mois d’aout à un Conseil ministériel pour adoption, a indiqué mercredi 05 juillet Taoufik Rajhi, ministre conseiller auprès du chef du gouvernement, Youssef Chahed.
Le plan d’action a pour objectif d’appuyer la mise en oeuvre et le déploiement effectif de la réforme de la gouvernance des entreprises publiques qui figurent parmi les plus importantes priorités du gouvernement, a-t-il souligné, lors d’une réunion tenue à Tunis sur l’élaboration d’un plan d’action pour la réforme de la gouvernance des entreprises et établissements publics.
Il s’agit de décliner de manière conjointe, pragmatique et collaborative la stratégie tunisienne concernant la réforme de la gouvernance des entreprises publiques en un plan d’action détaille, chiffré et priorisé, accompagné d’un calendrier précis et de mettre en place les outils, systèmes et méthodes nécessaires au pilotage et au suivi de la réforme, activité par activité, dans une logique de redevabilité, a-t-il dit.

L’élaboration du plan d’action a mobilisé des groupes de travail techniques et thématiques avec la participation d’une centaine de personnes mobilisées dans les 9 ateliers organisés, de six ministères, de 9 entreprises publiques et des partis politiques signataires du pacte de Carthage.
La réforme de la gouvernance des entreprises et établissements publics est axée sur quatre facteurs : la refonte du système de gouvernance globale des entreprises et établissements publics, la réforme du système de gouvernance interne des entreprises et établissements publics, la promotion du dialogue social, de la responsabilité sociétale et de la gestion des ressources humaines et la restructuration financière des entreprises publiques.
Il faut avoir une structure qui centralise et assure le suivi et le traitement de la réforme des entreprises publiques” a souligné Rajhi, ajoutant que cette réforme très importante peut prendre beaucoup de temps.

Les participants à cette rencontre ont souligné l’importance de la réforme des entreprises publiques, dont les difficultés actuelles empêchent d’investir, de recruter, d’augmenter leurs capacités productives et représentent aujourd’hui une lourde charge sur les finances publiques et le budget de l’Etat.
Il convient de rappeler que l’élaboration de ce plan d’action se fait à l’initiative de la présidence du gouvernement avec l’appui de l’Agence Française de développement.

TAP

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A ceux qui sont énervés par la hausse des tarifs des cigarettes, le ministre-conseiller auprès du chef du gouvernement Taoufik Rajhi a rétorqué ceci sur Shems FM ce lundi 03 juin 2017 : «L’augmentation du prix des cigarettes est une décision conforme à une recommandation de l’OMS» (Organisation Mondiale de la Santé). Il a ajouté : «Un paquet de Marlboro à l’étranger coûte aux environs de 8 euros. Ce n’est pas un produit de première nécessité ! L’OMS recommande une augmentation annuelle du prix des cigarettes afin de freiner la consommation».

Rajhi a indiqué au passage que ce produit pèse lourd sur le budget de l’Etat, à cause des soins médicaux.
Pour étayer davantage la décision des autorités tunisiennes, il a rappelé qu’une disposition de la loi de Finances 2017 stipule une hausse du prix des cigarettes. «Une augmentation qui devait avoir lieu depuis le début de l’année», selon le ministre-conseiller.

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Lui, c’est le ministre conseiller du chef du gouvernement tunisien chargé des réformes majeures et la personne chargée du dossier des négociations avec le FMI. La politique économie et financière de la Tunisie étant désormais liée à ce prêt de 2,8 Milliards USD d’assistance du FMI par le biais du MEDC (Mécanisme élargi de crédit), c’est désormais par lui que vient l’argent, mais aussi les douloureuses décisions qui accompagnent ce prêt, tout prêteur étant en droit de s’assurer que le débiteur  soit en situation de rembourser son crédit.

Pour Africanmanager, Taoufik Rajhi parle de ce qui reste à faire, pour que la Tunisie n’ait plus de problème pour le reste des tranches du crédit, chacune liée à une Revue trimestrielle et la prochaine est pour octobre 2017. Le Ministre conseiller évoque ainsi les recrutements qui n’auront pas lieu en 2018, les salaires qui n’augmenteront que raisonnablement, les prix du carburant qui augmenteront immanquablement, les relations GUN-UGTT qui devront changer, le trou financier de la CNRPS qui devra être comblé et toutes les douloureuses réformes qui doivent être faites en 2018 et même avant. Ça promet pour 2018. Interview :

        –           Qu’est-ce qui a été fait avec le FMI, ce qui reste à faire et sous quelles conditions ?

Ce qui a été fait, c’était de débloquer deux types de processus. D’abord celui des réformes et surtout la réalisation des critères des repères structurels qui étaient au nombre de 17 et qui avaient pris un retard compréhensible.

Entre décembre 2016 et avril 2017, un important travail, salué par le conseil d’administration du FMI, a été fait pour accélérer le rythme de réalisation des repères structurels. Cela a été possible par le changement de méthode de travail au sein du gouvernement et la mise en place d’un comité ad hoc chargé du monitoring  des matrices des réformes des bailleurs de fonds. Mais aussi par la mobilisation de l’Administration. Les réformes n’ont pas été toutes complétement accomplies, mais on a pu démontrer que le gouvernement a finalisé la majorité des repères qui sont de son ressort et qu’il a demandé l’accélération des lois dont la finalisation est de celui  de l’ARP. C’est cette volonté qui a été saluée par le CA du FMI. Trois lois, par exemple, sont encore et toujours à l’ARP dont l’une, celle de la loi organique du budget, depuis 2015, mais aussi celle de la haute instance de lutte contre la corruption et celle sur l’intérêt excessif. Au ministère des Affaires sociales, le repère de l’identifiant unique social, pièce maîtresse du  ciblage des compensations, traîne depuis 2013.

  • Du travail a été fait sur la solidité financière, mais cela n’a concerné que le secteur public !

Nous avons par ailleurs fait un énorme travail sur le repère du climat des affaires (code des investissements, concurrence et partenariat public-privé) et leurs 12 décrets publiés. Un progrès énorme aussi concernant le repère de la stabilité financière, avec la finalisation des plans d’affaires (business plan) et des contrats de performance des trois grandes banques publiques, un travail inédit qui trace la performance et la stratégie des banques jusqu’à 2020. Côté supervision bancaire, la BCT a réalisé l’inspection sur site de 5 banques privées et il ne lui en reste que 2, qui seront finalisées d’ici septembre prochain, pour s’assurer de la stabilité du système bancaire, et le résultat a été positif. Elle a mis en place un guide de supervision basé sur le risque,  une première en Tunisie.

On a aussi engagé la revue fonctionnelle de 5 grands ministères (finances, éducation, équipement, agriculture et santé), un travail de grande envergure au vu de la stratégie de redéploiement des fonctionnaires qui sera faite par décret et qui est en voie de finalisation. Ce redéploiement sera vertical, horizontal, interministériel et régional et sera basé sur des mécanismes d’incitation.

  • Un des repères, dans la mise en place des réformes et qui a été cité dans le communiqué du FMI sanctionnant la dernière revue et annonçant le déblocage de la 1ère tranche de la dette, c’est cette direction des grandes entreprises. C’est quoi au juste et quel est son impact en matière de réformes ?

Cette direction existe au Lac et dépend du ministère des Finances et plus spécifiquement en matière de collecte de l’impôt des grandes entreprises. Depuis 2013, elle devait cependant s’occuper non seulement de la collecte, mais aussi du suivi, de la vérification et devenir l’adresse unique pour les grandes entreprises, en matière d’impôt. Cela ne se fait toujours pas, à cause des réticences internes, à cause notamment de l’éparpillement des activités entre départements et la difficulté à les fédérer au sein d’une seule et unique DG. C’est désormais chose faite. Le décret créant cette DG a été signé fin avril dernier.

  • Quels sont les repères dont la réalisation accuse toujours un retard ?

Le retard concerne donc les 3 lois qui sont encore dans les tiroirs de l’ARP et qui doivent être adoptées et publiées au JORT avant le 18 octobre, date de la prochaine revue du FMI. On devrait aussi, à la même date, terminer la revue fonctionnelle et l’inspection des banques.

D’autres repères ont été par ailleurs introduits, comme celui de la finalisation de la composition de la haute instance de lutte contre la corruption et l’introduction de son budget dans la prochaine loi de finance 2018. Cela est un objectif pour octobre prochain. On devra aussi, dans la circulaire du budget 2018, décliner clairement une politique restrictive de gestion de la masse salariale et d’abandon de la politique de recrutement populiste des années 2011-2016. Cela a été fait, nous avons mentionné la poursuite du gel des recrutements, à part les écoles de formation, et cela conformément aux conclusions du Dialogue national sur l’emploi de 2016 et dans la poursuite des choix de la loi de finances 2017.

  • Dans son dernier communiqué de clôture de la 1ère revue, le FMI donnait la nette impression de connaitre le contenu de la prochaine loi de finances, pour ne pas dire qu’il en a dicté presque le contenu !

Lorsqu’on établit un programme d’action avec le FMI, on est obligé de faire un cadrage macroéconomique 2016-2020, dire ce qu’on projette comme dépense, en salaires, en investissements, transferts sociaux, remboursement de la dette et en face, les recettes. On a fait cette simulation avec le FMI.

  • Sur quoi vous êtes-vous en effet engagés avec le FMI ?

Le problème était de déterminer comment boucler 2018, tout en restant sur une trajectoire de réduction des déficits budgétaires d’une manière graduelle et d’une année à l’autre. Pour 2018, nous nous sommes engagés à réduire le déficit de 6% en 2017 à 5.4% en 2018. C’est la seule façon de réduire l’endettement car la source principale de l’accumulation des dettes est le déficit budgétaire.

  • Comment arriver à réduire les déficits si les dépenses sont incompressibles ?

On a eu trois difficultés. La 1ère est de remplacer les revenus issus de la contribution conjoncturelle de 7,5 %, qui ne sera pas reconduite en 2018. Il nous faut donc remplacer les 900 MDT qui étaient programmés à ce titre en 2017. La seconde contrainte, ce sont les augmentations salariales de 2018 qui se feront en deux temps. La deuxième partie de 2017, reportée au premier trimestre 2018, qui sera aux alentours de 250 MDT et la dernière tranche de l’augmentation spécifique d’avril 2018, qui coûtera au minimum 300 MDT. La 3ème est le déficit structurel des caisses sociales et en particulier la CNRPS, laquelle a un déficit structurel de plus de 600 MDT qu’il faudrait combler. On avait déjà programmé l’injection de 500 MDT en 2017 et le même montant en 2018 pour éviter le crash de la CNRPS.

Les difficultés qu’on a trouvées avec le FMI, c’est justement de travailler sur ce dossier de réduction des déficits par la maîtrise des dépenses puisque les recettes sont en baisse à cause de la faiblesse de la croissance. Il y avait des propositions sérieuses en 2017 de report de l’augmentation salariale en 2019 en échange d’une baisse d’impôt par le barème, ce qui aurait pu desserrer la contrainte mais cela n’a pas marché; non seulement il y a eu augmentation des salaires inférieurs à 1800 dinars net par le biais du barème mais il y a eu aussi l’augmentation salariale étalée sur 15 mois au lieu de 12. En réalité, nous n’avons fait que reporter l’ajustement qu’on devait faire en 2017 à 2018 et par conséquent les problèmes de 2017 demeurent et on les a renvoyés à 2018.

                   –      Quelles sont les solutions ?

On s’est rendu compte qu’il nous manque 2 milliards DT pour faire l’équilibre en 2018. La solution est d’orienter l’effort du gouvernement vers 3 directions.

D’abord, plus de recouvrement. On avait déjà prévu 300 MDT en recouvrement des arriérés de dettes fiscales, estimées à 7 milliards DT dont 50 % resteront irrécupérables et dont 1 milliard DT chez les entreprises confisquées. Uniquement 30 % sont récupérables, c’est-à-dire 2,6 milliards DT chez 86 mille contribuables et qui sont en rééchelonnement programmé. C’est là qu’on ira puiser les 300 MDT supplémentaire de 2018, car on ne pourra pas recouvrer les 2,6 milliards DT en une seule année.

L’autre direction sera la maîtrise des dépenses. On a ainsi stabilisé les dépenses des Biens et Services au même niveau que celui de 2017. On a aussi regardé du côté des transferts aux entreprises ou pour les comptes spéciaux. Tout cela devrait permettre une économie de 300 MDT du côté des dépenses de l’Etat.

Il restera alors à trouver un peu plus que 1,3 milliard DT. A ce titre, il y a deux lignes rouges. On ne peut plus toucher le barème de l’impôt qu’on venait juste de revisiter et l’alléger. Hors de question aussi de toucher l’impôt sur l’investissement puisque la contribution conjoncturelle était juste pour 2017. En plus, il faudrait trouver des revenus permanents et d’une manière qui répartit le coût d’une manière juste entre les ménages, les entreprises, les professions libérales, les consommateurs. Cela pourrait se faire à travers l’impôt, direct et indirect et les taxes forfaitaires.  Les idées proposées tournent autour de la TVA avec un point ou deux de plus dont peut-être un point pour diversifier les sources de financement des caisses sociales. Une harmonisation des taux pour n’en avoir désormais que 2 taux de TVA, 12 et 18 % au lieu des 3 actuels, sortir quelques produits du tableau A qui exempte de la TVA. Cela, sans oublier l’augmentation des droits de consommation sur un ensemble de produits. L’idée, à l’étude, est aussi de faire passer l’impôt sur le dividende de 5 à 10 %, comme indiqué dans la stratégie fiscale. Parmi les autres idées, il y a le fait de revoir la liste des entreprises exonérées d’impôts. L’idée derrière tout cela, ce sont des solutions justes et permanentes et pour s’assurer que le déficit budgétaire de 2018 soit à un niveau de 5,4 % et inférieur à celui de 2017. Tout cela a été proposé mais devrait faire l’objet des discussions lors de la loi de finances 2018. Rien n’est définitif mais le principe demeure celui de rechercher des ressources qui manquent aujourd’hui faute de croissance et de reprise de l’investissement d’une manière importante et durable.

  • Et dans tout cela, comment va évoluer la masse salariale qui est l’une des conditions de l’assistance financière du FMI à l’économie tunisienne ?

On a en effet un engagement de maîtrise de cette masse. Cela repose sur 4 éléments. Le 1er est d’arrêter la politique populiste de recrutement. Fini les 20.000 emplois par an dans la fonction publique, mais uniquement un taux de remplacement de 25 % des départs à la retraite. Le second est un programme de départ volontaire à la retraite, le 3ème est un programme de départ négocié sur lequel on est déjà en train de travailler. Le 4ème est de rationaliser les négociations salariales, pour ne plus jamais refaire ce qui s’est passé en 2015 : vendre la peau de l’ours avant de l’attraper. Donner des augmentations salariales sans création de richesses. Il faut désormais que les augmentations soient liées à la productivité, l’inflation et autres. Nous croyons aussi que s’il n’y a pas de croissance supplémentaire, il ne faut pas qu’on fasse des politiques salariales qui nuisent à la trajectoire d’ajustement de la masse salariale à 12,5 % en 2010. C’est tout cela qui va être négocié avec l’UGTT et déjà présenté aux signataires de l’accord de Carthage.

  • Excusez-nous de le rappeler, mais les départs à la retraite anticipée ont un coût. Qui va le payer ?

Ce sera fait par les économies de salaires et les caisses ne devraient ainsi pas être affectées. Il y aura même un petit gain budgétaire. Pour les départs négociés, on est en train d’étudier la possibilité de faire financer cela par des bailleurs de fonds, des dons ou des BTA (Bons de trésor assimilables). Selon nos calculs, si on fait sortir 10.000 personnes avec deux ans de salaire, cela nous coûtera autour de 300 MDT. Vingt mille personnes, cela nous coûterait dans les 600 MDT. Une partie des coûts pourrait se faire financer par les économies de salaire du budget de l’année en cours mais le reste devrait être recherché ailleurs. Tout cela est faisable, si on reste sur des indemnités de 2 ans. Plus l’indemnité de départ est élevée plus cela deviendra trop lourd pour le financement.

  • Est-ce que vous avez pris des engagements d’augmentation de prix et lesquels ?

En réalité, la question ne se pose pas en termes d’augmentation des prix. D’ailleurs, on n’a jamais discuté de la question des subventions des produits de base mais la question des hydrocarbures s’est posée en termes de crédibilité des réformes.  On avait fait, en 2016, une réforme à ce sujet et mis en place une règle d’ajustement automatique à mettre à jour tous les trois mois. On l’avait appliquée en juillet 2016 et on avait abouti à une baisse des prix. Trois mois plus tard, en octobre 2016, il devait y avoir une hausse de 10 millimes pour l’essence et zéro pour le gasoil, on a préféré ne rien toucher.  En janvier 2017, le prix du baril a augmenté et le dinar s’est déprécié. On a fait tourner le modèle et il a donné une augmentation entre 50 et 80 millimes selon les types de carburants. Et de nouveau, cela n’est pas appliqué pour des raisons liées à la  situation sociale. Bis repetita en avril 2017 et cela donne encore une augmentation, encore sous l’effet de l’augmentation du baril et la dépréciation du dinar. Au FMI, on nous dit que nous ne sommes pas crédibles sur les réformes car on ne les applique pas. Le Maroc avait adopté ce type de règle en 2012 lorsque le prix du baril était à 110 $. Aujourd’hui, ils font un ajustement tous les quinze jours et le budget ne supporte plus de subvention des hydrocarbures. Les règles sont faites pour être appliquées et pour dépolitiser la question de la tarification des hydrocarbures, en attendant la mise en place d’un système de ciblage des subventions. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’appliquer la réforme et par conséquent ajuster le prix du carburant à la hausse comme à la baisse en fonction de la formule.

Autrement, aucune autre augmentation de prix pour 2018 et les produits de base ne seront pas touchés, à défaut d’avoir un ciblage des subventions par le biais de l’identifiant social unique et le FMI est furieux que cette réforme n’ait pas encore abouti depuis 2012. Il est pourtant financé à hauteur de 4,5 MUSD par la Banque Mondiale. Tout a été fait, formation et achat de matériel pour les enquêteurs sociaux et la collecte des informations nécessaires à la fabrication de cet identifiant. Seuls 25 % des travaux ont été réalisés. Ce projet piétine mais il me semble qu’il manque de leadership politique et devrait être placé sous le haut patronage du Chef du Gouvernement pour le finaliser. C’est un projet de grande envergure qui devrait changer la politique de subvention en Tunisie et résoudre le problème d’inclusion et d’exclusion, qui est un défaut majeur du système de subvention universel.

  • Une dernière question. Vous n’avez pas l’impression d’être un libéral en défendant ce type de programme ?

Loin de là, je ne suis ni libéral ni néolibéral mais je suis rigoureux comme tout économiste qui se respecte. Je suis même très re-distributif et je crois profondément à l’Etat-providence. Beaucoup de gens confondent libéralisme et rigueur.  Mon premier principe est que les ressources sont rares et l’art de la politique économique est justement l’allocation optimale des ressources rares et non le gaspillage.

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L’argent du FMI a été versé dans le compte de trésor de l’Etat et commence déjà à être dépensé. Ce qui est sûr, c’est que cela augmente les réserves en devises du pays, déjà passées à 102 jours. Autrement, lorsque le ministre conseiller de Youssef Chahed commente, il estime que «cela donne aussi de l’aisance au marché ». Et Taoufik Rajhi d’ajouter «on est bien parti, avec la seconde revue j’espère, pour le déblocage de la seconde tranche du prêt du FMI, la Banque Mondiale devrait bientôt débloquer une aide de 500 MUSD, 400 Millions d’euros de l’Union Européenne, 100 Millions d’euros de l’AFD, 150 Millions d’euros de l’Allemagne, 250 MUSD de la BAD. Tout cela va alléger la pression sur le Dinar tunisien et rassurer le marché».

Pour que cela se réalise, il faudrait au GUN rempir les 7 critères de mise en place des réformes demandées par le FMI. Force est de faire noter que ce n’est pas le FMI qui voulait donner crédit à la Tunisie, mais que c’est la Tunisie qui est allée le demander, lorsque s’étaient taries chez elle toutes les autres sources de ressources. Il est tout aussi bon de rappeler que les réformes demandées par le FMI et même posées comme conditions sont les mêmes que le pays devait mettre en œuvre depuis 2011 et n’y est pas arrivé. Ce sont aussi les seules conditions capables de redresser l’économie de la Tunisie, la rendant capable de générer de la croissance et rembourser ses dettes.

Beaucoup de choses ont été faites, dans le public comme dans le privé, comme cette inspection sur site des fondamentaux de 5 banques privées réalisée par la Banque Centrale, pour s’assurer de la stabilité générale du système bancaire tunisien et dont les résultats ont été positifs. D’autres choses doivent être faites, en prévision de la prochaine revue de l’évolution des réformes en Tunisie, par le FMI en octobre 2017. Beaucoup aussi de ce qui reste à faire n’est plus du ressort du gouvernement.

«Trois lois, par exemple, sont encore et toujours à l’ARP dont l’une, celle de la loi organique du budget, depuis 2015, mais aussi celle de la haute instance de lutte contre la corruption et celle sur l’intérêt excessif. Chez le ministère des Affaires sociales, le repère de l’identifiant unique social, pièce maîtresse pour le ciblage des compensations, traîne depuis 2013», précisait le ministre conseiller Taoufik Rajhi dans une interview exclusive accordée à Africanmanager. Il avertit même que «les 3 lois qui sont encore dans les tiroirs de l’ARP doivent être adoptées et publiées sur le Jort avant le 18 octobre, date de la prochaine revue du FMI».

Et lorsqu’on sait aussi que cette question cruciale de ciblage de la compensation est prise en otage par des enquêteurs du ministère des Affaires sociales, qui demandent une augmentation salariale de 500 DT, on se rend compte de la difficulté parfois d’apporter de l’argent au budget de l’Etat, par la faute même de ses propres citoyens !

Auprès du ministre conseiller, on apprend qu’il n’y aura aucun nouveau recrutement en 2018 dans la fonction publique, à l’exception d’un taux de remplacement de 25 % des départs à la retraite. «L’année prochaine devrait aussi voir commencer le redéploiement des fonctionnaires, lequel sera fait par décret en voie de finalisation. Ce redéploiement ne concernera que les 649 milles fonctionnaires publics et non les entreprises publiques», précise l’homme qui veille à ce que les engagements de la Tunisie avec ses bailleurs de fonds soient tenus, pour assurer que leur soutien continue.

2018 devrait être aussi l’année de la maîtrise de la masse salariale, question cruciale dans la relation FMI-GUN. Et Rajhi d’expliquer que cela suppose d’arrêter la politique populiste de recrutement, un programme de départ volontaire à la retraite, un programme de départ négocié à la retraite. Mais le plus important sera de «rationaliser les négociations salariales», dit le ministre conseiller qui va plus loin et explique que «il faut désormais que les augmentations soient liées à la productivité, l’inflation et autre». Cela est pour l’instant, il l’admet, la politique du GUN. On ne connait pas encore l’avis et la réaction de l’UGTT, avec qui des négociations seront à ce propos certainement menées.

2018 ce devrait aussi être une plus grande pression des services fiscaux pour plus de recouvrement. Le GUN table déjà sur un surplus de 300 MDT en recouvrement des arriérés de dettes fiscales, «estimées à 7 Milliards DT dont 50 % resteront irrécupérables et dont 1 Milliard DT chez les entreprises confisquées», précise l’homme de tous les chiffres et de toutes les douloureuses qu’il devient de plus en plus difficile de retarder. Le GUN ne s’oublie pas et planche sur un rabotage de ses dépenses. «On a ainsi stabilisé les dépenses des Biens et Services au même niveau que celui de 2017», indique Rajhi.

Bonnes nouvelles, «on ne peut plus toucher le barème de l’impôt qu’on venait juste de revisiter et l’alléger, hors de question de toucher l’impôt sur l’investissement et la contribution conjoncturelle de 7,5 % ne sera pas reconduite en 2018».

Mauvaise nouvelle par contre pour le consommateur, car «il devrait y avoir deux points de croissance de la TVA, dont un ira aux caisses sociales, l’augmentation des droits de consommation sur un ensemble de produits» prédit encore le grand manitou de l’économie chez Chahed. Mais ce n’est pas tout. 2018, sera, c’est sûr, l’année de l’augmentation des prix du carburant. Rajhi rappelle à cet effet que le système d’ajustement automatique, mis en place depuis 2016 n’avait était appliqué qu’une seule fois. Deux augmentation devaient être faites et ne l’ont pas été. En 2018, elles le seront. Bonjour les dégâts sur les bourses des citoyens !

 

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Jamais déclaration de ministre n’aura eu un effet aussi direct, instantané et néfaste sur l’économie et les finances de la Tunisie que celle de la ministre des Finances concernant le comportement de la devise tunisienne, sa dépréciation ou sa dévaluation.

Le premier effet direct de l’accélération de la décente aux enfers du Dinar tunisien sera visible sur le stock de la dette qui augmentera et risquerait même de devenir intenable. «Une grande partie de la détérioration du ratio du taux d’endettement est due au gonflement automatique du stock de la dette, ce qui compliquerait davantage le redressement de dette », a indiqué le ministre conseiller Taoufik Rajhi à Africanmanager. Mais pas que cela. «Le glissement du dinar est néfaste aussi pour le budget en ce qui concerne la facture énergétique surtout en l’absence de l’application de la règle d’ajustement automatique», précisait encore le ministre conseiller. Et d’une manière générale, l’impact sur le budget sera visible, surtout dans la prochaine loi de finances complémentaire qui deviendra nécessaire. «Cela se traduirait par un gonflement du montant emprunté en dinar, ce qui réduirait marginalement l’usage du montant emprunté ou le besoin réel en dinar puisque le budget a été cadré avec l’hypothèse d’un taux de change de 2.25 contre le dollar», expliquait encore Rajhi.

  • Le coût de 10 mots

On pourra dire que cette dépréciation (A fin mars le euro était à 2,53 dinars. Samedi dernier, il montait à 2,69833 dinars et à 2,69860 le dimanche), due plus à une anticipation des opérateurs qu’à un nouvel évènement économique qui en aurait accéléré la détérioration, mais les effets seront plus ostensibles à l’intérieur qu’à l’extérieur. La Tunisie ayant une industrie de transformation, les coûts de production vont augmenter et les prix de vente en local aussi. Certains industriels ont déjà leurs calculettes en main et font les comptes da «la douloureuse» qu’ils vont devoir payer pour leurs commandes à terme. D’autres, comme les hôteliers liés par des contrats d’allotement, voient déjà fondre leurs recettes comme neige au soleil de la prochaine saison touristique qui s’annonçait pourtant sous de bons auspices. Même le marché parallèle qu’adorent les Tunisiens, où tout est importé, devrait voir ses prix augmenter. C’est ce qu’on appelle l’inflation importée. Des sociétés, comme la CPG (Phosphate de Gafsa) et un grand nombre de groupes privés, vendront peut-être plus, mais toujours moins cher. Résultat des courses, ceux qui ont soumissionné à des marchés risquent de devoir retirer leurs offres, et ceux qui ont reçu leurs bons de commande ou signé des contrats risquent d’y laisser des plumes. En définitive, c’est la phrase de ministre (Le Dinar va glisser petit à petit vers 3 dinars l’euro) qui coûtera le plus cher dans l’histoire de la Tunisie !

Tirant les conclusions de cette bourde médiatique tuante de sa ministre qui aura coûté pour le moment une hausse de 4 points de la dette du pays selon les spécialistes, le chef du gouvernement tunisien a déjà annoncé, depuis Sfax où il était en visite, de prochaines restrictions au niveau des importations. Toute tentative de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) de soutenir le Dinar pour en faire remonter les cours par des opérations de rachat, étant plus coûteuse que rentable, le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) semble ainsi s’orienter vers une nouvelle politique de restrictions économiques. Un choix douloureux, mais certainement plus charitable pour l’économie du pays. La seule thérapie possible devra être de choc.

  • Les biens de consommation en point de mire

La demande de rationalisation des importations n’est pas nouvelle en Tunisie. Il y a au moins 3 ans que la BCT en parle, même si ce n’est pas de manière directe. Au terme des 3 premiers mois 2017, les importations tunisiennes ou de produits de consommation ont totalisé 1640,9 MDT. Une année auparavant, ce n’était que 1469,2 MDT. Des chiffres et une évolution qui inquiètent. Mais il y a plus intriguant. L’exemple des importations de produits énergétiques (1423,1 MDT en 3 mois 2017 sans compter la contrebande), en hausse de presque 60 %, sans que cela se traduise en hausse de production.

C’est en tout cas cette ligne des produits de consommation que les experts (les véritables), conseillent de rationaliser et même carrément de suspendre, au moins jusqu’à la fin de l’année.

D’autres économistes vont plus loin et proposent de limiter les importations à 5 catégories de marchandises. Il s’agit des matières premières pour l’industrie, les biens d’équipement, les pièces de rechange, les médicaments et les céréales.

Tout cela nécessitera d’en informer officiellement l’OMC qui ne saurait refuser ce à quoi a droit chacun de ses membres. Il s’agira aussi de mettre en veilleuse les conventions de libre-échange comme avec celle conclue avec la Turquie en attendant de la revoir. Et enfin de discuter avec les principaux partenaires commerciaux comme la France ou l’Allemagne et l’Italie qui comprendront certainement l’urgence de la situation. Il s’agira en même temps surtout, de n’autoriser le financement que pour l’importation des matières premières et semi-produits, les biens d’équipement et pour la maintenance. En effet, l’importation des produits d’équipement et produits intermédiaires notamment, ne doivent pas être touchés car en lien direct avec la production et l’exportation.

Mais le ministère du Commerce et les services de la Douane devront surtout serrer les mailles du filet à l’entrée des frontières, terrestres, maritimes et aériennes. Mais aussi passer au crible les conteneurs et les valises des voyageurs venant de Chine, de Turquie et d’autres destinations connues pour le commerce de valises, faire fonctionner les scanners à conteneurs en gardant un œil sur certains douaniers. Il faudra encore que les Gouverneurs s’activent pour nettoyer les rues des villes du commerce «parallèle au parallèle déjà installé dans certains Souks. Tout cela, le temps d’un semestre. Ce n’est pas trop pour sauver toute une économie.

  • Vous voulez des solutions ? En voilà une esquisse

Reste à savoir jusqu’où ira Youssef Chahed dans cette nouvelle politique de restriction des importations qu’il a annoncée à Sfax. Reste aussi, pour que tous ceux qu’il va priver aient confiance en lui, qu’il commence à réduire le train de vie son administration, en frais divers (Déplacements, véhicules, bons d’essence, titres de voyage etc..). Il faudrait peut-être aussi, qu’il aille voir le Mufti et se fasse aider par Ennahdha pour annoncer une année sans pèlerinage. Qu’il décide également de ne pas importer des moutons pour l’Aïd. Qu’il discute avec les agences de voyage pour diminuer les voyages organisés à l’étranger le temps d’un semestre, qu’il accélère le lancement de l’emprunt en devises auprès des TRE (Tunisiens résidant à l’étranger) proposée par la BAT (Banque d’Affaires de Tunisie). Il faudra aussi et surtout qu’il parle à la population de tout cela, non pas à travers les médias, mais directement, sur les places publiques et dans les quartiers, de Sfax, de Tunis et d’ailleurs qui lui ont dernièrement témoigné une sympathie qu’il devrait mettre maintenant à profit. C’est à ces seules conditions que ceux qu’il va priver de leur confort quotidien et de leurs gains, adopteront les mesures douloureuses qu’il pourrait annoncer !

 

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Le ministre-Conseiller auprès du chef du gouvernement Chargé du Suivi des Réformes Majeures, Taoufik Rajhi, a qualifié de positive la réunion de la veille au palais de la Kasbah avec les membres de la délégation du FMI.

« Le président de la délégation a annoncé un accord des experts. Il ne manque plus que l’accord du conseil d’administration du FMI pour débloquer la deuxième tranche du crédit à la Tunisie », a déclaré Taoufik Rajhi.

Le ministre a précisé que la délégation du FMI a donné son accord après avoir examiné le projet du gouvernement jusqu’à 2020. « En 2013, lorsqu’on avait demandé le crédit la Tunisie avait mis en place un programme économique qui a échoué à cause du contexte politique. La succession de plusieurs gouvernements avait créé une instabilité politique qui n’a pas permis de mettre en œuvre le programme », a déclaré Rajhi.

Il a par ailleurs indiqué que le projet du gouvernement jusqu’à 2020 stipule plusieurs réformes majeures qui ont été imaginée par le gouvernement actuel durant les mois de janvier, février et mars, « Nous avons fait un grand effort pour mettre en place ce projet ».

Selon ses déclarations, les principaux axes du projet économique de la Tunisie jusqu’à 2020 sont principalement : la réduction du déficit à 60%, la baisse du déficit budgétaire à 3% du PIB, la réduction de la masse salariale de l’Etat à 12,3% du PIB, la réorientation des dépenses de l’Etat en matière d’investissement public à 6% du PIB, un ciblage du système de compensation en faveur des classes nécessiteuses et défavorisées et la lutte contre l’évasion fiscale, la contrebande et la corruption.

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Lui, c’est le «Conseiller auprès du chef du gouvernement, président du conseil d’analyse économique en charge de la gouvernance et du suivi des grands projets». Un titre à 22 mots, sans compter son patronyme complet, tant sont nombreuses les tâches allouées à cet économiste, chercheur et grand universitaire dans son domaine. Ce que ne dit pas ce titre, c’est que c’est lui Taoufik Rajhi, dont le nom a été cité par l’un des députés présents à la «réunion des fuites» de Nidaa Tounes, est affublé d’un autre mot qu’on ne saurait répéter, qui est aussi en charge des relations de la Tunisie avec le FMI et leurs négociations à propos du prêt de 2,8 Milliards DT, plus précisément la seconde tranche de ce prêt.

La première (Tunisie) est le pays à la dette incommensurable et à la production lamentable. Le second (FMI) est ce fonds monétaire international, dévoyé par toute l’opposition tunisienne et qu’on accuse de tous les maux de la première et qui ne reviendra dans leurs bonnes grâces que lorsqu’il décaissera toutes les créances qu’on lui demande, sans faire quoi que ce soit qui dérange leur léthargie politicienne et qu’il insiste même pour ne rien changer à la situation catastrophique de l’économie à laquelle il est supposé donner crédits sans exiger qu’elle redevienne bancable.

Or, il n’est un secret pour personne que les relations Tunisie-FMI ne sont plus au beau fixe. Comme tout bon banquier, le FMI ne donne crédit que contre garanties. Cela, d’autant plus que ce n’est pas lui qui demande à faire crédit à la Tunisie, mais bien cette dernière, à court de moyens financiers, qui lui fait une cour assidue pour financer sa relance économique. Dans le cas de l’espèce, ces garanties ne peuvent être qu’une économie bancable, qui utilise ses crédits pour le développement et non pour la consommation et qui se mette en situation de pouvoir rembourser ses crédits.

  • Saïdi affirme et Rajhi, le «Mourabitoune» tempère

Ce qui est tout aussi secret de polichinelle, c’est que presque le point d’achoppement de toutes les discussions, entre FMI et Tunisie, reste le nécessaire, sinon impérieux, dégraissage de la masse salariale. Or, celle-ci, de 13,7 Milliards DT, était déjà en hausse de 4,1 % par rapport à la LF (Loi des Finances 2016). L’autre sujet, moins litigieux certes, est la réforme de la fonction publique. Or, celle-ci, ainsi que le reste des réformes demandées par le FMI, tardent toujours comme l’a affirmé le fonds dans son communiqué du 7 février 2017.

C’est tout cela qui a fait dire à des analystes tunisiens, comme Ezzeddine Saidane, qu’ils doutent d’une prochaine visite du FMI et donc d’un prochain déblocage des 650 MUSD. Et si l’autre conseiller économique de Youssef Chahed, Ridha Saïdi qui n’est pas directement en charge de ce dossier, prend le risque de son prononcer sur la question et d’affirmer ipso facto que «la 2ème tranche du prêt FMI, sera débloquée en avril 2017», Taoufik Rajhi, quoique manifestement piqué au vif, se révèle moins affirmatif et tempèrerait presque les déclarations de son collègue. Moins de 24 heures après la certitude de Saïdi, en effet, Rajhi abaisse un peu le niveau des attentes et publie un statut sur sa page fb où il assurait que «la visite du FMI aura lieu comme prévu, tant que nous sommes là. Et pas de deuil aux professionnels de la frustration». Il répondait, lui aussi, à Saidane.

Sauf que, après Saïdi qui n’a fourni aucun élément tangible sur la résolution par le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) de toutes les problématiques citées dans le dernier rapport du FMI, Rajhi ne parle plus de décaissement de la seconde tranche du prêt, mais de simple présence du FMI. On pourrait certes le croire. Mais le FMI pourrait aussi revenir pour refaire le même constat que celui du 7 février 2017 et décider de reporter, encore une fois, le décaissement. Car, force est de constater, comme n’en a pas apporté les preuves Taoufik Rajhi le 16 février devant la commission législative de l’ARP, peu ou prou des réformes demandées par le FMI ont été faites par la Tunisie.

Les usages dans un gouvernement qui se respecte dictent que tous ceux qui parlent en son nom le fassent à l’enseigne d’une articulation bien huilée, autrement dit dans une cohérence fondatrice de crédibilité. Et ceci interdit immanquablement la moindre cacophonie. D’autant que Rajhi est la personne la plus exclusivement habilitée à connaître du dossier des relations avec le FMI et à agir et parler en conséquence à ce titre. Un couac dont on aurait dû impérieusement faire l’économie.

Cela dit, voici ce que demandait le FMI en février dernier, avec nos notes sur l’avancement fait jusqu’à fin janvier 2017, selon les propres chiffres du ministère des Finances à travers le document des «Résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat à fin janvier 2017 » :

  • Ce qui a été promis au FMI et ce qu’offre Tunisie

«Les autorités ont énoncé leurs priorités à court terme, dont une plus grande mobilisation des recettes fiscales de manière juste et efficiente [Ndlr : -4,4 % d’impôts directs en janvier 2017], la rationalisation de la masse salariale du secteur public [Ndlr : +16,5 % à fin janvier 2017 et +4,1 % pour la LF 2017] afin de dégager une plus grande marge de manœuvre en faveur des investissements publics [Ndlr : -5,1 % à fin janvier 2017], et la mise en place du mécanisme d’ajustement des prix des carburants[Ndlr : Seule réalisation en action depuis l’été 2016]. Les mesures destinées à assurer la viabilité du système de sécurité sociale [Ndlr : Aucune décision définitive à ce jour] représentent une autre priorité importante». La Tunisie a-t-elle réussi à faire mieux en moins de 2 mois ? Les chiffres ont la tête dure, d’autant qu’ils sont officiels !

Au risque que le Conseiller Rajhi ne nous classe, nous aussi, parmi les «professionnels du pessimisme» et bien que nous formulions les vœux les plus fervents de réussite de la Tunisie à convaincre son principal bailleurs de fonds, nous estimons que le GUN et ses conseillers, jouent simplement la montre et cachent beaucoup plus de vérités qu’ils n’en disent !

 

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Le conseiller du Chef du gouvernement chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi a affirmé que la Tunisie a axé ses efforts, au cours des dernières années à réaliser les objectifs politiques ce qui a retardé l’agenda économique du pays.
Intervenant lors d’un symposium sur le thème « Le programme national des réformes majeures 2016/2020 : quel rôle pour l’ingénieur », le responsable a jouté que le gouvernement axe ses efforts sur le dossier économique et notamment le démarrage des grandes réformes programmées.
Et d’ajouter que la régression des indices économiques en Tunisie est lié à plusieurs problèmes structurels survenus depuis plusieurs années, notamment au cours de la décennie 1990/2010.
Pour Rajhi, la réussite des réformes économiques permettra de mettre en place un nouveau schéma de développement à même de réaliser les objectifs économiques et sociaux outre la garantie d’une justice entre les classes sociales et entre les régions.
Le symposium est organisé par le conseil national de l’Ordre des ingénieurs , la Konrad-Adénauer Stiftung et l’Association des tunisiens diplômés des universités allemandes.

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