RDC : Une visite de l’UA qui risque de fâcher Kabila

RDC : Une visite de l’UA qui risque de fâcher Kabila

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Alors que le président sortant, Joseph Kabila, interdit de troisième mandat, par la Constitution, pensait avoir bien ficelé une cohabitation qui lui permettrait de partager le pouvoir avec son successeur désigné par la Céni (Commission électorale nationale indépendante ), patatras : des dirigeants de l’Union africaine (UA) ont exigent la “suspension de la proclamation des résultats définitifs“. Réunis jeudi 17 janvier 2019 à Addis Abeba, des chefs d’État ou de gouvernements africains ont fait état de “doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires” et “ont convenu d’envoyer d’urgence une délégation de haut niveau” en République Démocratique du Congo (RDC), indique un communiqué publié sur Twitter.

Les plaintes de Martin Fayulu, officiellement deuxième derrière l’opposant Félix Tshisekedi, à en croire la Céni, ont d’abord été entendues par les Etats-Unis, qui avaient demandé un recomptage des voix pour s’assurer que la volonté des électeurs est respectée. Puis le doute a gagné l’UA et maintenant toute le communauté internationale. Fayulu n’en démord pas, depuis l’annonce des résultats provisoires : Il a raflé la présidentielle avec plus de 60% des voix, pire, il accuse Tshisekedi d’avoir conclu un pacte avec Kabila pour  être parachuté à la présidence, en échange d’une immunité et de la garantie de garder la main sur le pouvoir avec la victoire aux législatives des formations pro-Kabila. La position de Fayulu est renforcée par les documents sortis des urnes de la puissante Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), qui avait dépêché des observateurs dans les bureaux de vote un peu partout. De plus, des documents qui ont fuité de la Céni et qui ont été épluchés par TV5 Monde sont presque identiques aux conclusions de la Cenco et de Fayulu…

Paul Kagame, président en exercice de l’UA, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat et d’autres dirigeants qui ont pris part à la rencontre de jeudi feront partie de la délégation attendue lundi 21 janvier 2019 à Kinsasha. Ils tenteront de ramener à la raison Kabila, pour éviter au pays une dangereuse agitation qui s’ajouterait à des violences endémiques…

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