Risque de faillite sur Thomas Cook. 70 millions d’euros sur la Tunisie....

Risque de faillite sur Thomas Cook. 70 millions d’euros sur la Tunisie. René Trabelsi en parle

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Le TO Thomas Cook (TC), qui emploie 21 mille personnes, est aussi une compagnie aérienne avec une flotte d’une centaine d’avions, mais aussi quelque 200 hôtels sous sa marque, quelque 20 millions de touristes. Il réaliserait un chiffre d’affaires de 10 milliards d’Euros, selon des sources de presse étrangère.

Ses difficultés découleraient des énormes dettes qui se seraient accumulées depuis des lustres. Par exemple, «France Inter » affirme qu’il a été contraint de verser un milliard et demi d’euros, rien qu’en intérêts bancaires depuis 2011. Selon la même source, au titre d’un plan de sauvetage qui daterait de 3 semaines, plus d’un milliard d’euros auraient été injectés dans les caisses. Cela n’a manifestement pas suffi.

Le TO est donc empêtré dans de grandes difficultés, qui pourraient aussi être nées de mésententes avec le partenaire chinois «Fosun», qui détiendrait, depuis août dernier, 75 % des activités du voyagiste. «Un conseil d’administration se tient ce dimanche pour se prononcer sur l’avenir du pionnier britannique des tour-opérateurs ». « En cas de liquidation, rapatriement de 600.000 touristes à travers le monde, dont 10.000 Français, immédiatement», titrait le journal français Le Figaro-Economie. Une journée auparavant, la même source affirmait que «le voyagiste britannique Thomas Cook est en discussions avec le gouvernement et des investisseurs potentiels pour éviter la faillite (…). La plus vieille agence de voyage de la planète doit trouver 200 millions de livres supplémentaires (un peu plus de 220 millions d’euros) pour faire face à ses échéances financières».

  • 70 millions €, facturés et pas encore payés, sous risque de faillite de Thomas Cook

Avec TUI, Thomas Cook est le principal TO en œuvre en Tunisie. Son réceptif principal est le TO tunisien TTS que dirige Karim Miled. Il «est au courant. Il ne peut rien faire, mais il a décidé, en véritable seigneur, de continuer à recevoir les clients et à accompagner les clients qui partent», assure le ministre tunisien du Tourisme René Trabelsi, contacté par nos soins et qui assure être en contact permanent avec la représentation de l’ONTT qui est déjà sur le pied de guerre à suivre l’affaire.

Sinon, Thomas Cook travaille avec une quinzaine d’hôtels tunisiens, dont le groupe hôtelier de Hammamet où il y eut l’incident avec 14 touristes, et dont l’ardoise est estimée à 1,6 million d’euros, selon le ministère du Tourisme, sans compter une quinzaine d’autres hôtels sous marque T.C. à Tunis, Sousse et Djerba notamment, ainsi que Tunisair, en dehors du Charter qui est payé.

C’est à 20 heures ce soir que les Tunisiens seront fixés sur le sort de l’argent que leur doit le TO. «S’il déclare faillite, les impayés seraient prises en charge par l’Etat britannique, pour les passagers qui ont payé leurs billets et leurs séjours. Pour les fournisseurs de services, les hôteliers tunisiens, il y aura des démarches à faire auprès des assureurs du TO. Des démarches qui peuvent durer une année ou plus, jusqu’au déblocage des fonds qui sont réservés au paiement des fournisseurs. Le problème c’est qu’il y a des hôtels qui pourraient ne pas tenir le coup», dit le ministre du tourisme René Trabelsi à Africanmanager, et qui reste, certes attentiste, mais optimiste de trouver une solution avec les autorités anglaises.

Le ministre assure être en contact direct avec l’ambassade du Royaume Uni à Tunis et les hôteliers concernés, et s’il y a décision de faillite, il se réunira à Tunis, notamment avec les hôteliers tunisiens dont l’échéance de paiement est fixée au 27 septembre 2019 par contrat avec le TO, pour trouver les solutions.

Notons qu’après la décision de faillite, si décision est prise ce soir à Londres, le TO continuera à fonctionner et ses dettes gelées, en attendant la restructuration financière en tribunal de commerce. Cette restructuration pourrait se faire par la vente de certains hôtels ou avions.

Notons aussi que le risque facturé par toutes les parties tunisiennes des difficultés de Thomas Cook, est estimé à 70 millions d’euros par le ministre du Tourisme qui précise que tout cet argent est certes facturé, mais pas encore encaissé, et n’aura donc pas d’incidence immédiate sur les réserves en devises, actuellement estimées par la BCT à 18.085 MDT ou 103 jours d’importation.

  • Pour l’instant, tout le monde appelle au calme et à assurer la continuité des services

Toute cette affaire aura finalement été rendue publique, suite à la maladresse d’un hôtelier tunisien qui a essayé de retarder le départ de 14 touristes, dont les frais sont normalement payables par Thomas Cook. L’incident, monté en moutarde notamment par le presse anglaise, a finalement été résolu et les 14 touristes repartis chez eux, selon les déclarations du délégué régional du tourisme à Nabeul à une radio privée. Confirmation a d’ailleurs été donnée, de ce bon dénouement, par le ministre René Trabelsi, à Africanmanager.

Le ministre appelle, par ailleurs, tous les hôteliers tunisiens concernés au calme et à assurer la continuité des services rendus aux clients touristes, qui n’ont rien à voir avec les difficultés financières de Thomas Cook. Trabelsi assure aussi avoir été en contact avec les propriétaires de l’hôtel concerné.

Le même appel a été lancé par Khaled Fakhfakh, président de la FTH (Fédération de l’hôtellerie) qui reste optimiste. «Les choses devraient s’éclaircir avant la date du paiement des avoirs des hôteliers tunisiens auprès de TC. L’hôtelier de Hammamet n’aurait pas dû faire ça. Il ne faut pas toucher au client. Ce n’est pas de sa faute. Toucher au client, c’est toucher à toute l’image du pays. On va demander à tous les hôteliers de continuer à accepter les clients TC et de les traiter comme avant qui lui aussi, a envie de trouver les bonnes solutions pour sauver toutes les entreprises», dit Khaled Fakhfakh à Africanmanager.

1 COMMENTAIRE

  1. Qui va payer les pertes aux hôteliers ?
    Dans tous les cas, la banque centrale doit se protéger contre ce nouvel imprévu et les citoyens Tunisiens (route de secours des hôteliers Tunisiens) ne vont payer pour les escrocs étrangers. Dommage pour notre destin. Nous sommes toujours une proie pour les malins de la planète. La fête promise risque de ne pas arriver par la voie du tourisme. Dommage pour tout l’effort investi par tous les intervenants locaux et internationaux. Restons optimistes et travaillons encore plus, dans la concorde et dans l’harmonie pour ne pas attendre ni de la charité ni du macaroni des bienfaiteurs.
    Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Nos responsables en stratégie au sein de tous les ministères doivent voir à des longueurs d’avance dans le temps et dans l’espace les bonnes et les mauvaises nouvelles venir chez nous.
    Ghalltouni n’est plus permise pour un peuple qui souffre déjà. Les anglais sont réputés pour leurs assurances et réassurances et on ne sait pas, à quel niveaui les hôteliers et les TO sont protégés contre ce risque.
    A qui profite un malheur en plus pour les Tunisiens ?

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