AccueilLa UNETunis : Un juge chez les militaires, un Docteur chez les juges...

Tunis : Un juge chez les militaires, un Docteur chez les juges et les vieux chez le ministre du sport !

On ne connait pas encore le nombre de ses Conseillers, mais le Cabinet de Mehdi Jomâa compte jusqu’ici, 28 postes dont 7 secrétaires d’Etat et un Nidhal Ouerfelli au poste de «Super-ministre de l’économie», qui remplacera Ridha Saidi. Jomâa n’a fait aucune fusion entre les différents départements de son gouvernement, contrairement à ce qui était attendu, par exemple entre les Finances, les domaines de l’Etat pourvoyeur d’argent à travers la confiscation et le développement où devrait aller grande partie de l’argent de l’Etat. Le nouveau chef de gouvernement tunisien, a au contraire divisé le ministère de l’Intérieur en trois, entre Lotfi Ben Jeddou (le MI), Ridha Sfar (La sécurité Nationale) et Abderrazak Ben Khlifa (Les collectivités). On ne comprend pas, non plus, que viennent faire les personnes âgées chez le ministre des sports, alors qu’ils devraient être chez les affaires sociales. Cela, surtout que cette catégorie de personnes aux besoins particuliers, semble être exclue du champ de Secrétariat d’Etat de Neila Chaabane, éminent professeur de droit et ancienne membre de la Commission d’enquête sur les faits de corruption.

– Un juge chez les militaires et un Docteur chez les juges. Pourquoi faire ?

Alors qu’il était attendu au ministère de la justice, Ghazi Jribi se retrouve au ministère de la défense nationale. L’ancien Basketteur de Rades est un juge qui a fait deux entrées et deux sorties au Tribunal administratif où les sentences rendues suffisent pour confirmer son intégrité, sa neutralité et sa compétence. Après deux années au Haut Comité du Contrôle Administratif et Financier, G. Jribi se retrouve dans un ministère à première vue hors de ses compétences. La «Grande muette» n’avait jamais en effet besoin d’un ministre pour bien fonctionner, d’où la question de savoir que fait un juge à la défense ?

Le lien est pourtant presque visible, selon les observateurs. Il n’est en effet un secret pour personne, que la question des «Martyres de la révolution», sera l’un des dossiers chauds qui seront posés devant Mehdi Jomâa. Il est aussi un secret de polichinelle, que ce dossier traîne encore au niveau de la justice militaire. De là à faire le lien entre la venue d’un juge, jeune (né en 1955), compétent et intègre, et le dossier des martyrs, il n’y a plus qu’un pas que Mehdi Jomâa semble avoir déjà choisi de franchir.

A la justice, le nouveau chef de gouvernement place un spécialiste du droit. A la fois professeur au supérieur, avocat à la cour de cassation, directeur du laboratoire de sciences constitutionnelles, administratives et financières et Docteur en droit public et sciences politiques, Hafedh Ben Salah ressemblerait presque, et nous semble-t-il serait voulu ainsi, au «Gardien du temple de la justice». Une institution qui a toujours clamé son indépendance et qui n’a besoin que d’un «technicien», garant de la neutralité du poste qu’il occupe, comme l’ont toujours demandé les professionnels du secteur et qui n’aurait de cesse que de voir appliquer le Droit, pur et dur, tel qu’il est enseigné dans les amphis qu’il arpentait.

– Un spécialiste de Tunisair pour sauver le transporteur national.

Le nouveau pensionnaire du fauteuil du transport au 5ème gouvernement de la transition, est un ingénieur en informatique, dont grande partie de la carrière, s’est passée à Tunisair et Tunisair Handling. L’homme connait très bien la situation de la compagnie. Une entreprise nationale, grand fournisseur de postes d’emploi et qui risque de sombrer dans le déficit. Une société, alourdie par le nombre pléthorique de la main d’œuvre et par la dette. La solution, réside pourtant, en grande partie, au ministère du transport et en partie aussi entre les mains d’un Chiheb Ben Ahmed, connu pour avoir l’appui des syndicats.

Moins évidente, sera la mission de la fille de l’ancien secrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur Mohamed Karboul qui a été aussi ambassadeur en Allemagne, d’où la connaissance de la langue par sa fille et le lien avec une partie de sa vie privée. La nouvelle ministre du tourisme, ne semble rien connaitre du secteur, ni de ses problèmes. Amel Karboul est une consultante en développement organisationnel et coach expérimentée dans la mise à niveau du Leadership, la mise en place de stratégies de changement, la conception de politiques innovatrices et l’optimisation du travail d’équipe. Le secteur dont elle aura la charge a certes besoin de telles compétences qui aideraient à bien manager, même dans le chaos. Mais un secteur qui demande du temps pour changer et pour qui le temps est de l’argent.

– Il connait le ministère comme sa poche.

Ceux qui connaissent Ammar Youmbaï, sous toutes les coutures, diront que c’est le seul ministre qui passera le moins de temps à connaître toutes les arcanes de son ministère et à être opérationnel dès les premiers instants de son ministère. L’homme a presque passé toute sa vie au ministère des affaires sociales et ses différentes directions. Il le connaitrait presque comme sa poche. Un homme que les syndicalistes de l’UGTT connaissent très bien, au moins à travers les processus des négociations sociales. Un homme qui sera, bon gré mal gré, d’une très grande utilité pour un Mehdi Jomâa qui aura grand besoin de calme et de sérénité au sein de ce ministère.

– Un spécialiste du droit administratif, pour mieux gérer les biens de l’Etat.

Karim Jamoussi, succèdera à Salim Ben Hamidane à la tête des domaines de l’Etat. L’homme est un juge, spécialiste du droit administratif, initié depuis 2011 aux rouages de l’Etat en étant deux fois chef de cabinet au ministère du développement. Sa connaissance du droit administratif, lui sera certainement d’un grand secours pour remettre de l’ordre dans les biens de l’Etat. Des biens, dont on dit, à tort ou à raison, qu’ils ont été spoliés. Des biens, qui ont surtout besoin d’une meilleure gestion, une gestion plus juste qui rende à l’Etat ce qui apparient à l’Etat et rend à César ce qui appartient à César.

– Que fait «la fille à papa Mansour» au commerce ?

Il y a certes, peu à dire à propos du Doctorat en médecine du prochain ministre de la santé, des diverses positions à la Banque Mondiale du ministre de l’équipement, du Doctorat d’Etat en Droit du Travail et de la Sécurité Sociale du ministre de l’emploi, de l’expertise internationale du futur ministre de l’industrie et de l’énergie au sein de l’organisation internationale de l’Energie, ou du doctorat en Economie agricole, à l’Université de Columbia du prochain ministre de l’agriculture. On se demanderait bien cependant, que fait cette «fille à papa» Mansour Moalla, ancien dirigeant de la Biat où sa fille travaillait jusqu’ici, au ministère du commerce ? C’est en effet un ministère qui aurait besoin d’une profonde connaissance des circuits de distribution, des marchés centraux aux emplacements des chambres froides, pour savoir infléchir la courbe haussière des prix.

– Jomâa lui-même, est-il l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Beaucoup découvrent cet homme, longtemps resté loin des feux de la ramps politique, qu’est Mehdi Jomâa. La réponse est, peut-être, dans ces lignes contenues dans son CV. Dans la rubrique compétences, il se dit capable, de «construire et communiquer un plan stratégique, et le décliner en actions opérationnelles entrainantes », de la «gestion et la conduite du changement; avec une capacité à mobiliser autour de défis pertinents et à traiter avec des situations complexes et avec courage managérial». Son CV lui prête aussi, la «capacité à organiser, motiver et mener des équipes, et à développer des potentiels, le savoir-faire et à développer la relation clients à l’international». Le nouveau chef de gouvernement tunisien assure aussi, dans son CV, avoir les capacités d’une «gestion et développement du Business à l’international, une aisance à évoluer dans des environnements culturels et professionnels très divers et le goût d’apprendre». Les mauvaises langues diront qu’il ne sort pas de prison et qu’il parle bien le Français et cela ce n’est déjà pas si mal !

Ka Bou

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -