AccueilLa UNEUne « bonne récolte » céréalière....sous bénéfice d'inventaire !

Une « bonne récolte » céréalière….sous bénéfice d’inventaire !

Sans qu’il y ait lieu de pavoiser  dans les  chaumières, il vient d’être annoncé que  la production céréalière au titre de la présente campagne affichera une augmentation de 7% par rapport à celle de l’année dernière. Cela voudra dire que les superficies emblavées généreront quelque  16,5 millions de quintaux de céréales, soit dans le détail, 10,75 millions de quintaux de blé dur, 1,16 million de quintaux de blé tendre, 4,3 millions de quintaux d’orge et 232 000 quintaux de triticale, et ce, outre la production de 2,3 millions de quintaux de céréales irriguées.

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Une projection qui a fait dire au ministre par intérim de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Mohamed Fadhel Kraiem : « nous nous attendons à une bonne récolte, malgré les difficultés auxquelles est confronté l’agriculteur, notamment en rapport avec la pénurie d’engrais, surtout l’ammonitrate ».

Mais comme c’est de coutume, c’est l’après-récolte qui pose problème, notamment au niveau du stockage et  du transport. Le ministre a assuré que pour, cette année, son département a mobilisé tous les moyens logistiques et humains nécessaires, pour réunir les meilleures conditions pour la récolte, notamment la mobilisation de 3550 moissonneuses-batteuses et l’aménagement de 168 centres de collecte permanents. On retiendra encore que  près de 3200 agriculteurs ont bénéficié de crédits saisonniers, au titre des grandes cultures, d’une valeur globale de  56,6 millions de dinar.

Une moyenne désespérément insuffisante !

Plus nuancé, le président de l’UTAP, Abdelmajid Ezzar, a appelé à préparer en avance la campagne des grandes cultures, en fournissant tous les équipements et moyens nécessaires, ainsi qu’à œuvrer à améliorer la productivité et le rendement, estimant que la production de 15 quintaux par hectare n’est plus suffisante pour l’agriculteur, ni pour le pays qui importe chaque année des céréales pour une valeur de plus de 1600 MD.

Il a réclamé  aussi que soit dissocié  l’économique du politique et soient renforcées les filières de production pour préserver la souveraineté et la sécurité alimentaire, notant que la stabilité de la situation économique favorise la stabilité sociale, la préservation de la liberté et la stabilité politique.

Il va sans dire que cette « bonne récolte » ne dispensera pas  d’importer d’énormes quantités de céréales, principalement, le blé tendre et l’orge fourragère, ainsi qu’accessoirement le blé dur. Si bien que les besoins d’importations céréalières en Tunisie pour la campagne 2020/2021 devraient atteindre environ 3,8 millions de tonnes, soit environ 20% de plus que les importations de la campagne précédente et 5% de plus que la moyenne du précédent quinquennat, selon le Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR) sur la sécurité alimentaire et l’agriculture de la FAO.

Les écueils cumulés de l’importation

L’Observatoire Tunisien de l’Economie (OTE), un organisme de recherches indépendant, a publié, à cet égard, un rapport d’évaluation intitulé «Les limites d’une politique de sécurité alimentaire : le cas de la filière céréalière ». Il y est constaté que le secteur céréalier constitue un axe stratégique de l’agriculture tunisienne, représentant 13% de la valeur ajoutée agricole, 42% de la superficie agricole, 27% du total des exploitations agricoles et 9% de l’emploi agricole total. De plus, étant la base de la ration alimentaire des tunisiens, les céréales constituent en moyenne 13% des dépenses alimentaires des ménages, soit environ 4% des dépenses globales.

Selon l’OTE, c’est à partir des années 80, que la politique agricole commence à fournir un ensemble de mesures d’interventions sur le marché intérieur et des mesures à la frontière pour soutenir tout particulièrement le secteur céréalier.

Ces mesures de soutien visaient initialement à garantir des revenus suffisants et stables aux céréaliculteurs, une autosuffisance pour le pays à l’égard de certains produits, ainsi qu’une offre de prix abordable à la consommation (produits de première nécessité). Mais cette politique va évoluer vers le recours aux importations, malgré un potentiel de production céréalière locale assez important à l’échelle nationale. Ce choix a néanmoins montré ses limites au regard de la détérioration des équilibres de la balance des paiements et du budget de l’État et du renchérissement des prix des produits céréaliers importés.

Sous cet angle, l’OTE indique que durant la période 2008-2018, la dépendance aux importations a été en moyenne de l’ordre de 57.35%, toutes céréales confondues. Ces dix dernières années, la demande intérieure en blé tendre est assurée à 84.21% par les importations. Quant au blé dur et à l’orge,, ils sont dépendants des importations, respectivement, à raison de 40.69% et 50.81% pour la même période 2008-2018. Cette situation est considérée comme insoutenable.

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