AccueilLa UNETunisie : La trêve des confiseurs pour y voir plus clair !

Tunisie : La trêve des confiseurs pour y voir plus clair !

Les politiciens tunisiens, tous bords confondus, semblent aller droit vers une « trêve des confiseurs », celle que les hommes politiques observent entre deux grandes fêtes, généralement Noël et le jour de l’An, pour enterrer pour un temps la hache de guerre et oublier les sujets qui fâchent. Entre la Nuit du Destin et l’Aïd el-Fitr, on entendra sans doute moins parler de l’initiative présidentielle relative à la formation d’un gouvernement d’union nationale et autant de Habib Essid qui coulera 48 heures de repos en se remettant d’une intervention chirurgicale « mineure ».

Grand bien soit fait  de cet intermède dont on espère qu’il permettra d’expédier au plus vite un épisode politique, un de plus, (on avance la date du 25 juillet), et mettre fin à une période d’incertitude qui dure depuis l’annonce par Béji Caïd Essebsi de cette initiative dans son interview sur la chaîne publique wataniya. Visiblement, le gouvernement n’est pas en train de vaquer à ses missions comme il sied de le faire, c’est-à-dire à l’abri de toute aléatoire contingence, et avec l’assurance d’une pérenne perspective. Or, l’action des ministres est comme frappée de paralysie, laissant en souffrance les dossiers dont ils étaient déjà saisis, et par-dessus tout, s’interdisant toute réflexion ou suivi de projet.

C’est pourquoi, dans  l’intervalle, il s’est passé peu de choses qui puissent donner de la vigueur au travail du gouvernement  avec un chef d’orchestre qui ne sait plus sur quel pied danser ni quelle partition jouer, allant même jusqu’à tenir tête à l’auteur de l’initiative , le président de la République, et menacer de s’en remettre à l’Assemblée des représentants du peuple, ce qui aurait de néfastes conséquences sur un pays déjà embourbée dans plus d’une crise.

Guerre de clocher

Cela chagrine assurément les Tunisiens mais n’émeut point leurs hommes politiques qui donnent la nette impression de « se tromper de guerre » en s’attardant davantage sur  celui qui dirigera le gouvernement d’union nationale que sur son programme, donnant lieu  à un déluge de spéculations et de supputations qui ne font qu’hypothéquer l’ordonnance du processus des consultations autour du prochain cabinet.

On a entendu ainsi , par exemple, le coordinateur général du mouvement Projet de Tunisie Mohsen Marzouk, s’ égosiller à appeler le gouvernement Essid à démissionner, le plus vite possible, et à se transformer en un cabinet d’expédition des affaires courantes en attendant la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Il s’agirait , selon lui, de mettre fin à la  tension qui monte entre la présidence de la République et celle du gouvernement en allusion aux déclarations faites par le porte-parole du gouvernement khaled Chawket dans lesquelles il avait assuré que le gouvernement Essid ne démissionnera pas.

Selon Marzouk, l’appel à la démission vise à préserver la paix sociale et à favoriser le respect des institutions de la présidence de la République et du gouvernement.

Marzouk ne s’est pas gardé, au demeurant, de tacler les ministres de Nidaa Tounes qui ont réitéré leur  » soutien absolu  » à l’initiative présidentielle en faveur de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Il s’agit de sept ministres, de grosses pointures du Mouvement Nidaa Tounes qui tout en exprimant leur soutien total à l’initiative présidentielle ont dénoncé « les tentatives visant à la torpiller ».

Ils ont souligné, dans un communiqué, leur appui à la position officielle du parti, considérant que le gouvernement d’union nationale constitue la meilleure solution pour faire sortir le pays de la crise socio-économique et politique actuelle.

Les sept ministres sont Salma Elloumi Rekik (tourisme), Khemais Jhinaoui (affaires étrangères), Yousef Chahed (affaires locales), Néji Jalloul (éducation), Said Aydi (santé), Anis Ghedira (transport) et Slim Chaker (finances).

Il convient de rappeler que 4 dirigeants du comité politique du mouvement Nidaa Tounes, à savoir Boujemaa Remili, Khemais Ksila, Faouzi Maaouia et Ridha Belhaj, avaient appelé à maintenir le gouvernement d’Essid et à introduire des modifications sur sa composition.

Pendant ce temps, l’initiative s’ensable dans les méandres des discussions, des diagnostics, des mécanismes à mettre en place, des  propositions des acteurs concernés, et surtout dans les délibérations de la commission chargée de la synthèse des recommandations ! Tout un programme, quoi !

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