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Tunisie : La BCT explique l’inflation, justifie le TMM à 6,75% et annonce des mesures d’accompagnement

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Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie, réuni le 13 juin 2018, avait décidé une hausse de 100 points de base du taux directeur de la BCT, le portant ainsi de 5,75% à 6,75%. «Cette décision a été prise à l’issue de l’examen des indicateurs récents de la conjoncture économique internationale et nationale, en particulier l’analyse des derniers développements en matière d’inflation et de prix et leurs perspectives lors des prochains mois», explique l’institution de régulation financière dans un communiqué rendu public ce jeudi 14 juin 2018.

Selon cette explication, «les tensions inflationnistes risquent de s’exacerber davantage d’ici la fin de l’année avec des effets néfastes aussi bien sur la reprise récente de la croissance économique que sur le pouvoir d’achat des citoyens et de ce fait, une action préventive appropriée sur les taux d’intérêts est indispensable».

Le taux d’inflation, au mois de mai 2018, est en effet ressorti à 7,7% en glissement annuel, contre 4,8% en mai 2017. «Cette envolée de l’inflation porte la marque de la hausse substantielle de l’inflation des produits alimentaires (+9,3% contre +3,9%) et des produits manufacturés (+9,2% sur un an contre +5,5%), fortement impactés par l’effet de la dépréciation du dinar et celui des relèvements des salaires, notamment en 2017», explique encore la BCT. Et l’institut d’émission d’indiquer que «l’inflation sous-jacente, (hors produits à prix administrés et produits alimentaires frais, lesquels produits sont insensibles aux actions de la politique monétaire), qui traduit l’évolution structurelle des prix a atteint également 7,7% en mai 2018, en glissement annuel. Son caractère persistant demeure une source de préoccupation pour les autorités monétaires».

Conscient de l’impact de sa dernière décision d’augmentation du taux directeur et de son impact sur le crédit qui fait vivre, personnes physiques et morales, la BCT indique dans son communiqué que «en perspectives, l’inflation risque de s’inscrire sur une tendance haussière et se situerait aux alentours de 8% en moyenne pour toute l’année 2018». Une mauvaise nouvelle, mais qui a aussi son explication et la BCT la donne. Il s’agit de «l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires et la hausse des salaires sans amélioration de la productivité». Tout cela, sans oublier, comme le précise encore la BCT, «la persistance du déficit commercial à un niveau insoutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique avec une saison qui s’annonce prometteuse». Autant de facteurs qui contribueraient à propulser l’inflation vers des niveaux jamais atteints depuis près de trois décennies, comme le prédit encore la BCT.

Droit dans ses bottes de gardien de l’inflation, la BCT souligne que «cette action de politique monétaire confirme la détermination de la BCT à mener une politique monétaire proactive pour juguler l’inflation qui a enregistré une forte accélération en 2018 et qui risque de s’installer à des niveaux préjudiciables à toute relance de l’activité économique et à la stabilité financière dans son ensemble».

Et afin de faire passer la pilule, la BCT a aussi décidé un certain nombre de mesures d’accompagnement «pour l’allocation des liquidités nécessaires et ce à travers la mise en place de nouvelles facilités permettant de fournir de la liquidité structurelle, en l’occurrence un guichet d’appel d’offres d’une maturité de 6 mois, au profit des banques, dédié au refinancement des crédits accordés au titre de nouveaux projets d’investissement, notamment ceux initiés par les PME».

Selon le communiqué de la BCT, «ce mécanisme, qui introduit une nouvelle dynamique dans la politique de refinancement de la BCT, vise in fine à fournir au système bancaire des liquidités plus stables et à les inciter à financer les PME et ce, dans le cadre d’une meilleure allocation des crédits ciblant davantage les secteurs productifs».

Autre mesure d’accompagnement, annoncée par la fédération patronale des banquiers qui est l’APTBEF, celle de l’exclusion des crédits de logement du champ d’application de la hausse du taux directeur de la BCT. Le crédit logement n’augmentera donc pas pour l’instant

Reste à savoir si cette explication convaincra ceux qui crient déjà Haro sur la BCT qui rendrait l’argent de plus en plus cher, par l’augmentation de son taux directeur de 175 points de base en seulement deux mois, et si ces mesures d’accompagnement réussiront à calmer la colère des patrons contre la hausse du coût de l’argent.

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