AccueilLa UNESévère réquisitoire du juge Ahmed Souab contre le dispositif anti-corruption

Sévère réquisitoire du juge Ahmed Souab contre le dispositif anti-corruption

De l’avis de beaucoup de citoyens, le combat du chef du gouvernement, Youssef Chahed, contre la corruption, avec des succès sans précédent ces dernières années, lui vaut son premier galon d’homme d’Etat. D’ailleurs Chahed vient de réitérer son engagement à terrasser les réseaux de la corruption et de la contrebande, en mobilisant sa nouvelle équipe, un « gouvernement de guerre« , selon ses propres termes. Mais le chef du gouvernement devra manifestement en faire beaucoup plus pour convaincre Ahmed Souab, ancien juge auprès du tribunal administratif. « Le processus de lutte contre la corruption n’a pas réussi à démanteler l’ancien système de corruption ni à combattre les nouveaux aspects de ce fléau avec la fermeté requise« , a estimé Souab.
Intervenant dans un atelier de travail, à Tunis, sur le thème de « La corruption : complexité et modalité d’action », l’ancien juge a pointé l’absence de volonté politique pour en finir avec la corruption. Il a notamment indexé des partis qui abordent la problématique sous le prisme de « calculs politiques« .

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D’après lui, « le système anti-corruption tunisien et plus particulièrement l’action de la commission de confiscation est gangrenée par la corruption« . Il a souligné que le fait de ne pas exécuter les jugements émis par les tribunaux en matière de lutte contre la corruption représente une des formes de corruption.
Après avoir évoqué le dispositif législatif régissant la lutte contre la corruption, Ahmed Souab a indiqué que les projets de loi relatifs au sondage d’opinion et à la transparence et l’enrichissement illicite, soumis au Parlement, devraient renforcer l’arsenal juridique déjà en place.
S’agissant de l’implication des autorités politiques dans le combat contre la corruption, Ahmed Souab s’est dit déçu de l’absence d’un portefeuille ministériel ou secrétariat d’Etat chargé du dossier de la corruption dans la nouvelle composition gouvernementale.

« Le document de Carthage qui définit l’action du gouvernement d’union nationale réserve pourtant tout un axe à la lutte contre la corruption qu’il a détaillé en dix points« , a-t-il encore fait remarquer.
Pour ce qui est de la commission de confiscation, celle-ci détient, selon l’ancien juge, une base de données contenant des informations détaillées sur les personnes impliquées dans la corruption sous l’ancien régime et il exhorte, de ce fait, ladite commission à relancer ce dossier.
Il dénonce, dans le même élan, l’absence de coordination entre les différentes structures concernées par la lutte anti-corruption et impute à la justice la responsabilité dans l’échec du processus de lutte contre la corruption, avançant à ce titre plusieurs exemples dont la question du financement des partis.

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