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jeudi 29 octobre 2020
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À corriger d’urgence, pour ne pas fausser le jeu

Ça se bouscule pour prendre part aux courses électorales. Le bal des prétendants, très nombreux, à la magistrature suprême s’est ouvert ce vendredi 2 août 2019. Même si en Tunisie il faut fortement nuancer cette expression, magistrature suprême, en vertu des pouvoirs limités que donne la Constitution au président de la République. On a emprunté ce terme aux régimes présidentiels, qui font légion dans le monde et où pour le coup le chef de l’Etat est effectivement le véritable patron. Mais la Tunisie n’a pas souhaité suivre la grande majorité des régimes politiques de la planète et s’est embarquée dans les chemins tortueux du régime parlementaire. Le président de la République y a peu de place, surtout au regard de la place démesurée de Habib Bourguiba, mais le fait est que cette fonction, même plus honorifique qu’autre chose, plait, attire, enchante et même ensorcèle. Sans doute du fait des vestiges, dans les esprits, de l’éclat de la première République. C’est ce même poste qu’une pléthore de personnalités s’apprêtent à se disputer âprement, sans se soucier beaucoup des règles qui encadrent le jeu et des problèmes qui sont devant eux, et qui méritent d’être scrutés à la loupe et corrigés, d’urgence…

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Le Collectif Awfia pour la démocratie et l’intégrité des élections a appelé le Parlement à assumer son entière responsabilité pour éviter le prolongement de la vacance du poste de président de la République. Et pour cause, l’Instance électorale avait déclaré que le recours à un deuxième tour pourrait aboutir au dépassement de la période de la présidence par intérim fixée à 90 jours au plus, de 47 jours supplémentaires.
Le président du Collectif, Nabil Labassi, qui s’exprimait jeudi en conférence de presse à Tunis, a mis l’accent sur la nécessité de hâter la promulgation d’une loi organique exceptionnelle pour réduire les délais de recours dans les résultats des deux tours.

En dépit des prérogatives limitées du président de la République, ce poste pourrait bloquer la signature et la promulgation des lois et traités, a-t-il fait remarquer.
Il a appelé l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) à réviser le calendrier des élections législatives et à reporter le jour de scrutin à une date ultérieure à celle du deuxième tour de la présidentielle.
Le collectif suggère la tenue des élections législatives le 27 octobre ou le 3 novembre 2019 pour l’installation de la nouvelle Assemblée dans un délai n’excédant pas le 3 décembre de la même année et éviter, ainsi, tout dépassement des délais constitutionnels.

Sur un autre plan, le président du Collectif a passé en revue les résultats du monitoring des médias lors des municipales de 2018 qui ont révélé un remarquable écart au niveau du volume de la couverture de la campagne électorale en fonction des médias, allant jusqu’à son boycott par certains organes de presse, ce qui a influé négativement sur le taux de participation au vote.
Ibrahim Zoghlami, directeur du projet de monitoring des médias a fait observer que la présence de la femme candidate était faible dans les médias, en particulier dans les médias audiovisuels, ne dépassant pas les 8 pc.
Il a également ajouté que le rapport de monitoring a fait ressortir un large décalage au niveau de la couverture des programmes et activités des candidats aux municipales et que les partis Ennahdha, Nidaa Tounès, Machrou Tounès et Afek se sont taillé la part du lion.

Pour le Collectif, il est important d’organiser la précampagne électorale en hâtant l’organisation du secteur des sondages d’opinion.
Le Collectif recommande, aussi, au Parlement ainsi qu’à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) d’inclure aux cahiers des charges organisant le secteur de nouvelles règles juridiques et des conditions supplémentaires qui engagent les médias à couvrir les prochaines échéances électorales en toute objectivité et qui prévoient des sanctions pour les organes qui les boycottent.

Lors du point de presse, les membres du Collectif ont présenté le projet de monitoring pour le contrôle de la couverture des médias durant toute la période électorale. Ce projet d’observation et d’évaluation, a expliqué Zoghlami, repose sur trois axes : vérifier le degré de respect des lois et critères d’objectivité et de neutralité, le respect du principe d’équité entre les listes candidates et le respect du principe de parité homme-femme.
Awfia est un réseau d’associations créé en avril 2011. Il vise à renforcer la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques et à encourager la présence de la femme en politique. Awfia regroupe 8 associations de la société civile.

LS/TAP

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