Des banques, semi-publiques, où les salaires des DG haussent et les bénéfices...

Des banques, semi-publiques, où les salaires des DG haussent et les bénéfices baissent

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La première a inauguré un siège flambant neuf de 30 MDT, a creusé son déficit de plus de 10 MDT en une année, et doublé les rémunérations de ses deux principaux dirigeants qui sont le DG et son adjoint. La seconde, dirigée par un retraité qui rempile chaque année, baissait aussi ses résultats et augmentait la rémunération de ses dirigeants. La 3ème aussi, devenue presqu’invendable pour un Etat tunisien qui essaie, vainement depuis quelques années, de se débarrasser d’un canard devenu boiteux.

Les deux autres sont des filiales tunisiennes de prestigieuses banques arabes. Des filiales qui n’arrivent pourtant pas à suivre l’exemple de la maison-mère. Et lorsqu’elles ne sont pas petitement bénéficiaires, elles sont carrément déficitaires.

Et toujours la même remarque. Les responsables de ces banques installées en Tunisie sont très bien payés (parfois dix fois plus que leurs collègues tunisiens) et chaque année augmentés, parfois quel que que soit le résultat. Le monde de la banque a ses raisons que la raison ignore et que le déposant tunisien paie de sa poche !

  • A 2.000 DT/J, un DGA payé 5 fois plus que le DG, pour une banque qui quadruple son déficit

En effet, à la clôture de l’exercice bancaire de l’année 2018, le résultat net de la BTL (Banque Tuniso-libyenne) était déficitaire de 14,484 MDT contre -3,292 MDT en 2017. La banque creuse ainsi, et pas de peu mais de presque 11 MDT en une seule année, son déficit.

Le REB du même exercice était pourtant en hausse, passant à 52,9 MDT en 2018 contre 41,5 MDT en 2017. Le PNB baisse cependant de 2 MDT. Deux postes, des provisions de correction de 13,47 MDT et une masse salariale de 17,479 MDT amèneront à un résultat d’exploitation déjà déficitaire de presque 21 MDT. Et pourtant, dans cette banque mixte, le DG tunisien touchait une rémunération de 364 mille DT alors qu’il ne percevait que 153 mille DT l’exercice précédent. Son adjoint, libyen de nationalité, touchait lui par contre 730 mille DT alors qu’il ne percevait en 2017 que 589,8 mDT.

Conclusion, pour cette banque où l’Etat tunisien est actionnaire avec l’argent du contribuable, les résultats baissent et les baisses se dégradent, mais les rémunérations augmentent et s’améliorent !

La démesure libyenne est, peut-être, plus perceptible chez l’Alubaf (une banque libyenne, résidant en Tunisie, fournissant des services aux entreprises non résidentes et aux sociétés commerciales internationales). En 2018, le résultat net était de 3,626 MUS$ contre 3,004 MUS$ une année plus tôt, après un PNB de 10,791 MUS$, en hausse par rapport aux 8,920 MUS$ de 2017.

Selon les propres commissaires aux comptes, la rémunération du DG est libellée en USD, avec un montant de 581.528 US$. Convertie en DT, la rémunération du DG de l’Alubaf (1,746 444 MDT) pourrait sembler énorme. Comptabilisée en USD, elle reste cependant raisonnable au vu des résultats. On notera aussi que cette banque libyenne vivait, à l’heure de la clôture du bilan, un contrôle fiscal approfondi, pour les années 2015,2016 et 2017 et qui n’a pas encore donné objet à notification financière.

  • Un DG retraité, 2 fois reconduit, à 13 mille DT/Mois pour un tout petit résultat

Pour la Stusid (Société tuniso-saoudienne de banque), devenue la «Tunisian Saoudi Bank» et qui terminait l’année avec liquidité négative de plus de 55 MDT, ce n’est pas de nouveau la perte, mais plutôt un bénéfice qui fond comme neige au soleil, dans un banque mixte dirigée par un retraité. Le DG avait été, pour la seconde fois, reconduit et attend un 3ème mandat d’après retraite depuis le 19 avril 2019. Sa rémunération est augmentée, mais ses résultats ne suivent pas.

A la fin de 2018, le résultat net de 285 mille DT était en effet en baisse de plus de presque 2 MDT d’un coup, après les 2,222 MDT de 2017, pour un PNB de 50,7 MDT et REB de 1,519 MDT miné par deux postes. Le premier, de 15,1 MDT en provisions de correction. Le second, de 22,179 MDT pour les salaires d’une banque qui a fait depuis un plan social assez coûteux. Le DG, reconduit pour la 3ème fois successive après sa retraite, percevait presque 13 mille DT (Brut) par mois en rémunération. Cette dernière était cependant en hausse, malgré les résultats qui laissaient beaucoup à désirer (155,336 mille DT de rémunération par an. En hausse par rapport aux 124,069 mille DT par an en 2017).

Cela n’a rien à voir avec l’autre présence bancaire saoudienne en Tunisie, Albaraka Bank. Le résultat net de cette dernière pour l’exercice 2018, était de 4,222 MDT contre 4,089 MDT en 2017 et après les 3,2 MDT de 2016. Un résultat, somme toute, qui justifierait les 706.968 DT de rémunération annuelle du DG, et son doublement ou presque par rapport aux 434 mille DT de 2017.

Un dossier aurait été constitué pour la cession des parts de l’Etat dans cette banque qui consomme plus qu’elle ne rapporte. Une partie saoudienne, déjà installée sur la place et qui semble avoir la baraka, serait fortement intéressée.

Moins vendable que la précédente banque, la BTE (Banque Tunisie Emirats) n’est pas mieux lotie que la TSB. En effet, l’exercice 2018 s’était terminé avec un RN (Résultat net) de 950 mille DT, pour un PNB (produit net bancaire) de 48,446 MDT, grevé par 2 postes. D’abord des dotations aux provisions et corrections de 12,498 MDT. Ensuite, une masse salariale de 24,293 MDT qui représentait la moitié du PNB. La banque reste certes bénéficiaire, mais reste aussi une petite banque qui n’intéresse pas beaucoup de monde, puisqu’elle n’arrive toujours pas à se vendre.

Au total, les deux DG qui s’y étaient succédé en 2018 ont reçu la somme totale de 177 mille DT. Une rémunération déjà intéressante même en brut. Mais aussi une rémunération qui était en hausse malgré les petits résultats. En effet, en 2017, cette rémunération (toujours en brut) était de 126 mDT.

  • QNB ou le DG qui perçoit une rémunération presqu’égale à tout le bénéfice de la banque

Notons par ailleurs, alors que nous parlons de banques arabes installées en Tunisie, le cas de l’ABC. Banque Internationale filiale du Groupe Bank ABC fondé en 1980 à Bahreïn ; elle réalisait en 2018 un RN (Résultat Net) de 1,974 MDT pour un PNB (Produit net bancaire) de 24,884 MDT et après 40,588 MDT de PEB. Le PNB était essentiellement miné par les 12,339 MDT de frais du personnel. Parmi ce personnel de la banque, le DG. Il recevait en 2018 une rémunération de 719 mille DT, en baisse par rapport aux 769 mDT de 2017. Le RN aussi était en baisse par rapport aux 201 MDT de l’exercice 2017. Ceci expliquerait ainsi cela. Ce n’est pas le cas de la TQB qui choisit de gâter son DG malgré ses piètres résultats.

Anciennement TQB, vendue à la qatarie QNB, la filiale tunisienne de la QNB qui déclarait un actif de 229,1 Milliards USD, n’enregistrait en 2017 qu’un tout petit bénéfice de 1,882 MDT, pour un PNB de 49,844 MDT. Ce dernier était cependant miné par 3 postes. 7,8 MDT pour les dotations aux provisions et corrections, 9,8 MDT frais généraux d’exploitation et 25,9 MDT en frais du personnel. Parmi eux, le DG percevait, en 2017, une rémunération global de 1,709 MDT, presqu’autant que tout le bénéfice de toute la banque !

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