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mercredi 30 septembre 2020
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Fatnassia, une bombe à retardement pire que Choucha !

Le funeste souvenir du camp de réfugiés de Choucha, vivace et indélébile, n’a  pas fini de peser  sur les consciences qu’un autre  se profile à l’horizon alors que le conflit armé en cours en Libye va pousser des milliers de personnes, aujourd’hui demandeurs d’asile dans des camps libyens, à s’enfuir vers les régions frontalières du sud de la Tunisie, Médenine et Tataouine.

Le  gouvernement tunisien a, depuis janvier dernier, aménagé une zone dans le  village de Bir Fatnassia, près de Remada, pour un camp de réfugiés qui sera géré par le Haut commissariat pour le réfugiés. La première étape du camp sera conçue pour accueillir 25.000 personnes pendant une période de six mois, révèle EURACTIV, le réseau de médias européens.

Il y a aujourd’hui environ 700 000 migrants et demandeurs d’asile en Libye, principalement en provenance d’Afrique subsaharienne mais aussi d’autres pays, tous entassés dans des conditions inhumaines dans des centres de détention à Tripoli et ailleurs. Mais l’expérience internationale a montré qu’une fois commencées, personne ne sait combien de temps les guerres dureraient et quel serait leur coût humanitaire. Ainsi, le risque existe qu’un camp à Fatnassia, en Tunisie, vive plus longtemps que les six mois prévus et accueille deux fois plus de personnes, si ce n’est davantage.

Les autorités tunisiennes ont toujours publiquement et formellement réfuté toute possibilité que la Tunisie accueille une sorte de réfugiés « permanents ». Pourtant, en signant le partenariat pour la mobilité avec l’Union européenne en 2015, et en s’engageant à la construction du camp de  Fatnassia, elles acceptent l’entière responsabilité ainsi que les éventuelles répercussions d’un projet  similaire, y compris le fait d’avoir des réfugiés subsahariens pour une période de temps indéterminée  sur le sol tunisien, estime Euractiv qui souligne qu’il est  essentiel que les véritables intentions de la Tunisie soient exprimées.

Autre préoccupation majeure !

Une  deuxième préoccupation majeure tient au fait  que le camp de Fatnassia est situé au cœur  du gouvernorat de Tataouine, une région qui a été marquée, ces cinq dernières années, par des troubles sociaux et un taux de radicalisation élevé parmi sa jeunesse. Remada, dont  Fatnassia relève administrativement, est elle-même l’une des villes les plus pauvres, les plus sous-développées de Tunisie. Frustrés de ne pouvoir travailler dans les compagnies pétrolières et gazières opérant dans la région de Tataouine, dont certaines ne sont pas loin de Remada, ses jeunes et ceux des  autres villes voisines de Tataouine sont une véritable bombe à retardement, souligne le réseau des médias européens.

Des milliers de mercenaires et de djihadistes ont afflué en Libye au cours des dernières années. Ils sont venus de Syrie, d’Irak, du Soudan, du Tchad et peut-être d’autres pays comme la Tunisie elle-même et ils y combattent avec toutes les parties au conflit. Il est possible que nombre d’entre eux s’infiltrent dans les groupes de réfugiés qui devraient se retrouver en Fatnassia, emportant avec eux leurs idéologies extrémistes et, très probablement, le plus dangereux des projets extrémistes.

Une foule d’interrogations lancinantes

La majorité de ces personnes sont des Syriens et les autres sont originaires de Côte d’Ivoire, d’Érythrée, d’Éthiopie, de Somalie, du Soudan, d’Irak, du Yémen, de Palestine, du Cameroun et de Libye. Leur rêve est d’atteindre un État Schengen ou de vivre dignement en Tunisie, mais de ne jamais retourner d’où ils viennent.

La Tunisie, l’Union européenne et les principales organisations humanitaires internationales sont déjà critiquées et blâmées pour la mauvaise gestion de la situation dans le camp de réfugiés de l’après-Choucha (2011-2013).

Dans le contexte actuel d’une économie tunisienne en difficulté, ajouté aux défis sociaux et politiques de la crise de la pandémie de Corona, de nombreuses questions seront soulevées.La Tunisie veut-elle ou non accueillir des migrants africains sur son sol ? Les organisations internationales, à commencer par l’ONU et d’autres agences humanitaires, sont-elles prêtes et capables de mettre fin de manière honorable et nécessaire à la situation de ceux qui fuiraient un conflit armé en Libye ? Que se passera-t-il si la situation sécuritaire s’aggrave à Kamour, à Remada ou dans d’autres villes du sud-est du pays, comme Ben Guerdane ?

La Tunisie, l’Union européenne et les organisations internationales travaillant dans le secteur de la migration ont intérêt à identifier les tâches et les responsabilités de chacun lorsqu’il s’agit de faire face à un éventuel flux de réfugiés de la Libye vers la Tunisie et s’ils sont sérieux pour éviter les inconvénients de l’expérience du camp de Choucha, conclut Euractiv.

Traduction & synthèse : AM

1 COMMENTAIRE

  1. C’est une transaction comparable à celle faite par des palestiniens en Palestine avant son occupation par des étrangers venus de toute l’Europe. La pauvreté provoquée à notre actuelle génération, ne doit pas causer des désastres pour les futures générations. Chaque pays doit régler ses problèmes à sa façon. Les richesses des pays africains sont principalement dans des banques hors du continent. Des pays développés bénéficient sous plusieurs prétextes des richesses naturelles et humaines des pays africains, esclaves financiers malgré eux. La Tunisie ne peut pas laver le linge des marchands des guerres, des vendeurs d’armes, des commissionnaires des troubles sociaux et de toute sorte d’exploitation frauduleuse des pays africains. Notre pauvreté actuelle est surmontable tout en sécurisant notre territoire pour nous concentrer sur le travail productif et bien géré en vue de dépasser les obstacles jalonnés par les vendeurs de leurs dignités aux dépends de notre population Tunisienne. Les personnes qui signent des contrats et leurs supérieurs doivent être sévèrement jugées pour les dégâts qu’ils causent aux générations actuelles et futures. Tout doit être limité dans le temps et dans l’espace et ne doit pas alourdir les charges des Tunisiens qui doivent revoir leur avenir avec plus d’optimisme. Nous devons identifier nos prédateurs marionnettistes et détecter les failles des corrompues égoïstes marionnettes. Ne vendez pas mon pays. Nous sommes des Tunisiens et nous ne serons les sujets de personne.

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