La BCT ne nous rassure pas!

La BCT ne nous rassure pas!

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Selon les prévisions de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur les évolutions économiques et monétaires jusqu’au mois d’octobre dernier, sur l’ensemble des neuf premiers mois de 2018, les exportations de biens ont totalisé 29,5 milliards de dinars, alors que les dépenses d’importation (CAF) se sont élevées à 43,7 milliards, ce qui a engendré un déficit commercial record de 14,2 milliards de dinars, contre 11,5 milliards durant la même période de 2017.

Au niveau des exportations de biens, l’amélioration des recettes, sur les neuf premiers mois de 2018 (19,8%, après 17,4% au cours de la même période de l’année précédente) porte la marque, essentiellement, d’un effet prix (15,9 % contre 11,9% une année auparavant), généré par la dépréciation du taux de change du dinar, et à moindre degré d’une hausse en volume, de 3,3% (produits agricoles, industries mécaniques, THC) contre 4,8% un an auparavant.

Quant aux importations, elles se sont fortement ressenties de l’alourdissement du fardeau de la facture énergétique, en relation avec la hausse du prix du pétrole. Elles se sont, en effet, accrues de 21% au cours de la période sous revue, après 19,2% une année auparavant. En volume, les importations ont progressé modérément (2% après 2,9% à fin septembre 2017), tirées par la hausse de celles des produits énergétiques et des matières premières. Le déficit énergétique, qui s’est élevé à 4684 MDT (contre 2700 MDT un an auparavant), explique 33% du déficit de la balance commerciale tandis que le déficit de la balance des matières premières (5647 MDT contre 4448 MDT au terme des neuf premiers mois de 2017) a accaparé 40% du déficit commercial.

Ainsi, au niveau de la balance des services, la bonne tenue de l’activité touristique, durant la saison estivale, a induit une hausse notable des recettes touristiques de 441 millions d’euros au cours des mois de juillet et août, soit le niveau le plus haut enregistré depuis 2010. Sur l’ensemble des neuf premiers mois, les recettes touristiques ont cumulé 1030 millions d’euros contre seulement 807,4 millions une année auparavant, tout en restant en-dessous des performances de 2014 (1225 millions d’euros). De leur côté, les revenus du travail (en espèces) ont totalisé 1025 millions d’euros, à fin septembre 2018, contre 997 millions un an auparavant.

L’amélioration de la balance des services et des revenus des facteurs n’a que partiellement résorbé l’impact du creusement du déficit commercial sur les paiements courants. Le déficit courant s’est établi à 8702 MDT (ou 8,2% du PIB) en septembre 2018 contre 7502 MDT (ou 7,8% du PIB), à fin septembre 2017.

Le solde de la balance générale des paiements s’est établi à -708 MDT à fin septembre 2018, contre 149 MDT une année auparavant (cf. Graph 19). Cette détérioration porte la marque du faible rythme de mobilisation de ressources extérieures, notamment sous forme d’investissements directs étrangers (IDE). La détérioration des paiements extérieurs continue d’affaiblir le niveau des réserves en devises, qui, malgré la mobilisation de 500 millions d’euros sur le marché financier international, se sont établies, au 31 octobre 2018, à 4,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 83 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017. La persistance des déséquilibres extérieurs et l’érosion des réserves de change continuent de mettre la pression sur le taux de change du dinar (cf. Graph 21). Ce dernier, et en dépit de l’intervention de la Banque centrale sur le marché de changes pour répondre aux demandes des différents opérateurs économiques, a poursuivi sa dépréciation vis-à-vis des principales devises. Comparativement à son niveau de toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié, au cours des dix premiers mois de 2018, de 6,5% et de 11,6% en moyenne face au dollar des Etats-Unis et de l’euro respectivement.

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