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mercredi 28 octobre 2020
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La Tunisie, prochain pays « cibleur d’inflation » par la volonté du FMI !

« Nous soutenons que le ciblage de l’inflation pourrait être l’avenir de la politique monétaire tunisienne, le ciblage monétaire s’étant avéré inefficace en raison de la composition de la monnaie de réserve, du déficit structurel de liquidité et de l’instabilité accrue du multiplicateur monétaire après 2010 ». C’est la conclusion d’un document de travail (working paper), élaboré par trois experts pour le compte du Fonds monétaire international et publié par ses soins. « Le ciblage du taux de change n’est plus possible en raison du niveau des réserves internationales, du déficit des comptes courants et des écarts d’inflation avec les principaux partenaires commerciaux », ajoute le trio qui reconnaît, au reste, que la Banque centrale de Tunisie a déjà fait d’importants progrès vers le ciblage de l’inflation.

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Le « working paper » met en évidence l’existence d’une transmission de plus en plus efficace des taux d’intérêt ainsi que l’évolution du taux de change qui se répercute sur l’inflation avec le passage progressif à une plus grande flexibilité du taux de change. Il constate en prologue que l’Institut d’émission tunisien « n’est pas un cibleur moniteur traditionnel », car dans le cadre du ciblage monétaire, la mise en œuvre de la politique monétaire repose sur le contrôle qu’exerce la banque centrale sur la monnaie de réserve, son évolution signalant quand et pourquoi intervenir pour atteindre les objectifs en matière de réserves et de monnaie au sens large. « Ce n’est pas ainsi que la politique monétaire a fonctionné en Tunisie au cours des années 2010 », fait observer le document du FMI, au motif que, avant août 2018, les injections de liquidités de la BCT visaient, entre autres, la croissance du crédit plutôt que des objectifs de réserves et de monnaie au sens large compatibles avec une inflation faible et stable. Jusqu’à très récemment, les injections de liquidités étaient garanties à 60 % par des crédits contre 40 % par des titres d’État. Depuis avril 2020, les injections de liquidités de la BCT sont assurées à 50 % par des crédits contre 50 % par des titres d’État. Le ratio crédit/PIB de la Tunisie est parmi les plus élevés de la région, comparé à d’autres économies de marché émergentes.

Un cadre plus approprié

Le succès récent d’une politique monétaire basée sur les taux d’intérêt suggère qu’un tel cadre est plus approprié, souligne toutefois le FMI. Depuis 2018, la Tunisie a réussi à inverser une dangereuse tendance à l’accélération de l’inflation grâce à une série de hausses du taux directeur qui ont ramené les taux d’intérêt directeurs en territoire positif.

Il est noté que les principales conclusions dudit document sont cohérentes avec le problème de neutralité monétaire et d’incohérence temporelle à long terme auquel une politique monétaire discrétionnaire, sans point d’ancrage nominal clair, peut être confrontée. L’expansion du bilan de la BCT de 2016-18 et l’augmentation simultanée de la croissance de la monnaie au sens large et du crédit n’ont pas généré de croissance économique supplémentaire qui s’est élevée en moyenne à 1,8 % au cours de la période 2016-19, soit un niveau similaire à la période précédente (2011-15). Il est tout aussi intéressant de noter que la croissance du PIB réel a été en moyenne de 4,4 % sur la période 2007-10, période pendant laquelle la BCT ne menait pas d’opérations d’injection de liquidités à son initiative, le système bancaire étant en excédent structurel de liquidités.

Plaidoyer pour l’indépendance de la BCT

L’intention de la Banque centrale de Tunisie d’aller plus loin dans la modernisation de son cadre de politique monétaire tout en maintenant la flexibilité du taux de change devrait réduire les coûts réels du processus de désinflation actuel grâce à un ancrage efficace des attentes des agents économiques, prévoit le FMI dont les experts « plaident pour une clarification du cadre de politique monétaire et pour une politique monétaire davantage fondée sur des règles afin d’éviter le problème de l’incohérence temporelle et de mieux ancrer les attentes en matière d’inflation. « À notre avis, le passage au ciblage de l’inflation (IT) se justifie également par une transmission des taux d’intérêt qui fonctionne déjà et qui devrait être renforcée au fil du temps grâce à une communication de soutien et à un ancrage nominal clair », souligne le working paper.

Une communication saine ainsi qu’une conception et une mise en œuvre de la politique monétaire devraient, à leur tour, contribuer à accroître la crédibilité de la banque centrale. Dans le même temps, le niveau de développement financier ne semble pas être une contrainte à la mise en œuvre du ciblage de l’inflation, car la transmission monétaire fonctionne par l’intermédiaire du secteur bancaire bien que les marchés financiers soient encore peu profonds. Le secteur financier tunisien est déjà plus développé que celui de certains pays qui ont déjà des objectifs d’inflation, relève-t-il.

Enfin, la BCT a été créée en tant que banque centrale indépendante qui ne peut pas prêter directement au gouvernement conformément à l’article 25 de sa loi. Il est essentiel de rester indépendant et libre de toute domination fiscale, comme l’ont montré la littérature et l’expérience internationale, ce qui constitue une condition préalable à la réussite de la transition vers le ciblage de l’inflation, conclut le FMI.

Traduction & Synthèse : AM

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