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Le gouvernement perd la guerre des prix

En mars 2022, les prix à la consommation ont encore augmenté de 0,8 % après les 0,3 % au mois de février et 0,7 % en janvier. Et on peine à trouver, sur les tablettes de l’INS, un produit ou un groupe de produits dont les prix n’ont pas augmenté. Toujours à petites doses en variation mensuelle, et pour grand nombre à deux chiffres en glissement annuel, les prix n’arrêtent pas de grimper, ne l’ont jamais fait et ne le feront probablement pas, comme les prix des carburants.

La nouvelle augmentation des prix, la 4ème en 4 mois pour tous les carburants aura certainement des conséquences directes sur d’autres secteurs commerciaux et industriels, contribuera à plus de hausses de prix d’une multitude de produits de grande consommation, et nourrira un peu plus le chiffre de l’inflation pour les prochains mois.

Une hausse des prix des carburants, qui ne devrait pas être la dernière, puisqu’on s’attendrait selon des sources généralement bien informées à un litre d’essence à plus de 3 DT d’ici le début de l’été.

Depuis les fameuses, et non concluantes, campagnes présidentielles contre le fer à béton, contre les chambres froides de stockage, contre les spéculateurs de la farine, de la semoule et tutti quanti, le gouvernement du chef de tout l’Etat tunisien a fait feu de tout bois pour essayer de calmer les hausses incessantes des prix, tous les prix, sans y arriver.

–          Les hausses de prix, de l’inévitable à l’immoral

Certaines des hausses de prix sont inévitables, comme celles des carburants qui sont liées à des marchés internationaux, tout en restant incompréhensibles pour un citoyen qui sait que le litre d’essence, comme le prix du paquet de cigarettes, sont bourrés de taxes et impôts, et que la solution à la hausse des prix pourrait être la baisse des taxes et impôts, comme la TVA et la rationalisation d’autres, car destinées à des entreprises plus que déficitaires et en perdition. 

D’autres augmentations sont immorales. Certaines boulangeries ont en effet commencé par refuser, certes gentiment, de rendre la monnaie, et relever depuis des années le prix de la baguette à 0,200 DT au lieu des 0,190 DT. D’autres boulangeries ont fini par refuser de fabriquer la baguette et le pain à partir de la farine compensée (du moins le disent-ils ainsi), et chacun vend désormais au prix qui lui convient. D’autres encore ne s’adonnent à la baguette pas chère que pendant une partie de la journée. Le reste, c’est pour les pains spéciaux, vendus plus cher.

L’autorité de l’Etat (à travers notamment les directions du contrôle économique) faiblissant et s’effritant, d’autres activité ont fait pareil. On sait certes que la portion des prix dits régulés ou administrés dans le panier de la ménagère, est presque congrue. Mais on sait aussi que les différents services de contrôle de prix n’en font pas assez, plus confinés dans les bureaux qu’en vadrouille sur les marchés des régions et des patelins.

L’exemple le plus flagrant et source de plaintes du consommateur de la hausse des prix, au simple passage d’un circuit de distribution à l’autre, est cette grosse, très grosse différence entre les prix à la vente en gros et ceux de la vente au détail pour l’exemple des légumes, fruits et poissons notamment. On sait pourtant qu’au marché de gros de Bir-El Kassaa par exemple, tout est numérisé, et que donc tout est traçable, explicable et le cas contraire possiblement punissable. Les contrôleurs le font-ils ? Si oui, on l’aurait su, et même constaté sur les prix au consommateur final !

Il faudrait, cependant, pour pratiquer ce traçage et le contrôle des prix, multiplier au moins par deux le personnel du ministère du Commerce en charge du contrôle économique, et durcir les sanctions contre les contrevenants. Et on pourrait aisément y remédier par une redistribution des 680 mille fonctionnaires de l’Etat, dont grand nombre encombrent les bureaux sans aucune rentabilité et parfois même sans rendement.   

–          La sanction, depuis mars dernier par les sondages

Désormais dans cette Tunisie de l’instabilité politique et gouvernementale et de la faiblesse de l’Etat, tous veulent gagner plus d’argent, peu importe le moyen, et quitte à casser tous les protocoles des circuits traditionnels de distribution. Les différences de prix entre les régions qu’on constatait il y a quelques années, n’existent plus. Idem pour les différences entre circuits organisés et circuits parallèles. Et même lorsqu’il avait été décidé de l’installation de points de vente du producteur au consommateur, le producteur qui a théoriquement moins de charges et moins de taxes, vend au même prix que celui du circuit de distribution final. Et on retrouve la même logique, entre commerçant parallèle et commerçant régulier et patenté.

Dans la bataille des prix, force est en effet de remarquer que, comme ceux qui l’avaient précédée, le gouvernement de Nejla Bouden, ou plus exactement le gouvernement de Kais Saïed géré par Nejla Bouden et qui ne sait plus quoi faire pour juguler les hausses continues, a perdu la guerre des prix. Les sondeurs ne le disent pas, mais nous pensons que la perte par Saïed et Bouden, de 3 points dans le taux de satisfaction quant à leurs rendements respectifs, n’est pas étrangère à cette perte de la guerre des prix. 

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