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Logement : L’OTIC crie Haro sur les banques et alerte sur les procédures «frauduleuses» des crédits

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Manifestement, les prix de l’immobilier  en Tunisie ont enregistré, durant les huit dernières années, une hausse vertigineuse. Entre l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, la classe tunisienne moyenne se trouve dans l’obligation de recourir au crédit auprès des banques, afin d’acquérir son propre logement.

Dans une interview accordée jeudi 14 novembre 2019 à Africanmanager, le président de l’organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi  a affirmé qu’en dépit de la dégradation du pouvoir d’achat du consommateur tunisien , de nombreuses banques profitent de cette situation et «trompent » ainsi les citoyens dans l’objectif de réaliser coûte que coûte d’énormes profits financiers.

Riahi a, dans ce contexte,  précisé que ces institutions financières, utilisent «des procédures très compliquées, incompréhensibles, frauduleuses, et non transparentes» au niveau de l’octroi de crédits de logements (frais de remboursement anticipé, de fausse dates de paiement…).  Il a fait savoir  que «l’OTIC a reçu de nombreuses plaintes, déposées par plusieurs citoyens et dénonçant  des pratiques de manipulation bancaire…».

Le président de l’organisation tunisienne pour informer le consommateur a, dans ce contexte, tiré la sonnette d’alarme sur ce genre d’opérations illégales et «manquant d’éthique ». Il a, encore affirmé  qu’une  hausse remarquable au niveau des taux d’intérêts des crédits-logement, a été constatée, essentiellement au cours de ces dernières années.  Riahi plaide donc, pour l’instauration d’un taux d’intérêt préférentiel pour ce genre de crédit, dont l’objectif est de respecter le pouvoir d’achat du consommateur.

Sur un autre volet, le président de l’OTIC a signalé qu’il est important de mieux éduquer les consommateurs face aux banques, qui sont des «entreprises commerciales» comme toutes les autres. Selon lui, les consommateurs doivent s’assurer, quand ils sont assis devant un conseiller-client dans une banque, qu’ils savent ce qu’ils recherchent, qu’ils ne vont pas se laisser tenter par des crédits trop élevées pour leurs moyens.

Le Tunisien est endetté jusqu’au cou !

Une enquête élaborée par l’Institut national de la consommation (INC), en décembre 2018, sur la réalité, la structure, les sources et les usages de l’endettement et son impact sur le pouvoir d’achat, a  relevé que 42 % des chefs de familles interrogés (1268 sur un total de 3015 chefs de familles) ont déclaré avoir été (ou l’un des membres de leurs familles) en situation d’endettement avant 2018, a indiqué l’INC. En 2018, 25 % des chefs de familles interrogés (738 sur un total de 3015) ont déclaré avoir été (ou l’un des membres de leurs familles) étaient restés en situation d’endettement. L’INC a par ailleurs, fait savoir que, l’enquête sur l’endettement qui sera bientôt publiée, a aussi montré que le citoyen tunisien s’endette pour couvrir les dépenses quotidiennes, dont celles relatives à l’éducation et à la santé.

A vrai dire, la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat ont fini par rattraper le secteur immobilier. Les délais de constructions sont de plus en plus long, les matériaux et prestataires de plus en plus chers, alors qu’en parallèle le Tunisien peine de plus en plus à joindre les deux bouts.

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